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	<title>Possibles &#187; régions</title>
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		<title>Le Forum social mondial tout près de chez vous! L’exemple de l’Outaouais – Par Nadia Faucher et Guy Laflamme</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 13:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Par une froide journée de janvier 2008, une centaine de personnes ont répondu à l’appel du Collectif de l’Outaouais et participé à une journée d’éducation populaire pour célébrer la Journée mondiale d’action et de mobilisation du Forum social mondial. Il s’agissait d’une première incarnation du processus des forums sociaux dans la région. Quelques sceptiques, qui s’étaient déplacés malgré tout, ont mis en doute la pertinence d’un tel processus, alléguant qu’il existait déjà de nombreux mouvements sociaux très actifs dans la région. Mais plus tard, face au succès de l’initiative et à la réponse enthousiaste de la communauté, ces sceptiques du début ont été parmi les premiers à louanger l’événement et à suggérer la tenue d’un premier véritable forum social dans la région.</p>
<h2><strong>Un développement graduel</strong></h2>
<p>Le projet du Forum social de l’Outaouais (FSO) a pris forme de manière graduelle. Il y a tout d’abord eu la création du Collectif de l’Outaouais, en avril 2007. Quatre personnes de la région ont ainsi décidé de joindre leurs efforts dans le but d’inciter le plus grand nombre de gens de l’Outaouais à participer au premier Forum social québécois (FSQ). Après la tenue d’une première grande assemblée publique, plusieurs autres personnes se sont jointes au petit groupe de départ. Le Collectif a ainsi été en mesure d’organiser de nombreuses activités pour faire connaître le processus du Forum social mondial (FSM) en général, et le FSQ en particulier. C’est à la suite du FSQ, d’août 2007, que le Collectif de l’Outaouais a décidé d’organiser des activités dans le cadre de la Journée mondiale d&#8217;action et de mobilisation du Forum social mondial, le 26 janvier 2008.</p>
<p>Des quatre personnes qui ont initialement formé le Collectif, trois avaient déjà participé à des forums sociaux mondiaux. Toutes les quatre étaient cependant animées du profond désir de faire connaître l’expérience des forums sociaux aux gens de leur collectivité. Parmi les autres personnes qui se sont jointes au groupe par la suite, on retrouve surtout des gens qui possédaient déjà une bonne connaissance du processus du FSM, mais qui n’avaient encore jamais eu la chance de participer à un forum social. Pour plusieurs, le FSQ a constitué une première expérience des forums sociaux, et c’est leur désir de partager cette expérience avec les gens de leur région qui les a ensuite motivé à participer au projet du Forum social de l’Outaouais (FSO).</p>
<h2><strong>Une implication citoyenne et une organisation profondément démocratique</strong></h2>
<p>L’organisation du FSO a regroupé des personnes provenant de divers horizons, notamment des milieux syndical et universitaire, des mouvements pour la paix et la justice sociale, de groupes de femmes et d’organisations environnementales, ainsi que des personnes n’appartenant à aucun groupe en particulier. Malgré leurs affiliations respectives, les personnes participant aux réunions d’organisation, sauf dans de rares circonstances, ont toujours été présentes avant tout en tant que simples citoyennes et citoyens, et non pas comme représentants de telle ou telle organisation. Tout le monde se trouvait donc sur un pied d’égalité autour de la table, et ce, malgré les écarts considérables quant aux ressources humaines et financières des groupes représentés.</p>
<p>Le comité organisateur du FSO s’est rapidement doté d’une charte de principes, inspirée en grande partie des chartes constitutives du Forum social mondial et du FSQ. Ainsi le FSO adhère entièrement aux principes fondamentaux du FSM en se définissant notamment comme un espace ouvert et inclusif. Il respecte aussi le principe d’autogestion et d’auto-programmation.</p>
<p>Sur le plan du fonctionnement interne, le FSO s’est efforcé d’adopter une structure non hiérarchique et un processus décisionnel aussi démocratique que possible. Le comité organisateur s’est refusé dès le départ à créer des postes d’autorité ou d’accorder un statut privilégié à telle ou telle personne. Il n’y avait donc pas de présidente et de secrétaire ou quoi que ce soit de la sorte (la seule exception concerne les trois personnes désignées comme signataires du compte bancaire ouvert au nom du FSO). De plus, dans la très grande majorité de cas, les décisions étaient prises par consensus. Lorsqu’un consensus paraissait improbable, la décision était alors prise au moyen d’un vote (50% + 1).</p>
<p>Ces choix sur le plan du fonctionnement interne ont créé des défis additionnels, mais ils ont aussi permis d’établir une dynamique beaucoup plus enrichissante que cela n’aurait été le cas autrement. Ce mode de fonctionnement non hiérarchique a parfois été une source de frustration pour certaines personnes, mais il aura à tout le moins permis aux membres du comité organisateur de se familiariser concrètement avec la mise en pratique des principes des forums sociaux.</p>
<p>Pour mener à bien les différents aspects de l’organisation du Forum, divers comités de travail ont été formés : communication et mobilisation, financement, logistique et programmation. Le travail des différents comités était chapeauté par un comité de coordination. La participation à tous les comités, y compris au comité de coordination, était ouverte à tous ceux et celles qui étaient prêts à y investir le temps et les énergies nécessaires. En fait, toutes les responsabilités relatives à l’organisation du FSO ont toujours été assumées sur une base volontaire et par consensus du groupe, qu’il s’agisse d’animer les réunions, de donner des entrevues aux médias ou de toute autre tâche.</p>
<p>Le Forum a obtenu l’appui financier de sources diverses (syndicats, FSQ, communautés religieuses, organismes sociaux, etc.) Dans la très grande majorité des cas, les organismes donateurs ont témoigné d’un vif intérêt à l’égard du processus des forums sociaux et la plupart ont participé au FSO. Des démarches ont été effectuées auprès de différents paliers gouvernementaux, mais les montants ainsi recueillis n’ont pas été très importants et ont parfois occasionné des complications qui ont mené à une certaine remise en question de la pertinence de cette source de financement. Le secteur privé n’a été que marginalement sollicité.</p>
<p>D’emblée, il avait été convenu que le premier Forum social de l’Outaouais serait un événement gratuit. Cette décision visait à permettre la participation du plus grand nombre de personnes possible, y compris les plus démunis, mais elle était aussi motivée par le souci de simplifier le processus d’inscription. Toutefois, parce qu’aucun frais n’était exigé, les gens n’ont pas été incités à s’inscrire à l’avance, ce qui a compliqué l’organisation de l’événement, car il était alors impossible de prévoir le nombre de participants. Bien entendu, la décision de ne pas exiger de frais d’entrée a aussi privé le comité organisateur d’une source de fonds non négligeable. Malgré tout, l’équipe du FSO est parvenue à offrir à la population de l’Outaouais une fin de semaine inoubliable, y compris un spectacle de calibre professionnel, des conférencières et conférenciers de qualité et un buffet-santé à volonté le samedi midi, le tout entièrement gratuitement et au moyen d’un budget d’une frugalité remarquable (environ 10 000$).</p>
<h2><strong>Un Forum à l’image de sa région</strong></h2>
<p>Tout au long de la planification du FSO, les membres du comité organisateur ont cherché à tenir compte des caractéristiques de la région de l’Outaouais, notamment sa diversité linguistique et géographique. La proximité de la ville d’Ottawa contribue à donner une teinte urbaine aux mouvements sociaux de la région et donne lieu à la présence de nombreuses organisations s’intéressant à des problématiques nationales et internationales. Les membres du comité organisateur ont veillé à assurer une représentation non seulement des mouvements sociaux urbains de l’Outaouais, mais aussi de la réalité rurale de la Haute-Gatineau, du Pontiac et de la Petite-Nation. Les efforts pour mobiliser les mouvements sociaux à l’extérieur des grands centres urbains ont permis au minimum de rejoindre des groupes de la Haute-Gatineau et la communauté autochtone du Lac Barrière.</p>
<p>Le rôle fondamental joué par l’ensemble des personnes ayant participé à l’organisation du FSO a été de mobiliser les gens de leurs réseaux respectifs. En fait, c’est en grande partie de cette manière, par le biais des réseaux qui existaient déjà dans la région, que la majorité des participantes et participants au FSO a été mobilisée, comme en témoigne d’ailleurs l’appui officiel accordé par une cinquantaine d’organisations de la société civile en Outaouais. Des efforts non négligeables ont été déployés pour essayer de mobiliser les gens à l’extérieur de ces réseaux, mais ces efforts n’ont porté que très peu de fruits. Ce constat soulève des questions auxquelles il serait bon de trouver réponse avant l’organisation d’une nouvelle édition du FSO.</p>
<p>Un autre échec sur le plan de la mobilisation concerne la faible participation de la population d’Ottawa et des anglophones en général, et ce, en dépit des efforts importants déployés à cette fin et malgré le fait que plusieurs personnes participant activement à l’organisation du FSO faisaient également partie de réseaux du côté d’Ottawa. Il semble que le Forum, parce qu’il avait lieu à Gatineau, a été perçu comme un événement strictement francophone, bien qu’une grande partie des documents d’information, ainsi que les formulaires d’inscription, aient été traduits en anglais. Une partie des documents ont aussi été traduits en espagnol, ce que la communauté hispanophone a semblé apprécier si on en juge par sa participation importante au forum.</p>
<p>Les efforts de mobilisation et de planification, prenant appui sur les affiliations des membres du comité organisateur, ont donné lieu à une brochette d’activités autoprogrammées diversifiées et représentatives des problématiques actuelles de la région de l’Outaouais.</p>
<h2><strong>Une fin de semaine riche en activités</strong></h2>
<p>Le forum a débuté le vendredi soir par un spectacle musical mettant en vedette des talents locaux, y compris une poète-slameuse, des musiques du monde et un groupe ayant composé une chanson tout spécialement pour l’événement. Durant la journée du samedi et le dimanche matin, les gens ont pu participer à une quarantaine d’ateliers portant sur une grande variété de sujets tels que l’homosexualité, l’exploitation sexuelle, les droits humains au Salvador, le mouvement syndical, la santé et l’environnement. Ils ont aussi eu l’occasion de discuter avec la cinquantaine d’organisations représentées à la foire d’information. Pour la grande conférence, le thème de la marchandisation a donné lieu à une discussion sur la privatisation de l’éducation, les enjeux du système de santé en Outaouais, l’exploitation du corps des femmes, les industries minières et les OGM en Afrique.</p>
