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	<title>Possibles &#187; revue</title>
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		<title>POSSIBLES : 35 ans plus tard &#8211; Par Gabriel Gagnon</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 20:01:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Altermondialisme (vol.32, no.3-4, Aut.2008)]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial (vol.32, no.3-4)]]></category>
		<category><![CDATA[autogestion]]></category>
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		<description><![CDATA[C’est le 24 juin 1974. à North Hatley, que quatre poètes, Roland Giguère, Gérald Godin, Gilles Hénault et Gaston Miron, et deux sociologues, Marcel Rioux et moi décidèrent de fonder ce qui allait devenir la revue Possibles.  Souverainistes convainçus, invités par Marcel Rioux, nous cherchions comment contribuer à insuffler un contenu vraiment émancipatoire à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le 24 juin 1974. à North Hatley, que quatre poètes, Roland Giguère, Gérald Godin, Gilles Hénault et Gaston Miron, et deux sociologues, Marcel Rioux et moi décidèrent de fonder ce qui allait devenir la revue Possibles.  Souverainistes convainçus, invités par Marcel Rioux, nous cherchions comment contribuer à insuffler un contenu vraiment émancipatoire à la pensée indépendantiste.  C’est surtout autour de l’idée d’autogestion, élément central de la pensée de gauche en France et ailleurs, que nous voulions développer notre réflexion.  Il était aussi important pour nous de participer à la naissance d’un nouvel imaginaire québécois où la culture l’emporterait sur une économie qui prenait toute la place.</p>
<p>Ce n’est que deux ans plus tard qu’il nous fût possible, grâce à l’enthousiasme de notre jeune secrétaire de rédaction, Robert Laplante, aujourd’hui directeur de l’Action Nationale, de lancer le 21 octobre 1976, à la Brasserie Le Gobelet, un premier numéro d’une centaine de pages où des poèmes de Giguère et Godin encadraient un dossier sur Tricofil, importante expérience autogestionnaire des ouvriers de St.-Jérôme.     Au cours des années, alors qu’augmentait son nombre de pages, l’influence de la revue commença à se faire sentir grâce surtout au «mouvement autogestionnaire québécois» qu’elle anima et à l’organisation de nombreux colloques, en collaboration avec le Département de sociologie de l’Université de Montréal.  Un grand nombre de rédacteurs nous rejoignirent dont, depuis plus de vingt ans, Raymonde Savard et André Thibault.</p>
<p>Même si nous n’avons jamais dépassé une diffusion de 800 exemplaires, nous avons quand-même pu compter sur la collaboration de plusieurs intellectuels engagés, de militants d’organisations communautaires et de créateurs en art et en littérature.</p>
<p>Pourtant, malgré nos efforts, nous avons perdu graduellement l’appui des «pairs» qui contrôlent les organismes subventionnaires, de plus en plus attirés par les mirages du multiculturalisme et de la postmodernité au détriment d’un réflexion en profondeur sur notre identité collective et notre imaginaire.  Après quelques années de restrictions et de résistance, il nous a donc fallu nous résigner à abandonner notre version papier au profit de l’électronique.</p>
<p>Nous remercions nos lecteurs, nos lectrices et nos abonnés de nous avoir accompagnés jusqu’à maintenant et souhaitons que la majorité d’entre eux puissent continuer à nous lire.  Nous espérons aussi retrouver dans notre nouvelle aventure ceux et celles qui, par leurs essais critiques, leurs expériences, leurs poèmes et leurs nouvelles nous ont permis d’aller plus loin.</p>
<p>Nous n’aurions pu survivre longtemps sans la contribution essentielle de Micheline Dussault qui, après Elise Lavoie, Suzanne Martin et Stéphane Kelly, s’occupe depuis dix-huit ans déjà de la révision des textes et de la gestion quotidienne de la revue, de façon bénévole la plupart du temps.  Nous ne pourrons jamais assez la remercier.</p>
<p>Il est maintenant temps de passer la main à une équipe rajeunie, plus à l’aise dans la jungle de l’édition électronique et surtout à même d’élargir la réflexion du côté de l’altermondialisme et du mouvement des forums sociaux.  Quant à moi, j’espère que Possibles continuera de soutenir toutes les formes de solidarité et d’autogestion susceptibles de fonder l’identité québécoise sur ce nouvel imaginaire, souhaité par un de nos inspirateurs, le philosophe Cornelius Castoriadis, où la rationalité économique et l’insignifiance culturelle n’occuperaient plus tout la place.</p>
<p><strong>Gabriel Gagnon</strong> -Membre du comité de rédaction depuis 1974</p>
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		<title>De l’autogestion à la cybercitoyenneté – Par Raphaël Canet</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 13:31:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Souveraineté alimentaire (vol.34, no.1-2, Été 2010)]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial (vol.32, no.3-4)]]></category>
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		<description><![CDATA[La revue POSSIBLES est née au Québec, dans les années 70, fruit d’une génération consciente d’elle-même et porteuse d’un projet. De jeunes gens qui avaient un rêve et souhaitaient contribuer à sa réalisation. Se définir, s’affirmer, prendre conscience de sa capacité de gérer soi-même ses propres affaires, et le faire concrètement. La revendication indépendantiste (ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La revue POSSIBLES est née au Québec, dans les années 70, fruit d’une génération consciente d’elle-même et porteuse d’un projet. De jeunes gens qui avaient un rêve et souhaitaient contribuer à sa réalisation. Se définir, s’affirmer, prendre conscience de sa capacité de gérer soi-même ses propres affaires, et le faire concrètement. La revendication indépendantiste (ou sa variante modérée souverainiste) n’est que le prolongement à grande échelle de l’aspiration autogestionnaire des groupes restreints.</p>
