<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>UniAlter</title>
	<atom:link href="http://redtac.org/unialter/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://redtac.org/unialter</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Mon, 28 Mar 2011 02:35:17 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.1</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>Dynamique des Forums sociaux : quelques réflexions tirées de Dakar</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2011/03/27/dynamique-des-forums-sociaux-quelques-reflexions-tirees-de-dakar/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2011/03/27/dynamique-des-forums-sociaux-quelques-reflexions-tirees-de-dakar/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 01:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses - Bilans]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
		<category><![CDATA[forum social mondial 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Dakk]]></category>
		<category><![CDATA[forum social]]></category>
		<category><![CDATA[FSM]]></category>
		<category><![CDATA[future du Forum social mondial]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=750</guid>
		<description><![CDATA[Par Amélie Canonne, Hélène Cabioc’h et Nicolas Haeringer[1]
Les paragraphes qui suivent constituent une proposition de bilan du FSM Dakar, dont le caractère partiel et partial est assumé, qui ne s’attardera pas longuement sur les aspects quantitatifs. Il s’agit plus d’une première exploration de ce que Dakar nous apprend sur ce que signifie le FSM et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><em>Par Amélie Canonne, Hélène Cabioc’h et Nicolas Haeringer<a href="#_ftn1"><sup><strong><sup>[1]</sup></strong></sup></a></em></p>
<p>Les paragraphes qui suivent constituent une proposition de bilan du FSM Dakar, dont le caractère partiel et partial est assumé, qui ne s’attardera pas longuement sur les aspects quantitatifs. Il s’agit plus d’une première exploration de ce que Dakar nous apprend sur ce que signifie le FSM et sur la manière dont il pourrait être conçu à l’avenir.</p>
<p><strong><em>Un succès paradoxal… </em></strong></p>
<p>Il n’est jamais aisé de faire le bilan global d’un FSM. L’exercice est délicat, tant il est difficile de rendre compte de la richesse de l’expérience, de la diversité des échanges, ou encore de la complexité des problèmes auxquels participants et organisateurs sont confrontés.<span id="more-750"></span></p>
<p>Le FSM de Dakar ne fait pas exception. Son succès (sur les raisons duquel nous revenons ci-dessous) est extrêmement paradoxal : les activités annulées ont été plus nombreuses que jamais et l’impression de flou et de dispersion a atteint des proportions inédites. L’effondrement du FSM de Dakar était, à la veille de son ouverture, une hypothèse plausible : le nombre exact de salles disponibles n’était pas connu des organisateurs, rendant impossible l’impression du programme du forum et sa diffusion au participant autrement qu’au dernier moment et de manière très parcellaire.</p>
<p>Les raisons à ce manque sont extérieures au comité d’organisation – il est dû aux atermoiements de l’administration de l’université de Dakar, ainsi qu’à un jeu un peu trouble de la présidence de la République, officiellement déterminée à aider à l’organisation du FSM, mais en réalité encline à faire de la résistance passive.</p>
<p>Les problèmes logistiques n’ont cependant pas empêché le forum (ses activités, les échanges et rencontres qu’il permet, etc.) de se tenir. Les difficultés auxquelles chacun a dû faire face pourraient, en trompe-l’œil, renforcer l’impression de succès (les circonstances pouvant aider à rendre les jugements plus indulgents). Pourtant, à y regarder de plus près, ce forum semble bien être réussi dans l’absolu et pourrait bien avoir des effets durables sur la dynamique altermondialiste.</p>
<p>Il a officiellement réuni autour de 75 000 participants, soit deux fois plus qu’à Nairobi. Il semble bien que ce chiffre n’est pas exagéré : le maintien des cours sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop, qui accueillait le FSM, a certes débouché sur de nombreux problèmes logistiques. Mais il a eu l’avantage de faire de ce FSM l’un des forums les plus ouverts sur la ville qui l’accueillait. Les étudiants ont en effet pu passer de leurs cours aux ateliers du FSM, engager des discussions dans les rues du campus avec d’autres participants, aller chercher de l’information sur les stands, etc. Pour la première fois, avoir un badge de participant n’avait aucune importance, et il était difficile de distinguer les militants venus spécialement pour le FSM des étudiants découvrant l’événement et ses opportunités. C’est une vraie avancée, que l’on se souvienne des conflits nés, à Nairobi, autour de l’ouverture du site du FSM, ou encore de la distinction faite, au cours des premiers FSM, entre « ‘simples’  participants » et « délégués ».</p>
<p>Les caravanes qui ont convergé vers Dakar ont permis une participation importante, inédite même en nombre, de représentants de mouvements et d’organisations de base d’Afrique l’Ouest, de Mauritanie et du Maghreb. Prévues pour rassembler quelques centaines de personnes, elles ont finalement accueilli plus d’un millier de participant-e-s. Elles furent également un élément décisif de mobilisation et d’extension du forum : chacune de leur étape était, en soi, un petit FSM.</p>
<p>La délégation du Maghreb/Machrek a été la plus importante à ce jour lors d’un FSM – plus de 700 militants, principalement marocains, mais aussi de nombreux Tunisiens, se sont rendus à Dakar et ont pu y témoigner des processus de transformation en cours. Leur présence n’est pas une surprise : en 2010, le Maghreb et le Machrek ont accueilli 11 forums sociaux, tous conçus comme autant d’étapes dans la préparation du forum de Dakar. L’absence de programme a sans aucun doute été préjudiciable à la visibilité de ses participants, rendant leur participation diffuse : les rencontres entre les membres de ces délégations et le reste des participants a principalement été le fruit du hasard. Les efforts entrepris par le Forum Social Maghrébin, en lien avec la commission expansion du Conseil international du FSM ainsi qu’avec le Forum Social Africain ont ainsi malheureusement été quelque peu gâchés. Néanmoins, le Maghreb et le Machrek restent aujourd’hui les régions où le processus des forums sociaux est le plus dynamique.</p>
<p>Les initiatives locales de « Dakar étendu » (activités organisées dans les banlieues) sont un élément de succès fondamental. Elles sont l’une des modalités les plus porteuses de mobilisation de populations traditionnellement absentes des FSM. Bien entendu, l’unité de temps et de lieu du FSM est indispensable à la construction de liens et de convergence – les initiatives de type « étendu » ne doivent donc pas conduire à un éparpillement du FSM. Il faut cependant reconnaître que l’unité de lieu elle-même est excluante, surtout si elle ne s’accompagne pas d’efforts spécifiques et intenses de mobilisation.</p>
<p>Le FSM de Dakar a permis de mettre au centre de l’agenda altermondialiste des questions telles que (ou de confirmer leur importance) : l’accaparement des terres, les droits des migrants, la souveraineté alimentaire, etc. Or l’émergence de « nouvelles » thématiques est un élément fondamental. Ainsi, la participation massive des mouvements indigènes des Andes et de l’Amazonie au FSM 2009, a-t-elle contribué à déplacer l’arc des revendications altermondialistes, en provoquant son ouverture à la justice climatique et aux débats sur les droits de la nature, la terre-mère, l’extraction des ressources naturelles, etc.</p>
<p>L’accaparement des terres est, par exemple, une question cruciale, et nouvelle pour les altermondialistes. Elle est l’un des points d’entrée pour construire des liens entre les mouvements transnationaux de luttes pour la justice climatique et les mouvements et organisations africaines, dans l’optique de la préparation du contre-sommet de Durban (17<sup>ème</sup> Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique, fin 2011). Elle déplace également les clivages, puisque les états et multinationales du Nord ne sont pas les seuls prédateurs : certains pays du Sud accaparent également les terres d’autres états moins riches (à commencer par la Libye de Kadhafi). Elle introduit enfin, au même titre que les travaux des mouvements sur la gestion des ressources naturelles, les droits des peuples indigènes et les limites de la biosphère, l&#8217;idée d&#8217;épuisement de la propriété privée en tant que régime d&#8217;organisation de la production et de la répartition des ressources, et la progression des réflexions sur des modalités nouvelles de propriété, collectives, communautaires, ouvertes, dont la notion de « biens communs » est une des formes conceptuelles et politiques possibles.</p>
<p>Les « Assemblées de convergence pour l’action » constituent une avancée majeure dans le processus des forums sociaux. Elles permettent en effet de mettre en évidence la finesse (au sens de la précision et de l’acuité) et l’épaisseur (au sens de la complexité et globalité) des analyses portées par les acteurs de l’altermondialisme dans les ateliers auto-organisées du forum. Elles soulignent le saut qualitatif, d’une expertise technique, sectorielle et compartimentée, principalement portée par les ONG du Nord, à une parole politique plus dense, plus complète et moins européo-centrée. La montée en puissance de l’expertise des mouvements sociaux et de la parole des exclus / discriminés (y compris à l’intérieur des grandes ONG) est une grande réussite de ce FSM – montée en puissance qui était déjà au cœur du FSM de Belem.</p>
<p>Grâce aux Assemblées finales, Dakar a également joué un rôle clef dans la légitimation et le déploiement de l’agenda global des mobilisations 2011-2012. C’est une évidence pour les mobilisations portées par les réseaux insérés dans la dynamique du FSM depuis plusieurs années (justice climatique, g8/g20, etc.). L’absence de mobilisations globales sur des thématiques émergentes (comme l’accaparement des terres) n’est pas un échec. Dakar doit être pensé comme une première étape dans leur inscription à l’agenda des mobilisations, à l’instar du rôle joué par Belem pour les revendications portées par les mouvements indigènes : les questions de « crise des civilisation » (et plus généralement les questions écologiques), centrales à Belem, n’avaient pas disparu à Dakar, prouvant donc qu’elles se sont durablement inscrites dans les préoccupations alter, quel que soit le continent qui accueille le forum.</p>
<p>En dehors des mouvements français et espagnols, les européens étaient peu présents à ce forum et la crise sociale que traverse le continent y a été peu discutée. Bien sûr, cette absence pose de nombreuses questions (la faible participation syndicale n’y est pas étrangère). Dakar met en évidence que l’Europe n’est plus le centre de gravité de l’altermondialisme. Les mouvements des Suds ont durablement pris le leadership intellectuel et politique sur le processus du FSM – à tel point que ce sont des organisations du Sud qui suggèrent d’organiser le prochain Forum dans un pays européen, confiantes en leur capacité à renforcer les mouvements européens et à les aider à provoquer un basculement.</p>
<p><strong><em>…qui pose la question du rôle du comité d’organisation et du conseil international</em></strong></p>
<p>Un succès qui amène plusieurs commentaires – et ne peut qu’interroger sur la fonction exacte des comités d’organisation des forums à venir : de  ce point de vue, Dakar est riche d’apprentissages.</p>
<p><em> Tirer parti de la maturité des participants</em></p>
<p>Le FSM de Dakar s’est tenu sans que ses organisateurs ne puissent planifier les activités : l’absence d’information fiable sur la disponibilité des salles a rendu impossible l’impression, en temps et en heure du programme du FSM. Le comité d’organisation a donc du parer au plus pressé, faire installer des tentes à mesure qu’il découvrait l’ampleur des blocages administratifs et politiques. Surtout, il s’en est remis aux participants eux-mêmes, qui sont massivement parvenus à tenir leurs activités, alors même que l’information indispensable à leur bon déroulement n’était pas disponible, ou pas à temps.</p>
<p>Alors que le FSM était jusqu’à présent régulièrement critiqué pour son gigantisme et pour son organisation qui rendait les participants passifs, voire consommateurs, le succès de Dakar est une co-production du comité d’organisation et des participants. Ce forum fait la démonstration de l’extraordinaire maturité des organisations impliquées dans la dynamique des forums sociaux et de leur autonomie. Elle est la conséquence logique d’une année 2010 marquée par 55 événements autonomes mais reliés les uns aux autres : sans les capacités d’adaptation du comité d’organisation, il ne fait pas de doute que le forum se serait effondré. Mais, sans l’autonomie et l’inventivité des participants, ces capacités d’adaptation n’auraient pas suffi à faire de cette édition du FSM un succès.</p>
<p><em>Repenser le rôle des organisateurs</em></p>
<p>L’autonomie étonnante, et stimulante, ne doit pas masquer deux problèmes importants. D’une part, ce forum a probablement été l’un des plus difficiles d’accès pour les « nouveaux venus ». En effet,  l’autonomie nécessite de bien connaître le FSM, ses participants, d’avoir un bon carnet d’adresses pour faire circuler l’information par texto ou par mail – si les organisations bien insérées dans la forme-forum ont su s’adapter, les nouveaux venus se sont souvent trouvés contraints à s’en remettre au hasard, et ont durement subi les problèmes logistiques.</p>
<p>D’autre part, l’improvisation et l’inventivité collective n’ont pas suffi à faire face à l’ensemble des problèmes engendrés par l’absence de programme. Les interprètes de Babels n’ont ainsi jamais pu travailler dans de bonnes conditions.</p>
<p>L’extraordinaire autonomie soulignée ci-dessus, comme ses importantes limites, pose donc la question du rôle des comités d’organisation des FSM à venir (ainsi que celui du Conseil International) : Comment parvenir à tirer partie de l’autonomie et de la maturité des participants dont Dakar a fait la démonstration ? Comment faire en sorte que la participation active ne soit pas remise en cause ? Autrement dit : comment s’assurer que ce qui s’est passé à Dakar ne soit pas le fruit du hasard (ou la conséquence d’une logistique chaotique) mais puisse être reproduit lors des prochains forums ?</p>
