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	<title>UniAlter &#187; Libre-échange</title>
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		<title>LA ZLEA: ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AMÉRICAINE?</title>
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		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:16:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), traité visant à éliminer toute barrière douanière parmi l&#8217;ensemble des États du continent américain (à l&#8217;exception de Cuba), fut proposée pour la première fois lors du sommet des Amériques à Miami le 11 décembre 1994. Malgré les rencontres multiples effectuées entre les différents dirigeants politiques des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), traité visant à éliminer toute barrière douanière parmi l&#8217;ensemble des États du continent américain (à l&#8217;exception de Cuba), fut proposée pour la première fois lors du sommet des Amériques à Miami le 11 décembre 1994. Malgré les rencontres multiples effectuées entre les différents dirigeants politiques des nations concernées, un consensus général sur la portée dont l&#8217;accord devrait bénéficier n&#8217;a toujours pas été achevé. Les États-Unis ayant favorisé avant tout un simple élargissement de l&#8217;Accord de libre-échange nord-américain, les petites et moyennes puissances continentales(dont notamment le Brésil et les fameuses nations &#8221;bolivariennes&#8221;) <a href="http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr">critiquent vivement la possibilité d&#8217;adopter un tel traité</a> qui d&#8217;après eux viendrait renforcer la domination américaine (Gudynas 2005). Quels effets aurait la mise en place du traité de libre-échange des Amériques dans les nations latino-américaines du point de vue économique et social? On étudiera tout d&#8217;abord les avantages de l&#8217;établissement éventuel d&#8217;un tel accord en Amérique, pour ensuite étudier les inconvénients de celui-ci.<span id="more-724"></span></p>
<p style="text-align: justify">Tout d&#8217;abord, la création d&#8217;une zone de libre-échange des Amériques constitue une réponse juste et nécessaire à la vague régionaliste qui, depuis vingt ans, ne cesse de croître. En effet, la planète compte aujourd&#8217;hui plusieurs blocs commerciaux dont les plus connues sont l&#8217;Union Européenne et l&#8217;ASEAN. Ces blocs rentrent dans la logique de l&#8217;école néo-fonctionnaliste qui, dans le cadre de la mondialisation, préconise une intégration politique plus approfondie à travers l&#8217;effet du &#8216;&#8217;spill-over&#8221;. Ce dernier permettrait, par la création dans un premier temps d&#8217;institutions favorisant la coopération dans les domaines techniques et économiques (laissant donc de côté tout aspect politique), une coopération qui s&#8217;étend dans des domaines  sensibles (Leresche and Saez 1997, 31). L&#8217;exemple classique de cette théorie repose  dans le cas européen, dont l&#8217;intégration débuta par l&#8217;entrée en vigueur de la Communauté européenne du charbon et de l&#8217;acier en 1952 et qui aujourd&#8217;hui profite  du modèle d&#8217;intégration le plus complexe au niveau planétaire. La ZLÉA serait donc non pas seulement un traité exclusivement économique, mais un véritable pas vers une intégration complète caractérisée par la coopération politique et économique de l&#8217;ensemble des États membres.</p>
<p style="text-align: justify">De plus,  le régionalisme économique proposé permettrait aux pays du continent américain d&#8217;accroître l&#8217;efficience dans la production et dans l&#8217;organisation des marchés (Deblock and Brunelle 1997, 343).  Geneviève Lessard  ajoute que les gains de l&#8217;intégration seraient encore plus importants pour les pays en développement, du fait que l&#8217;association avec les États-Unis permettrait de &#8221;diversifier leurs exportations et d&#8217;obtenir un plus grand nombre de produits au prix le plus bas possible&#8221; (Lessard 2000, 6). Cette association favoriserait l&#8217;investissement direct étranger, source de capitaux et de technologies dont les pays d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes ont besoin afin d&#8217;assurer leur croissance économique, ainsi que  la présence d&#8217;entreprises étrangères qui représentent une source d&#8217;emploi essentielle pour la population, permettant souvent d&#8217;obtenir des meilleurs emplois et de meilleures conditions de travail (Lessard 2000, 7). L&#8217;établissement de ce traité constitue par conséquent une étape incontournable pour parvenir à la croissance économique et au développement.</p>
