HISTOIRE · DOMINATIONS ÉTRANGÈRES
Colonisation néerlandaise et occupation japonaise
La colonisation néerlandaise

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La domination néerlandaise s’est construite progressivement, à partir des comptoirs et des activités de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, puis de l’administration coloniale. Au début du XXe siècle, les Pays-Bas ont étendu leur contrôle sur une grande partie du territoire de l’actuelle Indonésie (Bertrand et Cayrac-Blanchard, 2020). Cette colonisation a contribué à réunir, dans un même cadre administratif, des sociétés et des territoires auparavant organisés de différentes façons. Les relations entre les pouvoirs locaux et les Néerlandais n’ont cependant été ni uniformes ni fondées sur une égalité durable. La négociation, les alliances, les conflits armés et la coercition ont coexisté. Au fil du temps, les autorités coloniales ont accru leur emprise politique et économique. Le contrôle du commerce des épices illustre cette volonté d’orienter les échanges à leur profit (Van der Kroef, 1958). Les formes de domination variaient aussi selon les régions : l’administration intervenait plus directement dans certains espaces, tandis qu’elle s’appuyait ailleurs sur des autorités locales et sur des modes de contrôle indirects. Ces différences permettaient de gouverner l’ensemble colonial tout en limitant les moyens nécessaires à son administration (Van der Kroef, 1958 ; Smail, 1988). La domination néerlandaise a néanmoins rencontré de nombreuses résistances.
Parmi les formes de résistance à la domination néerlandaise figurent les réseaux reliant l’archipel à Singapour, particulièrement pendant la révolution de 1945 à 1949. Des activités clandestines et des échanges de marchandises ont permis de contourner les restrictions imposées par les autorités néerlandaises. Ces circulations pouvaient notamment concerner des armes ou des ressources nécessaires aux forces républicaines (Ramcharan, 2006). Elles rappellent que le conflit ne se jouait pas seulement sur les champs de bataille, mais également dans les ports et sur les routes commerciales. Leur caractère clandestin rend toutefois difficile la reconstitution complète de ces activités et l’évaluation précise de leur contribution à l’affaiblissement du pouvoir colonial. Il convient donc de reconnaître leur importance tout en tenant compte des limites de la documentation.
L’occupation japonaise (1942–1945)
La Seconde Guerre mondiale bouleverse l’ordre colonial. Les Pays-Bas entrent en guerre contre le Japon en décembre 1941. Au début de 1942, l’armée japonaise envahit les Indes orientales néerlandaises et obtient la capitulation des forces néerlandaises à Java en mars (Bertrand et Cayrac-Blanchard, 2020). Cette défaite met fin, pour la durée de la guerre, à l’administration coloniale néerlandaise et ouvre la période de l’occupation japonaise.
Une partie de la population accueille d’abord les Japonais comme des libérateurs, puisqu’ils ont chassé les autorités coloniales néerlandaises. L’occupation révèle cependant rapidement sa dimension coercitive : les ressources de l’archipel et le travail de ses habitants sont mobilisés au service de l’effort de guerre japonais (Bertrand et Cayrac-Blanchard, 2020). Cette période transforme aussi les rapports entre organisations nationalistes, groupes locaux et réseaux de la pègre. Certains de ces groupes interviennent dans la vie politique et participent à des activités clandestines ou à des formations armées (Klooster, 1992).
Les liens entre certains réseaux locaux et les mouvements nationalistes reposent notamment sur leur expérience des activités illégales, leurs ressources et leur capacité à mobiliser des hommes (Klooster, 1992). Ces relations évoluent pendant l’occupation et la révolution : les engagements ne sont pas uniformes et les groupes concernés ne constituent pas un mouvement politique unique. Leur participation souligne néanmoins la diversité des acteurs impliqués dans la lutte pour l’indépendance.
La capitulation japonaise d’août 1945 ouvre une nouvelle phase. Le 17 août, Sukarno et Mohammad Hatta proclament l’indépendance de l’Indonésie.
Références
-
Bertrand, Romain, et Françoise Cayrac-Blanchard. « Indonésie — L’Indonésie contemporaine ». Encyclopædia Universalis. Référence consultée dans le contenu d’origine le 15 avril 2020.
Consulter la notice -
Van der Kroef, Justus M. 1958. « On the Writing of Indonesian History ». Pacific Affairs, 31 (4) : 352 et suiv.
Notice ProQuest -
Smail, John R. W. 1988. Pacific Affairs, 61 (1) : 192–193.
DOI -
Ramcharan, Robin. 2006. « The Indonesian Revolution and the Singapore Connection, 1945–1949 ». Pacific Affairs, 79 (1) : 156–157.
Notice ProQuest -
Klooster, H. A. J. 1992. Journal of Southeast Asian Studies, 23 (2) : 448–449.
Notice JSTOR -
National Archives of Australia. « Indonesian independence ».
Consulter le dossier -
Nationaal Archief. « Soevereiniteitsoverdracht Indonesië (1949) ». Documents sur la proclamation, les négociations, le Pancasila et le transfert de souveraineté.
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Images décoratives de cette page
Fond : textile fleuri aux armoiries d’Amsterdam, vers 1700–1720.
Rijksmuseum, BK-1966-20.
Domaine public. Motif répété pour l’affichage.
Bordures : Maa cloth, fin du XIXe ou début du XXe siècle, textile européen destiné au marché indonésien.
Metropolitan Museum of Art, 2015.479.
Domaine public. Cadrages décoratifs.

