L’autre côté de ma rue

Par Vladimir Nicolas

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Pour visiter le tiers-monde, je traversais de l’autre côté
De ma rue, peuplée de forêts de HLM avec leurs vieux graffitis sales.
Et avec leurs vitres brisées, c’était là-bas que coulait l’argent sale.
Par le pourri député à la crapule, là-bas, la misère du gueux fut exploitée.

Contrée louche des défaites personnelles, là-bas gisait l’amour.
Là, tels des chiens nihilistes, où aussi des bandes s’entretuaient.
Et où pour rembourser leurs études, des jeunes filles dansottaient
Dans maints bars pestés par l’alcool des mâles tués par l’amour.

Sage, le bonheur ne visita pas jamais ces lieux désagréables.
Jamais, il ne vint au rendez-vous de la vie de tous, tristes fables.
Là-bas, où avec des mots et des dollars, de faux businessmen mentaient
À des mères monoparentales, otages de la misère, qui se battaient
La tête soit pour des sous, soit pour donner un souper à leurs progénitures.
Et ce matin-là, en me réveillant, ma ville était une colonie de la pauvreté.
Le tiers-monde qui œuvrait comme assassin de maints rêves par son âpreté
Telle que dans la vie des laissés-pour-compte de chez moi, survivants de mille blessures.

Ce matin-là, je découvris le monde avec des yeux nouveaux, avec plus d’acuité.

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