<p style="text-align: justify">D&#8217;autre part,  l&#8217;expérience du régionalisme en Amérique n&#8217;est souvent pas aussi positive qu&#8217;on le pense. Malgré l&#8217;établissement de nombreux traités de libre-échange et de réformes commerciales, la croissance économique enregistrée durant les années 1990 dans le continent américain n&#8217;a été en moyenne que de 3,3%, alors que le PIB par habitant n&#8217;a augmenté que de 1,5%. Ceci représente  un progrès par rapport à la décennie précédente, mais ne parvient toujours pas à pallier les énormes écarts au sein des sociétés de la plupart des pays du continent. En effet, cette région est caractérisée par d&#8217;énormes contrastes, qui vont bien au-delà des rapports intra-nationaux, mais se retrouvent aussi dans les rapports inter-étatiques. Si aujourd&#8217;hui  60% des exportations et un peu moins de 50% des importations totales des 34 pays se font à l&#8217;intérieur des Amériques, contre 48% et 41 % il y a dix ans,  &#8221;les États-Unis représentent près de 77% du PIB total des Amériques et plus de 62% de toutes les exportations du continent&#8221; (Turcotte 2001, 33), comparé au Nicaragua et à Haïti qui comptent ensemble pour 1/2000e  du même total. Il existe donc un haut degré d&#8217;hétérogénéité dans les Amériques, évident dans la répartition des ressources économiques. Ces disparités, censées se réduire avec l&#8217;établissement de traités de libre-échange ne cessent de croître, ce qui nous emmène à penser que le ZLEA constitue un instrument des États-Unis pour renforcer leur domination économique et politique en Amérique latine.</p>
<p style="text-align: justify">Si on a parlé auparavant des avantages liés aux investissements directs étrangers, il existe aussi plusieurs inconvénients considérables engendrés par ces investissements, surtout pour les économies limitées au niveau des ressources naturelles, les capitaux investis dans ces pays n&#8217;étant pas dans une perspective d&#8217;investissement à long terme. &#8221;Lorsqu’il y a investissement direct celui-ci passe le plus souvent par l’acquisition d’entreprises locales. L’efficacité des entreprises achetées peut ainsi être améliorée, mais l’effet sur la capacité productive du pays hôte demeure limitée&#8221; (Lessard 2000, 15). Le système capitaliste ne peut donc pas répondre aux besoins réels des pays en difficulté, la privatisation des industries créant un frein au  développement durable. Ainsi, plutôt que de cibler l&#8217;expansion du commerce de services et d&#8217;établir encore plus de protection pour la propriété intellectuelle (telle que préconisé par l&#8217;Amérique du Nord), il faudrait plutôt mettre une fin aux subventions gouvernementales pour l&#8217;agriculture mises en place principalement par les États-Unis, ainsi que de créer une clause pour les biens agricoles dans un futur traité.</p>
<p style="text-align: justify">En conclusion, malgré les avantages préconisés par l&#8217;école libérale (surtout les néo-fonctionnalistes) d&#8217;un accord de libre-échange  dans l&#8217;intégration économique et politique des nations  du continent américain, l&#8217;écart croissant entre les États-Unis et le reste des pays malgré l&#8217;établissement de divers traités régionaux et bilatéraux avec le géant américain, laisse croire que la création d&#8217;une zone de libre-échange des Amériques viendrait renforcer l&#8217;hégémonie américaine dans la région. C&#8217;est pourquoi une autre voie dans l&#8217;intégration économique et politique doit être entreprise, axée sur les spécificités et avantages des plus petites nations.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Deblock, C., and D. Brunelle. 1997. «De PALE à la ZLEA: régionalisme et sécurité économiques dans les Amériques.» <em>Études internationales</em> 28(2): 313–344.</p>
<p>Gudynas, Eduardo. <em>L&#8217;ombre de la Zlea sur sommet présidentiel sans accord. </em>En ligne.</p>
<p><a href="http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr">http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr</a> (page consultée le 26 avril 2010).</p>
<p>Leresche, Jean-Philippe, and Guy Saez. 1997. «Identités territoriales et régimes politiques de la frontière.» <em>Pôle Sud</em> 7(1): 27-47.</p>
<p>Lessard, G. 2000. «Les économies de petite taille et la ZLÉA.» <em>mars</em> 2(4): 5-24.</p>
<p>Turcotte, S. 2001. <em>L&#8217;intégration des Amériques: pleins feux sur la ZLEA, ses acteurs, ses enjeux.</em> Montréal: Les Editions Fides.</p>
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		<title>LE LIBRE-ÉCHANGE EN AFRIQUE: LE CAS DU MALAWI</title>
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		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:03:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Libre-échange]]></category>
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		<category><![CDATA[SADC]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