<p>Près de 500 personnes ont participé aux diverses activités du FSO au cours de la fin de semaine des 7, 8 et 9 novembre 2008. Des contacts ont été créés, des organisations se sont fait connaître et bien des idées ont été partagées. Le Forum s’est clôturé par une assemblée des mouvements sociaux qui a donné lieu à la mise sur pied de trois groupes de travail responsables d’assurer un suivi sur trois questions en particulier. Le premier groupe devait travailler sur les activités des compagnies minières canadiennes à l’étranger ; le deuxième sur la question de la marchandisation et le dernier visait la constitution d’une assemblée citoyenne devant mobiliser la population en vue des élections provinciales. Chacun des groupes a tenu un certain nombre de rencontres, mais ils n’ont pas été en mesure de conserver leur élan initial et leurs activités ont depuis pris fin.</p>
<h2><strong>Et maintenant? </strong></h2>
<p>L’organisation d’un forum social régional au moyen d’un comité strictement bénévole, formé de personnes souvent déjà actives au sein d’autres mouvements sociaux, comporte d’importants défis ainsi qu’un risque d’épuisement pour les personnes impliquées dans l’organisation. À la suite du Forum, l’équipe du FSO a pris une pause bien méritée de plusieurs mois, limitant ses activités à la tenue d’un processus d’auto-évaluation et à l’envoi de remerciements à toutes les organisations et personnes ayant contribué au succès du Forum.</p>
<p>L’idée de tenir un autre forum social en Outaouais a été soulevée à diverses reprises, mais un tel projet ne verra le jour que dans la mesure où un nombre important de personnes se diront prêtes à mettre la main à la pâte. La tenue de la 2<sup>e</sup> édition du FSQ a toutefois amené la région de l’Outaouais à s’activer de nouveau pour mobiliser la population dans le but d’assurer une forte présence de l’Outaouais au FSQ. L’équipe du FSO commence aussi à discuter de l’organisation possible d’une nouvelle journée d’action et de mobilisation en janvier 2010, pour souligner le 10<sup>e</sup> anniversaire du processus du Forum social mondial. L’élan se poursuit…</p>
<p><strong>Nadia Faucher</strong> et <strong>Guy Laflamme</strong> travaillent respectivement pour l’ONG Inter Pares et le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses des Postes (STTP). Ils sont tous les deux membres du Collectif de l’Outaouais, qui a organisé le premier Forum social de l’Outaouais. Pour plus d’informations sur ce forum : <a href="http://forumsocialoutaouais.blogspot.com/">http://forumsocialoutaouais.blogspot.com</a></p>
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		<title>Le Forum social de Laval : Une démarche citoyenne de transformation sociale &#8211; Par Mathieu Leclerc</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 13:44:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Laval. Qui n’a jamais entendu tous les clichés attribués à cette ville de la couronne nord de Montréal? On dit d’elle qu’elle est construite pour les automobiles, qu’elle est le royaume du centre d’achat, que son maire est un roi réélu à vie, que ses citoyens-nes ne pensent qu’à avoir la plus belle pelouse et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Laval. Qui n’a jamais entendu tous les clichés attribués à cette ville de la couronne nord de Montréal? On dit d’elle qu’elle est construite pour les automobiles, qu’elle est le royaume du centre d’achat, que son maire est un roi réélu à vie, que ses citoyens-nes ne pensent qu’à avoir la plus belle pelouse et la plus belle entrée de garage du quartier, que c’est le paradis des « tempos », qu’il n’y a pas de pauvreté, etc. Mais au-delà des idées reçues et des légendes urbaines, une toute autre réalité est observable. Il y a de la pauvreté à Laval et elle est notable! Et un des principaux obstacles pour contrer cette pauvreté, c’est que Laval n’a pas une culture de mobilisation. Malheureusement, comme dans d’autres villes de banlieue, la mobilisation citoyenne et l’implication sociale ne sont plus nécessairement ancrées dans les mœurs et valeurs de la grande majorité des citoyens-nes. On constate, de plus, qu’en dehors des organismes communautaires par exemple, il y a de moins en moins de lieux pour que le pouvoir citoyen puisse s’exprimer et avoir un réel impact sur les milieux de vie. Possiblement par manque de lieux de réelle concertation et d’action citoyenne, nous avons comme d’autres constaté que la plupart des gens ont perdu cette habitude de s’impliquer au sein de la collectivité. L’organisation d’un forum social à Laval constituait donc tout un défi!</p>
<h2><strong>Un ancrage communautaire</strong></h2>
<p>Ce constat de la difficulté de mobiliser les citoyens-nes, n’est pas propre qu’à la région de Laval. On constate aussi que dans plusieurs régions du Québec ce défi est omniprésent. Les groupes communautaires quant à eux, ont à répondre à des demandes croissantes de « services » de la part des populations les plus vulnérables. Ces demandes croissantes ont un effet direct sur l’affectation des ressources et sur certaines orientations de ces groupes, notamment au niveau du développement communautaire et d’actions qui visent la transformation sociale. De plus, comme leur financement stagne plus souvent qu’autrement, voir est en baisse par rapport au coût de la vie, ils doivent donc répondre aux besoins de la population sans ajout significatif au financement de la mission. En se concentrant sur la prestation de services à leurs membres qui requiert toutes leurs énergies et toutes leurs ressources, les groupes communautaires n’ont malheureusement plus le temps d’agir sur deux des éléments importants qui définissent l’action communautaire autonome (ACA) : Le développement communautaire et la transformation sociale. C’est face à ce constat dressé au cours des dernières années, que les groupes communautaires de Laval ont décidé de retourner à la base de leur « mission sociale », en initiant une grande démarche de développement social : Celle du Forum social de Laval. Cette démarche a été bâtie selon des valeurs propres au communautaire, soit le renforcement des capacités (<em>empowerment</em>), la transformation sociale, l’éducation populaire autonome, les pratiques alternatives, l’amélioration des milieux de vies, etc, mais aussi selon celles véhiculées par les forums sociaux mondiaux, soit la justice sociale, le développement durable, la solidarité et la démocratie participative, puisqu’il s’inscrit dans leur foulée.</p>
<p>Face à cet ambitieux projet, le défi des groupes communautaires était de parvenir à rejoindre les citoyens-nes non-réseautés, ceux et celles qui ne sont jamais entendus ou écoutés. Il importait donc que cette démarche s’adresse à l’ensemble de la société civile lavalloise. Pour y parvenir, les groupes communautaires ont invité toutes les organisations de la région à se joindre à eux dans cette démarche. Ainsi, non seulement le communautaire, mais aussi les organisations du milieu de l’éducation, de la santé, syndicales, sociales, environnementales, gouvernementales, municipales, etc, se sont joints à eux dans l’organisation et la mobilisation des citoyens-nes de Laval. En tout, c’est plus d’une trentaine d’organisations qui se sont jointes aux organismes communautaires dans ce projet d’envergure. Plusieurs partenaires et citoyens-nes ont siégé chacun-ne sur au moins un des sept comités organisateurs de la démarche, leur permettant ainsi de jouer un rôle actif dans son organisation et sa mobilisation.</p>
<h2><strong>Une démarche en deux temps</strong></h2>
<p>Cette démarche s’est décliné en deux temps : Les forums locaux et le Forum social régional. Dans les deux cas, l’objectif était de permettre aux citoyens-nes de discuter des enjeux qui les touchent, d’identifier les lacunes à dépasser, trouver des solutions et voir comment ils pouvaient s’impliquer activement pour mettre ces solutions en pratique. Ainsi, l’objectif ultime de la démarche était la réappropriation du pouvoir politique par les citoyens-nes, la transformation sociale POUR les citoyens-nes, PAR les citoyens-nes. L’avantage certain de cette démarche était de re-familiariser les citoyens-nes à la concertation en tenant des forums locaux dans leurs quartiers où ils pourraient discuter des enjeux qui les touchent directement dans leur milieu de vie, leur permettant ainsi d’être outillés pour discuter ensuite des enjeux régionaux lorsqu’ils se présenteraient au Forum social de Laval. Cette logique constituait une belle démonstration de ce que sont le renforcement des capacités et l’éducation populaire. De plus, cela démarrait résolument la mobilisation des collectivités pour le Forum social de Laval.</p>
<p>De novembre à décembre 2008, les organismes communautaires de Laval ont tenu neuf forums locaux dans les quartiers de Laval, qu’ils ont organisés grâce au soutien de leurs partenaires, réunissant ainsi près de six-cent personnes au total. Les débats auxquels étaient conviés les citoyens-nes lors des forums locaux portaient sur tous les thèmes reliés aux différents aspects de la vie des citoyens-nes. Ainsi, l’environnement, l’écologie, le logement, l’aménagement urbain, les services publics et para-publics, l’emploi, la pauvreté, le développement économique, les problèmes de la rue, la sécurité, la démocratie, le pouvoir populaire, l’art, les communications, le milieu culturel, l’identité culturelle, l’appartenance à la communauté et le soutien aux initiatives citoyennes sont tous des thèmes qui ont été proposés aux citoyens-nes et soumis aux débats. Pour chacun de ces thèmes, ils ont ainsi pu exprimer leurs doléances, leurs craintes, leurs espoirs, leurs idées, leur volonté d’agir, etc… Ces forums locaux ont permis aux citoyens-nes d’identifier des améliorations à apporter dans leur quartier pour les thèmes qui les préoccupaient le plus et de cibler des pistes de solutions auxquelles ils pourraient prendre directement part. Ces pistes de solutions ont mené à des projets citoyens que nous avons appelés « initiatives locales ». De ces initiatives locales qui ont émergé lors des forums locaux, plusieurs ont été réalisées et plus d’une dizaine sont en cours de réalisation, animées par des comités de citoyens-nes. Par exemple, notons des projets tels que : l’intégration des immigrants-es (fêtes de quartier et jumelage), l’amélioration du transport en commun (rencontre avec les dirigeants de la STL), l’accessibilité aux commerces pour les aînés (service de livraison), l’écoresponsabilité (création d’éco-quartiers et plantation d’arbres), etc. Chacun de ces projets a été conçu à l’initiative de citoyens-nes et par des citoyens-nes, avec le soutien des organismes communautaires de Laval.</p>