<p>Répondre à ces questions n’est pas simple : l’organisation d’un FSM étant suffisamment complexe, et ses moyens inversement restreints pour qu’il soit tentant de s’en remettre à une procéduralisation accrue comme moyen de réduire les incertitudes – un travers auquel le Conseil international n’échappe malheureusement pas toujours. Il faut imaginer un processus d’organisation plus souple, y compris dans la construction du programme lui-même et multiplier les espaces (et non les activités) auto-organisés.</p>
<p>Il est un élément primordial, sur lequel le Comité d’Organisation et le Conseil International peuvent directement et assez aisément agir : le nombre d’activités inscrites au programme du FSM. Son augmentation ne doit en aucune manière être considérée comme une « bonne » nouvelle – quand bien même elle prouve l’intérêt intact pour la forme-forum. Nous en avons suffisamment expérimenté les conséquences négatives : la multiplication du nombre d’activités nuit à la lisibilité du forum, en ce qu’elle augmente l’impression de « bruit ». L’agglutination est pourtant l’un des seuls moyens d’intégrer de nouveaux acteurs dans la dynamique des forums. Sans elle, les grands réseaux internationaux ont tendance à travailler avec leurs partenaires habituels, connus et déjà identifiés, tandis que les « nouveaux venus » sont cantonnés à des discussions parallèles. L’une des critiques les plus fortes formulées après le FSM de Mumbai (2004) avait précisément porté sur ce point : les internationaux et les mouvements de base indiens (mouvements de femmes ou d’intouchables) ne s’étaient rencontrés que dans les manifestations organisées pendant le forum, mais n’avaient pas, ou peu, échangé dans les séminaires et ateliers. Dakar, comme Nairobi ou Belem n’échappe malheureusement pas à cet écueil.</p>
<p>En outre, l’absence d’agglutination fait peser une pression ingérable sur les organisateurs. À Dakar, les organisateurs devaient ainsi boucler un programme comprenant jusqu’à 150 activités en parallèles (130 ateliers, et 20 liaisons « Dakar-étendu »)… soit 16 jours continus de débats (mises bout-à-bout, les 840 activités inscrites au forum de Dakar représentes 130 jours de discussions ininterrompues). Même si l’administration de l’UCAD avait fait preuve de bonne volonté, il est hautement improbable que le comité d’organisation et le conseil international du FSM soient parvenus à faire sereinement face à une telle « demande ».</p>
<p>La définition d’un processus « d’agglutination » des activités des forums à venir doit donc être l’une des tâches prioritaires de la commission méthodologie du CI.</p>
<p><em>Revenir à l’expérimentation</em></p>
<p>La critique (interne) du FSM n’est pas nouvelle. Dès les toutes premières éditions, les critiques furent vives. Les participants au deuxième campement intercontinental de la jeunesse avaient ainsi organisé une action contre le « carré VIP » du FSM 2002. Ils entendaient ainsi protester contre la « monopolisation » de la parole par quelques « happy fews », invités et logés (dans des hôtels de luxe) par le comité d’organisation. L’année suivante, la critique contre les organisateurs du forum fût renforcée par le retard pris par le comité organisateur dans la publication du programme du Forum – la programmation des ateliers auto-organisés ne fût rendue publique que deux jours après le début du FSM. Dans le même temps, un travail piloté par Ibase d’analyse des thématiques traitées dans les ateliers et dans les séances plénières (ces dernières étant préparées par le comité d’organisation, et bien plus visibles dans le programme que les premiers, portés par les participants) mît en évidence un décalage dans les priorités et les thématiques.</p>
<p>Ce que cet exemple précis a, ici, d’intéressant, est la manière dont les critiques sur la privatisation de la parole eurent un impact direct sur le format du Forum et se traduisirent par des changements organisationnels majeurs.  Le conseil international a alors décidé de supprimer les séances plénières, et de passer à un programme 100% auto-organisé – une décision qui n’a depuis jamais été remise en cause autrement qu’à la marge. Ces critiques ne se sont pas uniquement traduites par la suppression des séances plénières. De fait, elles ne concernaient pas la seule manière dont le programme du Forum se construit. Elles étaient également la conséquence (et la manifestation) d’une frustration croissante des participants aux premiers forums sociaux. Cette situation n’a, en elle-même, rien de surprenant, en ce qu’elle est étroitement liée à l’endroit où le FSM se situe en tant qu’espace : entre l’attente (d’un autre monde) et l’expérience (d’alternatives comme des ravages de la globalisation). Que le FSM finisse par générer autant de frustration que d’espoir n’est donc pas étonnant. L’enjeu, pour les organisateurs, est de parvenir à assumer collectivement cette frustration, et à la politiser. La réponse politique et organisationnelle apportée à cette frustration fût l’ajout d’une troisième « fonction » au FSM, aux côtés des dimensions de socialisation et de mobilisation : le FSM a alors été conçu comme étant aussi un espace d’expérimentation, voire de préfiguration. L’expérimentation a été au cœur des forums 2004 et 2005 – qu’il s’agisse de l’architecture du site accueillant le FSM, de la traduction (et du matériel d’interprétation), de la généralisation de l’utilisation des logiciels libres, de la prise en compte des acteurs de l’économie sociale et solidaire dans la réflexion sur les retombées économiques du FSM, etc.</p>
<p>Cette dimension « expérimentale » du FSM a progressivement été abandonnée : les organisateurs ont souvent eu tendance à la considérer comme responsable des problèmes qu’ils rencontraient, notamment autour de la question de l’interprétation. Ils ont ainsi donné l’impression qu’ils préféraient avoir recours à des sous-traitants privés plutôt que de se donner les moyens de prendre en charge de l’intérieur les questions technologiques et linguistiques. Ils prolongent de ce fait un schéma pourtant éculé, qui voudrait que les questions techniques ne soient pas politiques – ou ne le soient que de manière mineure en comparaison des « contenus ». Ils ont eu tendance à considérer la frustration comme une conséquence des ratés induits par l’expérimentation – alors qu’ils auraient dû concevoir l’expérimentation comme une réponse à la frustration.</p>
<p><em>Quel lieu pour accueillir le forum ?</em></p>
<p>Construire un site dédié au Forum, plutôt que d&#8217;utiliser des infrastructures inadaptées à un forum est un objectif essentiel – on rappellera ici que les deux forums ayant suscité le plus d’enthousiasme quant à leur architecture furent les FSM 2004 et 2005, tous deux tenus sur des sites <em>ad hoc</em> (même si le site du FSM 2005 fût critiqué pour son étendue).  Le choix du site n’est pas anodin : construire un site spécifiquement conçu pour le forum permet de mieux tenir compte de ses besoins (le campus d’une université n’est pas plus adapté qu’un stade d’athlétisme aux usages du forum qu’en ont les participants, qui mêlent participation studieuse à des ateliers, déambulations au hasard, manifestations de rues, actions impromptues, etc.).</p>
<p>Au-delà des problèmes logistiques, le choix d’une université comme lieu d’accueil d’un forum doit cependant être discuté. S’il permet aux étudiants de prendre part au Forum, il n’est pas sans poser des problèmes. D’une part, il est indispensable d’accompagner ce choix d’une ouverture du processus d’organisation du forum aux organisations étudiantes et aux syndicats d’enseignants. D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que les universités sont des lieux de (re)production des élites, ce qui peut freiner la participation de certains mouvements et organisations (il n’est symboliquement pas neutre de se rendre sur un campus, lieu qui est étranger au quotidien de nombreux groupes sociaux).</p>
<p>La participation des populations locales les plus pauvres ne dépend bien entendu pas uniquement du site retenu pour accueillir le Forum. Le travail local de mobilisation est évidemment primordial. Pour reprendre les termes des organisateurs du Forum Social des États-Unis, « l’intentionnalité » dont font preuve les organisateurs pour inclure les plus pauvres dans la préparation du forum est un élément clef de succès. Il est parfois tentant de donner la priorité aux efforts de mobilisation continentale ou sous-régionale et de négliger la mobilisation nationale et locale. Le forum de Dakar n’a malheureusement pas complètement échappé à ce travers (récurrent dans les forums sociaux).</p>
<p><em>Ne plus imposer le rythme du FSM aux mobilisations altermondialistes</em></p>
<p>Dakar invite également à rediscuter la périodicité des forums sociaux mondiaux. La réussite de Dakar est la conséquence directe d’une année 2010 riche de plus de 55 forums sociaux – tous étant pensés, d’une manière ou d’une autre, comme une étape dans la préparation du FSM de Dakar. Il semble donc opportun de valoriser ces expériences et de mettre les forums sociaux locaux, régionaux, continentaux et thématiques au cœur du processus (plutôt que le FSM « centralisé » lui-même) – une démarche qui paraît incompatible avec la volonté de maintenir un FSM « centralisé » tous les deux ans. Il serait sans doute préférable de penser le processus du forum sur un rythme de trois ans : un an et demi consacré aux initiatives issues du FSM (qui, dans le cas présent, nous amènerait jusqu’aux initiatives parallèles au sommet Rio + 20) et un an et demi de forums locaux, régionaux, thématiques et continentaux sur la base desquels le FSM « centralisé » serait organisé.</p>
<p>L’incertitude financière à laquelle le FSM fait face plaide également pour un allégement du rythme (et de l’ampleur) du forum « centralisé ».</p>
<p><strong><em>Le FSM et le « printemps » arabe</em></strong></p>
<p>Dakar a bien évidemment été marqué par les processus de transformation en Tunisie, en Égypte, au Yémen, etc. Les problèmes logistiques et l’absence induite de programme papier n’ont malheureusement pas permis de donner toute sa visibilité aux efforts entrepris par la commission expansion du Conseil international et par le comité d’organisation pour créer des liens entre ces processus et le FSM de Dakar. Pourtant, les délégations en provenance du Maghreb, du Machrek, et plus généralement du monde Arabe (jusqu’au Yemen) étaient extrêmement importantes.</p>
<p>Bien entendu, rien ne permet de dire que la dynamique des forums sociaux a eu un impact direct sur les processus en cours. Il serait largement exagéré et malvenu de prétendre qu’un lien de causalité, directe ou indirecte, unit la dynamique du FSM aux processus en cours. On ne peut cependant que constater une coïncidence frappante : 11 forums sociaux se sont tenus au Maghreb et au Machrek au cours de l’année 2010. Cette coïncidence/corrélation est, en elle-même, un succès politique : elle prouve que la forme-forum est en phase avec les mouvements de transformation contemporains, qu’elle résonne avec eux. Il n’y a qu’à voir comment toutes les diplomaties sont incapables de comprendre ce qui se passe, qu’à constater le silence d’une bonne partie des forces de gauche traditionnelles pour comprendre qu’effectivement, cette coïncidence n’est pas rien, et surtout : elle n’est pas due au hasard, c’est bien la construction politique des forums sociaux qui leur permet d’être ainsi en phase.</p>
<p>Le soutien de Chavez à Kadhafi et les atermoiements des gouvernements équatoriens et boliviens sur le sujet sont bien la preuve qu’il ne suffit pas d’être du côté de la transformation pour comprendre la portée de tout processus de changement en cours<a href="#_ftn2"><sup>[2]</sup></a>.</p>
<p>_______________________<br />
<a href="#_ftnref1">[1]</a> Militant-es altermondialistes</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Et elle est une pierre de plus dans le jardin de ceux qui pensent que les Forums Sociaux doivent se rapprocher des gouvernements « amis ». Au contraire : les soutenir par la critique plutôt que par l’adhésion (ou alliance) apparaît comme une vraie nécessité.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2011/03/27/dynamique-des-forums-sociaux-quelques-reflexions-tirees-de-dakar/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux FSM Dakar (Sénégal)</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/declaration-de-l%e2%80%99assemblee-des-mouvements-sociaux-fsm-dakar-senegal/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/declaration-de-l%e2%80%99assemblee-des-mouvements-sociaux-fsm-dakar-senegal/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 15:03:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses - Bilans]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
		<category><![CDATA[Forums sociaux locaux-régionaux]]></category>
		<category><![CDATA[forum social mondial 2011]]></category>
		<category><![CDATA[forum social]]></category>
		<category><![CDATA[FSM]]></category>
		<category><![CDATA[future du Forum social mondial]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<category><![CDATA[WSF]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=744</guid>
		<description><![CDATA[Bonjour, 



 
L’édition 2011 du  Forum social mondial vient de se terminer à Dakar, au Sénégal. Comme c’est le  cas à la fin de chaque forum social, les différents mouvements sociaux  représentés à Dakar se sont réunis dans le cadre d’une grande  assemblée et ont émis une déclaration commune (reproduite ci-dessous). [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Bonjour, </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">L’édition 2011 du  Forum social mondial vient de se terminer à Dakar, au Sénégal. Comme c’est le  cas à la fin de chaque forum social, les différents mouvements sociaux  représentés à Dakar se sont réunis dans le cadre d’une grande  assemblée et ont émis une déclaration commune (reproduite ci-dessous). </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">L’assemblée des  mouvements sociaux du Forum social de Dakar a fixé deux dates pour la tenue  d’actions au cours de la prochaine année. Le 20 mars sera un jour  international de solidarité avec le soulèvement du peuple arabe et africain,  alors que le 12 octobre sera une journée d’action globale contre le  capitalisme.<br />