L&#8217;intégration régionale est aujourd&#8217;hui largement pratiquée par la quasi-totalité des pays dans le monde, tendance qui est très répandue dans le continent africain. En effet, on peut compter plus d&#8217;une trentaine de traités régionaux dans le continent le plus pauvre de la planète, chaque pays adhérant en moyenne à quatre traités. Ces traités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;intégration régionale est aujourd&#8217;hui largement pratiquée par la quasi-totalité des pays dans le monde, tendance qui est très répandue dans le continent africain. En effet, on peut compter plus d&#8217;une trentaine de traités régionaux dans le continent le plus pauvre de la planète, chaque pays adhérant en moyenne à quatre traités. Ces traités sont une réponse aux vagues d&#8217;intégrations mis en avant par l&#8217;Union Européenne et son élargissement progressif, l&#8217;ASEAN et la négociation d&#8217;une Zone de Libre-Échange en Amérique. Cependant, il semble que malgré la présence de ces accords, l&#8217;Afrique est toujours dépourvue de toute croissance économique et encore plus de développement. L&#8217;analyse de ce billet va surtout se centrer  autour du cas particulier de Malawi, pays soumis sous la pauvreté extrême et membre de la Communauté de développement d&#8217;Afrique australe (ou SADC, acronyme de l&#8217;anglais Southern African Development Community), organisation regroupant 15 États, dont l&#8217;Afrique du Sud(Yang et Gupta 2005, 1). Dans un premier temps, on verra dans quelle mesure l&#8217;intégration des pays au sein du SADC est souhaitable, pour ensuite étudier ses limites.<span id="more-718"></span></p>
<p style="text-align: justify">Tel que dit précédemment, l&#8217;Afrique subsaharienne n&#8217;a toujours pas profité adéquatement de la mondialisation, malgré la création fréquente de nouveaux traités régionaux. Les États membres du SADC recherchent, à travers cet accord commercial, une opportunité de participer activement dans le marché international qui viendrait pallier la crise économique structurelle dont ils sont victimes. Cette stratégie permettrait une intégration progressive en mesure de développer les secteurs les plus faibles et par conséquent les moins compétitifs, toujours visant l&#8217;intégration mondiale au sein d&#8217;un marché  agissant  comme une sorte de protectionnisme (Flatters 2002, 1). On remarque donc que la création d&#8217;une telle association viendrait en principe rompre avec la dépendance envers les pays du Nord, mettant de côté la relation centre/périphérie au profit d&#8217;un modèle de développement basé sur les ressources nationales et la coopération régionale.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, malgré le caractère quasi utopique d&#8217;une telle proposition, la réalité de l&#8217;économie du Malawi et de la plupart des pays intégrant la Communauté de développement d&#8217;Afrique australe ne correspond pas au profil requis. Ainsi, le &#8221;potentiel de création de commerce pour ces pays  est faible, ceux-ci ayant des structures d&#8217;échanges très semblables, important et exportant des biens similaires&#8221; (Cadot, de Melo, et Olarreaga 2000, 6). Ceci est confirmé par l&#8217;indice de complémentarité commerciale de Michaely, qui indique que les pays membres de l&#8217;ALENA (accord de libre-échange nord-américain) et ceux de l&#8217;UE-15 ont entre eux des indices de complémentarité douze fois supérieur à celui des pays d&#8217;Afrique subsaharienne, tandis que le MERCOSUR a un indice trois fois supérieur. L&#8217;intégration régionale tant préconisée au plan économique n&#8217;a donc jamais été concrétisée, d&#8217;où une stagnation évidente du développement dans cette partie du monde.</p>
<p style="text-align: justify">Une deuxième limite réside sur le fait que le marché du travail du Malawi (et de la plupart des États de la région) est très dépendant du secteur primaire. Une libéralisation de l&#8217;économie à part entière conduirait sans doute à une perte importante d&#8217;emplois dans le domaine agricole, l&#8217;arrivée de nouveaux produits étrangers étant à l&#8217;origine de ce problème. Ceci aurait non seulement un impact à court terme, mais risque de s&#8217;imposer aussi à long terme par le manque important d&#8217;opportunités dans d&#8217;autres secteurs: 80% des Malawites sont employés dans l&#8217;agriculture (WIIG et SELEKA, 302). Suivant les postulats énoncés ici, une révolution industrielle, qui n&#8217;a jamais été atteinte par nombreux pays de l&#8217;Afrique subsaharienne, viendrait répondre aux besoins du Malawi dans ses premiers pas vers le développement. On se trouve toujours dans une société traditionnelle suivant la théorie de la modernisation, le décollage ne pouvant être atteint qu&#8217;avec une entrée importante d&#8217;investissements étrangers comme ce fut le cas de l&#8217;Asie du Sud-Est, qui est aujourd&#8217;hui le modèle à suivre pour l&#8217;ensemble des pays en voie de développement.