<p>Second moment, du 24 au 26 avril 2009 au Collège Montmorency, a eu lieu le Forum social de Laval qui a réunis plus de cinq-cents personnes, dont près de cent-vingt bénévoles et cent-cinquante organisations. Il avait pour objectifs de permettre aux citoyens-nes d’échanger et de débattre sur les enjeux de leur région en prenant part à une multitude d’activités (trente-neuf ateliers, vingt-quatre kiosques, six spectacles et deux conférences/plénières), mais aussi de permettre aux citoyens-nes de se mettre collectivement en action pour les améliorer. Ces actions régionales, nous les avons appelés les « Chantiers régionaux ». En tout, c’est cinq chantiers régionaux qui ont été ainsi créés lors du Forum social de Laval. Leurs thèmes ont été directement inspirés des principales préoccupations exprimées par les citoyens-nes ayant participé aux forums locaux. Chacun de ces chantiers a mené à la réalisation d’un projet concret pour améliorer la région sur un aspect précis choisi par les citoyens-nes. Ces chantiers régionaux sont : L’accueil et l’intégration des néo-québécois (1), le transport en commun (2), les quartiers écoresponsables (3), l’agriculture locale (4) et l’aménagement piétonnier et cycliste (5). Des comités de citoyens-nes, épaulés par les groupes communautaires, travaillent sur chacun de ces projets jusqu’à sa réalisation.</p>
<p>La Corporation de développement communautaire regroupant quatre-vingt-seize organismes communautaires de Laval étant l’instigatrice de cette démarche, elle se fait un devoir de soutenir et d’outiller les leaders de ces comités dans leurs travaux. Ainsi, les projets initiés par les citoyens-nes ne risqueront pas d’être tablettés.</p>
<h2><strong>Un succès en écoresponsabilité</strong></h2>
<p>L’ensemble de la démarche ayant mené au Forum social de Laval était une démarche écoresponsable. Depuis le tout début des travaux dans le cadre de ce projet, tous les efforts ont été déployés afin d&#8217;en minimiser les impacts néfastes sur l&#8217;environnement. Ainsi, autant dans l&#8217;impression de documents, le choix des fournisseurs, l&#8217;économie d&#8217;énergie, la gestion des matières résiduelles, qu&#8217;au niveau de la sensibilisation de la population aux pratiques écoresponsables, la préoccupation environnementale était omniprésente. Sur le plan des résultats, 75% des matières résiduelles engendrées par le Forum social de Laval ont été détournées des sites d’enfouissement et ont pu être réutilisées ou recyclées, et 73% des personnes ayant participé au Forum social de Laval ont utilisé un moyen de transport vert (covoiturage, marche, bicyclette, transport en commun, etc…) pour s’y rendre. De même, l’organisation des forums locaux a aussi été réalisée localement afin de minimiser l’impact de chaque forum sur l’environnement, et ce, avec succès. Nous sommes donc particulièrement fiers de notre bilan écoresponsable!</p>
<h2><strong>Un défi exigeant, mais bénéfique</strong></h2>
<p>Une démarche comme celle que nous avons réalisée à Laval a été particulièrement exigeante, puisqu’en plus d’organiser un forum social, ce qui en soit représente énormément de travail et de mobilisation, nous avons organisé neuf autres événements similaires pour tous les quartiers de Laval. Cela a représenté une somme d’heures  de travail considérable que se sont partagées les groupes communautaires et partenaires ayant mis la main à la pâte. Chacune des personnes y ayant travaillé activement en est ressortie épuisée, mais avec le sentiment profond qu’ils avaient accompli là une grande chose. Non seulement les citoyens-nes de Laval ont-ils répondu à l’appel en grand nombre, mais en plus, leur participation et leur appropriation de la démarche a dépassé nos attentes. En effet, la réponse citoyenne face à l’invitation à devenir eux-mêmes des « agents de transformation sociale », a été particulièrement impressionnante. On a pu le constater par le taux d’implication élevé des citoyens-nes dans les projets qui ont été mis en branle. De même, tous les commentaires recueillis à la sortie du forum tant auprès des participants-es que des partenaires, en venaient à la même conclusion, soit que cela avait été un exercice particulièrement bénéfique et stimulant. Tous et toutes sont unanimes pour affirmer haut et fort que pareille démarche était nécessaire à Laval et que la tenue d’un deuxième forum social lavallois d’ici quelques années serait un incontournable. Le développement d’une culture de mobilisation des collectivités est bel et bien amorcé à Laval et cela ne peut que croître si elle est alimentée régulièrement. Un forum social permet aux citoyens-nes de se réapproprier l’agenda politique, de prendre en charge eux-mêmes le développement de leur région. Cela peut faire peur à certains détenteurs du pouvoir, mais après tout, peut-être que cette peur pourrait permettre de relier à nouveau la réalité quotidienne des citoyens-nes à l’agenda politique des politiciens-nes. Dans tous les cas, la table est mise! Et nous le savons, lors de notre prochain rendez-vous, les lavallois-es répondront à l’appel!!!</p>
<p><strong>Mathieu Leclerc</strong> est agent de recherche et développement à la Corporation de développement communautaire (CDC TROC) de Laval. Il était membre du Comité d’organisation du Forum social régional de Laval. Pour plus d’information sur ce forum : <a href="http://www.forumsocialdelaval.org/">www.forumsocialdelaval.org</a></p>
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		<title>le Forum social lanaudois – Par Daniel Tessier</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Sep 2009 13:43:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Forum social lanaudois (FSL) s&#8217;inscrit parfaitement dans la mouvance des forums sociaux mondiaux et locaux qui se tiennent déjà depuis plusieurs années. Espace public, critique, participatif et inclusif, le FSL veut permettre à tous les citoyens, mouvements sociaux et organismes de la région de prendre la parole, débattre, s&#8217;exprimer et échanger sur les réalités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Forum social lanaudois (FSL) s&#8217;inscrit parfaitement dans la mouvance des forums sociaux mondiaux et locaux qui se tiennent déjà depuis plusieurs années. Espace public, critique, participatif et inclusif, le FSL veut permettre à tous les citoyens, mouvements sociaux et organismes de la région de prendre la parole, débattre, s&#8217;exprimer et échanger sur les réalités et les enjeux lanaudois dans un contexte de mondialisation et de néolibéralisme.</p>
<p>L&#8217;idée même de créer un Forum social dans Lanaudière  a été rendue possible par une culture de solidarité constamment renouvelée dans la région. Lanaudière est une région neuve au Québec. On se rappelle la division qui a perduré plusieurs années entre le Nord et le Sud de la région. Les groupes sociaux, les solidarités n&#8217;ont pas été épargnées par de telles divisions. Mais la nécessité de s&#8217;unir pour mener des luttes communes, comme pour réclamer un investissement équitable en santé du gouvernement par rapport aux autres régions, a brisé cette division. Une grande coalition d&#8217;organismes fut ainsi créée dans les années 1990. Puis, à l&#8217;occasion du Sommet des peuples de Québec en 2001, un petit groupe d&#8217;organismes syndicaux et communautaires s’est réuni pour organiser ce qui allait devenir la plus grande mobilisation dans la région de tous temps. Cette coalition, la coalition lanaudoise sur la mondialisation, fière de ce succès devint permanente et continua de faire de l&#8217;éducation populaire particulièrement sur les enjeux de la mondialisation. C’est cette même coalition devenue entre temps Solidarité Lanaudière qui a pris sur elle d’organiser un atelier au premier Forum social québécois de 2007. Cet atelier avait comme thème : est-ce que nous organisons un forum social dans Lanaudière ? Nous connaissons la réponse…..</p>
<p>Ce que vous ignorez peut-être c’est que les membres de Solidarité Lanaudière n’avait pas la moindre idée du défi que cela représentait !</p>
<h2><strong>L’organisation </strong></h2>
<p><strong> </strong>Nous avons structuré l’organisation du forum social selon la même formule que les autres  forums. Les rencontres se faisaient d’abord aux mois puis au deux semaines. Au fur et à mesure les rangs du comité organisateur se sont élargis accueillant à chaque fois de nouvelles forces, de nouvelles idées. Généralement tous les organismes étaient présents à chaque rencontre. Ce fonctionnement tenait lieu et place d’assemblée générale. Il y a eu la formation des comités de programmation, de logistique, de communication, de finances, etc.. Les bénévoles ont bénéficié d’un soutien tout à fait particulier.</p>
<p>La première tâche à laquelle s’est attelée l’organisation  fut la rédaction d’une charte. Bien au-delà du copier-coller, ce texte a suscité de très nombreux débats. Mais nous y sommes arrivés. C’est dans le cadre de ces réflexions, et avec la ferme volonté d’élargir nos rangs que nous avons décidé d’unir nos forces avec la Conférence régionale des élus qui voulaient également de leur côté organiser un forum social la même année.</p>
<p>Il est cependant vite apparu des divergences idéologiques notables qui nous entravaient dans l’élaboration même de la charte et des axes de notre forum. Le résultat : les gens en économie sociale de la CRE décidèrent de couper les liens organisationnels mais de s’inscrire dans les activités du FSL.<br />
La deuxième tâche fut de localiser notre forum. Comme les maisons d’enseignement paraissaient à l’évidence comme des lieux idéaux pour tenir le FSL nous avons contacté les deux plus gros Cegep de la région soit Joliette et L’Assomption et comme ce dernier nous a ouvert les portes et cela tout à fait gratuitement il s’est imposé comme le seul choix logique.</p>
<h2><strong>Organiser un forum social fut l’occasion de faire les choses autrement </strong></h2>
<h3><strong><em>D’abord sur l’accès</em></strong></h3>
<p>Encore là, après d’intenses discussions nous avons décidé que le FSL serait accessible à tous et à toutes moyennant une somme  de 10 dollars. Cette somme donnait accès à toutes les activités du forum, y compris les deux repas du samedi, les spectacles du vendredi et du samedi, aux kiosques, aux expositions, au programme officiel et bien sûr aux ateliers. De plus il fut entendu qu’une série de billets seraient disponibles pour ceux et celles qui n’auraient pas les moyens de défrayer les coûts d’admission et que ces billets seraient discrètement distribués par les organismes communautaires, sans autre forme de contrôle. Concernant les inscriptions, nous avons privilégié Internet, malgré quelques doutes et  le stress de voir ces inscriptions arriver à la dernière minute, ce qui a donné des sueurs froides au comité de logistique.</p>
<h3><strong><em>La question de la nourriture</em></strong></h3>
<p>Dans l’esprit du comité organisateur, pour garder le monde sur le site du FSL il fallait offrir de la nourriture à l’ensemble des participants sur les lieux mêmes. Par un curieux concours de circonstance, alors que nous sollicitions les SADC ( Société d’aide au développement des collectivités), pour le financement du FSL, ceux-ci se sont montrés intéressés à s’investir dans la livraison de la nourriture puisqu’ils sont déjà impliqués activement dans la promotion des produits agricoles de la région. Nous avons donc conçu un plan où la totalité de la nourriture  serait fournie par les producteurs de la région et préparée par deux organismes d’insertion des jeunes en milieu de travail qui délivreraient cette nourriture pour chacun des repas. On parle de 500 personnes à nourrir à deux reprises ! Le vin provenait également de producteurs de la région. Et cela a fonctionné ! Pas sans difficultés, mais avec un grand succès, les participants ont pu apprécier une nourriture de très haute qualité, et produite localement !</p>
