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Louis Riel

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À la fin du XIXesiècle, le territoire de la rivière Rouge est cédé au Canada, colonie de l’empire britannique. Cependant, les habitants catholiques, métis d’Indiens et de Français n’entendent pas à être gouvernés par la lointaine couronne d’Angleterre.

Louis Riel, chef charismatique et passionné, mène la Rébellion Métisse jusqu’à son terme, entre la folie et la mort. De la réconciliation à la lutte armée, cette aventure politique et humaine est une des pages les plus controversées de l’histoire canadienne.

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La Marseillaise rielliste

par Ève Marie Langevin

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Louis Riel, ad 1880

En 1885, le Métis canadien-français de St-Boniface en terre de Rupert Louis Riel (1) est condamné à mort au Manitoba pour avoir défendu et armé les siens pour protéger leurs terres, retrouver leurs droits civils et de propriété et lutter contre l’avancée des arpenteurs de la colonisation et du Canadian Pacific. Après des actions pacifistes, il lance un appel à une résistance armée aux chefs amérindiens Big Bear et Pound-Maker. Ils sont aussi épaulés par un autre chef Métis, Gabriel Dumont (2). Selon l’historien québécois Jacques Lacoursière (1973) (3), « cet événement remet en cause les fondements mêmes de la Confédération » naissante. Selon l’historien et professeur américain Hugh Mason Wide, « L’agitation dans le Québec contre l’exécution d’un Canadien-Français sommairement condamné par un jury et un juge anglais devint une révolution politique.» (1963) (4).

Des sauvages, ou Voyage

Par Samuel Champlain de Brouage, 1603

 

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NDLR. De 1599-1601, le jeune Samuel Champlain[1] est assigné par le roi Henri IV pour une mission d’espionnage en Nouvelle-Espagne (Antilles)[2]. S’opposant à ce qu’il avait vu du traitement des Indiens par les Espagnols, dont il méprisait les visées, « il s’est montré un observateur très attentif, et ce qu’il a vu a marqué profondément sa pensée. Le séjour de Champlain en Nouvelle-Espagne a influencé durablement sa carrière en Nouvelle-France. Il en est ressorti avec l’idée nouvelle d’un empire ou Indiens et Européens pourraient vivre ensemble dans un esprit différent. »[3] Ainsi le mot « Sauvages », avec un S majuscule et au pluriel, a beaucoup changé dans sa définition, dans sa connotation et dans sa perception au cours des siècles. On voit ici, dans ce magnifique texte aux origines du lien entre Français et Autochtones, tout le respect que Champlain avait pour ces peuples de la forêt, acception d’origine du mot Sauvages.

La défection de la culture scolaire

Par Nicole Gagnon
 
«[…] nous souhaitons qu’à l’école tu apprennes à discuter ces questions, à formuler les principes que tu voudras reconnaître et à dialoguer avec les autres en vue d’édifier une société harmonieuse.»(Georges LEROUX)
 
«Bref, réglons nos problèmes sur le dos des enfants!»(Gilles GAGNÉ)

«L’histoire de la culture québécoise et des recherches qui ont porté sur elle depuis 1960, écrivait Fernand Dumont en 1984, se ramène à une défection de la référence.» Il entendait par là la perte des repères culturels, tels que la religion, la conscience historique, la langue, l’État. Quant à la culture scolaire, il n’en traitait pas, se contentant de la définir comme «une mise en forme de la culture portée au niveau de l’idéologie et, du même coup, l’idéologie devenue socialisation». La formule peut surprendre, laissant entendre que l’école ne serait qu’une entreprise d’endoctrinement. Disons d’abord que Dumont opérait ici ce qu’il appelait une «fermeture de problématique», à savoir: «se donner une définition de ce qu’on ne veut pas étudier». Et rappelons que chez lui, la notion d’idéologie ne comporte pas l’acception péjorative de tare de la raison. Elle désigne plutôt une pratique nécessaire de réconciliation entre faits et valeurs – entre morale et savoir, en l’espèce.

POSSIBLES : 35 ans plus tard – Par Gabriel Gagnon

C’est le 24 juin 1974. à North Hatley, que quatre poètes, Roland Giguère, Gérald Godin, Gilles Hénault et Gaston Miron, et deux sociologues, Marcel Rioux et moi décidèrent de fonder ce qui allait devenir la revue Possibles.  Souverainistes convainçus, invités par Marcel Rioux, nous cherchions comment contribuer à insuffler un contenu vraiment émancipatoire à la pensée indépendantiste.  C’est surtout autour de l’idée d’autogestion, élément central de la pensée de gauche en France et ailleurs, que nous voulions développer notre réflexion.  Il était aussi important pour nous de participer à la naissance d’un nouvel imaginaire québécois où la culture l’emporterait sur une économie qui prenait toute la place.

Ce n’est que deux ans plus tard qu’il nous fût possible, grâce à l’enthousiasme de notre jeune secrétaire de rédaction, Robert Laplante, aujourd’hui directeur de l’Action Nationale, de lancer le 21 octobre 1976, à la Brasserie Le Gobelet, un premier numéro d’une centaine de pages où des poèmes de Giguère et Godin encadraient un dossier sur Tricofil, importante expérience autogestionnaire des ouvriers de St.-Jérôme.     Au cours des années, alors qu’augmentait son nombre de pages, l’influence de la revue commença à se faire sentir grâce surtout au «mouvement autogestionnaire québécois» qu’elle anima et à l’organisation de nombreux colloques, en collaboration avec le Département de sociologie de l’Université de Montréal.  Un grand nombre de rédacteurs nous rejoignirent dont, depuis plus de vingt ans, Raymonde Savard et André Thibault.

De l’autogestion à la cybercitoyenneté – Par Raphaël Canet

La revue POSSIBLES est née au Québec, dans les années 70, fruit d’une génération consciente d’elle-même et porteuse d’un projet. De jeunes gens qui avaient un rêve et souhaitaient contribuer à sa réalisation. Se définir, s’affirmer, prendre conscience de sa capacité de gérer soi-même ses propres affaires, et le faire concrètement. La revendication indépendantiste (ou sa variante modérée souverainiste) n’est que le prolongement à grande échelle de l’aspiration autogestionnaire des groupes restreints.

Le Québec qui a vu naître POSSIBLES sortaient, non pas de la Grande Noirceur, mais plutôt de la Révolution tranquille. Le Parti québécois allait prendre le pouvoir pour la première fois et désormais, un autre Québec allait devenir possible. Tout semblait réalisable et il fallait contribuer à cette réalisation collective, sans pour autant se faire emporter par les vertiges du pouvoir. Le but était de transformer la société québécoise, et l’objectif ne devait pas céder le pas aux impératifs stratégiques, à la pesanteur des moyens pour accéder aux hautes sphères… et s’y maintenir. Cependant, du « Beau risque » aux « Conditions gagnantes », la longue route vers la pleine réalisation du projet national québécois est parsemée de nombreuses désillusions. Le refuge actuel dans l’exaltation du Sujet politique (lire l’obsession de la « souche ») au détriment du Projet de souveraineté constitue l’ultime revers de ce beau rêve d’affranchissement collectif.