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	<title>Possibles &#187; politique québécoise</title>
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		<title>L&#8217;altermondialisme, contrepoint à la mondialisation : Nouveaux contours de l&#8217;analyse politique &#8211; Par Dominique Caouette</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Aug 2009 04:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Altermondialisme (vol.32, no.3-4, Aut.2008)]]></category>
		<category><![CDATA[Pistes de solution]]></category>
		<category><![CDATA[altermondialisme]]></category>
		<category><![CDATA[forums sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>

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		<description><![CDATA[Montréal, 26 janvier 2008[1]. Alors que l’élite politique et économique planétaire discute au Forum économique mondial à Davos en Suisse, des centaines d’altermondialistes marchent dans les rues de la métropole québécoise. En plein froid hivernal, ces militants participent, tout comme des milliers d’autres un peu partout dans le monde, à l’une des 600 activités organisées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">Montréal, 26 janvier 2008[1]. Alors que l’élite politique et économique planétaire discute au Forum économique mondial à Davos en Suisse, des centaines d’altermondialistes marchent dans les rues de la métropole québécoise. En plein froid hivernal, ces militants participent, tout comme des milliers d’autres un peu partout dans le monde, à l’une des 600 activités organisées pour clamer bien haut que plusieurs mondialisations sont possibles, que le citoyen ordinaire doit lui aussi avoir voix au chapitre sur les enjeux de la planète et qu’une solidarité existe au-delà des frontières nationales.</p>
<p style="text-align: justify">Ce phénomène d’ordre politique a de quoi fasciner. Or, le chercheur en science politique ou en relations internationales se verra désarmer face à ce fait social contemporain majeur car, dans sa discipline, un biais méthodologique l’empêche de saisir toute l’ampleur de ces mobilisations sociales.  En effet, l’État-Nation agit tel un écran de fumée ou encore une diva analytique, occupant l’avant-scène et faisant oublier qu’au dessus et deçà de l’État national, une multitude d’échanges, de processus sociaux, culturels, économiques et politiques ont continué à se produire et à coexister. Pourtant, l’État national n’a jamais su et pu complètement contrôler les échanges transfrontaliers de toutes sortes que ce soit ceux dirigés par de grands conglomérats internationaux ou encore la panoplie d’activités illicites des organisations criminelles transnationales, du piratage maritime à celui des DVD, de la traite des personnes au trafic d’organes ou encore au lucratif marché de la drogue. De la même façon, de plus en plus d’individus se mobilisent de manière transnationale autour de valeurs et de normes partagées (paix, droits de la personne, développement durable, justice sociale, l’égalité des genres, etc.).</p>
<p style="text-align: justify">Force est donc de constater que dans l’ombre de l’État-nation, les dynamiques transnationales opérant à partir d’une logique qui leur est propre sont toujours présentes. Aujourd’hui, le politologue doit explorer les possibilités et les défis d’une analyse à niveaux multiples. Certains, tels Ulrich Beck [2], proposent d’ailleurs de modifier radicalement l’unité d’analyse et la méthodologie utilisée afin de penser les dynamiques actuelles non plus selon un « nationalisme méthodologique », mais plutôt d’un point de vue cosmopolitique. Bref, tenter de saisir l’énigme contemporaine de la mondialisation et son contrepoint l’altermondialisation implique le recours à une démarche novatrice.</p>
<p style="text-align: justify">Dans ce texte, je m’interroge sur les dynamiques contemporaines qui marquent notre rapport au « global » tout en suggérant que la science politique reste mal équipée pour comprendre la montée de nouvelles formes d’action collective et la présence de nouveaux acteurs non-étatiques transnationaux. Tout en tentant de circonscrire la portée des changements internationaux associés aux processus de mondialisation, j’explore différentes manières de concevoir la mouvance altermondialiste. De ce survol, il ressort qu’il devient de plus en plus pressant de briser certaines frontières épistémologiques qui ont marqué l’étude des relations internationales et de la politique comparée.</p>
<h2>La mondialisation ou les mondialisations</h2>
<p style="text-align: justify">La présente forme de mondialisation se démarque de celle des autres périodes historiques. Ce qui la caractérise en premier lieu, c’est la compression de l’espace et du temps (instantanéité des échanges de toutes sortes à travers Internet, diffusion d’information en continu, spéculation sur les marchés internationaux à n’importe quelle période de la journée, coûts réduits de transports qui permettent à de plus en plus de personnes de voyager de par le monde, et produits culturels qui circulent à une vitesse époustouflante). Cette accélération des flux internationaux est nouvelle et inégalée dans l’histoire.</p>
<p style="text-align: justify">Une seconde dimension, sans doute mieux connue, est l’extension et l’universalisation des marchés et des échanges. Pour s’en rendre compte, on n’a qu’à penser à l’intégration des marchés, et ce, autant dans l’agro-alimentaire que dans la production d’équipements électroniques. On peut aussi penser à l’importance grandissante des produits en provenance de l’Asie, notamment de la Chine ou encore des flux de travailleurs migrants. La multiplication des accords de libre-échange constitue certainement un autre indicateur de l’intégration des économies nationales à l’intérieur d’une économie mondialisée. Ce n’est pas par hasard si c’est cette composante que l’on associe le plus souvent à l’idée de mondialisation.</p>
<p style="text-align: justify">Un troisième élément de la mondialisation contemporaine est la mise en place d’un discours normatif global organisé autour de certaines normes dites universelles. Celles-ci ne sont évidemment pas neutres et plusieurs ont souligné ses origines et ses liens avec l’Occident, en particulier le libéralisme. On peut penser entre autres aux droits humains individuels, la liberté de la presse et d’expression, la tenue d’élections libres, la libre concurrence, la compétitivité, etc. La particularité du moment c’est que ces normes visent l’ensemble des individus atomisés et définis comme sujets historiques et non plus un groupe ou une collectivité spécifique. Contrairement aux grandes religions qui ont elles aussi des prétentions universelles, elles ne sont pas nécessairement liées à un seul mode d’organisation politique et économique. Aujourd’hui la mise en place de ces normes et de ce discours est perçue par certains comme une nouvelle forme de pouvoir associé à une organisation économique (le capitalisme) et politique (démocratie libérale) spécifique et qui constitue un nouvel empire [3].</p>
