Marcel Rioux, portraits possibles

Par Jacques Hamel

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Il est des personnes, des lieux, des événements et des dates qui marquent d’une pierre blanche l’histoire individuelle et collective. Le calendrier indique ici le mercredi 20 octobre 1976. Selon l’horaire des cours au programme du Département de sociologie de l’Université de Montréal, Marcel Rioux donne leçon dans un vaste amphithéâtre en sa qualité de professeur responsable du cours Sociologie du Québec. Les étudiants et étudiantes, en grand nombre, viennent l’entendre professer sur le sujet, lui qui fait autorité en la matière depuis la publication de La question du Québec. Chaque séance commence à l’heure et, l’homme posant devant lui son paquet de Gitanes et ses notes, le silence se fait immédiatement dans une salle déjà enfumée.

Roland Giguère, ministre de l’Intérieur

Par Antoine Boisclair

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On reconnaît au poète Gérald Godin le mérite d’être devenu ministre des affaires culturelles et de l’immigration sous le gouvernement Lévesque. On oublie cependant que Roland Giguère a lui aussi, deux décennies plus tôt, en pleine époque duplessiste, occupé des fonctions ministérielles importantes. Un extrait des Yeux fixes, un récit onirique publié en 1951 aux Éditions Erta, est à ce sujet sans équivoque :

[Gilles Hénault] J’aime les oreilles de David Lean

Par Philippe Haeck

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à Lise et Pâque

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Non je ne suis pas fou — je sais bien, Gilles, que tu es mort depuis vingt ans. Pourtant tu es bien vivant en moi — je ne serais pas surpris de te rencontrer rue Henri-Julien. Tu fais partie de mon ciel — une communauté de femmes et d’hommes de bonté, tous vivants même si morts pour plusieurs. Tu n’es sûrement pas dans l’autre ciel promis à qui suit les commandements d’un dieu gendarme préférant les pommes aux hommes qu’il chasse de son verger. J’imagine que quand autour de toi ça n’a vraiment pas d’allure, tu pars à rire, que ton rire emporte ailleurs ce qui te chagrine — je sais que tu pleures aussi.

Miron des débâcles, notre poète  « au nord du monde »

Par Anatoly Orlovsky

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Cet essai propose d’explorer, d’éclairer la nordicité immanente à la poésie de Gaston Miron.  Or,  Miron a plutôt nourri son art par la fréquentation de poètes francophones modernes,  voués comme lui à la liberté esthétique et politique en plein  XXe siècle.  En effet, parmi les maints auteurs dont Miron, dans ses écrits, a explicitement reconnu l’influence, on ne trouve presque aucun représentant de quelque autre littérature boréale hors Québec.  Et pourtant, toute l’œuvre de Miron est pétrie de références à la nature et la mélancolie du Nord, celui de ses Laurentides natales, magnifiées jusqu’à en distiller les universels états nordiques  – glaces, basaltes, coups de vent, neiges qui perdurent, eaux noires, spleen bleu et noir, …