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L’altermondialisme, contrepoint à la mondialisation : Nouveaux contours de l’analyse politique – Par Dominique Caouette

L’altermondialisme, contrepoint à la mondialisation : Nouveaux contours de l’analyse politique – PDF

Montréal, 26 janvier 2008[1]. Alors que l’élite politique et économique planétaire discute au Forum économique mondial à Davos en Suisse, des centaines d’altermondialistes marchent dans les rues de la métropole québécoise. En plein froid hivernal, ces militants participent, tout comme des milliers d’autres un peu partout dans le monde, à l’une des 600 activités organisées pour clamer bien haut que plusieurs mondialisations sont possibles, que le citoyen ordinaire doit lui aussi avoir voix au chapitre sur les enjeux de la planète et qu’une solidarité existe au-delà des frontières nationales.

Ce phénomène d’ordre politique a de quoi fasciner. Or, le chercheur en science politique ou en relations internationales se verra désarmer face à ce fait social contemporain majeur car, dans sa discipline, un biais méthodologique l’empêche de saisir toute l’ampleur de ces mobilisations sociales.  En effet, l’État-Nation agit tel un écran de fumée ou encore une diva analytique, occupant l’avant-scène et faisant oublier qu’au dessus et deçà de l’État national, une multitude d’échanges, de processus sociaux, culturels, économiques et politiques ont continué à se produire et à coexister. Pourtant, l’État national n’a jamais su et pu complètement contrôler les échanges transfrontaliers de toutes sortes que ce soit ceux dirigés par de grands conglomérats internationaux ou encore la panoplie d’activités illicites des organisations criminelles transnationales, du piratage maritime à celui des DVD, de la traite des personnes au trafic d’organes ou encore au lucratif marché de la drogue. De la même façon, de plus en plus d’individus se mobilisent de manière transnationale autour de valeurs et de normes partagées (paix, droits de la personne, développement durable, justice sociale, l’égalité des genres, etc.).

Pas à pas, ensemble et différents, nous changeons le monde! – Entrevue avec Françoise David

Pas à pas, ensemble et différents, nous changeons le monde! – PDF

 

(Entrevue réalisée par Raphaël Canet à Montréal le 19 juillet 2008)

Raphaël Canet : Depuis 2001, avec la tenue du premier Forum social mondial à Porto Alegre (Brésil), la mouvance altermondialiste ne cesse de se propager aux quatre coins du globe. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Françoise David : Ce phénomène a été rendu possible par l’action de groupes altermondialistes et de mouvements sociaux qui ont mis en évidence dès les années 90 le fait que nos gouvernements étaient en train de négocier, par-dessus nos têtes et en notre nom, des accords quasi-secrets qui pouvaient avoir des conséquences assez dramatiques sur nos vies quotidiennes.

Cette prise de conscience s’est véritablement propagée à partir des événements de Seattle, contre l’Organisation mondiale du commerce en 19992. Des groupes de jeunes ont ouvert les yeux à beaucoup d’organisations (populaires, syndicales et autres) sur ce qui se passait avec la conclusion d’accords commerciaux qui impliquaient une redéfinition du rôle des États. À l’époque j’étais à la Fédération des Femmes du Québec (FFQ), nous préparions la Marche mondiale des femmes, et nous considérions ces événements avec beaucoup d’intérêt. Nous étions en contact avec des femmes d’une centaine de pays et le partage d’expériences concrètes nous a amenées à comprendre que le néolibéralisme et le patriarcat se nourrissaient mutuellement. J’ai beaucoup appris à ce moment-là et beaucoup de femmes québécoises ont appris aussi. Au fond, ça a pris un certain temps, 15 à 20 ans après le début des premières politiques néolibérales, pour que les gens sur le terrain réalisent vraiment ce qui se passait. Ensuite, les choses ont évolué assez rapidement. Au Québec, depuis une dizaine d’années, il y a une effervescence militante en rapport avec tout ce qui touche à la mondialisation, aux accords de libre-échange, particulièrement dans les Amériques. On assiste à une prise de conscience de la nécessaire solidarité entre les peuples du monde.

Laborieuses mutations des acteurs collectifs – Par André Thibault

Laborieuses mutations des acteurs collectifs – PDF

 

Juste avant, il y eut le RAP

L’esprit des Forums sociaux n’a pas pris les milieux progressistes québécois par surprise. Les 28 et 29 novembre 1997, quelque 600 personnes s’étaient rencontrées au Cégep Maisonneuve pour lancer le Rassemblement pour une alternative politique . Dans le compte-rendu qu’il en donnait dans l’aut’JOURNAL de décembre-janvier suivant, Paul Cliche parlait d’une “ rencontre historique entre militants et militantes en provenance de l’ensemble des groupes, mouvements, partis et tendances formant l’arc-en-ciel progressiste souverainiste ”. Les participants devaient y trouver “ un lieu de rassemblement où ils pourront s’informer mutuellement des activités des différents réseaux, échanger, se solidariser et prendre des initiatives qui établiront progressivement un réel rapport de force politique (…). Ils veulent que ce mouvement d’action politique prenne position, questionne les décisions des dirigeants, interpelle le pouvoir (…), en somme propose et organise l’alternative ”.