<p style="text-align: justify">Enfin, le quatrième élément qui définit les contours de la mondialisation actuelle est celui de l’identité. Aujourd’hui, l’identité « nationale » est de plus en plus contestée. Phénomène devenu particulièrement évident au sortir la guerre froide, la multiplication des identités devient de plus en plus présente. D’une part, émergent des identités de plus en plus locales et définies selon différents critères (clan, ethnie, groupe linguistique, tribu) et, d’autre part, apparaissent des identités ‘trans’ nationales définies au-delà du cadre national. C’est notamment le cas des diasporas et des migrants qui exercent aujourd’hui un rôle et un poids politique et économique de plus en plus important. Ceux-ci agissent non plus en fonction d’une seule identité nationale, mais à partir de diverses identités. Par exemple, un néo-Québécois d’origine salvadorienne peut participer tout autant au débat au Québec sur les accommodements raisonnables qu’il peut soutenir et financer un candidat ou une formation politique dans sa localité d’origine. Soudainement libérée du carcan de la confrontation Est-Ouest, l’identité plus que jamais est une dimension importante de la mondialisation. Ainsi, c’est du côté de la localisation de la mondialisation et de la diversité identitaire qu’il semble y avoir le plus à comprendre.</p>
<p style="text-align: justify">
<h2>L’altermondialisation : multitudes, mouvements, et éthique</h2>
<p style="text-align: justify">Face au discours sur la mondialisation, particulièrement celui émanant des tenants de l’extension des marchés et des défenseurs de normes libérales individuelles, on assiste à la montée d’un contre-discours et de pratiques sociales autres, dites alternatives. Pour certains, on peut y voir le double mouvement dévoilé par Karl Polanyi  : un mouvement de résistance qui forcerait la mise en place de mécanismes d’ajustement et de mesures sociales pour limiter les abus et les excès d’un hyper-libéralisme exclusif. L’altermondialisation serait alors le contre-mouvement qui permettrait de donner un visage humain ou du moins assurerait la pérennité de la mondialisation des marchés et de l’économie.</p>
<p style="text-align: justify">D’autres voient plutôt en l’altermondialisation une vision tout autre de la mondialisation fondée sur l’idée de multitudes, de pluralités et de diversité. Encore plus difficile à définir que la mondialisation, l’autre mondialisation serait une mouvance sociale beaucoup moins bien définie, d’où le recours à différentes terminologies souvent inspirantes, mais difficiles à saisir ou à opérationnaliser : constellation d’oppositions, multitudes, ou encore résistance intergalactique (pour reprendre l’expression des Zapatistes). Encore en gestation et profondément horizontaliste (par opposition au verticalisme de l’organisation des grands conglomérats ou des partis et organisations associées à la gauche marxiste), l’altermondialisation reste définie par ses pratiques (actions directes et concrètes) plutôt que par des axes organisationnels et un programme politique précis. Cette dispersion et cette imprécision expliquent tout autant la fascination de plus en plus grande non seulement des militants de toute sorte qui s’en réclament mais aussi des politologues, sociologues, philosophes et même des économistes qui tentent d’en comprendre ses contours et ses pratiques.</p>
<p style="text-align: justify">Pour mieux saisir la ‘réalité’ de l’altermondialisation, il est préférable d’en examiner ses éléments plutôt que de prétendre englober ou capturer l’ensemble du phénomène. Le premier élément, celui le mieux connu est sans doute sa dimension militante d’action collective. Présenté succinctement, ce militantisme transnational peut être défini comme l’action collective menée à travers différents États par des mouvements sociaux, des réseaux de la société civile et par des individus.</p>
<p style="text-align: justify">Quel événement ou moment historique marque l’émergence et la croissance accélérée du militantisme transnationale? En fait, il serait futile d’en chercher un seul. Dès les années 1980 avec la mise en place des programmes d’ajustement structurel et la prise en charge de la gestion macroéconomique étatique par le FMI et la Banque mondiale, on commence à percevoir un tournant dans les pratiques et le discours de la solidarité internationale. Se dessinent alors quelques grandes caractéristiques des pratiques et du discours altermondialistes, l’insistance sur l’inclusion, l’équité, la participation et la dissidence directe dans la rue et non plus à travers des partis politiques ou des institutions étatiques. Le soulèvement zapatiste de janvier 1994 et son appel à  une résistance transcontinentale au néolibéralisme global ont aussi eu une importance particulière. Par la suite, les forums et les rassemblements parallèles aux rencontres de l’Organisation mondiale du commerce sont devenus des moments privilégiés d’expression de la dissidence. D’abord à Genève en 1998 puis l’année suivante lors de la « bataille de Seattle », une multitude d’acteurs de la société civile se sont rencontrés et ont manifesté. Les rencontres ministérielles qui ont suivi (Doha 2001, Cancun 2003, et Hong Kong en 2005), les sommets du G-8, les réunions du FMI et de la Banque mondiale sont ainsi devenus des occasions importantes pour les mouvements sociaux transnationaux de se rassembler et d’agir collectivement en vue de protester contre des modes de décisions jugés non démocratiques et exclusifs. Pour de nombreux participants, la libéralisation de l’économie et du commerce telle que proposée par l’OMC ou encore discutées durant la rencontre annuelle de Davos constituent des enjeux globaux qui requièrent une mobilisation citoyenne transfrontalière afin de transformer l’orientation de l’économie néolibérale en faveur d’une économie basée sur d’autres valeurs telles la justice sociale, l’équité et la durabilité.</p>
<p style="text-align: justify">En parallèle de propositions dites alternatives (notamment, la taxe Tobin sur les mouvements de capitaux, la réforme des institutions internationales et des règles du commerce mondial, le commerce équitable, la non-brevetabilité du vivant, la simplicité volontaire, le développement durable, la souveraineté alimentaire, etc.), l’altermondialisme a depuis 2001 un espace symbolique de rassemblement, le Forum social mondial (FSM). Conçu initialement comme la réponse sociale au Forum économique de Davos, le FSM est devenu aux yeux de beaucoup le moment privilégié d’expression et d’affirmation qu’un ‘autre monde est possible’. Depuis, de manière quasi-annuelle, au début à Porto Alegre, puis à Mumbai et plus récemment à Nairobi, des milliers d’altermondialistes autoproclamés se rassemblent pour partager leurs expériences, leurs analyses et leur conviction qu’il existe des alternatives à la mondialisation actuelle, affirmant ainsi qu’il existe un ensemble hétéroclite de nouvelles pratiques sociales, politiques, économiques et culturelles appartenant à un vaste effort collectif de reconceptualisation de l’ordre mondial. Et l’expérience se poursuit : en septembre 2007, le Québec tenait son premier Forum social tout juste après celui tenu d’Atlanta aux États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify">Le FSM et ses variantes régionales et locales constituent un terrain fertile de réflexions et de discours critiques face à la mondialisation. En même temps, plusieurs se questionnent sur le fait que le FSM risque de devenir à plus ou moins long terme un rituel ‘obligé’ : quelques jours pendant lesquels un autre monde est imaginé, un peu à la manière des grands rassemblements religieux et des pèlerinages. Il n’en reste pas moins qu’au-delà du caractère possiblement ritualisé de l’exercice, le Forum constitue un espace important de réflexion.</p>