</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Si vous aimeriez  participer à l’organisation d’une activité pour l’une de ces deux dates, si vous  avez des suggestions d’activités ou si vous faites partie d’une organisation qui  a déjà prévu organiser quelque chose pour l’une ou l’autre de ces journées  d’action, n’hésitez pas à nous en faire part à <a title="http://ca.mc637.mail.yahoo.com/mc/compose?to=fsqoutouais@yahoo.ca" rel="nofollow" href="http://ca.mc637.mail.yahoo.com/mc/compose?to=fsqoutouais@yahoo.ca" target="_blank">fsqoutouais@yahoo.ca</a>. </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Bonne  lecture!</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span lang="FR-CA"><span style="font-family: Times New Roman;font-size: small"> </span></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span lang="FR-CA"><span style="font-family: Times New Roman;font-size: small"> </span></span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 18pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Déclaration  de l’assemblée des mouvements sociaux FSM Dakar (Sénégal)</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 18pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous, réunies et  réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2011 à  Dakar affirmons l’apport capital de l’Afrique et de ses peuples dans la  construction de la civilisation humaine. Ensemble, les peuples de tous les  continents mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la  domination du capital, cachée derrière des promesses de progrès économique et  d’apparente stabilité politique. La décolonisation des peuples opprimés reste  pour nous, mouvements sociaux du monde entier, un grand défi à relever.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><span id="more-744"></span><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous affirmons notre  soutien et notre solidarité active aux peuples de Tunisie, d’Égypte et du monde  arabe qui se lèvent aujourd’hui pour revendiquer une véritable démocratie et  construire un pouvoir populaire. De part leurs luttes, ils montrent la voie d’un  autre monde débarrassé de l’oppression et de l’exploitation.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous réaffirmons  avec force notre soutien aux peuples ivoirien, d’Afrique et du monde dans leurs  luttes pour une démocratie souveraine et participative. Nous défendons le droit  à l’autodétermination de tous les peuples.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Au sein du processus  FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous nous réunissons  avec notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes contre le  capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">A Dakar, nous  célébrons les 10 ans du premier Forum qui s’est tenu à Porto Alegre en 2001. Au  cours de cette période, nous avons construit une histoire et un travail communs  qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons  réussi à freiner des alliances néolibérales et concrétiser plusieurs  alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la  nature.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Au cours de ces 10  ans, nous avons également assisté à l’explosion d’une crise systémique qui s’est  déclinée en crise alimentaire, environnementale, financière et économique, et  qui a donné lieu à l’accroissement des migrations et déplacements forcés de  populations, de l’exploitation, de l’endettement, des inégalités  sociales.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous dénonçons le  rôle des acteurs du système (banques, transnationales, grands médias,  institutions internationales…) qui, à la recherche du profit maximum, continuent  leur politique interventionniste via des guerres, des occupations militaires,  des supposées missions humanitaires, la création de bases militaires, le pillage  des ressources naturelles, l’exploitation des peuples, la manipulation  idéologique. Nous dénonçons également la cooptation qu’ils exercent à travers le  financement de secteurs sociaux servant leurs intérêts, et leurs pratiques  assistentialistes qui génèrent la dépendance.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Le capitalisme  détruit la vie quotidienne des populations. Mais, chaque jour naissent de  nombreuses luttes pour la justice sociale, pour éliminer les dégâts du  colonialisme et pour que toutes tous obtiennent une qualité de vie digne. Nous  affirmons que nous, les peuples, ne devons plus payer pour leur crise et qu’il  n’y a pas d’issue à cette crise au sein du système capitaliste. Réaffirmant la  nécessité de construire une stratégie commune de lutte contre le capitalisme,  nous, mouvements sociaux :</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous luttons contre  les transnationales pace qu’ils soutiennent le système capitaliste, privatisent  la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre,  les semences, les ressources minérales. Les transnationales promeuvent les  guerres, par le biais de l’engagement d’entreprises privées et mercenaires et de  la production d’armes, reproduisent des pratiques extractivistes nuisibles à la  vie, accaparent nos terres et développent des semences et aliments transgéniques  qui enlèvent aux peuples le droit à l’alimentation et détruisent la  biodiversité.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous exigeons la  souveraineté des peuples dans la définition de leur mode de vie. Nous exigeons  la mise en place de politiques qui protègent les productions locales, donnent  une dignité aux tâches agricoles et conservent les valeurs ancestrales de la  vie. Nous dénonçons les traités néolibéraux de libre échange et exigeons la  liberté de circulation pour tous les êtres humains.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous continuons à  nous mobiliser pour l’annulation inconditionnelle de la dette publique de tous  les pays du Sud. Nous dénonçons également, dans les pays du Nord, l’utilisation  de la dette publique pour imposer aux peuples des politiques injustes et  antisociales.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Mobilisons nous  massivement à l’occasion des réunions des G8 et G20 pour dire non à ces  politiques qui nous traitent comme des marchandises !</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous luttons pour la  justice climatique et la souveraineté alimentaire. Le réchauffement global est  un produit du système capitaliste de production, distribution et consommation.  Les transnationales, les institutions financières internationales et les  gouvernements à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à  effet de serre. Nous dénonçons le « capitalisme vert », et refusons les fausses  solutions à la crise climatique comme les agro-carburants, les organismes  génétiquement modifiés et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD,  qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et  transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations ont  vécu pendant des millénaires.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous défendons la  souveraineté alimentaire et l’accord atteint pendant le sommet des peuples  contre le changement climatique qui s’est tenu à Cochabamba, où des véritables  alternatives à la crise climatique ont été construites avec les mouvements  sociaux et organisations du monde entier.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Mobilisons nous,  tous et toutes, en particulier sur le continent africain, pendant le COP 17 à  Durban en Afrique du Sud et à « Rio +20 » en 2012, pour réaffirmer les droits  des peuples et de la nature et arrêter l’accord illégitime de Cancun.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous défendons  l’agriculture paysanne qui et une solution réelle à la crise alimentaire et  climatique et signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la  travaillent. Pour cela, nous appelons à une grande mobilisation pour stopper  l’accaparement des terres et appuyer les luttes paysannes locales.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous luttons contre  la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires  occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes  quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes  sociales. </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée  sur elles quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand  leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité n’est pas reconnue.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> Nous  luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons. Mobilisons-nous tous  ensemble, partout dans le monde, contre les violences faites aux femmes. Nous  défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et  nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt">
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous luttons pour la  paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation  de nos territoires.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Les puissances  impérialistes utilisent des bases militaires, pour provoquer des conflits,  contrôler et piller les ressources naturelles, et promouvoir des initiatives  antidémocratiques comme ils l’ont fait avec le coup d’État au Honduras et  l’occupation militaire en Haïti. Ils promeuvent guerres et conflits comme ils le  font en Afghanistan, Irak, république démocratique du Congo et beaucoup d’autres  pays.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous devons  intensifier la lutte contre la répression des peuples et la criminalisation de  leurs luttes et renforcer les liens de solidarité entre les peuples comme le  mouvement international de boycott, désinvestissement et sanctions contre  Israël. Notre combat se dirige également contre l’OTAN et pour l’élimination de  toutes les armes nucléaires.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Chacune de ces  luttes implique une bataille des idées dans laquelle nous ne pouvons avancer  sans démocratiser la communication. Nous affirmons qu’il est possible de  construire une mondialisation d’un autre type, à partir des peuples et pour les  peuples, et avec la participation fondamentale des jeunes, femmes, paysans et  peuples autochtones.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">L´assemblée des  mouvements sociaux appelle les forces et acteurs populaires de tous les pays a  développer deux actions de mobilisation, coordonnées au niveau mondial, pour  contribuer a l´émancipation et l’autodétermination des peuples et pour renforcer  la lutte contre le capitalisme.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous inspirant des  luttes des peuples de Tunisie et d’Égypte, nous appelons à ce que le 20 mars  soit un jour international de solidarité avec le soulèvement du peuple arabe et  africain, dont les conquêtes renforcent les luttes de tous les peuples : la  résistance du peuple palestinien et saharaoui, les mobilisations européennes  asiatiques et africaines contre la dette et l’ajustement structurel, et tous les  processus de changement en cours en Amérique latine.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Nous appelons  également à une journée d’action globale contre le capitalisme le 12 octobre,  où, de toutes les manières possibles, nous exprimerons notre refus d’un système  qui est en train de détruire tout sur son passage.</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"> </span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA">Mouvements sociaux  du monde entier, avançons vers une unité globale pour défaire le système  capitaliste! Nous vaincrons!</span></span></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span style="font-size: 10pt;font-family: Arial" lang="FR-CA"><br />
</span></span>
</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="color: #000000"><span lang="FR-CA"> </span></span></p>
<div>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-family: bookman old style,new york,times,serif;font-size: small"><em>Un autre monde est possible</em></span></span></div>
<div>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-size: x-small"><span style="font-size: small"><span style="font-family: bookman old style,new york,times,serif">Forum  social de l&#8217;Outaouais</span></span></span></span></div>
<div>
<p><span style="color: #000000"><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: bookman old style,new york,times,serif">Blogue :</span> <span style="font-family: Bookman Old Style"><a title="http://forumsocialoutaouais.blogspot.com/" rel="nofollow" href="http://forumsocialoutaouais.blogspot.com/" target="_blank">http://forumsocialoutaouais.blogspot.com</a></span></span></span></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/declaration-de-l%e2%80%99assemblee-des-mouvements-sociaux-fsm-dakar-senegal/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Forum social mondial 2011: l’alimentation comme projet de société</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/forum-social-mondial-2011-l%e2%80%99alimentation-comme-projet-de-societe/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/forum-social-mondial-2011-l%e2%80%99alimentation-comme-projet-de-societe/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Feb 2011 14:58:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses - Bilans]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[forum social mondial 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar 2011]]></category>
		<category><![CDATA[forum social]]></category>
		<category><![CDATA[FSM]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvements paysans]]></category>
		<category><![CDATA[participation]]></category>
		<category><![CDATA[Uni-Alter]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=741</guid>
		<description><![CDATA[par Claudia Beaudoin, Élodie Rousselle, Farah Wikarski et Maxime Thibault-Vézina (délégation UniAlter/YMCA)
La notion de souveraineté alimentaire semble, depuis déjà quelques années, s’imposer au sein d’un nombre grandissant de mouvements et d’organisations comme principe angulaire d’un nouveau combat à mener. Accaparement des terres, dépendance aux organismes génétiquement modifiés, perte de la biodiversité, appauvrissement des communautés rurales, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">par Claudia Beaudoin, Élodie Rousselle, Farah Wikarski et Maxime Thibault-Vézina (délégation UniAlter/YMCA)</p>
