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La défection de la culture scolaire

Par Nicole Gagnon
 
«[…] nous souhaitons qu’à l’école tu apprennes à discuter ces questions, à formuler les principes que tu voudras reconnaître et à dialoguer avec les autres en vue d’édifier une société harmonieuse.»(Georges LEROUX)
 
«Bref, réglons nos problèmes sur le dos des enfants!»(Gilles GAGNÉ)

«L’histoire de la culture québécoise et des recherches qui ont porté sur elle depuis 1960, écrivait Fernand Dumont en 1984, se ramène à une défection de la référence.» Il entendait par là la perte des repères culturels, tels que la religion, la conscience historique, la langue, l’État. Quant à la culture scolaire, il n’en traitait pas, se contentant de la définir comme «une mise en forme de la culture portée au niveau de l’idéologie et, du même coup, l’idéologie devenue socialisation». La formule peut surprendre, laissant entendre que l’école ne serait qu’une entreprise d’endoctrinement. Disons d’abord que Dumont opérait ici ce qu’il appelait une «fermeture de problématique», à savoir: «se donner une définition de ce qu’on ne veut pas étudier». Et rappelons que chez lui, la notion d’idéologie ne comporte pas l’acception péjorative de tare de la raison. Elle désigne plutôt une pratique nécessaire de réconciliation entre faits et valeurs – entre morale et savoir, en l’espèce.

Une Patria Grande pour le continent sud-américain – Par Pierre Beaudet

Une Patria Grande pour le continent sud-américain – PDF

En Amérique du Sud, berceau des forums sociaux et de l’altermondialisme, se produit aujourd’hui sous nos yeux un intéressant processus de mobilisation sociale et d’innovation politique qui secoue la chape de plomb qui sévit sur ce continent depuis 500 ans sous la domination européenne et plus récemment sous la pesante influence des États-Unis. Parmi les chantiers en effervescence se trouve celui de l’intégration sud-américaine. En effet, le vieux rêve de Simon Bolívar de créer «une» Amérique du Sud unie et capable de prendre sa place dans le monde connaît une nouvelle vie. Les enjeux, les contradictions, les défis, sont multiples.

L’histoire bascule

Tout au long du vingtième siècle, le paysage politique, social, économique, culturel de l’Amérique latine, a été dominé par l’influence des États-Unis. Et pour cause, depuis la fameuse déclaration du Président James Monroe en 1823, Washington s’est arrogé le droit d’intervenir dans «son» continent. Ainsi jusque dans les années 1990, de terribles dictatures sont maintenues à bout de bras par les États-Unis au Chili, au Guatemala, en Argentine et plusieurs autres pays où des rébellions populaires sont mâtées par la violence extrême. Entre-temps, l’économie de ces pays est «adaptée» sur mesure pour fournir aux États-Unis des produits miniers et agricoles appropriés par de grandes entreprises multinationales états-uniennes. Plus tard dans le tournant de la mondialisation néolibérale, Washington entreprend d’institutionnaliser cette intégration/subordination dans le cadre de la Zone de libre-échange pour les Amériques (ZLÉA), un projet mis sur la table par le Président Clinton en 1994.