<p style="text-align: justify">Cette dimension identitaire est importante car elle laisse entrevoir la mise en place de plus en plus d’une solidarité transnationale basée non plus seulement sur une cause ou une problématique du Sud comme telle, mais plutôt sur des identités partagées et plurielles. D’ailleurs, certains grands mouvements sociaux, tels la Marche mondiale des femmes, le mouvement pour la souveraineté alimentaire, ou encore le mouvement pour la paix fonctionnent sur des registres identitaires autres que national, religieux, ou partisan. Reste à savoir jusqu’à quel point cette forme identitaire partagée est véritablement enracinée dans une pratique politique et sociale qui puisse dépasser d’autres réflexes identitaires.</p>
<p style="text-align: justify">
<h2>Dialectique ou dialogue? Nouveaux contours de l’analyse politique</h2>
<p style="text-align: justify">En quoi la mondialisation et son contrepoint, l’altermondialisation, constituent-elles de véritables problématiques d’analyse politique?  Deux grands terrains théoriques me semblent alimenter le mieux les réflexions sur ces enjeux, le premier est la sociologie politique et le second l’étude des relations internationales. Jugé par plusieurs dont Thomas Risse [4], comme la rencontre fortuite de ces deux agendas de recherche, l’étude des relations transnationales a remis à l’agenda l’importance de comprendre et d’expliquer le rôle des acteurs non-étatiques et la place déterminante des normes au sein des relations internationales. D’ailleurs, l’étude des normes internationales, des acteurs non-étatiques et des phénomènes associés à la mondialisation a bénéficié de la montée du constructivisme et des analyses post-positivistes.</p>
<p style="text-align: justify">Longtemps isolé des débats épistémologiques au sein des relations internationales, les approches constructivistes sont au cœur des questionnements théoriques sur la signification de la mondialisation et de l’altermondialisation. Aujourd’hui, le constructivisme semble être le paradigme privilégié en particulier pour l’étude de l’altermondialisme. D’une part, son insistance sur le rôle de l’intersubjectivité, c’est-à-dire l’importance de la co-constitution de la réalité comme produit de l’interaction sociale semble particulièrement pertinente pour saisir la mise en place du discours altermondialiste sur la mondialisation. D’autre part, le constructivisme permet d’identifier tout une série de pratiques alternatives et de normes comme composantes de ce mouvement multiforme, pluriel et éclaté. Que ce soit le rôle grandissant des normes internationales, des idées telles la justice sociale, le commerce équitable ou encore le développement durable, force est de reconnaître qu’il s’agit là de constructions discursives et narratives.</p>
<p style="text-align: justify">Au niveau méthodologique, l’étude de la mondialisation et encore plus de l’altermondialisation présente une série de défis. Le premier est au niveau de l’unité d’analyse, faut-il favoriser une approche systémique telle que celle proposée par l’école du système-monde et qui appréhende l’ensemble du monde capitaliste? Ou faut-il plutôt privilégier une pluralité de niveaux d’analyse et leurs interaction lorsque l’on tente de comprendre des phénomènes transnationaux, tels les migrations, les changements climatiques, la production alimentaire, le crime organisé, ou encore les nouveaux enjeux de santé?  Ainsi, doit-on dépasser le stato-centrisme et réconcilier à la fois la possibilité que l’individu ait une importance de plus en plus significative, tout comme les différentes formes d’organisations supranationales (traités, régimes, organisations multilatérales, ONGI, et réseaux de militants transnationaux)?  Pour James Rosenau5, cet écartèlement de l’analyse statocentrique peut être illustré par l’idée de la « fragmégration ». Néologisme signifiant qu’il faille maintenant tenir compte dans nos analyses à la fois des processus de fragmentation et des processus globaux d’intégration (économique, politique, culturelle, etc.). C’est à l’intérieur de ce processus dialectique, me semble-t-il que l’on peut voir émerger les avenues les plus prometteuses pour une compréhension à la fois originale et explicative de la mondialisation et de l’altermondialisation.</p>
<p style="text-align: justify">Sans promouvoir la mise au rancart de l’étude des relations interétatiques, l’analyse des relations transnationales ouvre la porte à une compréhension plus nuancée et plus complète du monde actuel. Plutôt que de parler de la ‘contamination’ des relations interétatiques par les relations transnationales, il semble plus fructueux d’accepter la superposition de ces formes de relations. De même, il est devient peut être plus productif d’entreprendre l’étude de la mondialisation et de l’altermondialisation à partir d’une analyse des enjeux (issue-based analysis).</p>
<p style="text-align: justify">Dernier défi à l’étude des processus mondiaux contemporains, la construction identitaire est au cœur de nombreux questionnements théoriques. Pour certains, il est possible d’imaginer éventuellement une citoyenneté transnationale ou post-nationale. Plutôt qu’une telle transposition qui  impose une certaine logique calquée du modèle national, il peut être plus productif d’envisager la multiplication des appartenances et des loyautés subjectives. Ainsi, l’identité nationale (par exemple québécoise) serait de plus en plus inscrite à l’intérieur d’une variété d’identités tout autant subjectives que multiformes.</p>
<p style="text-align: justify">Bien sûr, il est trop tôt pour prétendre à la mise en place d’une identité cosmopolite ou encore de la mise en place d’une démocratie cosmopolitique. Pour l’instant, le renouvellement des lentilles conceptuelles et méthodologiques traditionnellement associée aux relations internationales ou à la politique comparée à travers l’étude des dynamiques transnationales contemporaines associées à la mondialisation ou à l’altermondialisation semblent être une démarche heuristique féconde.</p>
<p><strong>Dominique Caouette</strong> est professeur au département de science politique de l’Université de Montréal.</p>
<p style="text-align: justify">&#8212;</p>
<p style="text-align: justify">[1] Cet article est une version abrégée et modifiée du chapitre « Mondialisation et altermondialisation : Dialectique ou dialogue? » paru dans La politique en questions, ouvrage rédigé par les professeurs du Département de Science politique de l&#8217;Université de Montréal, Presses de l&#8217;Université de Montréal, 2008.</p>
<p style="text-align: justify">[2] Ulrich Beck, Pouvoir et contrepouvoir à l’ère de la mondialisation, Paris, Flammarion, 2003.</p>
<p style="text-align: justify">[3] Michael Hardt et Antonio Negri, Empire, Paris, Exils, 2000.</p>
<p style="text-align: justify">[4] Thomas Risse-Kappen (dir.), Bringing Transnational Relations Back In: Non-State Actors, Domestic Structures and International Institutions, Cambridge, Cambridge University Press, 1995.</p>
<p style="text-align: justify">[5] James N. Rosenau, Distant Proximities: Dynamics Beyond Globalization, Princeton, Princeton University Press, 2003.</p>
