Par Thierry Dimanche
Toiquineveuxriendire
qui
ne etquiteparlesseul
veux
rien etquimeparlesseul
dire
etquinemedit rien
qui
me pour-rien
dit pour rire ?
tout
seulàseul
toi
personne en personne
enqui
en
quiconque
toi
personne
toipersonne
dès que tu entres la sortie pénètre les recoins refrains
en construction
Toi pour qui rien dire est un remake
au vacarme nul nul
n’est soumis
s’il ose
unebouchepersonne unebouchequiconque
à chuchoter
des je-t’aime et des introversions
des remakes d’un bruit inabouti
*
Moiquinetedisrien
qui
ne te
dis j’abonde en énergie esclave
rien
je t’abonde
en jet noir
en patiente
coupure
de je
En cours d’engendrement les sons tournent à la
manière de bébés lettres difformes et déjà incertains
d’être ou de mal-être
le son
allume lesondequelqu’und’autre
des petites
boîtes
noires
les nuits
de quelqu’un
d’autre
agitent la lanaissancedequelqu’und’autre
naissance
répétée
ça nous revient
maintenant ledépartenquelquesens
ce départ
en tout sens
*
Le son forge
les âmes en rondes d’engendrement
le cercle renversé en lui-même
est un point
pulse
est une pointe
pulse
sonore
la réserve infinie d’âmes
migratoires
pulse pulse
une aiguille à tricoter de l’œil
| CHANSONpar qui filtre
son corps son amour disparu le lointain de la terre effacé de nuit l’ensemble de nos nuits
chanson mort désir tu lui parles en deçà parmi les soustractions leurs ruines tu parleras sans dire
toi qui désires taire le vide qui te dit tu deviendras chanson secrètement instrumentale
* * * |
Feu de forêt
sous la neige quelques dents noires sculptées à la surface ruines d’une écriture
essoufflement
pianos figÉs
prendre le son par la gorge
attendre
poser les yeux
s’attendre
* * * |
Sur la neige
une gravure sans nom des éclats ridicules blancheur du lac un angle mort du lieu lourd
essence abandonnée la marche une pêche incertaine sous la glace
on exerce un jeu immonde la comédie amère de devenir l’arrivée merveilleuse à son petit peu de soi permis
la chambre où l’on aura été nous
* * * |
***
Thierry Dimanche est l’auteur de plusieurs recueils de poésie depuis 2002, dont Le thé dehors, Le milieu de partout (Prix Champlain 2015) et Problème trente. Sous le nom de Thierry Bissonnette, il enseigne la littérature à l’Université Laurentienne (Sudbury, Ontario).