<h3><strong><em>L’environnement</em></strong></h3>
<p>Nous avons voulu faire de ce forum une activité éco-responsable. Dans la mesure où nous avons minimisé les impacts négatifs et maximisé les retombées positives engendrées par le FSL nous croyons y être arrivé. Ainsi nous avons utilisé de la vaisselle durable pour les deux repas et des tasses pour le café, le papier a été utilisé au minimum, les inscriptions se faisaient par Internet, l’utilisation de contenants recyclables lors des deux soirées, le compostage des matières résiduelles, la mise en place d’un système de covoiturage, un kiosque sur les gaz à effet de serre, la  plantation de 1000 arbres, l’utilisation à plus de 80 % de produits locaux pour la nourriture, la vente de bière et vin uniquement locaux, la mise à la disposition de transport adapté pour les personnes handicapées, la distribution de café et thé biologique et équitable, le don de la nourriture restante à des banques alimentaires.</p>
<h3><strong><em>La création </em></strong></h3>
<p>Plusieurs prestations artistiques ont été présentées lors du FSL. Mentionnons par exemple, la production d’un toile collective, de la musique Attikamek offerte par Saquay Ottawa, le lancement d’un livre sur la préservation des archives régionales, la présentation d’un vidéo sur le patrimoine vivant, le spectacle du premier soir animé par Sainte-Cécile Bleus band, un orchestre de la région et le samedi une animation des Zapartistes, la présence d&#8217;une écrivaine en résidence et d&#8217; un slammeur-observateur  nous offrant des reflets de nos délibérations.  De plus, plusieurs moments du forum, de ses ateliers, et de ses prestations artistiques ont été gravés en mode numérique par une télévision communautaire de la région.</p>
<h3><strong><em>Les finances </em></strong></h3>
<p>Le FSL a coûté près de 100 000 $. De ce montant plusieurs contributions natures comme le prêt des locaux gratuitement par le CEGEP de L’Assomption, la réduction des coûts par notre serveur Internet, la gratuité des travaux exécuté par notre graphiste, des cachets réduits offerts par les artistes, etc… Une très grande variété de contributions, principalement des organismes organisateurs ont permis des rentrées d’argent significatives. D’autres sommes sont provenues de plusieurs organismes. Finalement tous les députés, tant au niveau national que provincial ont contribué. Nous avons pu ainsi terminer le Forum social lanaudois avec un surplus budgétaire qui va servir à assumer certains suivis du FSL, de faire la promotion du 2e FSQ, et d’assurer un budget de départ à un éventuel 2e FSL.<br />
Seule ombre au tableau, la contribution pratiquement inexistante de la Conférence régionale des élus. En effet hormis la participation à la programmation, et une contribution de la Ville de L’Assomption, aucune somme n’est venue du monde municipal lanaudois. À la lumière de ce qui s’est passée dans d’autres régions, cette attitude est pour le moins surprenante.</p>
<p>Globalement l’organisation du FSL fut un défi extraordinaire. Une immense œuvre de création collective, c’est ce que les organisateurs comme les participants et participantes retiennent..<br />
La plus grande difficulté fut sans conteste le fait d’organiser une telle activité sans savoir combien de participants nous aurions…Tant au plan de la logistique que des finances il a fallu jouer aux équilibristes pour planifier ainsi dans l’incertitude totale. D’autant plus que les inscriptions rentraient au compte-goutte au début.. et que nous n’avons su que deux semaines avant quelle tournure le FSL prendrait en terme de participation….</p>
<p>Nous avons été confrontés à d’autres difficultés évidemment. L’invitation faite à un député de la région de présenter un discours à l’ouverture fut lourdement questionnée. Autre situation très difficile à vivre fut l’accident malheureux de monsieur Aimé Despatie : après avoir fait une chute sur les lieux même du FSL, ce vieux monsieur, bâtisseur de la région, est décédé quelques heures plus tard, jetant l’ensemble des participants dans la consternation.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h2><strong>La participation </strong></h2>
<p>D’une manière tout à fait arbitraire, comme c’était la première fois que nous organisions un tel forum, nous avions fixé un  objectif de participation de 500 personnes. Bien que le 25 avril dernier la température frôle les 27°C, soit la plus belle journée depuis l’été précédent, nous avons atteint cet objectif ! Des gens de tous les coins de la région, beaucoup de jeunes, plusieurs Attikameks, dont le grand chef de Manouane lui-même, plusieurs élus ont assisté au forum. Nous avons eu droit à la tenue de 70 ateliers, soit un immense succès si on considère qu’il s’agit de notre premier forum social.</p>
<h2><strong>La concertation </strong></h2>
<p>Un autre des grands succès du FSL fut l’extraordinaire concertation du milieu. À partir du noyau des organismes membres de Solidarité Lanaudière, plusieurs autres organismes régionaux ont joint les rangs du FSL. Pendant plus d’un an, avec un rythme de rencontres de plus en plus soutenus ils se sont impliqués de façon exemplaire et avec une discipline magnifique. Juste pour ces liens créés, pour ces solidarités établies, l’organisation du FSL fut une expérience riche, porteuse d’avenir et structurante pour la région.</p>
<h2><strong>Les résolutions </strong></h2>
<p>Le fonctionnement du forum prévoyait que chaque atelier pouvait ramener en plénière du dimanche une ou plusieurs résolutions. C’est à cette plénière que furent ainsi débattues puis finalement adoptées 48 résolutions. En voici quelques exemples.</p>
<p>-Développer la démocratie participative dans nos municipalités et tous lieux décisionnels pour favoriser un meilleur développement</p>
<p>-Le Forum social lanaudois se prononce contre toute forme de privatisation des services publics</p>
<p>-Appuyer et publiciser le projet de la déclaration de revenus simplifiée pour les aînées et les aînés</p>
<p>-Faire pression auprès des élues et élus lanaudois pour obtenir des programmes d’aide pour les<br />
ménages à faibles revenus afin d’atténuer les impacts des hausses des prix de certains services<br />
publics de base (électricité, télécommunications, etc.)</p>
<p>-Qu’une campagne de sensibilisation soit faite au sein de la population lanaudoise sur les impacts négatifs de la Fondation Chagnon</p>
<p>-Favoriser l’identification et l’accessibilité des produits alimentaires locaux pour les consommatrices et les consommateurs lanaudois</p>
<p>-Que l’ensemble des acteurs socio-économiques lanaudois (CEGEPS, UPA,&#8230;) reconnaissent l’importance du développement de la filière plantes à fibres de l’agriculture au marché</p>
<p>-D’ici 2 ans, éliminer complètement le suremballage, les sacs de plastique et les contenants de polystyrène  de la région de Lanaudière</p>
<p>-Améliorer la qualité de l’eau et promouvoir des bonnes pratiques d’utilisation et de gestion de<br />
l’eau, notamment, en diminuant et en contrôlant la propagation des algues bleues dans Lanaudière</p>
<p>-Appuyer les agricultrices et les agriculteurs dans leurs démarches visant une saine gestion de l’environnement</p>
<p>-Créer une carte municipale d’accès culturel à prix abordable pour les citoyennes et les citoyens de tous âges dans Lanaudière</p>
<p>-Contrer le décrochage scolaire par l’intégration d’activités artistiques et culturelles pour les étudiantes et les étudiants en augmentant le temps d’enseignement des arts et de la culture</p>
<p>-Fournir de l’information et des moyens pour aider les familles en difficulté et favoriser une meilleure présence des parents auprès des enfants,  les procédures pour la réunification familiale de ces personnes</p>
<p>-Que le FSL soutienne les revendications et actions de la Marche mondiale des femmes</p>
<h2><strong>Les suites </strong></h2>
<p>Il est évident que la mise en œuvre de ces résolutions relèvent maintenant des organismes qui les ont proposées. Mais de plus, Solidarité Lanaudière va, dès cet automne regarder les possibilités d’élaborer  des solidarités pour faire en sorte que ces résolutions prennent vie.</p>
<p>Autre suivi important : la mobilisation pour le 2e Forum social québécois. En effet les organisateurs du FSL se sont engagés à travailler à la mobilisation du FSQ pour faire en sorte que les organismes de la région mais aussi les citoyens et citoyennes de Lanaudière participent massivement au FSQ !</p>
<p><strong>Daniel Tessier</strong> est président du Conseil central de Lanaudière<em> (</em><em>CSN</em><em>)</em>, et membre du comité d’organisation du Forum social lanaudois. Pour plus d’informations sur ce forum : <a href="http://www.forumsociallanaudois.org">http://www.forumsociallanaudois.org</a></p>
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		<title>En route pour un Forum social au Saguenay-Lac-Saint-Jean – Par Émilie Lachance</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 13:35:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bilan des Forums régionaux au Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Changer le monde du local au global (vol.33, no.1-2, été 2009)]]></category>
		<category><![CDATA[forums sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[régions]]></category>

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		<description><![CDATA[Des jeunes de la région du Saguenay-Lac-St-Jean se sont inspirés du Forum Social mondial qui a eu  lieu à Porto Alegre en 2005 afin de créer l’année suivante le Forum Social Régional 02. Les objectifs de ce nouveau Collectif de travail étaient de créer une synergie dans la communauté citoyenne pour mettre en valeur les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Des jeunes de la région du Saguenay-Lac-St-Jean se sont inspirés du Forum Social mondial qui a eu  lieu à Porto Alegre en 2005 afin de créer l’année suivante le Forum Social Régional 02. Les objectifs de ce nouveau Collectif de travail étaient de créer une synergie dans la communauté citoyenne pour mettre en valeur les initiatives locales, agir concrètement en faveur de l’établissement d’une vision sociale commune, encourager au Saguenay-Lac-St-Jean un débat de société constructif et mobilisateur, conscientiser la population et la responsabiliser face aux différents enjeux régionaux et, enfin, promouvoir un développement régional humain, durable et équitable. De nombreuses assemblées ont eu lieu pour déterminer les principes du Forum Social Régional 02 (FSR02) ainsi que pour choisir les coordonnateurs des différents comités.</p>