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		<title>Pas à pas, ensemble et différents, nous changeons le monde! &#8211; Entrevue avec Françoise David</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Aug 2009 03:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Altermondialisme (vol.32, no.3-4, Aut.2008)]]></category>
		<category><![CDATA[Rôle du politique]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[forums sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[personnalité politique]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>

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		<description><![CDATA[(Entrevue réalisée par Raphaël Canet à Montréal le 19 juillet 2008)

Raphaël Canet : Depuis 2001, avec la tenue du premier Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil), la mouvance altermondialiste ne cesse de se propager aux quatre coins du globe. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Françoise David : Ce phénomène a été rendu possible par l’action [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>(Entrevue réalisée par Raphaël Canet à Montréal le 19 juillet 2008)<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Raphaël Canet :</strong><em> Depuis 2001, avec la tenue du premier Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil), la mouvance altermondialiste ne cesse de se propager aux quatre coins du globe. Comment expliquez-vous ce phénomène ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Françoise David :</strong> Ce phénomène a été rendu possible par l’action de groupes altermondialistes et de mouvements sociaux qui ont mis en évidence dès les années 90 le fait que nos gouvernements étaient en train de négocier, par-dessus nos têtes et en notre nom, des accords quasi-secrets qui pouvaient avoir des conséquences assez dramatiques sur nos vies quotidiennes.</p>
<p style="text-align: justify">Cette prise de conscience s’est véritablement propagée à partir des événements de Seattle, contre l’Organisation mondiale du commerce en 19992. Des groupes de jeunes ont ouvert les yeux à beaucoup d’organisations (populaires, syndicales et autres) sur ce qui se passait avec la conclusion d’accords commerciaux qui impliquaient une redéfinition du rôle des États. À l’époque j’étais à la Fédération des Femmes du Québec (FFQ), nous préparions la Marche mondiale des femmes, et nous considérions ces événements avec beaucoup d’intérêt. Nous étions en contact avec des femmes d’une centaine de pays et le partage d’expériences concrètes nous a amenées à comprendre que le néolibéralisme et le patriarcat se nourrissaient mutuellement. J’ai beaucoup appris à ce moment-là et beaucoup de femmes québécoises ont appris aussi. Au fond, ça a pris un certain temps, 15 à 20 ans après le début des premières politiques néolibérales, pour que les gens sur le terrain réalisent vraiment ce qui se passait. Ensuite, les choses ont évolué assez rapidement. Au Québec, depuis une dizaine d’années, il y a une effervescence militante en rapport avec tout ce qui touche à la mondialisation, aux accords de libre-échange, particulièrement dans les Amériques. On assiste à une prise de conscience de la nécessaire solidarité entre les peuples du monde.</p>
<p style="text-align: justify">Ce n’est pas étonnant que les mouvements sociaux en soient venus à se dire qu’on ne peut plus lutter seul, dans son pays, dans son quartier, qu’il faut désormais se parler à des échelles plus larges. C’est la réponse la plus efficace à un courant mondial qui est bien organisé. Les gouvernements de la planète ont leurs fronts communs, les grands de ce monde, au plan économique, ont leur Davos et toutes sortes d’autres lieux de rencontre. Il était temps que les mouvements sociaux en fassent autant. Les forums sociaux constituent donc une réplique adéquate, et c’est normal que la formule se soit ensuite disséminée partout à travers le monde. C’est la suite logique d’une prise de conscience qui  a commencé il y a à peine 10 ans. Au fond cela va assez vite, c’est réjouissant!</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC : </strong><em>L’attention particulière accordée à la nécessité de rassembler la plus grande diversité des mouvements, des formes de lutte et des aspirations au sein de cette mouvance altermondialiste, est-elle, selon vous, une opportunité ou un handicap dans cette entreprise de transformation sociale ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Pour moi, c’est surtout une opportunité. C’est même peut-être l’un des aspects les plus intéressants des forums. Je trouve que cette diversité a quelque chose de nourrissant. Cela permet à toutes sortes de monde, des militants « professionnels » aux simples curieux, de se rencontrer. Cela permet de sortir de son secteur, et au Québec comme ailleurs, c’est important. Une féministe ira écouter ce qu’à à dire un écologiste, et vice-versa. Chacun et chacune, dans son mouvement, n’a pas vraiment l’occasion de discuter avec l’autre et de comprendre que les analyses et les luttes des uns-es et des autres sont tout aussi  pertinentes. Cette diversité doit rester.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC : </strong><em>Un débat de fond anime la mouvance altermondialiste au sujet des Forums sociaux mondiaux. Certains considèrent qu’ils doivent demeurer un espace de rassemblement de la diversité des groupes en luttes afin qu’ils se rencontrent, échangent et poursuivent leur travail spécifique de transformation sociale. D’autres souhaitent qu’ils deviennent un acteur qui puisse définir un programme clair qui serve ainsi de socle commun de revendications pour l’ensemble des composantes de la mouvance altermondialiste.  Que pensez-vous de ce débat?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> J’ai participé à deux forums sociaux mondiaux (Mumbai &#8211; Inde en 2004 et Caracas-Venezuela en 2006) ainsi qu’au Forum social québécois (FSQ) de l’an passé. Les échanges et les discussions sont passionnants. Mais il est vrai que si nous n’arrivons pas à faire déboucher les forums sur un minimum d’actions concrètes et concertées, le danger c’est que les échanges deviennent un peu répétitifs, à la longue.</p>
<p style="text-align: justify">Prenons le cas du FSQ : il est dommage d’avoir eu 5000 personnes rassemblées en août, qui ont échangé, qui ont découvert d’autres perspectives, qui se sont aussi rendu compte qu’elles n’étaient pas toutes seules à se battre, etc… et que si peu de personnes se soient retrouvées le 26 janvier lors de la journée d’action mondiale. On a peut-être manqué là une occasion de mener une vaste action concertée entre les mouvements. Donc, au terme d’un Forum, pourquoi ne pas choisir un thème rassembleur, qui soit marquant dans une conjoncture particulière et qui parle à la population, pour agir ensemble?<br />
Cela dit, évoquer l’importance pour les forums de mener à des actions concrètes concertées, cela ne veut pas dire que ces lieux de parole doivent déboucher sur un seul programme et une seule vision. Si nous faisions cela, nous risquerions d’assister à la mise en place d’une mégastructure internationale où le pouvoir serait concentré entre les mains de quelques- uns. Je pense que l’on  perdrait beaucoup de monde. Ce ne serait plus un forum social, ce serait autre chose.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC</strong><em><strong> </strong></em><strong>:</strong><em> Vous êtes l’une des deux porte-parole d’un parti politique provincial, Québec Solidaire. Quel est, selon vous, la place et le rôle d’un parti politique dans la mouvance altermondialiste ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Je vais renverser la question : quel pourrait être le rôle de militants et militantes altermondialistes dans un parti politique? Les militants-es altermondialistes savent où ils s’en vont, ils publient des analyses, leurs stratégies  sont multiples. Un parti politique écologiste et de gauche n’a peut-être pas grand chose à apprendre aux militants altermondialistes, il doit surtout apprendre d’eux.</p>