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, le SADC est une organisation très faible, comptant  très peu de ressources, où le manque de coopération entre États se manifeste par le faible degré de flexibilité dans les politiques commerciales nationales que les États membres sont prêts à offrir. Ceci est du en partie aux fortes asymétries de tailles entre pays membres qui caractérisent la plupart des accords d&#8217;intégration régionale au niveau continental: &#8221;le Kenya domine la Communauté d&#8217;Afrique de l&#8217;Est (CAE), la Côte d&#8217;Ivoire l&#8217;UEMOA, le Cameroun l&#8217;Union douanière de l&#8217;Afrique Centrale (UDAC), l&#8217;Afrique du Sud la Coopération pour le Développement d&#8217;Afrique du Sud (SDAC), et l&#8217;Égypte domine le futur Marché Commun pour l&#8217;Afrique de l&#8217;Est et du Sud (MCAES). À chaque regroupement correspond un « pays dominant » dont la présence entraîne les remarques suivantes&#8221; (Cadot, de Melo, et Olarreaga 2000, 5).</p>
<p style="text-align: justify">Tout ceci nous emmène à penser que l&#8217;intégration régionale en Afrique australe, qui conduirait à un développement soutenu et indépendant des pays du Sud est difficilement réalisable. C&#8217;est la raison pourquoi plusieurs auteurs favorisent un accès unilatéral à l&#8217;Union Européenne plutôt que le modèle employé actuellement, le commerce se réalisant déjà dans une plus grande mesure avec cette organisation qu&#8217;à l&#8217;intérieur même du SADC, tout en évoquant que l&#8217;économie d&#8217;Afrique du Sud n&#8217;est pas suffisamment importante pour servir comme pôle de croissance régionale (Lewis, Robinson, et Thierfelder 2003, 203).</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, il est important de relever que malgré les progrès très substantiels dans la croissance économique du pays, Malawi a connu des améliorations très importantes dans d&#8217;autres domaines, dont la sécurité et la stabilité politique, mais surtout dans l&#8217;accès à l&#8217;eau potable et à l&#8217;éducation où maintenant plus de 95% des enfants comptent avec l&#8217;accès à l&#8217;éducation primaire. Ceci reflète des avancées très importantes dans le développement du pays, avancées qui ne sont pas comptabilisées dans les calculs du FMI.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Cadot, O., J. de Melo, and M. Olarreaga. 2000. «L’intégration régionale en Afrique: où en sommes-nous?». <em>Revue d’économie du développement</em> 2: 247–261.</p>
<p>Flatters, F. 2002. “SADC rules of origin: Undermining regional free trade.” In <em>TIPS Forum, Johannesburg</em>, p. 9–11.</p>
<p>Lewis, Jeffrey D., Sherman Robinson, and Karen Thierfelder. 2003.  «Free Trade Agreements and the SADC Economies».<em>J Afr Econ</em> 12(2): 156-206.</p>
<p>WIIG, A., and T. B SELEKA. «Will intra-regional trade liberalisation within SADC reduce poverty? The case of Malawi».<em>TOWARDS POLITICAL AND ECONOMIC INTEGRATION IN SOUTHERN AFRICA</em>: 203.</p>
<p>Yang, Y., and S. Gupta. 2005. <em>Regional trade arrangements in Africa</em>. International Monetary Fund.</p>
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		<title>LE VIETNAM ET L&#8217;ASEAN : MARIAGE DE CONVENANCE?</title>
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		<pubDate>Sun, 02 May 2010 13:27:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Jean-François Roof
 
L&#8217;Association des Nations de l&#8217;Asie du Sud-Est ou ASEAN dans l&#8217;abréviation populaire anglaise a souvent été applaudie comme modèle d&#8217;intégration régionale, mais aussi montrée du doigt lors de la crise asiatique de 1997 comme un modèle défectueux de réformes économiques. Malgré tout, l&#8217;organisation opère toujours, et le Vietnam l&#8217;a rejointe en 1995. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Jean-François Roof</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;Association des Nations de l&#8217;Asie du Sud-Est ou <a href="http://www.asean.org/">ASEAN</a> dans l&#8217;abréviation populaire anglaise a souvent été applaudie comme modèle d&#8217;intégration régionale, mais aussi montrée du doigt lors de la crise asiatique de 1997 comme un modèle défectueux de réformes économiques. Malgré tout, l&#8217;organisation opère toujours, et le Vietnam l&#8217;a rejointe en 1995. Or, l&#8217;une des principales raisons de cette alliance coopérative était notamment de former un bloc pour contenir le Vietnam communiste. L&#8217;alliance servait alors de plateforme pour favoriser les échanges et laisser en suspens les différends territoriaux entre les membres afin de respecter les principes de souveraineté des États, d&#8217;égalité, de non interférence et de non utilisation de la force. Quels étaient donc les objectifs du Vietnam en soumettant sa candidature pour l&#8217;ASEAN? Dans quelle mesure son développement peut-il être favorisé ou limité par sa participation à ce genre d&#8217;organisation? Nous verrons que sa participation suscitent de nombreux questionnements.<span id="more-691"></span></p>
