Le Sumak Kawsay et le Buen Vivir, une alternative au développement?

Par Paul Cliche, PhD anthropologie

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L’émergence du « Sumak Kawsay » (en kichwa) qui a été traduit en espagnol par « Buen Vivir » représente un fait historique notable pour les mouvements autochtones d’Abya-Yala[1], pour l’ensemble des organisations populaires d’Amérique latine et de façon plus large, pour les pays de la périphérie du système mondial et les groupes sociaux subalternes et exclus. Il constitue un projet de société original qui se démarque radicalement du modèle dominant au sein du système mondial. Porté par les dirigeants du mouvement autochtone[2] équatorien, il a émergé comme un modèle alternatif de développement post-néolibéral (Rámirez 2010), un modèle de post-développement (Escobar 2012), voire une « alternative au développement » (Acosta 2012 et Gudynas 2012). Il a été grandement légitimé par sa reconnaissance dans la constitution de l’Équateur de 2008 (Il est également inscrit dans la Constitution de la Bolivie de 2009 comme « Suma Qamaña (vivir bien) »). Un tel paradigme, en proposant l’idée du « vivre bien » comme paramètre sociétal et non celui du « vivre mieux », de posséder plus de biens ou d’augmenter le niveau de vie, se trouve à remettre en question les idées de croissance et de progrès qui fondent le modèle dominant de développement.

Une nouvelle gouvernance pour respecter notre mère la Terre

Par Sippi Flammand, membre de la nation Atikamekw-Nehirowisiw

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Notre Terre vaut mieux que de l’argent, elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette Terre sera ici pour donner vie aux Hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des Hommes et des animaux ; c’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette Terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas. Vous pouvez compter votre argent et le brûler dans le crâne d’un bison, parce que seul le Grand Esprit peut compter les grains de sable et les brins d’herbe de ces plaines. Tout ce que nous avons et que vous pouvez emporter, nous vous le donnerons, mais la Terre, jamais. (Un chef Blackfeet, p. 59).

Pour un humanisme de l’anthropocène

Par Yves Vaillancourt

Texte repris et modifié d’une conférence aux UTOPIALES du Grand Orient de France, sous le thème « Affirmer une humanité plus solidaire », Paris, 8 avril 2017

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Il y a 10 000 ans, avec la fin de la dernière glaciation, a commencé l’ère géologique de l’Holocène. Certains scientifiques avancent que nous sommes entrés récemment dans l’ère de l’Anthropocène, signifiant par-là que l’agir de l’être humain revêt désormais une dimension géologique.

La lutte aux changements climatique est-elle juste?

Par Normand Mousseau

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Le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre implique, au-delà de l’augmentation moyenne de la température du globe, la multiplication d’événements météo catastrophiques, tels que des tempêtes, des inondations, du verglas, etc., des événements qui affecteront de manière disproportionnée les plus faibles et les plus pauvres de la planète. Ceux-ci, en effet, ne disposent généralement que de très peu d’économies pour se reprendre en main après le désastre alors même qu’ils sont souvent installés dans les zones les plus à risques et dépendent d’infrastructures de mauvaise qualité et fragiles, lorsqu’elles existent. Or, ces populations ne partagent qu’une infime responsabilité dans la création du problème, qui émane plutôt des choix énergétiques et du mode de vie de la partie la plus riche de la population mondiale.

Guerre et crise agraire en Syrie : revisiter le conflit syrien au prisme de la justice écologique

Par Efe Can Gürcan

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Introduction : un regard multifacette sur le conflit syrien

Le conflit syrien s’est transformé en l’une des pires crises humanitaires impliquant la plus sévère crise de réfugiés de l’époque post-guerre mondiale. La diffusion rapide de ce conflit depuis mars 2011 a eu d’irréversibles conséquences pour plus de 6,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 4,5 millions de personnes qui ont été forcées de fuir le pays (Otero & Gürcan 2016). La montée de la nouvelle droite dans les pays occidentaux – qui subissent toujours les conséquences de la crise du capitalisme depuis 2008 – coïncide d’ailleurs assez commodément avec l’afflux de refugiés et la diffusion du terrorisme islamiste à la suite du conflit syrien.