Vers Sagana (extraits)

Par Camille Caron 

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Rose

Arrivée au Volks je n’en peux plus. Je l’ai regardé remonter en silence jusque-là. C’est ma faute. Je lui ai proposé une marche silencieuse pour nous permettre d’intégrer tout ce qu’on venait de vivre, de faire, de dire. En marchant sur la montagne, il me pointait parfois un oiseau particulier, un papillon, une fleur…moi je n’avais d’yeux que pour lui! Je me sens déjà comme une obsédée et je ne sais pas comment je vais pouvoir me concentrer sur les achats que nous avons à faire, sur l’itinéraire que nous devons déterminer ou –chose primordiale- sur l’étude de la navigation avant que nous ne prenions la mer. J’ai beau avoir navigué plus jeune quelques jours, ça me paraît bien loin. Il se retourne vers moi, me sourit. Mon visage doit laisser transparaître toutes sortes d’émotions contradictoires. Résultat : je rougis. J’ai envie de l’embrasser partout, de m’agripper à ses bras, de les mordre, d’enfoncer les doigts dans ses cheveux noirs, de me perdre dans son souffle. Je me sens à l’étroit dans mon short en jean et je sens le tissu de mon t-shirt me caresser le bout des seins : j’ai envie de lui, si je m’écoutais on ferait l’amour ici et maintenant.

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L’homme à la rivière

Par Gil Léveillée

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À l’ami des chevaux

 

Un soir, il ferma les yeux et il se rendit dans un lieu auquel il songeait depuis quelques années. C’était inévitable. C’était une sensation en lui, une respiration qui cherchait son souffle comme un certain soir d’été où l’envie fut irrésistible de sortir et de s’asseoir en plein milieu d’un champ pour ne faire que respirer l’air frais et humide du soir, les pieds dans les herbes fraîches et la tête tournée vers le haut, verticalement, vers les étoiles. Respirer vers le haut. Un besoin en urgence de cet espace sans nom, sous le ciel du soir, libéré, seulement que respirer l’air à grandes bouffées. Il sentait même qu’il n’en aurait pas trop de toute la nuit et de quelques jours en plus pour nettoyer les alvéoles de ses poumons et reposer un esprit survolté, presque au bord de l’épuisement.

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