<p style="text-align: justify">Si Québec Solidaire est aujourd’hui capable de faire le lien entre patriarcat et néolibéralisme, c’est parce que la Fédération des femmes du Québec avait  élaboré  cette analyse auparavant. Québec Solidaire est le produit des  luttes de femmes, de syndicalistes, d’écologistes, de gens pauvres…  La plupart de nos  militantes et militants les plus actifs viennent de tous ces milieux et apportent analyses et stratégies. Québec Solidaire n’est pas une avant-garde éclairée pour le mouvement altermondialiste, au contraire le parti se nourrit de cette mouvance, la plupart de ses membres en étant issus.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC :</strong> <em>En prônant plus de participation citoyenne et moins de représentation, la mouvance altermondialiste tente de pratiquer une nouvelle culture politique centrée sur le citoyen en propageant l’idée que tout le monde peut-être un acteur du changement social. En jouant le jeu électoral traditionnel du système représentatif, QS n’est-il pas en décalage par rapport à cette nouvelle culture politique ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Il est évident qu’en faisant le pari de changer les choses avec des outils politiques issus en partie d’une action électorale traditionnelle, Québec solidaire s’est lancé à lui-même tout un défi.</p>
<p style="text-align: justify">Le monde de la politique partisane est par définition un monde centré sur la compétition. C’est un monde qui a ses règles, médiatiques par exemple. La joute politique est aussi éminemment stratégique. Le risque de se couper de la base, de négliger la participation citoyenne, est bien réel.  Mais est-ce que c’est inévitable ? Voilà la vraie question.</p>
<p style="text-align: justify">Je pense que non. Ce n’est pas inévitable si on a un parti profondément démocratique et enraciné dans les communautés et les luttes des mouvements sociaux. Mais cela demande une vigilance de tous les instants. Je vais prendre un seul exemple. On entre actuellement, à Québec Solidaire, dans la phase d’élaboration de notre programme politique. Le défi c’est de ne pas se retrouver à 200 militantes et militants qui vont tout définir, parce qu’on sera les 200 les plus impliqués, ceux et celles qui auront le plus de vocabulaire, qui seront sortis des universités… alors qu’on a 5000 membres. Nous avons le devoir de nous assurer que la base du parti se sente vraiment interpellée à participer. Plus encore, nous avons décidé de faire appel aux forces vives des mouvements sociaux pour nous inspirer dans l’élaboration de ce programme politique. Nous sommes bien loin de nous refermer sur nous-mêmes. Mais pour arriver à cet objectif, il  faut  créer des conditions de participation populaire accessibles à toutes et à tous. Nous y travaillons! Là encore, nous pouvons nous inspirer des démarches de participation citoyenne au Québec et, pourquoi pas, en Amérique latine!<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC :</strong> <em>Est-il possible de faire de la politique autrement ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong><strong>FD :</strong> Oui, mais au prix de grands efforts et en observant une vigilance de tous les instants. Le jeu politique actuel ne conduit pas à ça, mais il laisse suffisamment d’espace pour que des gens très décidés transforment progressivement les règles communément admises.  Nous y arriverons si nous sommes convaincus que nous devons consacrer du temps aux processus, et pas seulement aux résultats, comme le veut la règle politique traditionnelle. À mon avis, les féministes apportent beaucoup à Québec Solidaire lorsqu’il s’agit de réfléchir aux processus.</p>
<p><strong>RC :</strong> <em>Avant de faire le saut en politique, vous avez fait partie et même dirigé un mouvement social, la Fédération des Femmes du Québec, qui a connu de belles réalisations au Québec  ainsi qu’au niveau international avec la Marche mondiale des Femmes. Sur la base de votre expérience, quelle doit-être selon vous l’articulation entre les mouvements sociaux et les partis politiques ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Au Québec, pour diverses raisons, les mouvements sociaux ressentent le besoin d’être non partisans. Aussi, je ne m’attends pas à ce que les directions nationales des grands mouvements sociaux québécois appuient ouvertement notre parti. Je considère parfaitement légitime que les mouvements sociaux soient désireux de conserver leur entière autonomie vis à vis quelque formation politique que ce soit.  Je souhaite cependant qu’ils nous voient comme des alliés.</p>
<p style="text-align: justify">Je remarque que les écologistes ou le mouvement anti-guerre ont moins de réticences que d’autres mouvements à inviter les représentants-es des partis politiques, à se joindre aux actions qu’ils organisent. Comme ils invitent tout le monde, ils ne peuvent pas être accusés d’être partisans. J’aimerais dire aux représentants-es des mouvements sociaux que nous pourrions nous asseoir à la même table de temps à temps, sans que quiconque tente de noyauter qui que ce soit,  et  débattre ensemble de l’organisation d’actions qui peuvent être importantes dans certaines conjonctures. C’est d’ailleurs arrivé dans les cas de la lutte contre la privatisation du mont Orford ou des protestations contre l’agression  israélienne au Liban. Nous pouvons ainsi dialoguer et travailler ensemble dans le respect de l’autonomie de chacun.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC :</strong> <em>Il y a quelques années, à partir de l’exemple du mouvement zapatiste au Mexique, John Holloway publiait un livre au titre provocateur : Changer le monde sans prendre le pouvoir. Pensez-vous que ce soit possible ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Changer le monde est un vaste programme! Comment y arriver ? Je  crois qu’il n’existe pas une seule et unique réponse. Pourquoi ne pas accepter que puissent coexister une diversité de stratégies possibles? C’est pas à pas, ensemble et différents que nous changerons le monde. Lutte par lutte, gain par gain, en faisant parfois des bonds de géants mais le plus souvent en avançant lentement.</p>