<p>Le Québec qui a vu naître POSSIBLES sortaient, non pas de la Grande Noirceur, mais plutôt de la Révolution tranquille. Le Parti québécois allait prendre le pouvoir pour la première fois et désormais, un autre Québec allait devenir possible. Tout semblait réalisable et il fallait contribuer à cette réalisation collective, sans pour autant se faire emporter par les vertiges du pouvoir. Le but était de transformer la société québécoise, et l’objectif ne devait pas céder le pas aux impératifs stratégiques, à la pesanteur des moyens pour accéder aux hautes sphères… et s’y maintenir. Cependant, du « Beau risque » aux « Conditions gagnantes », la longue route vers la pleine réalisation du projet national québécois est parsemée de nombreuses désillusions. Le refuge actuel dans l’exaltation du <em>Sujet</em> politique (lire l’obsession de la « souche ») au détriment du <em>Projet</em> de souveraineté constitue l’ultime revers de ce beau rêve d’affranchissement collectif.</p>
<p>En manifestant son aspiration à réaliser un projet de souveraineté nationale, le Québec des années 1960 et 70 s’inscrivait pleinement dans les revendications de son temps : luttes pour la décolonisation, mouvements d’indépendance, appropriation de l’État comme moyen d’affirmation collective, revendication d’une pleine souveraineté sur ses ressources naturelles… POSSIBLES a émergé de ce terreau fertile de pensée critique visant une transformation radicale de la société.</p>
<p>40 ans plus tard, POSSIBLES subsiste. La revue a survécu à trente années de néolibéralisme qui en ont découragé plus d’un et agit comme un véritable fossoyeur des projets sociaux alternatifs et des aspirations collectives à l’émancipation. Sans jamais perdre de sa flamme initiale et fondatrice, comme un phare dans la tempête : rêver et construire des alternatives aux modèles dominants et imposés, croire dans la force émancipatrice de l’autogestion.</p>
<p>Le Québec vit aujourd’hui à l’ère de la mondialisation, ce changement d’échelle des sociétés qui conduit à repenser bien des cadres d’analyse et d’action, mais il reste toujours en phase avec les nouvelles revendications sociales qui parcourent le monde. Le conservatisme n’évacuera jamais l’espoir. Cela était vrai dans les années 60, et cela demeure aujourd’hui, pour la simple et bonne raison qu’on ne peut pas empêcher les humains de rêver, et principalement les jeunes générations.</p>
<p>L’altermondialisme, cette nouvelle utopie qui anime la mouvance transnationale qui se rassemble notamment dans les forums sociaux, est là pour en témoigner. <em>Un autre monde est possible!</em>, le slogan résonne aux quatre coins du monde depuis maintenant près de dix ans, du Forum social mondial au Forum social québécois. Et c’est presque naturellement que POSSIBLES en est venu à épouser cette cause, en suivant cette lente relocalisation de l’aspiration au changement. Du Québec au monde, puis du monde au Québec.</p>
<p>Penser globalement et agir localement, prendre conscience des enjeux globaux qui nous affectent en tant que société, afin de donner sens à nos pratiques locales de changement social et nos revendications émancipatrices. Redécouvrir notre appartenance en côtoyant la diversité du monde. Donner du sens à notre engagement en partageant nos expériences de lutte et notre quotidien. Le Québec participe de cette mouvance mondiale qui construit ces <em>autres mondes possibles</em>.</p>
<p>Le second Forum social québécois, qui se tiendra du 8 au 12 octobre 2009 à Montréal, symbolise cette présence du Québec sur la carte mondiale de l’aspiration au changement social. Il constitue une étape d’un processus qui se poursuivra avec le Forum social autochtone sur la crise du modèle de civilisation (Cuzco-Pérou, mars 2010), le Forum social sur les stratégies de sortie de crise (Mexico, mai 2010), le Second Forum social des États-Unis (Détroit, juin 2010), le 4<sup>ème</sup> Forum social des Amériques (Asunción/Paraguay, juillet 2010), et culminera finalement avec le prochain Forum social mondial (Dakar/Sénégal, janvier 2011).</p>
<p>Les forums sociaux sont des espaces publics critiques de participation citoyenne. Il visent à redonner la parole aux gens sans parole et à permettre l’élaboration de stratégies collectives de changement social. Ils entendent lutter contre la pensée unique et promouvoir à la fois des idées et des pratiques alternatives. Dans cette entreprise collective, tout comme dans les années 1970, POSSIBLES entend faire sa part. Et elle profite de sa mutation du papier vers le numérique pour ouvrir un espace d’expression politique et de construction d’une nouvel imaginaire.</p>
<p>POSSIBLES construit son blogue, et souhaite ainsi s’emparer des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour continuer à susciter le débat et les échanges, à permettre la participation du plus grand nombre à la guerre actuelle des idées pour la construction d’<em>Autres mondes</em>. À l’âge de la blogosphère, POSSIBLES crée un espace de cybercitoyenneté.</p>
<p>…et POSSIBLES continue, car POSSIBLES vous appartient.</p>
<p><strong>Raphaël Canet</strong> est membre du comité de rédaction de la revue/Blogue POSSIBLES.</p>
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