Mi vivas en Esperanto! (Je vis en espéranto – slam)

Par Tamara Anna Koziej

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Chu vi parolas? – Jes, mi parolas.

Chu vi memoras? – Kiel forgesi…

Chu vi komprenas? – Ne eblas nei!

Chu vi volas? – El tuta koro!

 

 

Je parle un français

Joyeusement fracassé

J’ai cet accent grandiloquent

Je baragouine

Le châtie mal en vérité

Comme des habits trop grands j’y flotte volontiers

Prête à sombrer dans sa com-ple-xi-té

Fort insouciante aux caprices des accords

 

Ta langue Flaubert m’effarouchait!

Grammaire maudite!

Qu’importe j’ai compris

Clarté neuve espérance

C’est ailleurs que je vis!

 

Mi vivas en esperanto kaj tio estas  nova

kaj bela por mi kanto

Freŝa kiel printempa aero

Ĝojoplena kiel ĉiela sfero

Nek unu vorton mi povas eldiri

Sen ĝue ĝin vor-tu-mi  kaj karese spiri

 

Plezuriga kaj varma estas ĝia sono

Melodia kaj taŭga por ĉiu sezono

 

Mi parolas ĝin laŭte mi parolas ĝin flustre

Zamenhof ĝin kreis klere kaj ilustre

 

Esperanto estas kiel vulkana eksplodo

ne portempa kreaĵo efemera modo

 

ĝi disvolviĝas kiel vasta ondo

apartenas al ĉiu  homo en la mondo

 

 

Mi ŝatas ĝian stilon

Mi ŝatas ĝian forton

ĝi antaŭen metas pacon, ĝojon ne perforton

 

Kredu al mi amikino, kredu al mi frato

Mi vivas en esperanto

Nie moge nic za to!

 

 

 

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 Polonaise d’origine, formée en pédagogie, en architecture de paysage et en éco-conseil, Tamara Anna Koziej est une slameuse indignée qui prône l’avènement de la société post-pétrole. Poétesse des jardins et du quotidien, elle traque et partage avec empressement la magie dans toutes ses formes. Projetée dans la francophonie à l’âge de vingt-sept ans, Tamara a réussi par le truchement du slam à conquérir ce français longtemps pour elle objet d’amour-haine, tout en s’affirmant comme citoyenne créatrice qui, dans la société d’accueil, entend se tailler une place et ose faire entendre sa voix.

 

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Note

 Afin de préserver la musicalité unique de l’espéranto, nous avons décidé de ne pas proposer de traduction à nos lectrices et à nos lecteurs. Disons simplement qu’il s’agit d’un hommage à cette langue d’espérance et à son créateur, Zamenhof. Pour l’autrice, elle est printemps, « volcan qui la traverse ». Elle veut l’entendre, la goûter, la partager. L’espéranto est tatouage. Tamara le porte comme une  « chanson neuve ». Elle vous invite à le saisir à bras-le-cœur.