<p>Toute cette énergie a permis l’organisation dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean de deux forums sociaux régionaux ces dernières années. La première édition du FSR02 s’est déroulé les 22, 23 et 24 septembre 2006 au Séminaire Marie-Reine du Clergé situé à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix et a attiré environ 1 350 participants. La seconde édition s’est tenue à Saguenay au cegep de Chicoutimi les 2, 3 et 4 mai 2008 et a rassemblé environ 1000 participants. La prochaine édition se tiendra en septembre 2010. La date exacte et le lieu restent encore à déterminer.</p>
<h2><strong><em>Les comités de travail : des gens dévoués</em></strong></h2>
<p>Les organisateurs de la première édition ont mis en place une structure originale de fonctionnement, composée de différents comités de travail qui possédaient chacun leurs propres mandats. Le comité des communications se chargeait d’établir des liens avec les médias, de rédiger des communiqués et d’organiser des conférences de presse. La mobilisation (qui travaillait de pair avec la communication lors de la première édition) était chargée de solliciter la population, les organismes et les entreprises à la participation. En d’autres termes, elle devait assurer la promotion du forum social régional auprès de l’ensemble de la population. La programmation avait comme principale fonction d’organiser l’ensemble des activités qui ont eu lieu durant l’événement et de monter une grille horaire à cet effet. La logistique s’occupait de tout ce qui a trait aux lieux de déroulement du forum. Les membres de ce comité devaient configurer les emplacements des kiosques et des activités de manière pratique, et veiller à ce que tous disposent du matériel nécessaire au bon déroulement des événements. Le comité de finance se concentrait particulièrement sur la gestion du budget. Il était de son mandat d’aller chercher des subventions et des commanditaires, ainsi que de produire régulièrement des rapports financiers. Le comité environnemental devait s’assurer que le forum social respectait le cadre d’éco-responsabilité qu’il s’était fixé à ses débuts. Durant l’événement, il se consacrait particulièrement à la gestion des déchets putrescibles et récupérables (politique «0 déchets»), au transport en commun et au covoiturage (politique «carboneutre»). Enfin, il y avait le comité de suivi, chargé de veiller à la pérennité du forum via des recommandations pour les  prochaines éditions.</p>
<p>Tous ces comités étaient liés par le secrétariat général qui réunissait chacun des coordonnateurs pour assurer une bonne communication entre eux. Le secrétariat général était aussi responsable de la rédaction des ordres du jour et des procès verbaux. Enfin, l’organe décisionnel suprême était l’assemblée générale qui réunit tous les membres du regroupement. Tous les projets et les décisions devaient être ratifiés par cette assemblée de manière démocratique.</p>
<h2><strong><em>Le FSR02 propose de nombreuses activités</em></strong><strong><em> </em></strong></h2>
<p>Tous les  citoyens désirant partager ses actions, ses œuvre ou tout simplement de l’information pouvaient participer au FSR02. Le FSR02 utilisait une procédure bien particulière pour inscrire les participants : <em>l’auto-programmation</em>. Un organisme ou un individu désirant faire partie de l’évènement devait lui-même construire son propre programme (et cela s’appliquait tant aux tenants de kiosques qu’aux artistes ou aux organisateurs de conférences) pour ensuite le soumettre aux organisateurs. Ainsi, il était beaucoup plus facile pour le collectif de travail de monter la programmation puisqu’ils n’avaient qu’à décider de l’emplacement des différents activités et de l’horaire de chacune d’entre elles.</p>
<p>Les plus jeunes avaient leur propre forum des enfants dans lequel de nombreux ateliers et activités visaient à faire  découvrir la région tout en s’amusant. Il y avait pour eux des ateliers de bricolage, de <em>gumboots</em>, de pâtes à modeler et plusieurs autres jeux pouvant se dérouler à l’extérieur. Lors de la deuxième édition en 2008, Atchoum, le clown le plus célèbre de la région a été invité pour amuser les tout petits. De plus, le forum pour enfants avait pour avantage d’offrir un service de garde pour les parents participant au forum <em>pour adulte.</em></p>
<p>Outre les kiosques d’informations il y avait aussi des prestations musicales, des performances artistiques, ainsi que du théâtre. Les prestations musicales étaient données par des groupes de la région et de tous les genres. Pour ce qui est des performances artistiques, il pouvait s’agir de danse comme le <em>gumboots</em>, de cracheurs de flammes, ou de production d’une œuvre d’art devant le public (peinture, sculpture ou autres), ou encore d’activités théâtrales et d’improvisation.</p>
<p>De plus, tout le monde était invité à venir partager ses opinions et ses impressions sur différents enjeux régionaux dans le cadre d’ateliers de discussion et de tables rondes qui portaient sur une foule de sujets, notamment le développement régional, l’environnement ou encore les enjeux internationaux. Les ateliers de discussions et les tables ronde avaient pour but de stimuler les participants à émettre leurs opinions dans un contexte de débat et d’échange égalitaire. Ainsi, les organisateurs espéraient susciter en région un débat de société et une synergie qui sensibiliserait les participants à être actifs dans le développement de leur région. Pour ajouter une touche multiculturelle à l’évènement, le forum avait invité des délégations étrangères (d’Afrique et d’Amérique du Sud) pour partager avec les gens d’ici leur culture et leur savoir.</p>
<p>À titre plus informatif il y avait aussi des conférences qui portaient sur une myriade de sujets tels que la syndicalisation chez les jeunes (qui a permis à ces derniers d’en savoir plus sur les normes du travail, l’importance de se syndiquer et la cohésion dans les rapports de forces), la conscience environnementale, le développement régional et j’en passe. Lors de l’édition de 2008, le forum social a instauré « les grandes conférences » qui clôturaient chacun des jours de l’évènement. Des professionnels et des intellectuels de renom étaient invités à faire part de leurs connaissances à la population sur divers sujets tels que la gestion des ressources naturelles régionales, la mutation des services publics ainsi que l’avenir de la région grâce à l’implication citoyenne. Pour couronner le tout, le forum social présentait de nombreux documentaires sur différents enjeux actuels comme la privatisation des secteurs publics, le cinéma québécois ou le commerce équitable.</p>
<p>La programmation de la première édition du FSR02 (septembre 2006) comptait en tout 175 activités dont 17 ateliers de discussion, 45 conférences, 60 kiosques, 6 projections, 16 ateliers de performances artistiques et 7 tables rondes. Le nombre total d’activités de la deuxième édition (mai 2008) s’élevait à 195, dont 3 grandes conférences, 66 kiosques, 48 conférences, 31 ateliers de discussion, 29 ateliers pratiques, 21 prestation artistiques, 14 atelier pour enfants et 13 projections.</p>
<h2><strong><em>Des retombées considérables pour le réseautage </em></strong></h2>
<p>L’impact de ces deux forums sociaux régionaux a été considérable pour la région, tout particulièrement en ce qui a trait au réseautage des organisations de la  société civile. Des études sur la question ont déterminé que les membres ayant participé au forum en ont entendu parler majoritairement par le bouche à oreille. De plus, ces mêmes études démontrent que le forum a contribué à élargir le réseau de contact de la plupart des participants. Ces derniers considèrent donc massivement que la tenue ponctuelle d’un tel évènement est tout-à-fait pertinente. De surcroît, la plupart des répondants à l’étude entreprise par les organisateurs de l’évènement sont sortis du forum avec une meilleure connaissance générale des acteurs régionaux. Ces impacts positifs sur le réseautage incitent donc les participants du FSR02 à réaffirmer leur intérêt pour les forums sociaux futurs.</p>
<p>L’idée derrière le Forum Social Régional 02 est désormais claire : faciliter le réseautage entre les différentes institutions, organismes, associations et entreprises, et les citoyens. C’est dans cette optique que le Forum Social Régional 02 développe un projet de réseau de communication de la société civile. Le but principal de ce réseau est de mettre en place une plateforme d’échange et de communication permanente afin que tous les participants du forum puissent maintenir ou établir de nouveaux contacts. L’existence d’un tel réseau de communication contribue à favoriser l’intelligence collective en créant des liens, et à mettre à contribution le savoir et la compétence des citoyens au développement de la région. Un autre de ses objectifs est de devenir un espace public de démocratie informationnelle et d’éclairer les décideurs politiques et économiques aux moments opportuns. Le fonctionnement du réseau de communication est horizontal : il n’y a pas de hiérarchisation. En d’autres termes, ce réseau représente un système indépendant et ouvert de communication et d’échange à l’intérieur de la société civile. La mise en place d’un tel système se ferait notamment par le biais d’Internet. Les informations venant des membres et de l’équipe du forum y seraient publiés. Un projet de calendrier d’évènement est aussi envisagé afin d’informer les gens sur les différentes activités (politiques, culturelles, sportives etc.).</p>
<h2><strong><em>En résumé…</em></strong></h2>
<p>Le Forum Social régional 02 apparaît désormais comme un collectif de travail qui aspire à une pérennité. Les études entreprises par les organisateurs du forum ont prouvé la pertinence de cet évènement, c’est pourquoi le FSR02 ne devrait pas se limiter à trois jours tous les deux ans. Pour créer une synergie et un débat d’idée dans la société civile régionale, il faut que le forum soit toujours actif et présent dans la vie des citoyens, C’est pourquoi le projet du réseau de communication de la société civile est en cours. Bref, le FSR02 existe pour permettre à tous les citoyens et citoyennes du Saguenay-Lac-St-Jean de participer au développement d’une région à leur image…</p>
<p><strong>Émilie Lachance </strong>est agente de mobilisation pour le Forum Social Régional 02. Pour plus d’informations sur ce forum : <a href="http://www.forumsocial02.org/">www.forumsocial02.org</a></p>
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		<title>L’influence du processus sur les résultats des forums sociaux locaux : cas de Laval et Lanaudière &#8211; Par Émilie Goulet et Julie Robillard</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Sep 2009 16:39:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>raphael canet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bilan des Forums régionaux au Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Changer le monde du local au global (vol.33, no.1-2, été 2009)]]></category>