<p style="text-align: justify">Nous aurons besoin de mouvements sociaux forts, dynamiques, revendicateurs, démocratiques, où la participation citoyenne est à l’ordre du jour, qui peuvent s’unir autour de sujets communs dans des conjonctures particulières, qui se rassemblent au niveau international ; mais nous aurons aussi des partis politiques menant le même combat avec des moyens différents, en ouvrant des espaces publics de discussion, en faisant avancer des idées. Il arrivera que ces partis forment des gouvernements, comme c’est le cas dans certains pays d’Amérique latine. Ça ne change pas le monde au complet…mais pour les populations concernées, l’élection d’un gouvernement de gauche peut signifier une amélioration notable des conditions de vie de la majorité. Ce n’est pas rien!</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC :</strong><em> Le mouvement féministe n’est-il pas justement l’exemple de ce genre de mouvement qui a changé le monde sans prendre le pouvoir ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD</strong> : C’est vrai que les féministes ont réussi  dans certains pays à gagner des avancées extraordinaires. On s’entend, ce n’est vraiment pas le cas dans tous les pays du monde! Mais prenons le Québec. Au cours des vingt dernières années, les luttes féministes ont débouché sur des victoires intéressantes. Il a fallu pour cela, que des alliances se forgent entre le mouvement des femmes et certaines politiciennes à Québec et à Ottawa. Aujourd’hui, les féministes sont confrontées à des blocages économiques, par exemple, dans le cas de l’équité salariale. Celle-ci est accessible aux employées du secteur public ou des grandes entreprises syndiquées, soit une minorité de travailleuses. Toutes les autres attendent. Pourquoi ? Parce que leur rapport de force n’est pas suffisant, parce que les patrons ne veulent rien  savoir et que l’État ne les obligera à rien. Pour aller plus loin, il faudra une loi plus coercitive et pour cela, il faudra élire à Québec des féministes de gauche, décidées à remettre en question l’ordre économique défendu par le gouvernement et les dirigeants d’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>RC : </strong><em>Quel est, selon vous, l’avenir de la mouvance altermondialiste ?</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>FD :</strong> Il me semble que l’un des défis de la mouvance altermondialiste est le pari de l’information et de l’éducation. Les gens ne peuvent pas se mobiliser s’ils n’ont pas une conscience claire de ce qui se passe. Ce n’est pas en écoutant seulement le Téléjournal qu’on va comprendre les effets des accords de libre-échange sur notre vie quotidienne! Un autre défi consiste à combattre le sentiment d’impuissance au sein de la population. Beaucoup de gens se sentent désarmés face au néolibéralisme et à ses effets. Pourtant la contrepartie aux effets du néolibéralisme existe, elle est dans les forums sociaux, dans les alliances entre les mouvements sociaux, dans les mobilisations, dans des partis de gauche et écologistes qui naissent et se développent.  Peut-être nous faudrait-il mieux nous concerter, mieux travailler ensemble loin des chicanes sectaires?</p>
<p><strong>Françoise David </strong>est porte-parole de Québec Solidaire.  <strong> </strong></p>
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		<title>Laborieuses mutations des acteurs collectifs &#8211; Par André Thibault</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 19:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Altermondialisme (vol.32, no.3-4, Aut.2008)]]></category>
		<category><![CDATA[Redéploiement de l'action collective]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>

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		<description><![CDATA[Juste avant, il y eut le RAP
L’esprit des Forums sociaux n’a pas pris les milieux progressistes québécois par surprise. Les 28 et 29 novembre 1997, quelque 600 personnes s’étaient rencontrées au Cégep Maisonneuve pour lancer le Rassemblement pour une alternative politique . Dans le compte-rendu qu’il en donnait dans l’aut’JOURNAL de décembre-janvier suivant, Paul Cliche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Juste avant, il y eut le RAP</h2>
<p style="text-align: justify">L’esprit des Forums sociaux n’a pas pris les milieux progressistes québécois par surprise. Les 28 et 29 novembre 1997, quelque 600 personnes s’étaient rencontrées au Cégep Maisonneuve pour lancer le Rassemblement pour une alternative politique . Dans le compte-rendu qu’il en donnait dans l’aut’JOURNAL de décembre-janvier suivant, Paul Cliche parlait d’une “ rencontre historique entre militants et militantes en provenance de l’ensemble des groupes, mouvements, partis et tendances formant l’arc-en-ciel progressiste souverainiste ”. Les participants devaient y trouver “ un lieu de rassemblement où ils pourront s’informer mutuellement des activités des différents réseaux, échanger, se solidariser et prendre des initiatives qui établiront progressivement un réel rapport de force politique (…). Ils veulent que ce mouvement d’action politique prenne position, questionne les décisions des dirigeants, interpelle le pouvoir (…), en somme propose et organise l’alternative ”.</p>
<p style="text-align: justify">Le virage économique du gouvernement Bouchard faisait basculer nettement le PQ dans le courant ultralibéral, accélérant son divorce avec une partie substantielle de sa base sociale militante. Conscients de la diversité de leurs “ convictions idéologiques profondes ”, les fondateurs entendaient ne pas décevoir les espoirs qu’ils éveillaient, “ en mettant en commun leurs points de convergence, en construisant des ponts entre les tendances, en tentant de s’élever au-dessus de l’esprit de chapelle sans se renier ”.</p>
<p style="text-align: justify">Malgré tout, c’est lors de cette enthousiaste rencontre qu’une première porte s’est claquée. Un amendement à la proposition de fondation fut proposé, stipulant que “ l’indépendance constitue le principal cheval de bataille du futur mouvement ”. Son rejet entraîna la sortie fracassante de quelques personnes, sous les invectives de quelques autres. Tôt ou tard, tout projet arc-en-ciel doit affronter la question de savoir si certaines couleurs auront prédominance sur d’autres. On s’entendit plus aisément sur un second amendement, voulant que le RAP soit “ en rupture avec les partis traditionnels (PQ, PLQ, ADQ) ” — le fait de les énumérer n’étant pas fortuit comme on le verra plus loin.</p>
<p style="text-align: justify">Comment ensuite combiner efficacité et démocratie ? Un conseil des régions devait assurer le contact continu avec la base et un comité de coordination national prendre en charge les objectifs organisationnels. Ce dernier délégua à un comité du contenu la formulation des “ idées-forces capables de susciter des changements sociaux et politiques majeurs ”. On l’aura peut-être deviné, ce dernier attira les adhérents les plus convaincus à certains des courants idéologiques représentés. Conformément à la tradition immortalisée par l’hymne national canadien, son “ histoire est une épopée ”… au sens homérique du terme ! Chaque rencontre fut riche en engueulades et en départs. Quand les survivants présentèrent au comité de coordination la plate-forme issue de leurs délibérations, une nouvelle querelle éclata entre les deux comités à savoir si ce contenu pouvait être révisé ou devait être présenté tel quel lors du congrès officiel de fondation.</p>
<p style="text-align: justify">Entre le comité de coordination national et celui de Montréal, ce fut longtemps une tension persistante, dont l’objet plus ou moins avoué était l’influence exercée dans le mouvement par des partis de gauche non mentionnés dans la déclaration de rupture précédente. Et puis, une dernière confrontation opposa ceux pour qui le RAP devait survivre et servir de base de lancement à la naissance d’un parti politique conforme à ses orientations, et les autres qui préconisaient qu’il se saborde comme mouvement et se transforme le plus tôt possible en parti. Cette dernière option l’emporta, par un autre vote serré. La suite est bien connue. Ce nouveau parti se joignit à de petits partis de gauche existants pour constituer l’UFP, laquelle fusionna ensuite avec Option Citoyenne, issue davantage des groupes communautaires, pour donner Québec Solidaire. Ceux qui se sentaient plus à l’aise dans un mouvement se retrouvent aujourd’hui dans divers groupes altermondialistes.</p>