<p style="text-align: justify">Deux écoles en relations internationales aux prémisses opposées s&#8217;affrontent sur cette question de l&#8217;entrée du Vietnam au sein de l&#8217;ASEAN. L&#8217;approche réaliste, qui conçoit le monde comme un milieu anarchique, prétend que les États agissent en fonction de leurs intérêts, intérêts dictés par la pulsion instinctive de l&#8217;État d&#8217;assurer sa perpétuité, c&#8217;est-à-dire sa souveraineté, et ses capacités de protéger les deux<a href="#_ftn1">[1]</a>. Selon cette approche, l&#8217;entrée du Vietnam au sein de l&#8217;ASEAN serait donc un calcul rationnel des coûts-bénéfices visant à satisfaire les intérêts matériels du premier. L&#8217;approche constructiviste, quant à elle, ne nie pas l&#8217;existence d&#8217;intérêts à la base des décisions, mais tente également de démontrer que ces intérêts sont construits sur des idées et des valeurs, qui peuvent conduire les États à emprunter des voies différentes malgré une situation à première vue semblable<a href="#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Selon l&#8217;école réaliste, l&#8217;ASEAN correspondait aux nouveaux intérêts que le Vietnam a développé à la suite des vastes efforts de libéralisation économique du pays, exposés dans mes deux précédents billets. Les réalités économiques ont conduit les dirigeants à concevoir la politique étrangère et l&#8217;économie comme deux domaines intrinsèquement liés. C&#8217;est-à-dire que les réformes économiques sont ailleurs perçues comme une volonté vietnamienne de promouvoir la stabilité de la région et d&#8217;abandonner la lutte dogmatique du camp socialiste. L&#8217;inverse est aussi vrai. En normalisant les relations diplomatiques (avec l&#8217;ASEAN, mais aussi avec la Chine et les États-Unis)ont attire les investissements étrangers et l&#8217;aide financière afin d&#8217;encourager la croissance du pays<a href="#_ftn3">[3]</a>. L&#8217;ouverture est donc la clé pour un développement rapide mais constant du Vietnam, et l&#8217;ASEAN est l&#8217;organisation qui peut permettre tout cela. D&#8217;ailleurs, les valeurs de l&#8217;ASEAN ne font que conforter le gouvernement vietnamien, puisque celui-ci ne se verra jamais imposer de changer la nature de son régime en vertu du respect de sa souveraineté.</p>
<p style="text-align: justify">En vertu de cette alliance, le Vietnam bénéficie d&#8217;investissements de la part des autres membres, dont la Thaïlande, Singapour et la Malaisie sont considérés comme les puissances économiques de la région, mais la légitimité de l&#8217;ASEAN attire aussi les investisseurs étrangers. C&#8217;est d&#8217;ailleurs sur la base de cette confiance que le Vietnam a pu participer à l&#8217;<a href="http://www.wto.org/indexfr.htm">Organisation mondiale du commerce</a> à partir de janvier 2007 : « Ce sont ces réformes qui assurent la croissance économique soutenue du Viet Nam, constituant un fondement solide pour l’accession dans son ensemble. Par ailleurs, la participation à l’OMC aidera le Viet Nam à affiner son processus de réforme, créant des possibilités d’expansion commerciale, ce qui est un important outil de croissance économique »<a href="#_ftn4">[4]</a>. Comme nous l&#8217;avons vu, le discours officiel présente les domaines économique et politique comme allant de pair.</p>
<p style="text-align: justify">Selon l&#8217;approche constructiviste, le Vietnam aurait plutôt rejoint l&#8217;ASEAN pour pallier au problème identitaire relié à la chute du communisme en 1991. N&#8217;ayant plus le grand frère communiste pour lui fournir l&#8217;aide nécessaire à la réussite de ses réformes économiques, il était dès lors important de se doter de nouveaux alliés, dont l&#8217;ASEAN. Sa reconnaissance d&#8217;un problème avec le mode socialiste de développement est par contre antérieur à tout cela. La logique en joignant l&#8217;ASEAN était de bénéficier d&#8217;une croissance semblable aux autres pays d&#8217;Asie, à cette époque les plus dynamiques du globe<a href="#_ftn5">[5]</a>,tout en redevenant une nation normale dans la région. Les intérêts purement matériels étaient déjà en voie d&#8217;être acquis avant l&#8217;intégration à l&#8217;ASEAN, selon les auteurs de cette approche.</p>