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		<description><![CDATA[À la suite de la première édition du Forum social québécois en 2007, plusieurs forums sociaux régionaux ont été organisés et d’autres sont à venir dans différentes régions du Québec[1]. Ces forums régionaux permettent d’aborder des enjeux locaux et de favoriser une conscientisation des enjeux sociaux à un niveau régional. Malgré des objectifs qui sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À la suite de la première édition du Forum social québécois en 2007, plusieurs forums sociaux régionaux ont été organisés et d’autres sont à venir dans différentes régions du Québec<a href="#_ftn1">[1]</a>. Ces forums régionaux permettent d’aborder des enjeux locaux et de favoriser une conscientisation des enjeux sociaux à un niveau régional. Malgré des objectifs qui sont généralement similaires, il est possible de se demander s’il y a des différences dans les résultats (sociologie des participants, nombre d’ateliers et chiffre de la participations, implication citoyenne, initiatives et actions retenues…) entre les divers forums sociaux régionaux au Québec et, si oui, à quoi elles sont attribuables. Les cas étudiés dans ce texte sont les forums sociaux régionaux de Laval et de Lanaudière qui ont eu lieu simultanément du 24 au 26 avril 2009. Malgré le fait qu’ils ont eu lieu en même temps dans des régions assez rapprochées, il y a des différences assez importantes entre ceux-ci, notamment en ce qui concerne les initiatives ayant mené à ces forums sociaux, la démarche et les résultats. Nous soutenons que la démarche et le processus ayant mené à ces deux forums régionaux ont influencé les résultats et expliquent en partie les différences entre ceux-ci. Dans un premier temps, nous présentons et comparons les deux évènements. La seconde partie de l’article porte plus précisément sur les différences dans le processus et la démarche de ces deux forums sociaux régionaux. Finalement, la dernière partie traite des résultats  et du lien entre ceux-ci et le processus du forum social régional.</p>
<h2 style="text-align: left"><strong>Présentation et comparaison des forums sociaux de Laval et de Lanaudière</strong></h2>
<h3><em>Forum social régional de Laval</em></h3>
<p><em> </em></p>
<p>Le Forum social de Laval (FSLaval) s’est tenu au Collège Montmorency du 24 au 26 avril 2009 et avait comme objectif de réunir des acteurs de la société civile de Laval autour d’un projet de consultation et de transformation sociale. Selon les organisateurs, 400 personnes étaient inscrites le vendredi soir, mais plus de 500 personnes ont participé au FSLaval au courant de la fin de semaine. En plus de réunir les citoyens, les comités issus des forums sociaux locaux<a href="#_ftn2">[2]</a>, des organismes de plusieurs milieux (communautaire, coopératif, syndical) ont aussi participé à l’évènement. Plus concrètement, le FSLaval s’appuie sur les objectifs du Forum social québécois (FSQ) et sur la mission des organismes communautaires de Laval. Ainsi, il s’est donné comme mission de « rechercher, promouvoir et diffuser les initiatives et projets offrant une réponse ou une alternative à l’idéologie néolibérale et aux politiques qui vont dans ce sens. Pour cela, le but est de regrouper dans un même espace l’ensemble des groupes et citoyen-nes partageant cet objectif, de façon à construire une analyse partagée du présent, ainsi qu’une vision commune du « Laval à venir » et des stratégies à développer pour le construire ».<a href="#_ftn3">[3]</a> Dans les forums locaux et le forum régional, des enjeux sociaux québécois importants ont été abordés, mais plus particulièrement les enjeux régionaux et locaux qui visent l’amélioration des milieux de vie de la ville de Laval dans une perspective de développement durable. Un comité de travail s’est donc penché sur la répartition et la définition des thèmes abordés dans les forums locaux et au FSLaval afin de s’assurer que tous les aspects concernant le développement social de la vie lavalloise puissent être abordés. Ainsi, les thématiques retenues et abordées sont les suivantes : environnement et écologie ; logement et aménagement urbain ; services publics et para-publics ; emploi, pauvreté et développement économique ; problèmes de la rue et sécurité ; démocratie et pouvoir populaire ; arts, communication et milieu culturel ; identité culturelle et appartenance à la communauté ; soutien aux initiatives citoyennes.<a href="#_ftn4">[4]</a> Finalement, dans le but d’encadrer les activités du FSLaval, quatre axes transversaux ont été définis pour permettre de guider la réflexion et les débats qui ont eu lieu au cours des différentes activités. L’objectif de ces axes est de dégager des perspectives communes par lesquelles il est possible d’aborder les divers thèmes qui ont été mentionnés précédemment. Ces quatre axes sont les suivants : quel projet de société pour la région de Laval et pour le Québec de demain? ; Enjeux égalitaires et intégration à la communauté ; vers l’égalité de fait entre les femmes et les hommes ; développement social et implication citoyenne.<a href="#_ftn5">[5]</a></p>
<p><a href="#_ftn5"></a> Grâce à ces objectifs, le FSLaval permet aux citoyens et aux citoyennes d’identifier les enjeux locaux et régionaux sur lesquels ils souhaitent agir de manière collective et les façons d’y parvenir ; de susciter des échanges et des débats entre les différents acteurs de la société civile ; délocaliser les problématiques sociales locales et permettre la création d’un idéal collectif régional ; aider la transformation sociale grâce à une pratique citoyenne et une approche globale ; inciter les citoyens et les organisations à agir ensemble pour améliorer le milieu de vie à Laval ; le partage, la promotion et la diffusion d’initiatives et de projets alternatifs ; la promotion d’un développement durable, solidaire, juste, égalitaire et harmonieux.<a href="#_ftn6">[6]</a> Le slogan du Forum social de Laval représente ces objectifs et ce qui a motivé la démarche : « pour un demain plus humain ».</p>
<h3><em>Forum social régional de Lanaudière</em></h3>
<p>Le Forum social de Lanaudière (FSLanaudière) a eu lieu au Cégep de Lanaudière, au Collège constituant de L’Assomption, du 24 au 26 avril 2009. Les soirées d’ouverture, de spectacle ainsi que la plénière de clôture se sont déroulées, quant à elles, à l’école secondaire Paul-Arsenau, tout près du Collège. Que ce soit pour la tenue d’un kiosque, l’animation ou la simple participation aux ateliers, le Forum a attiré plus de 500 personnes, selon les statistiques officielles du comité organisateur. Ces 500 participants, composés de nombreuses organisations communautaires, de citoyens et de quelques élus, se sont réunis afin de discuter d’enjeux généraux et de réalités plus particulièrement lanaudoises.</p>
<p>À cet égard, le FSLanaudière a pour mission une conscientisation aux enjeux globaux tout en « [agissant] localement, puisque c’est à ce niveau-là que tous ensemble nous disposons d’un réel pouvoir pour changer les choses »<a href="#_ftn7">[7]</a>. Tout comme le FSQ et le Forum social lavallois, il « s’inscrit dans la mouvance des forums sociaux mondiaux … qui visent à penser, partager et mettre en œuvre des alternatives à la mondialisation néolibérale et à promouvoir un autre monde possible »<a href="#_ftn8">[8]</a>. Le FSLanaudière a donc pour but d’offrir un espace d’échange, de rencontre et de délibération ouvert afin de « stimuler l’engagement et la participation de tous à la vie publique »<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p>Pour atteindre ces objectifs, il s’est doté de quatre axes transversaux dans sa Charte constitutive : la résistance aux logiques dominantes ; la recherche d’alternatives ; les projets de société pour le Lanaudière de demain ; ainsi que l’articulation entre les initiatives locales et les dynamiques globales<a href="#_ftn10">[10]</a>. C’est exactement dans cette articulation entre les initiatives locales plus concrètes et les discussions sur les dynamiques globales que réside la première différence majeure avec le Forum social de Laval. À Lanaudière, malgré une légère tendance à considérer le Forum comme un acteur aux niveaux local et régional, il y a une nette volonté de le conserver en tant qu’espace de discussion sur des enjeux plus larges. Cette dernière façon de le voir fait en sorte qu’il se retrouve en contraste avec Laval, dont la structure permettait des résultats plus concrets, notamment avec le concept de chantiers que nous exposerons plus loin.</p>
<p>Les quatre axes transversaux énumérés plus haut sont donc présents dans chacun des six grands thèmes abordés lors de l’évènement : la démocratie ; les services publics ; l’environnement ; l’économie ; la culture et les communications ; ainsi que le respect. Ce dernier thème englobe les enjeux liés aux groupes défavorisés et/ou minoritaires tels que les femmes (très présentes dans la programmation), les Autochtones, les jeunes ainsi que les groupes ethnoculturels. Ainsi, tous ces éléments sont-ils mis en œuvre pour encourager la participation citoyenne dans la région, d’où le slogan du Forum : « Ensemble pour un meilleur Lanaudière! »<a href="#_ftn11">[11]</a></p>
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<h2 style="text-align: left"><strong>Processus et démarche</strong></h2>
<p>Le processus menant à des forums sociaux régionaux s’inscrit dans un contexte sociopolitique en changement avec la création du Forum social mondial en 2001 et, par la suite, la tenue de plusieurs forums sociaux à différentes échelles (mondiale, nationale et régionale). Au Québec, il y a eu plusieurs initiatives par des organisations régionales, avant et après le Forum social québécois, afin de réaliser une démarche similaire à plus petite échelle.</p>
<h3><em>Processus et démarche du Forum social de Laval</em></h3>
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<p>En octobre 2005, la Corporation de développement communautaire de Laval (CDC)<a href="#_ftn12">[12]</a> a eu l’idée d’organiser un forum social régional dans cette ville et l’organisation a commencé à travailler à la tenue de ce forum à partir de l’automne 2007.<a href="#_ftn13">[13]</a> Même si l’évènement a eu lieu en avril 2009, il est important de mentionner que la démarche et les activités du FSLaval ont commencé avant, avec la tenue de forums locaux dans chaque quartier de Laval entre août et décembre 2008. Le but de ces forums locaux est de permettre aux citoyens de discuter des enjeux locaux de leurs quartiers et de trouver des solutions communes. Selon les organisateurs, l’objectif premier de ceux-ci est de « mettre les gens en action autour d’enjeux communs à leur localité ».<a href="#_ftn14">[14]</a> Il y a eu plus de 600 personnes et environ 100 organismes qui ont participé à ces différents forums locaux. Déjà, à la suite de ces forums, différentes initiatives et actions concrètes ont été choisies par les participants afin d’améliorer la qualité de vie dans leur quartier.<a href="#_ftn15">[15]</a> Il est donc possible de constater que ce long processus qui a mené à l’évènement tenu en avril 2009  a débuté bien avant et qu’il y avait déjà une base solide (implication de citoyens et d’organismes dans différents comités, initiatives, actions, etc.)</p>