<p style="text-align: justify">
<h2>Que reste-t-il de nos États ?</h2>
<p style="text-align: justify">À l’intérieur de ces derniers groupes, la stratégie traditionnelle de tout miser sur l’action politicienne partisane n’inspire plus confiance. Mais la question de l’État demeure un dilemme irrésolu, une source de malaise. Elle est pourtant incontournable.</p>
<p style="text-align: justify">Un petit exemple, presque trivial. Les “ véhicules hors route ” dégagent, souvent sans l’excuse d’une utilité quelconque, de fortes quantités de gaz à effet de serre, en plus de la pollution sonore qu’ils produisent et des dégâts qu’ils causent à diverses espèces végétales et animales. J’adhère à l’association Québec Nature, qui fait un sérieux travail de sensibilisation à cet égard. Elle a probablement réussi à convaincre plusieurs personnes et à faire progresser l’adhésion à un modèle culturel critique à l’endroit de cette conception du loisir. Mais la libre délibération entre les acteurs de la société civile rencontre vite sa limite. Les enthousiastes des promenades bruyantes en pleine nature n’ont pas la moindre intention de renoncer aux “ joies ” de la vitesse et à l’impression de puissance qu’ils y expérimentent ; les objections des verts les braquent au contraire sur leur position.</p>
<p style="text-align: justify">Là où s’arrête la capacité persuasive des militants sociaux, le pouvoir de l’État a les moyens de prendre la relève. Le site WEB de Québec Nature nous informe : “ En 1997, une nouvelle loi qui encadre la circulation des véhicules hors route a été adoptée. La circulation des véhicules motorisés à des fins récréatives ou sportives est permise sur les terres publiques ou privées, à certaines conditions. Les agents de conservation, les agents de la paix tout comme les agents de surveillance de sentiers de clubs homologués, ont le mandat d’en assurer le respect ”.</p>
<p style="text-align: justify">Aucun Parti Vert n’a encore réussi à faire élire de député au Canada ni au Québec. Les militants de Québec Nature ou de Greenpeace œuvrent dans le secteur associatif, pensent globalement et agissent localement. Mais c’est à la bonne vieille échelle gouvernementale classique qu’a pu se prendre une décision verte dotée de moyens qui en imposent l’application. Décision trop modérée à mon goût, mais applicable au-delà de tout ce que peut se permettre la seule société civile.<br />
On s’entend depuis Max Weber sur le constat que l’État bénéficie d’une légitimité exclusive de l’exercice de la contrainte. Et aucun changement social majeur, aussi souhaitable qu’il soit objectivement, ne peut se passer d’outils musclés pour en imposer l’application à certains acteurs sociaux. On n’aimerait mieux pas. Que la libre délibération et l’éducation suffisent à dégager les consensus nécessaires. Mais c’est rêver en couleur.</p>
<p style="text-align: justify">Ne serait-ce que sur le terrain trivial de la violence privée. Sa régulation autogérée par la communauté porte le plus souvent un nom : le lynchage ! Mécanisme presque spontané, qui refait surface quand l’appareil public est dépassé et n’arrive pas à rassurer les populations. Dans un quartier populaire du Sénégal au début de cette année, deux malfaiteurs multipliaient les actes de violence. La foule a fini par se faire justice. L’Observateur décrit la scène : “ Des bosses par-ci, du sang coulant sur des plaies béantes. Leurs habits dépouillés et leurs bras attachés par une corde, ils ont vraiment subi les foudres de ces populations qui leur en voulaient terriblement ”. Sur le blogue de ce journal national, la majorité des réactions de lecteurs rejoignent la plus succincte : “ Il faut les kill ” (comme si en anglais, ça tuait encore plus).</p>
<h2>… mais certains États sont plus égaux</h2>
<p style="text-align: right"><em>Hence, progress can be thought of only along spatial lines of expanding the liberal<br />
creed abroad, (…) With its unso-phisticated reduction of ‘freedom’ to a set of allegedly universal criteria to be established, the liberal narrative (…) can conceive of it only as the geographical expansion of an already established truth. Thus, it fails in the long run to provide anything but an imperialist and fairly antagonistic version of the purpose: new barbarians in need of conversion, new tyrannies in search of civilization.</em><br />
<em><strong>Vibeke Schou Pedersen</strong></em></p>
<p style="text-align: justify">La démonstration qui précède est platement classique. Si les drames de la vie collective se limitaient aux faits divers éloquemment relatés par le Journal de Montréal, les passionnés du bien commun continueraient comme naguère à s’engager prioritairement au service de l’État, un État dont les capacités d’action et de contrôle coïncideraient avec le tracé de ses frontières. Cette vision de l’État comme système complet et autonome, pendant politique du concept sociologique de société globale, est historiquement récente et même au cours des deux derniers siècles, n’a guère eu une validité heuristique satisfaisante que dans de grandes collectivités nationales assez fortes pour… loger de prestigieuses écoles de sociologie et de science politique. Ces grands ensembles se reconnaissaient par des structures sociales distinctes, une culture supposée commune, voire un projet de société (dont rêvent encore bien des néo-nationalistes québécois dans l’espoir de trouver un mécanisme d’intégration qui puisse se substituer aux racines ethniques).</p>
<p style="text-align: justify">Or la globalisation est en train de chambarder tout cela. N’y voir qu’une subordination du politique, du social et du culturel à l’économique, c’est en négliger le caractère géopolitique majeur. Même aux États-Unis, il y a bien plafonnement de l’État-Providence, mais une présence plus forte que jamais d’un pouvoir politique capable d’infléchir des orientations et décisions collectives de tous ordres, y compris bien au-delà de ses frontières. Ça nous interroge particulièrement ici, car ce pays est à moins d’une heure de trajet automobile pour la plupart d’entre nous. Cette influence multidimensionnelle (politique, économique, culturelle… et militaire) limite beaucoup plus la marge de manœuvre des instances politiques québécoises que le fédéralisme centralisateur canadien. Pendant que certains continuent de se battre contre l’héritage de Trudeau, la plupart des nouveaux militants sont beaucoup plus angoissés par les manœuvres des grands consortiums financiers, de leurs bras organisationnels comme l’OMC et le FMI, et des “ think tanks ” néoconservateurs qui rayonnent de Washington partout et jusque chez nous (Institut économique de Montréal). Même le terme d’empire, dans son sens traditionnel, rend mal compte du basculement universel des rapports de pouvoir en train de se produire.</p>
<p style="text-align: justify">
<h2>Brouillage des identités collectives</h2>