<p style="text-align: justify">Outre les points précédents qui semblent bénéficier au Vietnam tant en termes de financement que de croissance, la participation au sein de l&#8217;ASEAN pourrait receler quelques pièges nuisibles au progrès effectué par le Vietnam ces dernières années. Bien que l&#8217;accession ne comporte pas de concessions politiques, elle signifie néanmoins des concession économiques, dont la ratification de l&#8217;AFTA, le traité de libre-échange de l&#8217;ASEAN. Les progrès du Vietnam sont remarquables comparés au Cambodge et au Laos, mais son niveau de développement n&#8217;atteint pas celui de la Thaïlande ou même de l&#8217;Indonésie<a href="#_ftn6">[6]</a>. En 2007, en termes de développement humain, le Vietnam atteint une cote de 0,725 alors que la Thaïlande atteint 0,783. Même les Philippines obtiennent un meilleur résultat avec 0,751<a href="#_ftn7">[7]</a>. L&#8217;indice de développement humain prend en compte des données autres que le revenu, notamment, l&#8217;accès à l&#8217;éducation, l&#8217;alphabétisation, l&#8217;espérance de vie, l&#8217;égalité des genres, etc. En termes, de revenus, les chiffres sont encore moins prestigieux pour le Vietnam. Qui plus est, ce dernier doit faire face à la compétition féroce de ses voisins sans avoir recours au protectionnisme. Ceci nous rapporte aux écrits de Raul Prebisch qui réfutait les thèse libérales concernant le marché libre. Selon lui, le libéralisme ne tient pas compte des disparités entre pays. Les pays industrialisés ont tout avantage à promouvoir le libre-échange puisqu&#8217;ils ne craignent pas la concurrence. En revanche, les pays non-industrialisés ne peuvent pas rivaliser et risquent non seulement d&#8217;être envahi par des biens étrangers, mais aussi d&#8217;en être dépendant au risque de saper leur propre économie. C&#8217;est un peu le phénomène qui affecte le Vietnam au sein de l&#8217;AFTA, puisque celui-ci accuse un déficit commercial important avec ses partenaires asiatiques sans avoir les moyens de rivaliser.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-692 aligncenter" src="http://redtac.org/unialter/files/2010/05/Untitled21.jpg" alt="Untitled2" width="429" height="322" /></p>
<p style="text-align: center"><span style="color: #0000ff">Source du tableau 1 : Nguyen Vu Tung, « Vietnam&#8217;s Membership in ASEAN: A Constructivist Interpretation ». </span><em><span style="color: #0000ff">Contemporary Southeast Asia</span></em><span style="color: #0000ff">, Vol. 29, No 3 (2007), 487.</span></p>
<p style="text-align: justify">Bien que le Vietnam ait adopté une industrie basée sur l&#8217;exportation de produits, on voit bien que cela n&#8217;est guère efficace contre ses voisins dotés d&#8217;une même industrie. Le succès de son intégration est dès lors mitigée malgré les objectifs de départ, soit les intérêts matériels selon les réalistes, ou la recherche d&#8217;identité pour les constructivistes. On peut finalement dire un mot sur le rôle de plus en plus important des hommes d&#8217;affaires et des entrepreneurs du pays. La légitimité du régime tient d&#8217;abord au succès de ses réformes économiques et doit de plus en plus rechercher la collaboration des entrepreneurs. Cela nous laisse avec la possibilité d&#8217;un germe de société civile dans les années à venir qui cherchera à s&#8217;assurer que les réformes économiques seront accompagnées de changements politiques.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Wendt, Alexander. (1999). <em>Social Theory of International Relations</em>. Cambridge: Cambridge University  Press.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Dosch, Jörn. 2006. «  Vietnam&#8217;s ASEAN Membership Revisited: Golden Opportunity or Golden Cage ». <em>Contemporary Southeast Asia.</em> 28 (No 2): 234-258.</p>
<p>Nguyen, Vu Tung. 2007. « Vietnam&#8217;s Membership of ASEAN: A Constructivist Interpretation ». <em>Contemporary Southeast Asia. </em>29 (No 3): 483-505.</p>
<p>Waltz, Kenneth N. 1990. « Realist Thought and Neorealist Theory ». <em>Journal of International Affairs. </em>41 (No 1): 21-37.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>OMC. « Le Conseil Général approuve l&#8217;accession du Vietnam », (2006), En Ligne. http://www.wto.org/french/news_f/pres06_f/pr455_f.htm (Page consulté le 16 avril 2009).</p>
<p>Programme des Nations Unies pour le développement. «  Rapport sur le développement humain », (2009), En Ligne. http://hdr.undp.org/fr/pays/alphabetique/ (Page consultée le 16 avril 2009).</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Kenneth N. Waltz, « Realist Thought and Neorealist Theory », <em>Journal of International Affairs</em>, Vol. 41, No 1 (1990),            29-30</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Alexander Wendt, <em>Social Theory of International Relations</em> (Cambridge: Cambridge University Press, 1999) 7-8</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Jörn Dosch, « Vietnam&#8217;s ASEAN Membership Revisited: Golden Opportunity or Golden Cage », <em>Contemporary Southeast Asia</em>, Vol. 28, No 2 (2006), 239.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Discours du Ministre du Commerce  vietnamien Truong Dinh Tuyen paru dans OMC, « Le Conseil Général approuve l&#8217;accession du Vietnam », (2006), En Ligne. http://www.wto.org/french/news_f/pres06_f/pr455_f.htm (Page consulté le 16 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Nguyen Vu Tung, « Vietnam&#8217;s Membership in ASEAN: A Constructivist Interpretation ». <em>Contemporary Southeast Asia</em>, Vol. 29, No 3 (2007), 491.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a><em> Ibid. </em>487.</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Ces données peuvent être obtenues à l&#8217;adresse suivante : Programme des Nations Unies pour le développement, « Rapport sur le développement humain », (2009), En Ligne. http://hdr.undp.org/fr/pays/alphabetique/ (Page consultée le 16 avril 2009).</p>