<p>Dans le but de préparer le Forum social de Laval et les neuf forums locaux, une structure organisationnelle composée de différents comités et sous-comités a été élaborée et les citoyens habitant Laval pouvaient se joindre à un sous-comité. La table de coordination est le comité qui planifie l’ensemble de la démarche, coordonne les différentes étapes de la démarche menant au FSLaval et s’assure de la concrétisation de celui-ci. Il y a deux volets à ce comité : permettre aux partenaires de participer activement dans la planification de la démarche et la mise en place d’un lieu d’échanges d’informations et de planification de la mobilisation des collectivités pour les forums locaux et le FSLaval. Ce comité est composé d’organismes qui appuient la démarche et des membres de la Corporation de développement communautaire de Laval. Ensuite, un comité de programmation s’occupe de la planification des activités du FSL et s’assure que les différentes thématiques choisies soient abordées. Un troisième comité s’occupe de la logistique, c’est-à-dire la planification et la coordination de l’organisation logistique du forum (inscription, accueil, sécurité, garderie, recrutement des bénévoles, etc.). Le comité communication élabore et met en œuvre les stratégies de communication entourant l’ensemble de la démarche menant au FSLaval. Finalement, le comité « écoresponsable » s’occupe de la planification des infrastructures écoresponsables<a href="#_ftn16">[16]</a> et des outils pour y parvenir.<a href="#_ftn17">[17]</a></p>
<h3><em>Processus et démarche du Forum social de Lanaudière</em></h3>
<p>Le Forum social lanaudois est le résultat d’une transformation du collectif Solidarité Lanaudière. Ce dernier est constitué d’organisations communautaires et syndicales ainsi que de tables de concertation chapeautant elles-mêmes de nombreux groupes communautaires. À partir de sa participation au II<sup>e</sup> Sommet des peuples à Québec en 2001, combinée à la prolifération des forums sociaux de toutes sortes, l’idée est venue de, non seulement contribuer à l’organisation du FSQ qui a eu lieu en 2007, mais aussi d’y animer un atelier sur la possibilité de tenir un tel évènement dans la région de Lanaudière. Avec une vingtaine de participants à l’atelier et une réponse positive, Solidarité Lanaudière s’engage donc à organiser le Forum. Ce regroupement étant à la base du FSLanaudière, presque toutes les organisations le constituant (et plusieurs autres n’en faisant pas partie) ont participé à la mise sur pied du Forum, la plupart à titre de membre du comité organisateur, mais aussi en tant que bénévole et animateur d’ateliers et/ou de kiosques.</p>
<p>Durant près de deux ans, plus d’une dizaine de syndicats, d’organismes communautaires et d’individus mettent la main à la pâte pour réaliser le projet. Une Charte constitutive est adoptée et cinq comités sont créés. Le comité de communication et mobilisation est responsable d’établir un plan de communication et de diffuser l’information à l’échelle régionale. Le groupe chargé du financement doit établir un budget et s’occuper de trouver les contributions nécessaires au bon fonctionnement de l’évènement. L’unité de logistique doit trouver des partenaires logistiques locaux afin de s’assurer, entre autres, d’être approvisionnée de produits locaux, d’aménager adéquatement les espaces utilisés et d’avoir un Forum écoresponsable. L’entité responsable de la programmation organise les différentes activités : plage horaire des ateliers, les artistes invités, activités culturelles, etc. Finalement, le comité de coordination, point central de l’organisation, est composé d’un membre de chacun des comités précédents et a pour principales tâches d’exécuter les décisions prises à l’assemblée générale, de faire le suivi des différents comités ainsi que d’assurer la communication entre ces derniers<a href="#_ftn18">[18]</a>.</p>
<h2 style="text-align: left"><strong>Influence du processus et de la démarche sur les résultats</strong></h2>
<h3><em>Sociologie des participants</em></h3>
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<p>La sociologie des participants est très similaire en ce qui concerne ces deux forums régionaux.<a href="#_ftn19">[19]</a> De manière générale, une majorité des participants était des femmes (environ 60 %), nous avons estimé qu’ils étaient âgés de 35 à 50 ans et il y avait peu de participants issus de groupes ethnoculturels. Même s’il y a des jeunes qui participaient, ils agissaient en grande partie à titre de bénévoles et étaient généralement peu présents dans les ateliers. À Lanaudière, plusieurs jeunes du Cégep de Joliette ont donné deux ateliers. Ces derniers s’étaient préparés tout au long de la session dans le cadre d’un de leur cours et leur présence au FSLanaudière faisait partie de leur évaluation finale. Il y avait un transport organisé à partir de Joliette afin de permettre à ces jeunes (qui étaient environ une centaine) de s’y rendre facilement. De plus, la présence non négligeable des personnes âgées était surprenante à Lanaudière : même si plusieurs ateliers les concernaient directement, leur participation s’étendait à des activités portant sur différents enjeux.</p>
<p>La grande majorité des participants faisaient partie d’organismes du milieu communautaire et syndical ou, dans le cas lavallois, de comité et de groupes de travail issus des forums locaux qui avaient eu lieu en 2008. Il y avait aussi des députés fédéraux et provinciaux qui étaient présents. À Laval, aucun élu de la ville ne s’est présenté au forum social, alors que le maire de L’Assomption, ville-hôte du FSLanaudière, a prononcé une allocution lors de la soirée d’ouverture. De plus, il y a une autre différence entre les deux forums concernant la participation des élus. À Laval, le comité organisateur a prévu que certains participants pourraient être présents aux ateliers (dont les élus), mais ils n’auraient toutefois pas le droit de parole. Munis d’un carton rouge, ils ne pouvaient qu’écouter ce que les citoyens et les groupes avaient à dire. Par contre, il n’y avait pas de mesures similaires à Lanaudière, ce qui a donné lieu à un accroc durant le forum, car certains représentants de partis politiques n’ont pas eu de droit de parole, alors que le député fédéral de Joliette, Pierre Paquette, a fait un discours lors de la soirée d’ouverture et il a profité de cette occasion pour émettre des commentaires partisans. De plus, il a été déploré que du financement de la part de certains élus ait été accepté par l’organisation du forum</p>
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<h3><em>Déroulement des évènements</em></h3>
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<p>En ce qui concerne le déroulement des deux évènements, il y a des différences assez significatives qui semblent avoir eu une influence sur l’implication citoyenne et sur les initiatives choisies. Tout d’abord, à Laval, le forum a débuté avec avec la soirée d’ouverture le vendredi soir (animation de Manon Massé, conférence de Michel Venne et spectacle de Jonathan Painchaud). La journée du samedi s’est déroulée en deux parties : les ateliers en matinée et quelques ateliers ainsi que les chantiers régionaux en après-midi. Les ateliers ont principalement un but éducatif et permettentt aussi aux différents participants d’échanger entre eux et de s’informer. Ils avaient généralement la forme de conférence. Plusieurs sujets ont été abordés, mais certains thèmes étaient plus présents, notamment les sujets touchant l’environnement (écologie), les femmes et le féminisme ainsi que la santé. Quant aux chantiers, ils ont principalement pour but d’identifier les solutions nommées par les citoyens et les partenaires qui pourraient être mises en œuvre. Ils permettent aussi de trouver les moyens d’action pour y parvenir et d’identifier les porteurs de ces projets. Durant l’après-midi, tous les chantiers avaient lieu en même temps, il était donc impossible pour les participants de s’impliquer dans plus d’un projet. Par contre, durant la cérémonie de clôture, un retour était fait sur les chantiers régionaux et il était possible de s’inscrire dans les comités ou les groupes qui avaient été mis sur pied la veille. Il y a un total de 35 ateliers qui étaient offerts et 5 chantiers régionaux. Durant une majorité de la journée, plusieurs kiosques (21 kiosques) étaient présents. Finalement, il y avait aussi une programmation artistique et des expositions qui étaient présentées durant la journée du samedi.</p>
<p>En ce qui a trait à la participation au FSLaval, il a été observé qu’une majorité des interventions de la part des citoyens et de différentes personnes qui étaient présentes dans les ateliers, les chantiers et durant la plénière de fermeture était très personnelle et individuelle. Il s’agissait rarement d’une analyse de l’enjeu d’une manière globale, mais plutôt un partage des expériences personnelles entre les différents participants et les personnes qui animaient les ateliers. L’un des objectifs principaux est de rechercher, de promouvoir et de diffuser des initiatives et des projets qui offrent une réponse ou une alternative à l’idéologie néolibérale et aux politiques qui vont dans ce sens. Cet objectif est inscrit sur le site internet du FSLaval, mais ce sont plutôt les organisateurs et les conférenciers qui y ont plus fait référence, particulièrement en parlant de participation citoyenne (conférence de Michel Venne et Manon Massé en a souvent parlé aussi).</p>
<p>À Lanaudière, la soirée d’ouverture était animée par Andrée Saint-Georges de Culture Lanaudière et plusieurs discours ont été prononcés par des gens de différents milieux, dont Daniel Tessier, coordonnateur et président du FSLanaudière et président du Conseil central de Lanaudière (CSN). De plus, il y eut une prestation de l’auteur-compositeur-interprète attikamek, Sakay Ottawa, ainsi qu’un spectacle des Zapartistes. Le samedi, les 68 ateliers autoprogrammés étaient divisés en quatre blocs contenant 17 activités chacun. Il y avait une quarantaine de kiosques et plusieurs autres activités culturelles qui se déroulaient tout au long de la journée.</p>
<p>Beaucoup de thèmes y ont été abordés, mais les plus récurrents étaient l’environnement, l’économie sociale, le féminisme et la culture. Les ateliers étaient plutôt sous forme de conférence plus ou moins formelle, se terminant généralement par une discussion politisée et parfois très animée. Cependant, même si les participants étaient généralement invités à intervenir tout au long des ateliers, seul un faible nombre d’entre eux supposait une participation active, à savoir une participation qui.. n’était pas sous forme d’exposé ou de conférence, mais plutôt sous forme de jeu ou de création. À la fin de chaque atelier, une proposition était élaborée et chacune d’elles a été adoptée le dimanche durant la plénière. Des discussions et débats pertinents ont eu lieu lors de cette assemblée, qui a réuni une soixantaine de personnes.</p>
<h3><em>Implication citoyenne, initiatives et actions retenues</em></h3>