<p style="text-align: justify">Cela noie-t-il les identités collectives (peuples, nations, ethnies) dans un grand tout indifférencié ou provoque-t-il au contraire des replis où l’on réinvente et sacralise des “ nous ” mutuellement exclusifs ?</p>
<p style="text-align: justify">Chez nous, non seulement de nombreux immigrants s’intègrent dans leur société d’accueil, mais ils y fournissent plus que leur part de vedettes (de Maryvonne Kendergi à Bruny Surin et Dany Laferrière chez nous). Malgré que les taux actuels d’immigration soient loin d’être les plus élevés de notre histoire, on a souvent l’impression du contraire, en raison de la diversification spectaculaire des provenances géographiques. Et ces nouveaux venus pénètrent des champs d’emploi de plus en plus larges, incluant l’administration, la technologie, l’entrepreneuriat. Au nom de quoi considérerait-on cette situation historique exceptionnelle ? Les grandes migrations sont une constante plutôt que l’exception dans l’histoire humaine. Régulièrement, les traités de paix ont redessiné les frontières sans respecter les appartenances ethniques des populations. Et depuis la plus haute Antiquité, le commerce a toujours maintenu en contact des groupes séparés par la géographie.</p>
<p style="text-align: justify">Dans ces sociétés à haute mixité qui sont les nôtres, le concept d’appartenance est clair mais son application concrète est pleine d’imprécisions et d’ambiguïtés. À l’intérieur de chaque communauté, il y a des tiraillements incessants et insolubles entre la solidarité et les tensions : je ne suis pas le produit aveugle de mes ancêtres ; l’appartenance ethnique et une composante importante mais non exclusive de l’identité des individus. Entre les communautés, on observe beaucoup d’ambivalence entre attrait et répulsion, convergences et divergences d’intérêts, interdépendances et besoins d’autonomie et d’identité. Sont fréquents les cas de métissage, de mariages ou de liaisons amoureuses interethniques, de partenariats professionnels ou amicaux, d’échanges de produits culturels.</p>
<p style="text-align: justify">Cela n’empêche pas que les différences identitaires sont réelles. Mais on ne naît pas membre d’une communauté ethnique, on le devient, en assimilant, en intériorisant cette identité. Et avant d’en adopter les symboles, on apprend concrètement, charnellement, à vivre comme et avec les autres membres de cette communauté. Cet apprentissage vital se fait essentiellement par immersion, en s’imprégnant comme naturellement des manières de vivre qui ont cours dans ce groupe d’appartenance. On apprend aussi à penser comme et avec les autres.</p>
<p style="text-align: justify">Le principal symbole qui va rigidifier cette identité, c’est le postulat d’infaillibilité de sa propre culture. Devant le scandale de divergences interculturelles majeures, la classe dominante du groupe ethnique tranche que les représentations partagées par le groupe — mythes, coutumes, visions du monde, définition du bien et du mal — sont les seules vraies, donc que sa propre culture est la seule qui accomplit l’universalité et qu’elle est intrinsèquement supérieure aux autres. S’ajoute, dans la société qui se considère avancée, une théorie de l’histoire humaine faisant de sa société à soi l’aboutissement d’un processus évolutif. À partir du moment où une élite fait de ces contenus culturels une orthodoxie, la séduction se transforme en contrainte et la dynamique repousse vers l’extérieur ceux qui auraient pu la garder vivante en la renouvelant. Pourtant, la production des symboles d’identité est une opération interactive entre des communautés ethniques, incompréhensible en-dehors de cette interaction. Et on s’enferre dans des impasses si on oublie que les symboles d’identité n’ont pas pour rôle de décrire la réalité mais d’inspirer et de motiver.</p>
<p style="text-align: justify">Toute culture repose sur la conception imaginaire, le choix et la mise en application de certaines solutions à certains problèmes. Toutes, elles négligent d’autres problèmes, d’autres solutions, et les discours socialement acceptables, ceux qui construisent le lien social dans le groupe, ignorent ces zones sombres. D’où la marginalité que connaissent, du moins au début, les innovateurs, les réformateurs, les artistes, qui abordent les sujets avec lesquels cette culture ne sait pas composer.<br />
La première conscience critique du dissident est celle d’un échec personnel, précisément dans l’affirmation de son identité propre et de son appartenance. Il s’aperçoit un jour que cette expérience d’échec est partagée par d’autres — que cela crée un écart entre un discours collectif formel et un pessimisme personnel inavoué — et que les communications deviennent inauthentiques parce qu’elles doivent respecter ce discours formel auxquels ils ne croient pas (langue de bois). C’est le fondement imaginaire de la légitimité qui s’effondre. Le manque d’ardeur à jouer la comédie constitue un prélude possible à un nouveau lien social, une solidarité des personnes contre le modèle culturel de leur société d’appartenance. Le maillon faible d’un discours identitaire qui diabolise les étrangers, c’est la probabilité de rencontrer des étrangers sympathiques. Le diable devient l’ange, dans une relation libre des contraintes qui restreignent et banalisent les rapports internes. Le groupe d’affinité ne coïncide plus avec le groupe d’appartenance.</p>
<p style="text-align: justify">Il reste que sur notre planète aujourd’hui même, tant de gens se tuent dans des conflits interethniques ! Pour eux, la spécificité d’une culture justifie n’importe quel abus pourvu qu’il soit sanctionné par l’histoire officielle. Et la douleur des survivants devient facilement désir de vengeance.</p>
<p style="text-align: justify">Quand la différence peut se porter au contraire sur des terrains comme la culture, la politique ou l’économie, le spectre des massacres vengeurs sans fin commence à se résorber. Des tensions internationales ont été réduites par des complicités développées par des scientifiques, des commerçants, des sportifs, des artistes. La réplique principale des Afro-américains à des générations de crimes racistes a été le blues et le jazz. La bonne société conservatrice blanche a tout fait pour empêcher l’expansion de cette musique et pour la dénigrer comme étant vulgaire, voire immorale. Peine perdue. Mais aucun musicien blanc n’en est mort, à moins que l’un ou l’autre ait crevé de jalousie. De même, la seule stratégie de promotion de l’identité qui ait vraiment fonctionné au Québec, c’est d’avoir constamment misé sur un facteur échappant à l’aléatoire et à l’arbitraire, soit la langue. Il n’est pas étonnant que ceux dont les fonctions sociales reposent sur l’usage de la langue (des écrivains aux professionnels desservant une clientèle locale) en aient été les principaux gardiens… et qu’aujourd’hui, toujours aussi attachés à cette spécificité linguistique, ils éprouvent de plus en plus une sensibilité altermondialiste dont les concepts et les stratégies demeurent largement à définir — ce numéro de Possibles  s’inscrivant dans une très longue démarche.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>André Thibault</strong>,<strong> </strong>correspondant montréalais des Amis du Monde Diplomatique, il est aussi chargé de cours en sociologie à l’Université du Québec en Outaouais.</p>
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