<p>La notion de souveraineté alimentaire semble, depuis déjà quelques années, s’imposer au sein d’un nombre grandissant de mouvements et d’organisations comme principe angulaire d’un nouveau combat à mener. Accaparement des terres, dépendance aux organismes génétiquement modifiés, perte de la biodiversité, appauvrissement des communautés rurales, et autres conséquences de la libéralisation des politiques agricoles tendent à mobiliser paysans, consommateurs, femmes et citoyens.</p>
<p>La prégnance d’un nouveau discours, axé sur la mise en place d’une gestion locale, autonome et plus humaine des systèmes alimentaires, s’est illustrée avec force au cours du Forum social mondial 2011. Cet événement, qui s’est déroulé à Dakar entre le 6  et le 11 février, a rassemblé plus de 120 000 personnes en provenance de 143 pays, et a favorisé le partage de solutions concrètes à des enjeux planétaires. Plusieurs dizaines d’ateliers, conférences et assemblées se sont attardés à discuter des différents enjeux et solutions se rattachant au concept de souveraineté alimentaire.<span id="more-741"></span></p>
<p>Un exemple éloquent fut exposé par un des participants, Mamadou Goïta, directeur de l’Institut de recherche et de promotion des alternatives en développement (IRPAD). Le cas de l’accaparement des terres au Mali : alors que 56% des exploitations familiales ne possèdent qu’entre 0 et 3 hectares de terres, plus de 600 000  hectares sur les 800 000 de la région de l’Office du Niger (la plus fertile au Mali) ont été cédés à des firmes nationales, à des investisseurs étrangers et à d’autres États.</p>
<p>Comment expliquer qu’en 2010, 925 millions d’individus souffraient de la faim? Et comment justifier que la majorité de ces individus soit ceux qui travaillent directement du travail agricole?</p>
<p>Globalement, deux éléments contextuels ont été identifiés au cours du Forum en lien avec cette problématique. D’une part, la crise alimentaire comme le résultat d’une série de causes conjoncturelles (développement des agrocarburants, hausse du prix du pétrole, urbanisation, changement climatique, etc.), d’autre part, la conséquence de la reconfiguration géopolitique et économique mondiale observée depuis la fin des années 1980, soit la montée du capitalisme néolibéral marqué par la libéralisation des échanges.</p>
<p><em>La souveraineté alimentaire est le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produites à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles.</em></p>
<p align="right">Déclaration de Nyéléni, Mali, février 2007</p>
<p>La Via Campesina a proposé en 1996 le concept de la souveraineté alimentaire qui sous-tend une critique du modèle agricole actuel en plus de proposer un modèle alternatif. Face aux problématiques de l’expansion des monocultures et de l’agriculture industrielle, de la privatisation de la nature ainsi que de l’utilisation massive de produits chimiques, des milliers de paysans et membres de la société civile se mobilisent pour affirmer leur droit à la souveraineté alimentaire. Ce projet de société s’ancre dans la valorisation des systèmes alimentaires locaux, la préservation des savoirs traditionnels et de la biodiversité ainsi que dans l’accessibilité équitable aux terres. Le droit des peuples à s’autodéterminer est donc au centre du mouvement pour la souveraineté alimentaire.</p>
<p>Les assemblées de convergence qui ont eu lieu les 10 et 11 février ont permis aux divers acteurs présents, dont la Via Campesina, la ROPPA, ETC group et Friends for Earth International, de proposer des pistes d’action locales et collectives. Parmi les solutions avancées, notons la sensibilisation des paysans à leurs droits, la préservation et le partage des semences locales et le plaidoyer politique en faveur de politiques agricoles et alimentaires auprès des États. Un appel pour la tenue d’un Forum Social Mondial pour la souveraineté alimentaire en Haïti au début de l’année 2012 aura même été lancé une semaine avant le FSM Dakar. Alors, suite au prochain rendez-vous!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2011/02/22/forum-social-mondial-2011-l%e2%80%99alimentation-comme-projet-de-societe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Dakar &#8211; le Caire &#8211; Tunis : même combat ? Le Forum social mondial et les processus de mobilisation politique</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2011/02/12/dakar-le-caire-tunis-meme-combat-le-forum-social-mondial-et-les-processus-de-mobilisation-politique/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2011/02/12/dakar-le-caire-tunis-meme-combat-le-forum-social-mondial-et-les-processus-de-mobilisation-politique/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 05:07:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses - Bilans]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar]]></category>
		<category><![CDATA[forum social mondial 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Dakar 2011]]></category>
		<category><![CDATA[FSM]]></category>
		<category><![CDATA[future du Forum social mondial]]></category>
		<category><![CDATA[Uni-Alter]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=731</guid>
		<description><![CDATA[Par Pascale Dufour (professeure, Université de Montréal) et Raphaël Canet (professeur au CEGEP du Vieux Montréal)
70 000 personnes ont défilé le 6 février dernier dans les rues de Dakar pour la marche d’ouverture du Forum social mondial (FSM). Par la suite, et jusqu’au 11 février, plusieurs dizaines de milliers de participants ont circulé sur le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Pascale Dufour (professeure, Université de Montréal) et Raphaël Canet (professeur au CEGEP du Vieux Montréal)</p>
<p>70 000 personnes ont défilé le 6 février dernier dans les rues de Dakar pour la marche d’ouverture du Forum social mondial (FSM). Par la suite, et jusqu’au 11 février, plusieurs dizaines de milliers de participants ont circulé sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop à la recherche d’un atelier, d’une conférence ou d’une manifestation afin de penser et construire un monde différent, plus juste, solidaire et démocratique.</p>
<p>Parallèlement, les soulèvements populaires en Égypte ont mobilisé l’attention médiatique. Ces mobilisations faisaient suite à la « révolution de Jasmin » en Tunisie, et suscitent de nombreuses aspirations au changement dans d’autres pays de la région. Les peuples descendent dans la rue pour braver le pouvoir autoritaire des gouvernements en place depuis des décennies. Doit-on voir dans ces deux séries d’événements plus qu’un parallèle ?<span id="more-731"></span></p>
<p><strong>Haro sur les forums sociaux</strong></p>
<p>Plusieurs voix se sont élevées cette semaine au sein du FSM pour déplorer le manque de liens concrets entre les mouvements récents de contestation en Égypte et en Tunisie, ou même encore en Grèce et en France ces derniers mois, et les rencontres des acteurs sociaux du type du FSM à Dakar. La critique est telle qu’elle a pu remettre en question la pertinence de tenir des événements comme celui-ci. Si le FSM n’est pas capable d’être à l’avant-garde de la protestation mondiale des peuples, mieux vaudrait diriger les énergies ailleurs ou, au moins, travailler à le transformer.</p>
<p>Ce discours est récurrent au sein des processus des forums sociaux mondiaux, depuis le premier tenu en 2001 à Porto Alegre (Brésil), jusqu’à aujourd’hui. C’est le discours de ceux qui pensent que l’horizontalité, la diversité et l’ouverture c’est bien, mais pas trop longtemps parce que ce n’est pas efficace ; ceux qui rêvent de l’alignement des multiples composantes de la mouvance altermondialiste derrière un programme unique et claire ; ceux qui voudraient que le FSM laisse la place à une Cinquième internationale avec ses leaders charismatiques et sa nouvelle doxa. Nous aimerions ici questionner cette perspective, minoritaire et européenne d’ailleurs.</p>
<p>Il est vrai qu’il n’y a pas de lien direct et clairement établi entre le FSM et l’embrasement des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Les soulèvements tunisien et égyptien sont avant tout une affaire interne, qui répond à des dynamiques politiques propres aux pays concernés. Ce ne sont pas des révolutions altermondialistes. Ceci dit, il ne faut pas non plus croire que ces mobilisations résultent d’une éruption spontanée détachée du contexte global de la mondialisation et de sa contestation. En fait, il nous apparaît un peu abrupte de dire qu’il n’y a pas de lien entre ces deux formes de mobilisation politique.</p>
<p>C’est une question qu’il faudrait vérifier auprès des acteurs égyptiens et tunisiens. Qui nous dit que ces mouvements ne sont pas liés à des organisations elles-mêmes impliquées dans la mouvance altermondialistes ? De plus, suite à notre expérience durant ce FSM 2011 et ses éditions précédentes, il nous apparaît assez évident que cet espace n’a pas de frontières et qu’il génère des idées, des analyses, des discours qui continuent d’exister après le forum et qui sont à la disposition de tous, créant ainsi climat général où exercer son esprit critique et oser penser le changement redeviennent légitimes. Revenons sur ces deux aspects.</p>
<p><strong>Un espace sans frontières</strong></p>
<p>Le forum n’appartient à personne et, à la condition d’accepter les principes de base énoncés dans sa Charte, tout le monde y est bienvenue, sans restriction aucune. À Dakar, le forum fut très largement ouvert, il n’y avait pas de contrôle à l’entrée et finalement tout le monde pouvait assister aux conférences, ateliers et évènements gratuitement. Bien sûr, encore fallait-il avoir les moyens de se rendre dans la capitale sénégalaise. De ce point de vue, il est évident que la participation des populations africaines, présentent d’ailleurs en très grand nombre à Dakar, était plus facile, tout comme celle des Européens géographiquement plus proches.</p>
<p>Afin de stimuler encore plus l’accessibilité du forum par-delà les frontières, l’initiative «Dakar étendu» a été mise en place, qui rendait le FSM accessible à tous, via le web, en temps réel, durant les conférences. Certes des questions techniques liées à la connectivité ont parfois limité les activités, mais plusieurs ateliers d’importance se sont tenues via Internet et ont permis de rejoindre du monde partout sur la planète. À titre d’exemple, pour le seul cas de la France, plus de 70 événements locaux se sont tenus durant le FSM de Dakar et en lien avec lui.</p>
<p>Par ailleurs, à côté du FSM, nous assistons à une multiplication des forums sociaux à toutes les échelles d’action (régionales, continentales, nationales, locales, par quartier). Depuis le début des années 2000, des forums sociaux se sont tenus partout dans la région, en Afrique, dans les pays du Maghreb, au Moyen Orient. Il n’y a pas de propriété intellectuelle sur les forums sociaux, nous pouvons les considérer comme des biens publics et chacun peut en reprendre la formule pour le répliquer dans son environnement afin de stimuler la participation et le dynamisme des mouvements sociaux.</p>
<p><strong>Un générateur d’analyse et de discours alternatifs </strong></p>
<p>Le FSM a permis de développer une compréhension très approfondie du contexte de mondialisation dans lequel évoluent les sociétés depuis près de 30 ans, de prendre conscience des crises qui se manifestent aujourd’hui et d’élaborer des stratégies de changement social afin d’y faire face. À titre d’exemple, les mécanismes pervers qui ont conduit à la crise financière de 2008 ont été mis à nu depuis plusieurs années au sein des forums sociaux, avant même que la crise ne survienne au cœur du capitalisme mondial. Cela rend les propositions de stratégie de sortie de crise d’autant plus pertinentes que cela fait longtemps que certaines organisations de la société civile travaillent sur des pistes de solution (Taxe Tobin sur les transactions financière, abolition des paradis fiscaux…).</p>
<p>Par ailleurs, à Dakar, toute une réflexion sur la question des liens intrinsèques entre la modernité à l’européenne (ou à l’américaine) et le colonialisme, et la nécessité de sortir de cette dualité pour pouvoir développer de réelles alternatives fut largement discutée. L’analyse des crises actuelles conduit à les interpréter plus globalement comme une «crise de civilisation». Cette analyse, qui est née dans les Amériques portée par les mouvements autochtones et qui s’appuie sur les notions du <em>bien-vivre</em> (et non du <em>bien-être</em>), des biens communs, de la justice climatique, du respect de la diversité, et qui prolonge la réflexion sur les articulations multiples et possibles entre mouvements sociaux et partis politiques, a trouvé un écho à Dakar.</p>
<p>Bien sûr si on mettait bout à bout toutes les propositions mises de l’avant dans chacun des 1000 ateliers qui se sont tenus au FSM 2011, on verrait qu’il n’y a pas de cohérence entre les diverses propositions. Il n’y a pas d’unité programmatique ou d’idéologie partagée comme dirait les tenants d’un FSM qui serait le fer de lance du mouvement révolutionnaire mondial. Certaines de ces propositions sont même fortement contradictoires. Un exemple parmi des centaines, un atelier sur l’éducation au Sénégal où se sont opposées, d’une part, la vision des femmes en «lutte contre les abus sexuel faites aux filles» et, d’autre part, la perception de certains des participants qui retournent la question : la violence que les filles «mal vêtues» (lire pas assez) exercent sur les pauvres jeunes hommes aux hormones incontrôlables… Les mots n’ont pas le même sens pour tous….</p>
<p><strong>Un incubateur du changement social</strong></p>
<p>Le FSM nous apparaît comme un espace de prise de parole et d’expression pluriel et interculturel qui ne remplace pas les autres stratégies de contestation (et ne devrait pas en avoir la prétention non plus) mais qui participe d’une dynamique commune de changement social. Depuis 10 ans, les FSM, avec leur slogan «un autre monde est possible !», sont porteurs d’espoir. L’esprit et l’objectif des forums sociaux est de favoriser une réappropriation du politique. Comme le souligne Chico Whitaker, fondateur des forums sociaux mondiaux, l’esprit du FSM est de renverser la structure pyramidale des sociétés où chacun doit se conformer à des directives imposées, pour lui substituer une organisation en réseaux où chacun peut contribuer selon ses habilités, savoirs et énergies au projet collectif.</p>