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		<title>QUEL FUTUR POUR LE MERCOSUR?</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Apr 2010 22:40:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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		<category><![CDATA[Libre-échange]]></category>
		<category><![CDATA[Mercosur]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
Qu&#8217;est-ce que l&#8217;Argentine, le Brésil, le Paraguay, l&#8217;Uruguay et le Venezuela, cinq nations sud-américaines, ont en commun? Tout d’abord leur histoire, liée à la période coloniale et les influences ibériques, ainsi que des similitudes politiques avec l’instauration de régimes dictatoriaux au cours du XXième siècle. On peut ensuite mettre en avant des ressemblances [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">Qu&#8217;est-ce que l&#8217;Argentine, le Brésil, le Paraguay, l&#8217;Uruguay et le Venezuela, cinq nations sud-américaines, ont en commun? Tout d’abord leur histoire, liée à la période coloniale et les influences ibériques, ainsi que des similitudes politiques avec l’instauration de régimes dictatoriaux au cours du XXième siècle. On peut ensuite mettre en avant des ressemblances culturelles, notamment au niveau de la langue. Mais surtout, ces pays se rassemblent autour d’un marché économique commun, le Mercosur.<span id="more-631"></span></p>
<p style="text-align: justify">Depuis sa création le 26 mars 1991 par le traité d’Asunción, le Mercosur, qui regroupait à l’origine le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay avant d’intégrer le Venezuela en 2006, est aujourd’hui un des principaux blocs de commerce au monde avec l’Union Européenne (UE) et l’ALENA, ainsi que le 2<sup>e</sup> plus grand marché commun, derrière l’UE. En effet, tel son homologue européen, le Mercosur vise à établir un espace où les biens, services, capitaux et main-d’œuvre puissent circuler libres de toute barrière douanière (Duina 2006, 20). Cependant, cet ambitieux projet n’est pas récent, étant le résultat de plusieurs échecs dans le domaine de la coopération dans cette région. C’est pourquoi dans cette étude nous analyserons dans un premier temps l’efficacité du Mercosur dans le cadre du commerce régional ,  pour ensuite étudier les limites et les défis  de cette entente.</p>
<p style="text-align: justify">Sur le plan commercial, le Mercosur peut facilement être considéré comme une réussite pour ses pays membres, en doublant les exportations à l’intérieur de ses frontières. En effet, on observe qu’entre 1991 (date de la création du bloc régional) et 1995, les exportations intra-Mercosur sont passées de 11,1% à 20,5% de ses exportations totales (Laird 1998, 3). On remarque que l’ouverture des frontières douanières s’est traduite par une dynamisation de ces économies sud-américaines, rapprochant des pays qui autrefois ne s’entendaient guère, dont notamment l’Argentine et le Brésil, suivant l’exemple européen en matière de coopération.</p>
<p style="text-align: justify">Mais l’importance de ce traité va bien au-delà des simples bénéfices économiques mutuels. Le Mercosur prône, entre autres, non seulement la libéralisation des échanges mais aussi une intégration politique visant à régler les différends de l’ensemble des pays membres. Dans ce sens, celui-ci va plus loin que la stratégie américaine auprès du Canada et le Mexique dans le cadre de l’ALENA, et encore plus que la Zone de Libre Échange en Amérique (ZLEA) offerte par ces mêmes pays. Le Mercosur se veut comme une alternative aux pays de la région contre l’influence historique, toujours omniprésente, de l’économie américaine et une réponse à l’émergence de nouveaux blocs régionaux partout dans le monde.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, une des principales réussites du Mercosur est sans doute la prévention de coup d’État militaire alimentés par le nationalisme. Dans ce but, les conventions d’intégration  visèrent à éliminer les noyaux de conflits régionaux (notamment à travers une coopération nucléaire entre l’Argentine et le Brésil) qui avaient nourri par le passé une course aux armements et le repli sur soi (Gastambide 2001, 238). La démocratie étant une condition nécessaire pour appartenir au bloc, l’ensemble de ses membres est censé la promouvoir et la défendre. Ainsi, deux coups d’État au Paraguay(en 1998 et en 2000) ont pu être évités grâce au refus catégorique de l’Argentine et du Brésil d’accepter un régime dictatorial au sein de la communauté (Duina 2006, 32).</p>
