Étiquette : Éducation

L’école des Sauvages

Par Dominique T8aminik Rankin et Marie-Josée Tardif

NDLR. Avec l’accord des auteurs, nous avons choisi quelques extraits pour aborder et faire connaître le sujet douloureux du traitement des enfants dans les pensionnats autochtones.

Les lignes qui suivent sont tirées de « On nous appelait les Sauvages : souvenirs et espoirs d’un chef héréditaire algonquin » (2011). Le Jour éditeur. Ce témoignage est suivi d’extraits des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015).

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Plus douloureux que la souffrance elle-même est le silence qui la recouvre. Nous voici donc arrivés au moment où il faut briser le silence et aborder le sujet le plus sombre de ce récit : les pensionnats des petits Sauvages.

Aux survivants des pensionnats qui ont subi tous les viols possibles, comprenez que la guérison est notre seule option, mais que, pour guérir, il faut traverser le mur des non-dits. À tous les auteurs des crimes commis dans les pensionnats et qui liront peut-être ce livre – sait-on jamais ! –la guérison par la prise de parole sincère est aussi votre seule solution. À tous les témoins silencieux de ces crimes, c’est-à-dire à tous les Canadiens, comprenez que tant qu’une blessure n’est pas rouverte, elle ne peut être nettoyée et continue de s’infecter. Nous devons tous avoir le courage de déterrer ce triste épisode de notre passé afin de nous réconcilier véritablement et de passer à une autre étape de notre vie commune.

Kiuna : enseigner et apprendre dans un milieu de vie qui nous appartient

Par Prudence Hannis

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Fondée par le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), l’Institution postsecondaire des Premières Nations Kiuna a ouvert ses portes à l’automne 2011 et y accueille aujourd’hui près de 60 étudiants autochtones inscrits dans son programme Sciences humaines – Premières Nations (DEC 300.B0). Ce programme préuniversitaire unique en son genre et dûment reconnu par le Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MÉESR) est offert en collaboration avec le Collège Dawson et le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue (CAT).

Pour que les Autochtones prennent leur place à l’Université de Montréal

Par Marie-Pierre Bousquet

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En septembre 2015, un nouveau programme pluridisciplinaire a été officiellement mis sur pied à l’Université de Montréal : le programme en études autochtones, au premier cycle. D’où sort cette offre de formation et à quels besoins étudiants répondra-t-elle ? Depuis des décennies, l’UdeM comptait dans son corps professoral des spécialistes de questions autochtones. Au départ restreintes à ses disciplines mères, principalement l’anthropologie et l’histoire, les études autochtones s’étaient étendues à une grande variété de domaines, y compris la biologie et la médecine dentaire. Si les réseaux de recherche permettaient à plusieurs professeurEs de travailler ensemble, leur collaboration ne s’étendait pas à l’enseignement. Il fallait donc remédier à cela. Mais en l’absence de tradition institutionnelle en la matière, il n’était pas facile de déterminer quels étaient les besoins et quels types d’étudiantEs étaient susceptibles d’être intéresséEs au programme.

La défection de la culture scolaire

Par Nicole Gagnon
 
«[…] nous souhaitons qu’à l’école tu apprennes à discuter ces questions, à formuler les principes que tu voudras reconnaître et à dialoguer avec les autres en vue d’édifier une société harmonieuse.»(Georges LEROUX)
 
«Bref, réglons nos problèmes sur le dos des enfants!»(Gilles GAGNÉ)

«L’histoire de la culture québécoise et des recherches qui ont porté sur elle depuis 1960, écrivait Fernand Dumont en 1984, se ramène à une défection de la référence.» Il entendait par là la perte des repères culturels, tels que la religion, la conscience historique, la langue, l’État. Quant à la culture scolaire, il n’en traitait pas, se contentant de la définir comme «une mise en forme de la culture portée au niveau de l’idéologie et, du même coup, l’idéologie devenue socialisation». La formule peut surprendre, laissant entendre que l’école ne serait qu’une entreprise d’endoctrinement. Disons d’abord que Dumont opérait ici ce qu’il appelait une «fermeture de problématique», à savoir: «se donner une définition de ce qu’on ne veut pas étudier». Et rappelons que chez lui, la notion d’idéologie ne comporte pas l’acception péjorative de tare de la raison. Elle désigne plutôt une pratique nécessaire de réconciliation entre faits et valeurs – entre morale et savoir, en l’espèce.

L’UPAM : une invitation à l’action et à la réflexion – Par Marianne Di Croce

L’UPAM : une invitation à l’action et à la réflexion – PDF

En novembre 2007, je participais à la création de l’Université Populaire à Montréal (UPAM), une initiative d’étudiants et d’étudiantes de l’UQÀM qui ont traduit dans une action concrète leur vision de l’éducation, de telle sorte qu’il soit possible d’en faire l’expérience. Si l’UPAM est née dans un contexte particulier – celui de la grève étudiante de novembre 2007 à l’UQÀM [1] – elle m’apparaît nous inviter, tant par les activités qu’elle propose que par les principes qui l’animent, à une réflexion beaucoup plus large sur l’éducation et sur le monde dans lequel nous vivons.

Un an plus tard, il me semble tout indiqué de prendre ici le temps de porter un regard sur cette expérience aux multiples facettes. Car l’UPAM est tout à la fois un événement d’éducation populaire, une action politique, une organisation ayant sa structure et son fonctionnement propres,  mais surtout le fruit du travail et de la participation de plusieurs personnes exceptionnelles et engagées [2].

Dans ce texte, je donnerai un aperçu de ce qu’est l’UPAM en mettant en lumière certains de ses aspects. J’aimerais par là lancer une réflexion à partir de cette expérience. Ceci dit, je tiens à spécifier que la réflexion que je souhaite amorcer ici est le fruit de mon expérience personnelle de l’UPAM – comme co-organisatrice et comme conférencière – et des riches discussions que j’ai eu la chance d’y avoir. En ce sens, mes propos n’engagent aucunement l’organisation elle-même ou les personnes qui en font partie. Par le biais de ce texte, j’espère ouvrir la voie à une réflexion collective sur le sens de cette expérience qu’est l’UPAM et sur le potentiel d’action et de transformation qu’elle porte.