<p>Les FSM et les révolutions tunisienne et égyptienne partagent une même conception du monde qui inspire le changement, fondé sur la réappropriation du politique par les populations qui choisissent désormais de prendre leur destin collectif en main, en prônant la libre expression des idées, et la participation.</p>
<p>Il est possible, dans cette perspective, de considérer que l’esprit du FSM anime en partie les manifestants au Caire et à Tunis, et qu’il en motivera d’autres ailleurs, ne serait-ce qu’en matraquant son slogan, très simple, mais porteur d’espoir : d’autres mondes sont possibles !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2011/02/12/dakar-le-caire-tunis-meme-combat-le-forum-social-mondial-et-les-processus-de-mobilisation-politique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LES INÉGALITÉS DES CONDITIONS DE VIES URBAINES AU BRÉSIL</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/03/les-inegalites-des-conditions-de-vies-urbaines-au-bresil/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/03/les-inegalites-des-conditions-de-vies-urbaines-au-bresil/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 May 2010 14:49:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Communautés]]></category>
		<category><![CDATA[Favelas]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=726</guid>
		<description><![CDATA[Par Jean-Baptiste Cubilier
Ces derniers mois, nous avons eu l’occasion de présenter à travers ces billets plusieurs inégalités que connaît la population brésilienne à différentes échelles. Celui-ci va se concentrer sur un problème d’actualité : les inégalités des conditions de vies dans les grandes villes comme Rio de Janeiro ou Brasilia. En effet, la catastrophe du 7 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Jean-Baptiste Cubilier</strong></p>
<p style="text-align: justify">Ces derniers mois, nous avons eu l’occasion de présenter à travers ces billets plusieurs inégalités que connaît la population brésilienne à différentes échelles. Celui-ci va se concentrer sur un problème d’actualité : les inégalités des conditions de vies dans les grandes villes comme Rio de Janeiro ou Brasilia. En effet, la catastrophe du 7 Avril 2010, où un glissement de terrain détruisit la grande partie d’une favelas, faisant plus d’une centaine de victimes nous oblige aujourd’hui à observer comment le gouvernement de Lula compte améliorer cette situation catastrophique, pour dans un second temps nous concentrer sur comment aller au-delà du développement comme théorie alternative au développement actuel afin de proposer une certaine efficience de la prise de décision  concernant le développement des communautés locales.<span id="more-726"></span></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une bulle coupée du « tissu social » brésilien</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les favelas sont aujourd’hui considérées comme des espaces de pauvreté des grandes villes. Connues à l’international comme synonyme de misère, on ne comprend pas comment est-ce possible qu’une telle situation ne se soit pas encore résolue. Certaines d’entre elles ne sont même pas faites de maisons solides mais de bidonvilles où les populations s’entassent sur le flan d’une montagne comme nous pouvons le voir sur la photo juste en dessous. Annie Gasnier nous explique dans un article du <em>Monde</em> comment l’intervention étatique du Président Lula s’est organisée afin de résoudre cette question. Le « Programme d’Accélération de la Croissance » (PAC) a pour but de moderniser l’intégralité du pays. Sur la question des habitations, selon cette journaliste, l’habitat devrait représenter un investissement de 114 milliards de dollars. De même : « Dans les villes, il va faire l&#8217;objet, avec le service des eaux, de multiples chantiers. La construction de 2 millions de <em>&#8220;maisons populaires&#8221;</em> pour réduire l&#8217;énorme déficit en matière de logement et l&#8217;extension de la distribution d&#8217;eau potable et des réseaux d&#8217;égouts, auxquels la moitié des Brésiliens n&#8217;ont pas accès » [1]. Les infrastructures, projets d’urbanisation  et projets sociaux représentent en somme environ 91 milliards d’euros selon <em>France 24</em>. Selon ce quotidien : « Le gouvernement Lula et l’État de Rio de Janeiro veulent se réapproprier ses territoires et réintégrer les 2 millions de favelados dans le tissu social » [2].</p>
<p style="text-align: justify">Cet effort d’intervention étatique pourrait produire des résultats intéressants en ce qui concerne la création d’une nouvelle structure, d’un nouvel environnement permettant non seulement de réduire les inégalités socio-économiques en accordant des conditions moins de vie moins désastreuses, mais aussi d’insister sur une nouvelle dynamique de productivité en permettant à ces communautés de s’intégrer dans la sphère économique. La question que nous devons nous poser est de savoir si ces efforts, qui, nous devons l’admettre, sont une très belle initiative de discrimination positive, vont permettre de bien répondre aux besoins des favelados? Comment le gouvernement peut-il être si sûr que chaque point du PAC correspondra parfaitement à la situation que connaissent ces individus? Ne risque-t-on pas d’assister plus à une imposition de l’intervention étatique qu’à une compréhension éclairée des besoins de chacun? Licia Valladares voit à travers cette question une réflexion « des relations entre l’État, la planification urbaine et les mouvements sociaux urbains » [3].</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-727 aligncenter" src="http://redtac.org/unialter/files/2010/05/Favela.jpg" alt="Favela" width="691" height="461" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo: <a href="http://leblogkodak.fr/wp-content/uploads/2010/01/Favela.jpg">http://leblogkodak.fr/wp-content/uploads/2010/01/Favela.jpg</a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Une coopération internationale serait plus efficace qu’une intervention étatique</strong></p>
<p style="text-align: justify">Nous devons nous servir d’une théorie allant au-delà du développement où l’on pourrait privilégier des alternatives de développement, c’est-à-dire encourager le renforcement d’une structure déjà existante : la coopération internationale entre les Organisations de Coopération Internationale (OCI) et les communautés locales afin de répondre aux besoins jugés prioritaires par ces communautés. Certaines organisations ont-elles aussi leur rôle à jouer pour assurer le bien-être des moins favorisés? Maintenant il faut savoir que l’intervention des ONG au niveau des agglomérations remonte aux années 1970, mais si la situation dessine encore aujourd’hui certaines inégalités c’est qu’il y a nécessité de redéfinir l’action des ces OCI afin de refléter le plus possible l’efficience. [4] Les Accords de Paris de 2005 ayant entrainé comme conséquence, comme l’ont annoncé Favreau, Fréchette et Lachapelle, une diminution du financement par les États du Nord de ces ONG ainsi que leurs compétences, cela limite aujourd’hui l’impact éventuel sur le terrain de cette coopération internationale. Ces derniers auteurs présentent aussi la montée en puissance des Fondations, qui sont à l’initiative de certaines multinationales comme Rockefeller ou Gates. Disposant de dizaines de milliards de dollars, ce qui n’a jamais été le cas des ONG (et ne le sera jamais) leur possibilités d’interventions au niveau des communautés locales sont des plus importantes. Bien qu’animées par la philanthropie, ces Fondations souffrent d’un manque de légitimité pour ce qui est de leur choix d’intervention, malgré les nombreux experts travaillant pour celles-ci. Aussi il est essentiel aujourd’hui qu’un partenariat se forme entre ces deux protagonistes, chacun ayant une compétence spécifique : la possession des capitaux pour les Fondations et la connaissance du terrain pour les OCI, et surtout un intérêt commun : développer les besoins des communautés locales que ce soit en fonction de la philanthropie ou des raisons morales spécifiques à la formation de coopérations internationales.</p>
<p style="text-align: justify">Dans le cadre des favelas, cette association permettrait la formation d’une sphère autonome de ces quartiers où au lieu d’essayer tant bien que mal de s’intégrer à l’économie des grandes villes passerait par une période de transition où son développement s’effectuerait dans sa zone. Le développement économique ne serait plus cet essai d’implanter des racines avec la sphère économique des grandes villes afin d’essayer de fusionner avec, mais la formation d’une communauté autonome capable de se concentrer sur elle-même afin de se renforcer suffisamment pour pouvoir réduire l’écart économique avec la grande ville et s’adapter à un nouveau rythme. Il ne s’agit plus de dépendre de l’autre. Ces communautés doivent se recentrer sur elle-même afin de se développer. Et si l’association des OCI et des Fondations devient possible, alors un véritable programme d’action peut sans l’ombre d’un doute être mis en place. Une application de ce nouvel agenda des priorités créera une structure suffisamment solide pour son développement : une réorganisation de ces capacités efficaces au point, sur le long terme, d’assister à une intégration des zones métropolitaines.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">En conclusion nous pouvons dire que les favelas sont confrontées à un dilemme : être directement réintégrées dans le tissu social ou se développer de façon autonome. L’avantage d’appliquer dans cette situation une alternative de développement avec la coopération internationale plutôt que de s’abandonner à l’intervention étatique réside dans le fait que les communautés locales savent mieux que n’importe qui quels sont leurs besoins les plus urgents. Les OCI sont à l’écoute de ces personnes et leur personnel devient une sorte de « pont de la compréhension », une « passerelle » agissant comme témoin à une règle qui se doit d’être appliquée à l’échelle planétaire aujourd’hui : l’auto-organisation. Et si certains sceptiques souhaiteraient remettre en question cette volonté d’auto-gestion de leur développement, alors un conseil à donner serait de visiter le site de  <a href="http://www.catcomm.org/en/?page_id=423">Community Solution Database</a> regroupant l’ensemble des efforts effectués à Rio de Janeiro par ces communautés. Le plus important reste à éviter à tout prix de revivre les événements du 7 Avril 2010.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Références</strong></p>
<p>[1] Gasnier, Annie. 2010. « Le Brésil lance un second &#8220;Programme d&#8217;accélération de la croissance&#8221; de 660 milliards d&#8217;euros sur six ans ». Le Monde (Paris), 31 mars. En ligne. <a href="http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/31/le-bresil-lance-un-second-programme-d-acceleration-de-la-croissance-de-660-milliards-d-euros-sur-six-ans_1326827_3234.html"><span style="color: #000000"><span style="text-decoration: none">http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/31/le-bresil-lance-un-second-programme-d-acceleration-de-la-croissance-de-660-milliards-d-euros-sur-six-ans_1326827_3234.html</span></span></a> (consulté le 17 Avril).</p>
<p style="text-align: justify">[2]</p>
<p style="text-align: justify">Les favelas de Rio embourbées dans une bulle de misère. 2008. <em>France 24. Actualité Internationale. </em>En ligne. <a href="http://www.france24.com/fr/20080801-reporters-bresil-rio-janeiro-favelas-lula-guerre">http://www.france24.com/fr/20080801-reporters-bresil-rio-janeiro-favelas-lula-guerre</a> (consulté le 17 Avril).</p>
<p style="text-align: justify">[3] Valladares, Licia. 1987. « La Recherche Urbaine Au Brésil : Bref Aperçu de son Évolution ». <em>Cahier du Brésil Contemporain, n°1 : Recherche Urbaine Au Brésil.</em> Pp.11-14.</p>
<p style="text-align: justify">[4] Favreau, Louis, Lucie Fréchette et René Lachapelle. « Les Politiques Canadiennes de Développement International et les Organisations de Coopération Internationales » et « La Coopération Internationale du Québec », <span style="text-decoration: underline">Coopération Nord-Sud et développement: Le défi</span> <span style="text-decoration: underline">de la réciprocité</span>. Montréal : Presses de l&#8217;Université du</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/03/les-inegalites-des-conditions-de-vies-urbaines-au-bresil/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA ZLEA: ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AMÉRICAINE?</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-zlea-zone-de-libre-echange-americaine/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-zlea-zone-de-libre-echange-americaine/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:16:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Iniquités]]></category>
		<category><![CDATA[Libre-échange]]></category>
		<category><![CDATA[ZLEA]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=724</guid>
		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), traité visant à éliminer toute barrière douanière parmi l&#8217;ensemble des États du continent américain (à l&#8217;exception de Cuba), fut proposée pour la première fois lors du sommet des Amériques à Miami le 11 décembre 1994. Malgré les rencontres multiples effectuées entre les différents dirigeants politiques des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">La Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), traité visant à éliminer toute barrière douanière parmi l&#8217;ensemble des États du continent américain (à l&#8217;exception de Cuba), fut proposée pour la première fois lors du sommet des Amériques à Miami le 11 décembre 1994. Malgré les rencontres multiples effectuées entre les différents dirigeants politiques des nations concernées, un consensus général sur la portée dont l&#8217;accord devrait bénéficier n&#8217;a toujours pas été achevé. Les États-Unis ayant favorisé avant tout un simple élargissement de l&#8217;Accord de libre-échange nord-américain, les petites et moyennes puissances continentales(dont notamment le Brésil et les fameuses nations &#8221;bolivariennes&#8221;) <a href="http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr">critiquent vivement la possibilité d&#8217;adopter un tel traité</a> qui d&#8217;après eux viendrait renforcer la domination américaine (Gudynas 2005). Quels effets aurait la mise en place du traité de libre-échange des Amériques dans les nations latino-américaines du point de vue économique et social? On étudiera tout d&#8217;abord les avantages de l&#8217;établissement éventuel d&#8217;un tel accord en Amérique, pour ensuite étudier les inconvénients de celui-ci.<span id="more-724"></span></p>