<p style="text-align: justify">Par ailleurs, des progrès ont été fait au niveau coopératif en dépassant notamment une centralisation importante, ce qui a permis aux responsables provinciaux et parfois locaux de ces pays de conclure certains accords économiques, mais surtout des avancées importantes dans le cadre de la coopération judiciaire (Seitenfus, 108).</p>
<p style="text-align: justify">D’autre part, suivant la logique de la théorie de la modernisation de Rostow, en favorisant le commerce à l’intérieur du bloc régional, les pays membres du Mercosur ne vont pas être capables de développer leur économie au même rythme que celles des grandes puissances mondiales. En effet, en ne réunissant que des pays en voie de développement, cette entente ne permet pas d’intégrer les transferts technologiques qu’on retrouverait dans les importations venants de pays développés, fruit de l’isolement de cette association par rapport au reste du monde à travers des tarifs douaniers élevés (Connolly and Gunther 1999, 5). Le Mercosur, plutôt que de favoriser les conditions pour un développement équitable, réaffirme l’appartenance de l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay et le Venezuela à la périphérie, limitant toute tentative de déplacement vers le centre.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, le Mercosur n’a souvent qu’une existence  dans les discours politiques. En effet, les États continuent à protéger leur marché tout en cherchant à bénéficier de ceux des voisins (Leloup and Stoffel 2001, 79). À cet égard, cette organisation n’arrive pas à approfondir les relations multilatérales des nations incorporées, et, malgré les énormes progrès réalisés depuis sa création en 1991, elle ne réussit toujours pas à intégrer pleinement le Brésil, véritable puissance régionale, dont les échanges intra-Mercosur ne représentent que 15% de l’ensemble de ses échanges.</p>
<p style="text-align: justify">Quel sera donc le futur de cette organisation, menacée par l’ambition américaine d’introduire la ZLEA ? Cette dernière est vivement critiquée et rejetée par l’ensemble des pays du bloc sud-américain, dénonçant le fait que, d’après le forum parlementaire du Sommet <em>des Peuples Américains</em>, « plus de 60 % de la population de l’Amérique latine est soumise à une détérioration constante de son niveau de vie en raison des pratiques néolibérales et de l’intégration affairiste prévue par le ZLEA. D’autant que le processus de sa négociation est illégitime puisqu’il compromet l’autonomie et la souveraineté des États. Il se fait sans consulter les parlements, la société civile, les syndicats de travailleurs et accueille uniquement les propositions des élites du pouvoir politique et économique » (Seitenfus, 110).</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, une association de libre-échange entre le Mercosur et la Communauté Andine (communauté économique regroupant la Bolivie, la Colombie, le Pérou et l&#8217;Équateur), chaque région disposant d’un avantage comparatif clair, compenserait les effets de détournement de commerce. En effet, la CA possède un avantage comparatif clair dans la filière énergie alors que le Mercosur en possède dans la filière mécanique électrique (Gastambide 2001, 247).</p>
<p style="text-align: justify">Somme toute, malgré son succès, le Mercosur est toujours en construction et doit chercher à intégrer ses États membres dans un plan politique afin de faire contrepartie aux autres grands blocs régionaux.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p style="text-align: justify">Connolly, M. P, and J. Gunther. 1999. “MERCOSUR: implications for growth in member countries.” <em>Current Issues in Economics and </em><em>Finance</em> 5(7).</p>
<p style="text-align: justify">Duina, F. G. 2006. <em>The social construction of free trade: The European Union, NAFTA, and Mercosur</em>. Princeton Univ Press.</p>
<p style="text-align: justify">Gastambide, A. 2001. “LA CAN ET LE MERCOSUR: BILAN ET PERSPECTIVES.” <em>Bull. Inst. fr. études andines</em> 30(2): 233–263.</p>
<p style="text-align: justify">Laird, S. 1998. “Mercosur: objectives and achievements.” <em>Economic Notes. Country Department</em> 1.</p>
<p style="text-align: justify">Leloup, F., and S. Stoffel. 2001. “Intégration régionale et frontière dans le Mercosur: entre théorie, principes et réalités.” <em>Mondes en développement</em> (2001/3): 73–80.</p>
<p style="text-align: justify">Seitenfus, C. R. “Acquis et dilemmes du Mercosur.” <em>Cahiers des Amériques Latines</em>: 101–113.</p>
<p style="text-align: justify">
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