L’aventure se précise pour les stagiaires de l’Université de Montréal aux Philippines
Après deux semaines à Manille de formations pratiques et de workshops, l’équipe de stagiaires de l’Université de Montréal a une idée plus précise du documentaire qu’elle tournera à Palawan fin juin.
Première phase de découverte terminée : place à la recherche …
La première phase de conception du documentaire sur l’exploitation minière à Palawan a commencée pour notre équipe, après la période d’adaptation à un nouvel environnement, une nouvelle culture, il est temps maintenant de nous mettre au travail.
Notre méthodologie de recherche n’est pas totalement différente d’une méthodologie de recherche de type universitaire : nous prenons des notes sur des articles que nous avons sélectionnés pour leur pertinence et nous postons ces notes sur un dossier Google Drive ce qui nous permet d’avancer plus vite en regroupant nos recherches.
A partir de là, les lectures et nos discussions sur la question minière à Palawan nous permettent d’avancer des pistes de réflexions pour l’écriture du script (que nous devons présenter pour 11 juin 2015).
Si nos idées de sujet sont différentes, nous sommes tous d’accord pour aborder le sujet de l’exploitation dans les mines de nickel à Palawan sous un angle réflexif.
Nous voulons nous concentrer sur le quotidien de trois personnes travaillant dans les mines, nous souhaitons un visuel minimaliste, aucune musique, d’interviews ni voix-off : seulement les images brutes, parlant pour elles-mêmes. Nous croyons que le documentaire gagnera en puissance dans ce cas. Aussi l’idée de ne pas utiliser de voix-off est directement liée à notre volonté de ne pas imposer de point de vue et de laisser l’auditoire construire son opinion.
Nous avons conscience que l’idée d’un documentaire avec une forme aussi minimaliste peut être risquée.
Après réflexion nous avons finalement décidé d’abandonner le sujet des mines d’or à Palawan : leur nature illégale complique le tournage et risquerais de mettre en péril notre sécurité. Nous ne souhaitons pas risquer notre sécurité pour une histoire.
Des workshops théoriques pour se familiariser avec les enjeux…
Lors du premier workshop théorique, la présentation de Gridzela Mayo-Anda directrice du ELAC (Centre Environnemental d’Assistance Légal) (Ndlr : organisation à but non lucratif qui aide les communautés autochtones à faire respecter leurs droits notamment dans un contexte d’accaparement des terres) nous a grandement intéressée : nous y avons appris qu’il y avait à Palawan deux échelles d’exploitation minière. La première forme d’exploitation minière de l’or à petite échelle est illégale et réalisé par des fermiers, la deuxième forme d’exploitation à grandes échelles concerne le nickel et est réalisées par des grandes compagnies minières comme NAC (Nickel Asia Corporation) et L&M Mining.
A la fin de la présentation, Gridzela Mayo-Anda nous transmet le contact de Jaybee Garganera de ATM (d’Alyansa Tigil Mina) de pour nous aider à rester en relation avec des mineurs qui accepteraient peut-être de participer à notre documentaire.
Gridzela nous donne aussi une piste que nous pourrions exploiter et intégrer dans notre script à savoir faire un suivi de la loi e79 de la Constitution de 1987 (loi qui réglemente l’exploitation minière à Palawan, en définit les règles, les conditions dans le but de rendre cette exploitation plus équitable et respectueuses de l’environnement.)
Après avoir pris contact avec ATM, nous avons obtenu un rendez-vous prévu pour le 5 juin. Cette première interview nous permettra de discuter de l’exploitation minière qui a lieu à Palawan, des enjeux qui entourent la question et de compléter les données que nous avons trouvées dans la presse.
Le jour du dernier workshop théorique, le projet REINVENTERRA (Réseau d’Etudes Internationales sur la Valorisation et l’Exploitation des Terres et de la Nature en Afrique, Asie et Amérique Latine crée en 2013) nous a été présentée à savoir une organisation dotée d’une vision multidisciplinaire qui a pour objectif de centraliser les recherches universitaires.
Recherches universitaires portant sur les questions d’accaparement des terres dans l’espace public. A l’occasion de ce workshop, nous avons pu présenter nos premières idées de sujet pour les documentaires et bénéficier des commentaires des professeurs et spécialistes membres de REINVENTERRA.
Suite à notre présentation, les professeurs dont Dominique Caouette professeur au département de Science Politique à l’Université de Montréal ont apprécié notre idée de retracer le fonctionnement du système d’exploitation des mines d’or à Palawan à travers trois portraits.
L’idée est de visualiser comment fonctionne le système d’exploitation minière et de voir quels en sont les impacts sur les individus impliqués.
Les professeurs nous ont conseillés de consulter les dernières nouvelles sur les enjeux et controverses entourant la question minière à Palawan (le journal Palawan Times serait une source d’informations pertinente.)
Ce que nous avons appris grâce aux workshop et rencontres (en plus de nous familiariser avec les enjeux centraux dans le projet REINVENTERRA) est qu’il est important de garder une marge de flexibilité au script, au regard de la situation du terrain. L’important est de ne pas avoir de scénario figé et des idées trop précises.
L’objectif est d’être préparés à toutes les éventualités que nous réserve l’incertitude d’un tournage sur le terrain.
Un premier exercice pratique (comme avant goût de ce qui nous attend)
Dans la continuité des workshops théoriques, succèdent les workshops pratiques.
Ces workshops se déroulant du 1er au 3 juin étaient centrées sur la technique du cinéma documentaire. Luzon et Boyette Rimban, réalisateurs de documentaires – et producteurs pour la chaine de télévision nationale philippines ABS CBS – nous ont fait partager leur expérience et nous ont transmis beaucoup de conseils pour toutes les étapes de conception du documentaire (notamment comment tirer le maximum du matériel dont nous disposons.)
Aux exposés théoriques du workshop dans la matinée, se succèdent une partie de mise en pratique l’après-midi au cours desquels nous mettons à profit les connaissances fraichement acquises.
Chaque équipe a pour mission de réaliser un documentaire de trois minutes sur n’importe quel sujet à condition que celui-ci se trouve sur le campus de l’Université des Philippines Diliman.
Le dernier après-midi du workshop du 3 juin sera consacré au visionnement des documentaires produits et à l’analyse de ceux-ci.
Pour cet exercice nous avions choisi de consacrer notre documentaire à Kuya Perry Liquiran, un garde de sécurité de l’Université des Philippines (UP). Nous avons énormément apprécié cet exercice qui nous permis de fonctionner en tant que groupe, de tester nos compétences, de les améliorer (notamment en terme de montage vidéo)
Cette première expérience enrichissante et intensive (concevoir, filmer, monter un documentaire en deux après-midi est un vrai défi) nous permet d’aborder plus sereinement le tournage de notre documentaire à Palawan.
Nous avons le sentiment que nous pourrons bientôt commencer l’aventure qui nous attend sur de bonnes bases. Mais avant notre grand départ pour le 29 juin, il nous faut remplir notre deuxième mission. Ecrire le script de notre documentaire sur l’exploitation minière est maintenant notre défi pour les semaines à venir.
Aventure à suivre …
Rosanna Tiranti
Université de Montréal