<p style="text-align: justify">Tout d&#8217;abord, la création d&#8217;une zone de libre-échange des Amériques constitue une réponse juste et nécessaire à la vague régionaliste qui, depuis vingt ans, ne cesse de croître. En effet, la planète compte aujourd&#8217;hui plusieurs blocs commerciaux dont les plus connues sont l&#8217;Union Européenne et l&#8217;ASEAN. Ces blocs rentrent dans la logique de l&#8217;école néo-fonctionnaliste qui, dans le cadre de la mondialisation, préconise une intégration politique plus approfondie à travers l&#8217;effet du &#8216;&#8217;spill-over&#8221;. Ce dernier permettrait, par la création dans un premier temps d&#8217;institutions favorisant la coopération dans les domaines techniques et économiques (laissant donc de côté tout aspect politique), une coopération qui s&#8217;étend dans des domaines  sensibles (Leresche and Saez 1997, 31). L&#8217;exemple classique de cette théorie repose  dans le cas européen, dont l&#8217;intégration débuta par l&#8217;entrée en vigueur de la Communauté européenne du charbon et de l&#8217;acier en 1952 et qui aujourd&#8217;hui profite  du modèle d&#8217;intégration le plus complexe au niveau planétaire. La ZLÉA serait donc non pas seulement un traité exclusivement économique, mais un véritable pas vers une intégration complète caractérisée par la coopération politique et économique de l&#8217;ensemble des États membres.</p>
<p style="text-align: justify">De plus,  le régionalisme économique proposé permettrait aux pays du continent américain d&#8217;accroître l&#8217;efficience dans la production et dans l&#8217;organisation des marchés (Deblock and Brunelle 1997, 343).  Geneviève Lessard  ajoute que les gains de l&#8217;intégration seraient encore plus importants pour les pays en développement, du fait que l&#8217;association avec les États-Unis permettrait de &#8221;diversifier leurs exportations et d&#8217;obtenir un plus grand nombre de produits au prix le plus bas possible&#8221; (Lessard 2000, 6). Cette association favoriserait l&#8217;investissement direct étranger, source de capitaux et de technologies dont les pays d&#8217;Amérique latine et des Caraïbes ont besoin afin d&#8217;assurer leur croissance économique, ainsi que  la présence d&#8217;entreprises étrangères qui représentent une source d&#8217;emploi essentielle pour la population, permettant souvent d&#8217;obtenir des meilleurs emplois et de meilleures conditions de travail (Lessard 2000, 7). L&#8217;établissement de ce traité constitue par conséquent une étape incontournable pour parvenir à la croissance économique et au développement.</p>
<p style="text-align: justify">D&#8217;autre part,  l&#8217;expérience du régionalisme en Amérique n&#8217;est souvent pas aussi positive qu&#8217;on le pense. Malgré l&#8217;établissement de nombreux traités de libre-échange et de réformes commerciales, la croissance économique enregistrée durant les années 1990 dans le continent américain n&#8217;a été en moyenne que de 3,3%, alors que le PIB par habitant n&#8217;a augmenté que de 1,5%. Ceci représente  un progrès par rapport à la décennie précédente, mais ne parvient toujours pas à pallier les énormes écarts au sein des sociétés de la plupart des pays du continent. En effet, cette région est caractérisée par d&#8217;énormes contrastes, qui vont bien au-delà des rapports intra-nationaux, mais se retrouvent aussi dans les rapports inter-étatiques. Si aujourd&#8217;hui  60% des exportations et un peu moins de 50% des importations totales des 34 pays se font à l&#8217;intérieur des Amériques, contre 48% et 41 % il y a dix ans,  &#8221;les États-Unis représentent près de 77% du PIB total des Amériques et plus de 62% de toutes les exportations du continent&#8221; (Turcotte 2001, 33), comparé au Nicaragua et à Haïti qui comptent ensemble pour 1/2000e  du même total. Il existe donc un haut degré d&#8217;hétérogénéité dans les Amériques, évident dans la répartition des ressources économiques. Ces disparités, censées se réduire avec l&#8217;établissement de traités de libre-échange ne cessent de croître, ce qui nous emmène à penser que le ZLEA constitue un instrument des États-Unis pour renforcer leur domination économique et politique en Amérique latine.</p>
<p style="text-align: justify">Si on a parlé auparavant des avantages liés aux investissements directs étrangers, il existe aussi plusieurs inconvénients considérables engendrés par ces investissements, surtout pour les économies limitées au niveau des ressources naturelles, les capitaux investis dans ces pays n&#8217;étant pas dans une perspective d&#8217;investissement à long terme. &#8221;Lorsqu’il y a investissement direct celui-ci passe le plus souvent par l’acquisition d’entreprises locales. L’efficacité des entreprises achetées peut ainsi être améliorée, mais l’effet sur la capacité productive du pays hôte demeure limitée&#8221; (Lessard 2000, 15). Le système capitaliste ne peut donc pas répondre aux besoins réels des pays en difficulté, la privatisation des industries créant un frein au  développement durable. Ainsi, plutôt que de cibler l&#8217;expansion du commerce de services et d&#8217;établir encore plus de protection pour la propriété intellectuelle (telle que préconisé par l&#8217;Amérique du Nord), il faudrait plutôt mettre une fin aux subventions gouvernementales pour l&#8217;agriculture mises en place principalement par les États-Unis, ainsi que de créer une clause pour les biens agricoles dans un futur traité.</p>
<p style="text-align: justify">En conclusion, malgré les avantages préconisés par l&#8217;école libérale (surtout les néo-fonctionnalistes) d&#8217;un accord de libre-échange  dans l&#8217;intégration économique et politique des nations  du continent américain, l&#8217;écart croissant entre les États-Unis et le reste des pays malgré l&#8217;établissement de divers traités régionaux et bilatéraux avec le géant américain, laisse croire que la création d&#8217;une zone de libre-échange des Amériques viendrait renforcer l&#8217;hégémonie américaine dans la région. C&#8217;est pourquoi une autre voie dans l&#8217;intégration économique et politique doit être entreprise, axée sur les spécificités et avantages des plus petites nations.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Deblock, C., and D. Brunelle. 1997. «De PALE à la ZLEA: régionalisme et sécurité économiques dans les Amériques.» <em>Études internationales</em> 28(2): 313–344.</p>
<p>Gudynas, Eduardo. <em>L&#8217;ombre de la Zlea sur sommet présidentiel sans accord. </em>En ligne.</p>
<p><a href="http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr">http://www.alternatives.ca/fra/journal-alternatives/publications/nos-publications/articles-et-analyses/articles-de-l-exterieur/article/l-ombre-de-la-zlea-sur-un-sommet?lang=fr</a> (page consultée le 26 avril 2010).</p>
<p>Leresche, Jean-Philippe, and Guy Saez. 1997. «Identités territoriales et régimes politiques de la frontière.» <em>Pôle Sud</em> 7(1): 27-47.</p>
<p>Lessard, G. 2000. «Les économies de petite taille et la ZLÉA.» <em>mars</em> 2(4): 5-24.</p>
<p>Turcotte, S. 2001. <em>L&#8217;intégration des Amériques: pleins feux sur la ZLEA, ses acteurs, ses enjeux.</em> Montréal: Les Editions Fides.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-zlea-zone-de-libre-echange-americaine/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>COMMENT RESPIRER SANS POUMONS?</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/comment-respirer-sans-poumons/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/comment-respirer-sans-poumons/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:13:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Amazonie]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Déforestation]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz à effet de serre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=722</guid>
		<description><![CDATA[Par Adil Boukind
L&#8217;environnement fait désormais parti des enjeux stratégiques contemporains majeurs comme a pu nous le démontrer le sommet de Copenhague en décembre 2009. Cette conférence a permis de montrer, malgré des résultats discutables, l&#8217;envie de la communauté internationale d&#8217;apporter plus d&#8217;importance à ce domaine. Une région du monde a été vraiment mise de l&#8217;avant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Adil Boukind</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;environnement fait désormais parti des enjeux stratégiques contemporains majeurs comme a pu nous le démontrer le sommet de Copenhague en décembre 2009. Cette conférence a permis de montrer, malgré des résultats discutables, l&#8217;envie de la communauté internationale d&#8217;apporter plus d&#8217;importance à ce domaine. Une région du monde a été vraiment mise de l&#8217;avant ces dernières années par rapport aux problèmes de réchauffement climatiques. L&#8217;Amazonie, région brésilienne, qui est victime d&#8217;une importante déforestation possède un enjeu non seulement régional mais aussi mondiale. La déforestation amazonienne telle que nous la connaissons est responsable de près de 20%<a href="#_ftn1">[1]</a> des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Cet article propose d&#8217;analyser les enjeux environnementaux, économiques et sociaux que représente cette région  aux deux niveaux d&#8217;analyse (mondiale et régionale donc). La surexploitation des ressources de cette région serait-elle contre-productive du fait de ses effets négatifs? Comment pourrait évoluer la situation sur le court terme?<span id="more-722"></span></p>
<p style="text-align: justify">Cette déforestation excessive rentre dans le processus de développement du pays et semble inévitable pour son bon fonctionnement. L&#8217;arrivée de capitaux étrangers est la raison principale de l&#8217;intérêt du gouvernement brésilien. Cette arrivée de capitaux est vitale pour le pays qui veut se développer économiquement. D&#8217;un autre côté, le gouvernement ne peut pas se permettre de ne pas revendre toutes ces ressources car elles représentent une incroyable entrée de capitaux. L&#8217;implantation des firmes multinationales présente plusieurs avantages pour le pays<a href="#_ftn2">[2]</a>. Cela se traduit de différentes manières. Tout d&#8217;abord, l&#8217;implantation d&#8217;usines est une grande source de travail pour les habitants du pays. À court terme, le pouvoir d&#8217;achat global augmente et donc le PIB aussi. La création d&#8217;usines s&#8217;accompagne aussi de création de voies de transports: autoroutes ou ferroviaires. La création de ces voies a pour effet de renforcer la structure du pays  que cela soit au niveau économique ou sécuritaire.</p>
<p style="text-align: justify">En ce qui concerne les conséquences de cette sur-déforestation, elles sont de différentes natures. La première et non la moindre étant l&#8217;accentuation et l&#8217;accélération du processus de réchauffement climatique. Ce processus est le résultat de deux phénomènes plus ou moins directs. Le premier étant l’abattage des arbres qui réduit l&#8217;absorption du dioxyde de carbone, responsable principal du phénomène de gaz à effet de serre. D&#8217;autre part, l&#8217;augmentation d&#8217;usines ainsi que l&#8217;augmentation d&#8217;autoroutes augmentent l&#8217;émission de ces gaz à effet de serre.  C&#8217;est à ce niveau que se joue l&#8217;intérêt premier de la communauté internationale et qui montre le plus de contradictions. Pouvons-nous réduire les émissions de gaz à effet de serre sans réduire nos investissements dans la région?</p>
<p style="text-align: justify">Au niveau régional, les enjeux environnementaux restent présents bien sur mais d&#8217;autres enjeux de types sociaux et économiques font leur apparition. On peut malgré tout constater que ces conséquences découlent des problèmes environnementaux. Ces enjeux environnementaux sont la principale conséquence de la déforestation<a href="#_ftn3">[3]</a> amazonienne qui est la destruction de l&#8217;écosystème ambiant. La disparition de l&#8217;habitat naturel de la flore locale entraîne leur migration voir leur disparition (sans tenir compte d&#8217;éventuels actes de braconnages). À court terme, le mode de vie des tribus locales est affecté: l&#8217;absence de gibier les contraindrait à quitter la zone pour pouvoir survivre. La perte devient inestimable pour les anthropologues du fait que la culture n&#8217;est pas conservée. Pour les agriculteurs, le projet semble aussi compromettant. Tout d&#8217;abord, l&#8217;utilisation de l&#8217;amazone pour son potentiel hydroélectrique et la création de barrages entraînera l&#8217;inondation de la zone. La déforestation ainsi que l&#8217;inondation de la zone provoquent l&#8217;érosion des sols ce qui le rend totalement incultivable. Cela est dû au fait que les  sols ne sont plus capables de retenir l&#8217;eau. Ajoutez à cela la déforestation, qui provoque l&#8217;accumulation de  phosphore dans le sol et aussi la progression des mauvaises herbes. Lorsque ces conditions sont réunies, il devient extrêmement difficile de cultiver.</p>
<p style="text-align: justify">En somme, contrairement à d&#8217;autres projets de grande envergure comme le barrage des trois Gorges en Chine, le projet ne possède pas vraiment d&#8217;intérêts environnementaux. Seuls les intérêts économiques semblent être les seuls aspects positifs: l&#8217;arrivée de capitaux étrangers. Cette raison s&#8217;explique essentiellement par le fait que l&#8217;impact environnemental soit néfaste au niveau mondial. Le projet, si on peut parler d&#8217;un projet, semble par conséquent plus contreproductif que ne pouvaient le penser les pays occidentaux. Il est clair que cette situation ne peut pas continuer dans l&#8217;optique de développement vert que semble prôner la communauté internationale. La solution semble passer par le domaine juridique<a href="#_ftn4">[4]</a>: la mise en place de normes claires et établies pour au minimum atténuer le phénomène.</p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/x8v5d7_deforestation-de-lamazonie-culture_travel"></a></p>
