La défense du territoire et de la vie : milpa, comunalidad et systèmes agroalimentaires durables au sud du Mexique

Par Marie-Josée Massicotte, avec la collaboration de Melquiados (Kiado) Cruz
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La milpa es el espacio donde hacemos la vida… En la Sierra Norte, hay un dicho. Se dice : « No hay milpa sin comida, pero tampoco hay comida sin milpa. »

La milpa, c’est l’espace où l’on crée ou fait la vie… Dans la Sierra Norte, il y a un dicton. On dit : « Il n’y a pas de milpa sans nourriture, mais il n’y a pas non plus de nourriture sans milpa. » Kiado Cruz, mai 2017, traduction libre.

Climat/Énergie : ‘La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil’ citation de René Char

Par Alain Brunel

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Les mâchoires du piège climat/énergie se referment. Températures, précipitations, montée des eaux, acidification, extinctions : les records s’accumulent, le climat bascule. Et près de 25 ans après le début des négociations internationales sur le climat, notre système socio-économique est toujours aussi dépendant des énergies fossiles. Dopé à la drogue dure. Les énergies fossiles fournissaient encore 81 % de la demande énergétique mondiale en 2014. Selon les projections de l’Agence américaine d’information sur l’énergie, elles continueront à combler quelque 78 % de cette demande en 2040 (EIA 2016), en tenant compte des mesures internationales sur la table — mais sans le Clean Power Plan d’Obama et avant Donald Trump —, avec la croissance économique attendue des pays émergents, l’Agence internationale de l’énergie prévoit dans son scénario central une hausse de 30 % de la demande mondiale en énergie d’ici 2040 (WEO 2016), et ce, même en tenant compte des mesures annoncées à la COP21 de Paris. Cette demande en hausse serait comblée par l’ensemble des « énergies modernes », gaz et pétrole compris. Nos mesurettes ne font pas le poids devant l’appétit fossile : oléoducs Énergie Est, Keystone XL ou TransMountain, gaz de schiste, pétrole de roche mère, il nous en faut plus et plus encore. Tant qu’il y aura un marché. Face aux usages difficilement remplaçables des énergies fossiles et à la forte inertie sociale au changement, il n’y aura pas d’échappatoire, pas de solution miracle, pas de rédemption. Nous sommes piégés.

Partager le fardeau climatique : Les marchés du carbone comme piste de solutions aux changements climatiques

Par Mark Purdon et Gabrielle Côté-Boucher

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Les changements climatiques sont devenus une réalité, et nous savons qu’il est impératif que le Québec en fasse davantage pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES). L’une des solutions apportées par le gouvernement du Québec fut l’instauration d’un système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de GES, qui, lié avec le système de la Californie, faciliterait la réduction des émissions et ce, à moindre coût. Les marchés du carbone sont souvent perçus comme l’apogée de la marchandisation de la nature. Issus d’un processus néolibéral contesté par plusieurs, les marchés n’offriraient, selon cette logique, qu’une solution artificielle, en plus d’aggraver les inégalités sociales, environnementales et économiques. Toutefois, si l’on se garde de tomber dans ce débat idéologique, l’expérience du Québec et de la Californie nous démontre qu’au sens politique, le système établi entre ces deux juridictions est un exemple substantiel de confiance et de coopération tangible. En effet, le principal attrait des marchés du carbone est la possibilité de former des marchés conjoints et ainsi, de permettre d’alléger le fardeau climatique des juridictions participantes en diminuant considérablement les coûts de réduction d’émission. Nous mentionnerons également que les gouvernements de la Californie et du Québec ne s’appuient pas uniquement sur le marché du carbone pour réduire leurs émissions. Les marchés ne sont souvent qu’un élément parmi un paquet réglementaire beaucoup plus varié qu’il y paraît. Ce sont les réglementations et non le marché qui sont en grande partie responsables des réductions d’émissions en Californie et au Québec.

Derrière la haine, la peur

Par André Thibault

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« Les traces laissées dans le ciel par les avions seraient-elles en réalité de longues traînées de produits chimiques que des gouvernements ou des entreprises largueraient en secret dans l’atmosphère, dans un dessein malveillant? » Selon la revue Santé et science le 18 août 2016, 14 % des Américains, Canadiens et Britanniques le croient au moins partiellement. Je prends cet exemple presque au hasard. Il illustre un phénomène trop négligé à propos de notre époque si fière de sa modernité. Qu’il s’agisse de la science et de la technologie, de l’actualité mondiale ou… des « étrangers », nos contemporains sont plongés dans un monde dépaysant où s’estompent ou disparaissent les gages de sécurité d’un environnement social familier et de croyances garantes de certitudes.

Folie et raison dans l’oeuvre de Michel Foucault

Julien Gauthier Mongeon 

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Cet article entend expliciter les notions de folie et de raison chez Michel Foucault et tirer au clair l’influence respective de ces deux concepts sur la pensée théorique de l’auteur. Tandis que des écrits tardifs de Foucault abordent la folie sous un éclairage philosophique, la thèse doctorale de l’auteur, Histoire de la folie à l’âge classique, présente la folie sous une teinte plus historique. Mais si l’on se penche de manière attentive sur ce premier ouvrage connu ou si l’on survole à grands traits l’ensemble des œuvres du penseur, force est de constater que la folie n’est pas qu’un objet d’étude historique. Elle soulève aussi des questions plus générales ayant trait au statut du sujet perçu comme fou et à l’expérience de la folie comme épreuve d’arrachement à la norme. La folie désigne alors cette expérience-limite qui transgresse le discours de la norme par ce geste qui consiste à s’en déprendre, présentant la folie comme expérience sociale et pouvoir de résistance. Cela met en évidence la posture sociale d’un Foucault très proche des thèmes dont il entreprend l’étude.

Courrier des auteures

Par Carole Briggs

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NDLR. Nous avons reçu un commentaire élaboré sur l’article « Le Tricot du peuple : une performance relationnelle dans l’espace public urbain » publié dans notre dernier numéro sur les villes en santé. Il est écrit par une des auteures qui avait soumis un texte pour notre numéro sur les enjeux autochtones et qui avait organisé et donné un chant mémorable lors de ce lancement.