<p>À Laval, ce sont surtout les chantiers régionaux et le retour sur les chantiers à la plénière de fermeture qui ont permis aux citoyens de s’impliquer, de créer des comités et de choisir des actions concrètes pour régler les problèmes soulevés lors des forums locaux et durant le forum social régional. Les cinq chantiers régionaux abordaient plusieurs thèmes : les quartiers écoresponsables ; le transport en commun ; l’aménagement piétonnier et cycliste ; l’intégration des néo-québécois ; la sécurité alimentaire à Laval. Dans chacun de ces chantiers, des organismes et des citoyens ont choisi des actions, ont mis sur pied des comités ou bien fixé une rencontre pour continuer de travailler sur la mise en œuvre des solutions. Ainsi, nous pouvons dire que des actions concrètes ont été choisies et que le travail pour les mettre en action a déjà débuté pendant le forum social. De plus, durant la plénière de fermeture, le comité organisateur a permis aux participants de donner leur nom et leur numéro de téléphone afin d’être contactés pour s’impliquer dans les différents projets issus des chantiers régionaux.</p>
<p>À Lanaudière, une liste de 48 propositions de tout ordre a été adoptée le dimanche à la plénière de clôture. L’idée était de les transmettre aux élus, aux organisations ou même aux ministères concernés afin qu’ils les considèrent dans leurs actions et leurs décisions. Il est cependant de l’affaire de tous de garder ces propositions en tête et de les mettre en application dans ses gestes quotidiens. Nous retrouvons encore une fois cette différence avec la ville de Laval, qui est beaucoup plus axée sur les résultats que Lanaudière. Ce dernier ayant plutôt des objectifs très difficiles à évaluer et à mettre en œuvre, comme de « stimuler l’engagement et la participation de tous à la vie publique »<a href="#_ftn20">[20]</a>.</p>
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<h2 style="text-align: left"><strong>Conlusion</strong></h2>
<p><em> </em></p>
<p>En terminant, nous pouvons constater qu’il y a plusieurs similarités entre les deux forums sociaux régionaux étudiés : ils ont eu lieu en même temps, dans des régions assez rapprochées, il y a une sociologie des participants similaire et des thèmes semblables. De plus, les objectifs des deux évènements s’inspiraient fortement de ceux du FSQ et visaient la participation citoyenne ainsi que la recherche d’alternatives à l’idéologie et aux politiques néolibérales. Toutefois, nous constatons que la démarche, le processus et les résultats diffèrent entre les deux cas étudiés. Selon les informations recueillies, le processus du Forum social de Laval a débuté avant celui de Lanaudière et des forums sociaux locaux ont eu lieu avant l’évènement régional. Ainsi, des comités avaient déjà été créés, des actions avaient été choisies et les problèmes vécus par les citoyens des quartiers avaient été identifiés. À Lanaudière, c’est suite à un atelier au Forum social québécois que la décision a été prise d’organiser l’évènement, ce qui a enclenché le processus du Forum et de transformation du collectif Solidarité Lanaudière, sans tenir au préalable des forums sociaux locaux. Ainsi, à Laval, les enjeux qui préoccupent le plus les citoyens ont été dégagés et les chantiers régionaux portaient sur ceux-ci. Il a donc été possible de se concentrer sur les actions à privilégier et à la mise sur pied de comités composés de citoyens et de partenaires pour mettre en œuvre des actions. Cette procédure d’organiser plusieurs forums sociaux locaux avant la tenue du forum régional n’ayant pas été préconisée par le FSLanaudière, les résultats en sont effectivement différents, soit moins concentrés sur les démarches concrètes et plus sur une sensibilisation des participants et une modification de leur comportement.</p>
<p>D’une manière plus globale, il est intéressant de regarder les démarches et les résultats de ces deux forums régionaux et de les mettre en lien avec les objectifs de transformation sociale du Forum social mondial (FSM). En effet, les forums sociaux régionaux s’inspirent du FSQ, mais aussi de ce qui se passe au niveau mondial. Les objectifs du FSM sont de permettre la mise sur pied d’un espace de débat démocratique, d’échange et de réflexion où il est possible de formuler des propositions qui s’opposent au néo-libéralisme, à l’impérialisme et à la domination du monde par le capital, ainsi que la recherche d’alternatives aux politiques néo-libérales<a href="#_ftn21">[21]</a>. Comme nous l’avons mentionné, ces objectifs ont été repris par les comités organisateurs. Or, nous constatons que malgré la création d’un espace de débat et d’échange, les résultats de ces forums régionaux sont assez loin des objectifs du FSM. Même s’il y a l’adoption de propositions et du choix des actions pour éliminer les problèmes vécus par les citoyens ainsi que la mise sur pied de comités, ces résultats se concentrent principalement sur les problèmes locaux et régionaux et il n’y a pas de remises en question évidentes et claires des politiques néo-libérales dans leur sens plus large. Bref, sauf pour quelques propositions, l’accent semble plutôt sur la participation citoyenne et la recherche d’actions concernant des problèmes ciblés et à plus petite échelle. Ainsi, même si ces forums régionaux ne parviennent pas à atteindre tous les objectifs du FSM, il est important que des initiatives soient prises à tous les niveaux pour favoriser la participation citoyenne, permettre la mise sur pied d’espaces de débats et d’échanges et sensibiliser les citoyens à différents enjeux et aux objectifs des forums sociaux.</p>
<p><strong>Émilie Goulet</strong> et <strong>Julie Robillard</strong> étudient en science politique à l&#8217;Université de Montréal.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Nous avons assisté à ces forums sociaux régionaux et fait de l’observation participative dans le cadre d’une recherche ayant pour titre « Rassemblements militants locaux et nouvelle culture politique : analyse comparée et spatialisée » et menée par Pascale  Dufour, Professeure agrégée du Département de science politique de l’Université de Montréal. Ce projet est financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voir la deuxième partie de l’article pour des informations supplémentaires sur les forums locaux qui ont précédé le Forum social de Laval.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> « Forum social de Laval – Objectifs », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/46-objectifs">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/46-objectifs</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> « Forum social de Laval – Liste des thématiques », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/48-liste-des-thematiques">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/48-liste-des-thematiques</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> « Forum social de Laval – Axes transversaux », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/264-axes-transversaux">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/264-axes-transversaux</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <em>Id.</em></p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> « Le premier Forum social lanaudois » (Forum social lanaudois, 2009). En ligne. &lt;<a href="http://www.forumsociallanaudois.org/index.php">http://www.forumsociallanaudois.org/index.php</a>&gt; (Page consultée le 4 août 2009)</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> <em>Idem</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> <em>Idem</em>.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> « Charte constitutive du Forum social lanaudois » (Forum social lanaudois, 2009). En ligne. &lt;<a href="http://www.forumsociallanaudois.org/Publications/charte-constitutive-fsl.pdf">http://www.forumsociallanaudois.org/Publications/charte-constitutive-fsl.pdf</a>&gt; (Page consultée le 4 août 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> « Le premier Forum social lanaudois » (Forum social lanaudois, 2009). En ligne. &lt;<a href="http://www.forumsociallanaudois.org/index.php">http://www.forumsociallanaudois.org/index.php</a>&gt; (Page consultée le 4 août 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> La CDC regroupe environ 100 organismes communautaires qui œuvrent dans divers champs d’activité et elle participe au développement de la communauté.</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> « Forum social de Laval – Historique », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/45-historique">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/45-historique</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> « Forum social de Laval &#8211; Calendrier des évènements », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/47-calendrier-des-evenements"> http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/47-calendrier-des-evenements</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> « Forum social de Laval – Les forums locaux », (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/72-les-forums-locaux">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/72-les-forums-locaux</a>&gt; (page consultée le 23 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref16">[16]</a> Le concept d’écoresponsabilité réfère à la prise en considération des principes et enjeux du développement durable, c’est-à-dire assumer les responsabilités au niveau au niveau environnemental, social et économique, afin de favoriser les impacts positifs et diminuer les impacts négatifs. Par exemple, plusieurs gestes peuvent être posés afin de rendre un évènement écoresponsable : utilisation de vaisselle réutilisable ou compostable; nourriture bio-équitable; objectif zéro déchet grâce au recyclage et au compostage; transport vert et co-voiturage; achat local, etc.</p>
<p><a href="#_ftnref17">[17]</a> « Forum social de Laval – Comités forums», (Corporation de développement communautaire de Laval, 2009) En ligne. &lt;<a href="http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/237-comites-forum">http://www.cdclaval.org/index.php/forum-social/70-la-demarche/237-comites-forum</a>&gt; (page consultée le 24 avril 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref18">[18]</a> « Charte constitutive du Forum social lanaudois » (Forum social lanaudois, 2009). En ligne. &lt;<a href="http://www.forumsociallanaudois.org/Publications/charte-constitutive-fsl.pdf">http://www.forumsociallanaudois.org/Publications/charte-constitutive-fsl.pdf</a>&gt; (Page consultée le 4 août 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref19">[19]</a> Ce sont des estimés basés sur une observation participative et non sur les données officielles de ces deux forums sociaux régionaux.</p>
<p><a href="#_ftnref20">[20]</a> « Le premier Forum social lanaudois » (Forum social lanaudois, 2009). En ligne. &lt;<a href="http://www.forumsociallanaudois.org/index.php">http://www.forumsociallanaudois.org/index.php</a>&gt; (Page consultée le 4 août 2009).</p>
<p><a href="#_ftnref21">[21]</a> « Forum social mondial » (<em>Fórum Social Mundial). En ligne. &lt;</em> <em><a href="http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=19&amp;cd_language=3">http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=19&amp;cd_language=3</a>&gt; (page consultée le 7 août 2009).</em></p>
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