<p><a href="http://www.dailymotion.com/video/xa5djg_arc-de-feu-amazonie-a-feu-et-a-sang_news">Un reportage sur la Déforestation Amazonienne</a></p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>1)    JP. Favennec &#8211; « <em>Géopolitique de l&#8217;énergie</em> » &#8211; Institut français du pétrole</p>
<p>2)Luiz A. Martinelli, Solange Filoso. «<em> Expansion of surgacane ethanol production in Brazil: Environmental and social challenges. </em>» &#8211; Ecological Applications, 18(4), 2008, pp. 885–898 &#8211; Ó 2008 by the Ecological Society of America</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>3)Margaret E. Keck &#8211; « <em>Social Equity and Environmental Politics in Brazil: Lessons from the Rubber Tappers of Acr »</em>- Comparative Politics, Vol. 27, No. 4 (Jul., 1995), pp. 409-424</p>
<p>4)Philip M. Fearnside- « <em>Land-Tenure Issues as Factors in Environmental, Destruction in Brazilian Amazonia: The Case of Southern </em>» &#8211; Instituto Nacional de Pesquisas da Amazonia </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/comment-respirer-sans-poumons/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>PERSPECTIVE COMPARÉE : QUEL PAYS S’EN SORT LE MIEUX FACE À LA MONDIALISATION?</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/perspective-comparee-quel-pays-s%e2%80%99en-sort-le-mieux-face-a-la-mondialisation/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/perspective-comparee-quel-pays-s%e2%80%99en-sort-le-mieux-face-a-la-mondialisation/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:07:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Amérique latine]]></category>
		<category><![CDATA[Brésil]]></category>
		<category><![CDATA[Comparaison]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=720</guid>
		<description><![CDATA[Par Laura Picard
Depuis les années 1970, l’Amérique latine est le théâtre d’innovations en matière de développement. Pour faire face à la mondialisation une série de mesures néolibérales, en accord avec les théories de l’école de Chicago, ont été mises en place dans le but d’accélérer la croissance des pays andins. Cependant, on remarque que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Laura Picard</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis les années 1970, l’Amérique latine est le théâtre d’innovations en matière de développement. Pour faire face à la mondialisation une série de mesures néolibérales, en accord avec les théories de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Chicago_(sociologie)">l’école de Chicago</a>, ont été mises en place dans le but d’accélérer la croissance des pays andins. Cependant, on remarque que la finalité de cette expérience n’est pas vraiment concluante. Certes la croissance augmente et relève l’Amérique latine de la crise des années 2000, cependant une série  de dégradations sociales et environnementales n’ont fait qu’entacher ce progrès relatif. Contrôle de l’inflation et stabilisation monétaire, baisse des dépenses publiques et lutte contre le déficit budgétaire, privatisations et réduction considérable des attributions de l’État : tels sont les principes directeurs de la politique économique à partir du milieu des années 1970 (Olivier Compagnon). Les politiques sociales sur l’éducation, la santé, l’environnement sont alors mises de côté et « Les inégalités n’ont pas diminué même là où le taux de croissance économique a été très élevé »<a href="#_ftn1">[1]</a>.<span id="more-720"></span></p>
<p style="text-align: justify">Nous pouvons cependant établir un comparatif  évident par rapport aux différentes évolutions des pays d’Amérique latine pour en déduire quel pays s’en sort le mieux face à la mondialisation. Pour cela nous allons comparer les statistiques brésiliennes avec celles des autres pays de l’Amérique latine</p>
<p style="text-align: justify">Il semble notable que le Brésil représente un pôle important de développement dans la communauté andine. En effet, il se caractérise économiquement par un large développement des secteurs agricoles, miniers, manufacturiers et de services.<a href="#_ftn2">[2]</a> On remarque notamment se concentre en priorité sur ce secteur. En effet 66% du total de la main d’œuvre brésilienne y est employée contre 20% dans l’agriculture et 14% dans l’industrie, ce qui prouve qu’il a su s’investir et se spécialiser dans les secteurs de développement le plus valorisant et le plus fort dans notre société mondiale actuelle.</p>
<p style="text-align: justify">Ces dernières années, le Brésil a su prouver au monde sa force et sa crédibilité économique. En effet, il a très bien su s’insérer dans l’économie mondiale en gardant une stabilité économique notoire et en ouvrant son marché vers l’extérieur, le montant de ses exportations s’élevant à plus de 158 milliards de dollars loin devant l’Argentine et ses 55 milliards de dollars d’exportations. La différence avec les autres pays d’Amérique du sud est également notable du point de vue de la réserve de capitaux étrangers que le Brésil possède, celle-ci s’élevant à plus de 298 milliards de dollars, suivi des réserves de  l’Argentine avec 31,7 milliards de dollars puis du Pérou et du Chili<a href="#_ftn3">[3]</a>. Bien que la crise de ces dernières années ait provoqué un retournement de situation non négligeable en Amérique latine, poussant les investisseurs étrangers à se retirer progressivement, le Brésil fut le premier pays andin à se relever et s’inscrire dans une dynamique de croissance positive.</p>
<p style="text-align: justify">L’un des effets les plus déterminants de l’évolution positive du Brésil est sa suprématie dans le <a href="http://www.iheal.univ-paris3.fr/mercosur_fr/">MERCOSUL</a>.<a href="#_ftn4">[4]</a> En effet, cette alliance commerciale et politique prouve tout d’abord la volonté de l’Amérique latine de se détacher de la suprématie nord-américaine. De plus, on constate que le PIB du Brésil, véritable moteur de cette alliance, domine le PIB de ses alliés. En effet, il représente 4 fois le PIB de l’Argentine, 44 fois celui de l’Uruguay et 87 fois celui du Paraguay.<a href="#_ftn5">[5]</a> On peut donc constater qu’en comparaison avec ses voisins géographiques, ayant connu le même genre de problématiques économiques et sociales, le Brésil se démarque considérablement d’un point de vue économique.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, cette croissance n’est pas sans conséquences. En effet malgré l’enrichissement notable du pays et sa participation active à l’économie mondiale, les disparités sociales s’agrandissent. En effet, on constate que 26% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté  avec un taux de chômage atteignant les 7,6% .Nous pouvons rajouter à ces statistiques que l’âge moyen de la population est de 28 ans et que la durée de vie scolaire s’arrête à 14 ans ce qui constitue une population relativement jeune et inexpérimentée.<a href="#_ftn6">[6]</a>Notons également qu’une hausse de la criminalité affecte la bonne conduite du Brésil dans sa route vers la croissance économique mondialisée.</p>
<p style="text-align: justify">Nous pouvons en conclure, que l’enrichissement d’un pays, sa croissance et son insertion dans la mondialisation ne sont pas forcément facteurs de bonne santé sociale. Alors quels seraient les critères à déterminer mondialement pour savoir si un pays s’en sort plus ou moins bien dans le développement ? Ceci restera la grande problématique des théories du développement qui se heurtent à l’antagonisme entre bonne santé sociale et économique.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Bret, Bernard,(2006) <em>le Brésil : construire le Mercosul pour affronter la mondialisation » </em>Cafés géographiques, en ligne : <a href="http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=809">http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=809</a> (Page consultée le 17 Avril 2010)</p>
<p>The world Factbook,(2010) <em>Brazil</em>, Central Intelligence Agency, En ligne : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/br.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/br.html</a> (Page consultée le 17 avril 2010)</p>
<p>The world Factbook (2010) <em>Argentina</em>, Central Intelligence Agency, en ligne : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/ar.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ar.html</a> (Page consultée le 17 avril 2010)</p>
<p>The world Factbook (2010) <em>Peru</em>, Central Intelligence Agency, en ligne : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/pe.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/pe.html</a> (Page consultée le 17 avril 2010)</p>
<p>The world Factbook (2010) <em>Chile</em>, Central Intelligence Agency, en ligne : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/ci.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ci.html</a> (Page consultée le 17 avril 2010)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Jacques CHONCHOL, « Mondialisation et néolibéralisme en Amérique latine », <em>DIAL</em>, D 2520, 16-31 décembre 2001.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voir : The world Factbook sur le Brésil , Central Intelligence Agency (2010)</p>
<p><a href="#_ftnref3"><ins datetime="2010-04-25T23:44" cite="mailto:Laura%20Picard">[3]</ins></a><ins datetime="2010-04-25T23:44" cite="mailto:Laura%20Picard"> The world Factbook sur le Brésil, l’Argentine, le Pérou, et le Chili. Central Intelligence Agency (2010)</ins></p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Bret, Bernard,(2006) <em>« </em>le Brésil : construire le Mercosul pour affronter la mondialisation »</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Bret, Bernard,(2006) <em>« </em>le Brésil : construire le Mercosul pour affronter la mondialisation »</p>
<p><a href="#_ftnref6"><ins datetime="2010-04-25T23:46" cite="mailto:Laura%20Picard">[6]</ins></a><ins datetime="2010-04-25T23:46" cite="mailto:Laura%20Picard"> The world Factbook sur le Brésil , Central Intelligence Agency (2010)</ins></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/perspective-comparee-quel-pays-s%e2%80%99en-sort-le-mieux-face-a-la-mondialisation/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LE LIBRE-ÉCHANGE EN AFRIQUE: LE CAS DU MALAWI</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/le-libre-echange-en-afrique-le-cas-du-malawi/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/le-libre-echange-en-afrique-le-cas-du-malawi/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 20:03:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Libre-échange]]></category>
		<category><![CDATA[Malawi]]></category>
		<category><![CDATA[SADC]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=718</guid>
		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
L&#8217;intégration régionale est aujourd&#8217;hui largement pratiquée par la quasi-totalité des pays dans le monde, tendance qui est très répandue dans le continent africain. En effet, on peut compter plus d&#8217;une trentaine de traités régionaux dans le continent le plus pauvre de la planète, chaque pays adhérant en moyenne à quatre traités. Ces traités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;intégration régionale est aujourd&#8217;hui largement pratiquée par la quasi-totalité des pays dans le monde, tendance qui est très répandue dans le continent africain. En effet, on peut compter plus d&#8217;une trentaine de traités régionaux dans le continent le plus pauvre de la planète, chaque pays adhérant en moyenne à quatre traités. Ces traités sont une réponse aux vagues d&#8217;intégrations mis en avant par l&#8217;Union Européenne et son élargissement progressif, l&#8217;ASEAN et la négociation d&#8217;une Zone de Libre-Échange en Amérique. Cependant, il semble que malgré la présence de ces accords, l&#8217;Afrique est toujours dépourvue de toute croissance économique et encore plus de développement. L&#8217;analyse de ce billet va surtout se centrer  autour du cas particulier de Malawi, pays soumis sous la pauvreté extrême et membre de la Communauté de développement d&#8217;Afrique australe (ou SADC, acronyme de l&#8217;anglais Southern African Development Community), organisation regroupant 15 États, dont l&#8217;Afrique du Sud(Yang et Gupta 2005, 1). Dans un premier temps, on verra dans quelle mesure l&#8217;intégration des pays au sein du SADC est souhaitable, pour ensuite étudier ses limites.<span id="more-718"></span></p>
<p style="text-align: justify">Tel que dit précédemment, l&#8217;Afrique subsaharienne n&#8217;a toujours pas profité adéquatement de la mondialisation, malgré la création fréquente de nouveaux traités régionaux. Les États membres du SADC recherchent, à travers cet accord commercial, une opportunité de participer activement dans le marché international qui viendrait pallier la crise économique structurelle dont ils sont victimes. Cette stratégie permettrait une intégration progressive en mesure de développer les secteurs les plus faibles et par conséquent les moins compétitifs, toujours visant l&#8217;intégration mondiale au sein d&#8217;un marché  agissant  comme une sorte de protectionnisme (Flatters 2002, 1). On remarque donc que la création d&#8217;une telle association viendrait en principe rompre avec la dépendance envers les pays du Nord, mettant de côté la relation centre/périphérie au profit d&#8217;un modèle de développement basé sur les ressources nationales et la coopération régionale.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, malgré le caractère quasi utopique d&#8217;une telle proposition, la réalité de l&#8217;économie du Malawi et de la plupart des pays intégrant la Communauté de développement d&#8217;Afrique australe ne correspond pas au profil requis. Ainsi, le &#8221;potentiel de création de commerce pour ces pays  est faible, ceux-ci ayant des structures d&#8217;échanges très semblables, important et exportant des biens similaires&#8221; (Cadot, de Melo, et Olarreaga 2000, 6). Ceci est confirmé par l&#8217;indice de complémentarité commerciale de Michaely, qui indique que les pays membres de l&#8217;ALENA (accord de libre-échange nord-américain) et ceux de l&#8217;UE-15 ont entre eux des indices de complémentarité douze fois supérieur à celui des pays d&#8217;Afrique subsaharienne, tandis que le MERCOSUR a un indice trois fois supérieur. L&#8217;intégration régionale tant préconisée au plan économique n&#8217;a donc jamais été concrétisée, d&#8217;où une stagnation évidente du développement dans cette partie du monde.</p>
<p style="text-align: justify">Une deuxième limite réside sur le fait que le marché du travail du Malawi (et de la plupart des États de la région) est très dépendant du secteur primaire. Une libéralisation de l&#8217;économie à part entière conduirait sans doute à une perte importante d&#8217;emplois dans le domaine agricole, l&#8217;arrivée de nouveaux produits étrangers étant à l&#8217;origine de ce problème. Ceci aurait non seulement un impact à court terme, mais risque de s&#8217;imposer aussi à long terme par le manque important d&#8217;opportunités dans d&#8217;autres secteurs: 80% des Malawites sont employés dans l&#8217;agriculture (WIIG et SELEKA, 302). Suivant les postulats énoncés ici, une révolution industrielle, qui n&#8217;a jamais été atteinte par nombreux pays de l&#8217;Afrique subsaharienne, viendrait répondre aux besoins du Malawi dans ses premiers pas vers le développement. On se trouve toujours dans une société traditionnelle suivant la théorie de la modernisation, le décollage ne pouvant être atteint qu&#8217;avec une entrée importante d&#8217;investissements étrangers comme ce fut le cas de l&#8217;Asie du Sud-Est, qui est aujourd&#8217;hui le modèle à suivre pour l&#8217;ensemble des pays en voie de développement.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, le SADC est une organisation très faible, comptant  très peu de ressources, où le manque de coopération entre États se manifeste par le faible degré de flexibilité dans les politiques commerciales nationales que les États membres sont prêts à offrir. Ceci est du en partie aux fortes asymétries de tailles entre pays membres qui caractérisent la plupart des accords d&#8217;intégration régionale au niveau continental: &#8221;le Kenya domine la Communauté d&#8217;Afrique de l&#8217;Est (CAE), la Côte d&#8217;Ivoire l&#8217;UEMOA, le Cameroun l&#8217;Union douanière de l&#8217;Afrique Centrale (UDAC), l&#8217;Afrique du Sud la Coopération pour le Développement d&#8217;Afrique du Sud (SDAC), et l&#8217;Égypte domine le futur Marché Commun pour l&#8217;Afrique de l&#8217;Est et du Sud (MCAES). À chaque regroupement correspond un « pays dominant » dont la présence entraîne les remarques suivantes&#8221; (Cadot, de Melo, et Olarreaga 2000, 5).</p>
<p style="text-align: justify">Tout ceci nous emmène à penser que l&#8217;intégration régionale en Afrique australe, qui conduirait à un développement soutenu et indépendant des pays du Sud est difficilement réalisable. C&#8217;est la raison pourquoi plusieurs auteurs favorisent un accès unilatéral à l&#8217;Union Européenne plutôt que le modèle employé actuellement, le commerce se réalisant déjà dans une plus grande mesure avec cette organisation qu&#8217;à l&#8217;intérieur même du SADC, tout en évoquant que l&#8217;économie d&#8217;Afrique du Sud n&#8217;est pas suffisamment importante pour servir comme pôle de croissance régionale (Lewis, Robinson, et Thierfelder 2003, 203).</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, il est important de relever que malgré les progrès très substantiels dans la croissance économique du pays, Malawi a connu des améliorations très importantes dans d&#8217;autres domaines, dont la sécurité et la stabilité politique, mais surtout dans l&#8217;accès à l&#8217;eau potable et à l&#8217;éducation où maintenant plus de 95% des enfants comptent avec l&#8217;accès à l&#8217;éducation primaire. Ceci reflète des avancées très importantes dans le développement du pays, avancées qui ne sont pas comptabilisées dans les calculs du FMI.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Cadot, O., J. de Melo, and M. Olarreaga. 2000. «L’intégration régionale en Afrique: où en sommes-nous?». <em>Revue d’économie du développement</em> 2: 247–261.</p>
<p>Flatters, F. 2002. “SADC rules of origin: Undermining regional free trade.” In <em>TIPS Forum, Johannesburg</em>, p. 9–11.</p>
<p>Lewis, Jeffrey D., Sherman Robinson, and Karen Thierfelder. 2003.  «Free Trade Agreements and the SADC Economies».<em>J Afr Econ</em> 12(2): 156-206.</p>
<p>WIIG, A., and T. B SELEKA. «Will intra-regional trade liberalisation within SADC reduce poverty? The case of Malawi».<em>TOWARDS POLITICAL AND ECONOMIC INTEGRATION IN SOUTHERN AFRICA</em>: 203.</p>
<p>Yang, Y., and S. Gupta. 2005. <em>Regional trade arrangements in Africa</em>. International Monetary Fund.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/le-libre-echange-en-afrique-le-cas-du-malawi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA CROISSANCE ÉCONOMIEQUE VIETNAMIENNE: UN MIRACLE POUR TOUS?</title>
		<link>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-croissance-economieque-vietnamienne-un-miracle-pour-tous/</link>
		<comments>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-croissance-economieque-vietnamienne-un-miracle-pour-tous/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 19:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[POL 3802]]></category>
		<category><![CDATA[ASEAN]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Iniquité]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/unialter/?p=716</guid>
		<description><![CDATA[Par Mijail Raigorodsky
L&#8217;Association des Nations de l&#8217;Asie du Sud-Est (ASEAN) est une organisation regroupant dix pays du Sud-Est asiatique fondée en 1967 dans le contexte de la guerre froide pour faire barrage aux mouvements communistes. Elle regroupe aujourd&#8217;hui plus de 550 millions d&#8217;habitants et cherche à intégrer les États participants dans les domaines économiques, politiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Mijail Raigorodsky</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;Association des Nations de l&#8217;Asie du Sud-Est (ASEAN) est une organisation regroupant dix pays du Sud-Est asiatique fondée en 1967 dans le contexte de la guerre froide pour faire barrage aux mouvements communistes. Elle regroupe aujourd&#8217;hui plus de 550 millions d&#8217;habitants et cherche à intégrer les États participants dans les domaines économiques, politiques et culturels, dont le Vietnam, nation qui va être au centre de notre analyse sur l&#8217;efficacité et les effets subséquents de cette organisation régionale. La croissance économique que connait le Vietnam au sein de cette organisation touche-t-elle l&#8217;ensemble de la population? On verra dans un premier temps les changements et transformations vécus par le Vietnam au niveau économique depuis son entrée dans l&#8217;organisme en 1995. Ensuite on discutera des limites du développement et les irrégularités dans la société observées au Vietnam au cours des 15 dernières années. Dans un dernier temps on discutera de l&#8217;impact de cette croissance sur l&#8217;environnement.<span id="more-716"></span></p>
<p style="text-align: justify">La croissance spectaculaire enregistrée par le Vietnam au cours des vingt dernières années peut être qualifiée, au même titre que les économies des dragons asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour) et des tigres (Malaisie, Thaïlande, Brunei, Indonésie et Philippines), parmi les fameux miracles économiques, tant préconisés par la théorie de la modernisation de Rostow. En effet, c&#8217;est à partir des investissements et des capitaux étrangers qu&#8217;un tel modèle est soutenu, tout en offrant des résultats qui sont pour le moins surprenants, expliquant environ 18% de la croissance du pays asiatique (Hugon 2002, 14). Le revenu des ménages augmente quant à lui  d&#8217;environ 2% en moyenne et on constate même une réduction assez importante de la pauvreté, les pauvres ayant bénéficié plus que les couches sociales aisées de la croissance économique. D&#8217;après Tien Dung Nguyen and Mitsuo Ezaki, ces résultats dignes d&#8217;être mentionnés sont le résultat d&#8217;un accroissement des revenus des travailleurs non qualifiés, suite à l&#8217;ouverture des frontières douanières vietnamiennes (Nguyen and Ezaki 2005, 20). L&#8217;ouverture commerciale dans le cadre de l&#8217;intégration régionale du Sud-Est asiatique a donc permit au Vietnam de trouver une nouvelle voie pour le développement, suite à l&#8217;effondrement progressif des économies socialistes dans la planète, l&#8217;URSS étant son principal partenaire commercial dans le passé.</p>
<p style="text-align: justify">Cependant, s&#8217;il est vrai que le Vietnam connait une croissance impressionnante, les pauvres ayant bénéficié de manière substantielle de tels progrès, il demeure vrai que l&#8217;augmentation salariale n&#8217;a pas été perçue équitablement par l&#8217;ensemble de la population. En effet, d&#8217;après John Thoburn, les ménages dans les milieux urbains ont connu une croissance du revenu beaucoup plus importante que celle des personnes venant d&#8217;un milieu rural. Cet auteur souligne également qu&#8217;il existe un écart non négligeable entre le Sud et le Nord du Vietnam au niveau de la pauvreté, ce dernier étant déjà parmi les régions les plus pauvres du pays en 1992-1993, écart qui ne cesse de croitre avec la libéralisation des échanges (Thoburn 2004, 131). Cette affirmation est par ailleurs mise en avant par d&#8217;autres auteurs, dont Nguyen et Ezaki, qui soulignent que l&#8217;écart entre les milieux urbains et ruraux constitue environ 96% de l&#8217;augmentation totale de l&#8217;iniquité enregistrée dans les deux dernières décennies, tel qu&#8217;il est indiqué par les chiffres de la Banque Mondiale. Ainsi, on estime que l&#8217;économie urbaine a connu une croissance deux fois supérieure à celle rurale (Nguyen and Ezaki 2005, 5). On constate donc que malgré une progression notable dans la hausse des revenus, celle-ci n&#8217;atteint pas les travailleurs issus du milieu agricole (notamment dans la culture du riz) dans la même ampleur que les travailleurs qui participent directement à la nouvelle orientation économique vietnamienne qui vise avant tout l&#8217;industrialisation.</p>
<p style="text-align: justify">D&#8217;autre part, reprenant l&#8217;étude de mon collègue Adil Boukind qui traite l&#8217;impact de l&#8217;industrialisation démésurée entreprise par les nations de l&#8217;ASEAN (y compris le Vietnam), il est pertinent de  questionner les retombées de la croissance économique des dernières décennies. En effet, il est beaucoup plus rentable et indispensable, suivant la logique de Rostow, de développer des industries non spécialisées, prenant en considération la charge financière que celles-ci supposent sur l&#8217;État. La pollution colossale dégagée par ces industries est déjà très présente et est à l&#8217;origine de nombreux problèmes environnementaux, surtout en ce qui concerne le fleuve Mekong au Sud et le fleuve Rouge au Nord, essentiels pour la culture du riz et l&#8217;hygiène personnelle, aujourd&#8217;hui récipiendaires de taux hallucinants d&#8217;arsenic, élément très toxique, qui met en danger la vie des vietnamiens (Berg et al. 2007). Ceci est accompagné par la surproduction de riz, qui a tendance à &#8221;assécher le sol favorisant l’érosion du sol rendant ce dernier impraticable pour l’agriculture et infertile pour la flore locale&#8221; (Boukind 2010).</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, rappelons que le Vietnam n&#8217;a pas toujours suivi la conception libérale de l&#8217;intégration par le marché, qui voit l&#8217;intégration régionale comme un moyen de réduire les distorsions nationales et de déplacer ses frontières en se rapprochant du marché international. En effet, il existe plusieurs conceptions de l&#8217;intégration régionale, dont la conception volontariste ancienne, qui explique l&#8217;intégration comme un processus de déconnexion vis-à-vis de l&#8217;économie mondiale, en supposant &#8221;une protection des politiques d&#8217;aménagement du territoire et la construction d&#8217;un système productif plus ou moins déconnecté du monde&#8221; (Hugon 2002, 10). Cette conception de régionalisme fermé a longtemps été défendue par les pays du Sud et la CEPAL, mais n&#8217;a malheureusement eu place que dans les économies planifiées, dont un exemple commun repose sur le Conseil d&#8217;assistance économique mutuelle (CAEM), réponse communiste créée par Staline au plan Marshall. On constate donc qu&#8217;une autre régionalisation est possible, une régionalisation qui prenne en compte les intérêts et spécificités de chaque nation, tout en promouvant la croissance économique et le développement à travers l&#8217;industrialisation par substitution aux importations. Malgré les progrès substantiels en matière économique réalisés au cours des décennies récentes, l&#8217;iniquité salariale se fait toujours sentir au Vietnam, le miracle n&#8217;étant donc pas généralisé.</p>
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Berg, Michael et al. 2007. “Magnitude of arsenic pollution in the Mekong and Red River Deltas &#8212; Cambodia and Vietnam.” <em>Science of The Total Environment</em> 372(2-3): 413-425.</p>
<p>Boukind, Adil. 2010. <em>L&#8217;environnement ou la croissance?</em>. En ligne. <a href="http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;_udi=B6V78-4M7V9YJ-1&amp;_user=789722&amp;_coverDate=01%2F01%2F2007&amp;_rdoc=1&amp;_fmt=high&amp;_orig=search&amp;_sort=d&amp;_docanchor=&amp;view=c&amp;_searchStrId=1298014605&amp;_rerunOrigin=scholar.google&amp;_acct=C000043357&amp;_version=1&amp;_urlVersion=0&amp;_userid=789722&amp;md5=bbf1af90db5ffc29263f7278d94f478d">http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;_udi=B6V78-4M7V9YJ-1&amp;_user=789722&amp;_coverDate=01%2F01%2F2007&amp;_rdoc=1&amp;_fmt=high&amp;_orig=search&amp;_sort=d&amp;_docanchor=&amp;view=c&amp;_searchStrId=1298014605&amp;_rerunOrigin=scholar.google&amp;_acct=C000043357&amp;_version=1&amp;_urlVersion=0&amp;_userid=789722&amp;md5=bbf1af90db5ffc29263f7278d94f478d</a> (page consultée le 12 avril 2010).</p>
<p>Hugon, Philippe. 2002. “Les économies en développement au regard des théories de la régionalisation.” <em>Tiers-Monde</em> 43(169): 9-25.</p>
<p>Nguyen, T. D, and M. Ezaki. 2005. “Regional economic integration and its impacts on growth, poverty and income distribution: The case of Vietnam.” <em>RURDS-TOKYO-</em> 17(3): 197.</p>
<p>Thoburn, J. 2004. “Globalization and poverty in Vietnam.” <em>Journal of the Asia Pacific Economy</em> 9(2): 127–144.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/unialter/2010/05/02/la-croissance-economieque-vietnamienne-un-miracle-pour-tous/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

