Editorial: la Justice Écologique : un élément de réponse aux changements climatiques?

Par Geneviève Talbot, Olga Fliaguine et Dominique Caouette

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Il n’y a plus de doute, l’origine du réchauffement climatique est anthropique, quoi qu’en disent les climato-sceptiques. Cette affirmation n’est pas tirée d’un manifeste écologiste alarmiste, mais plutôt énoncée dans le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) paru en mars 2014. Bien que l’on sache que l’être humain est en grande partie responsable des changements climatiques, et que par conséquent nous sommes en mesure d‘agir pour modifier le cours des événements, l’inertie reste forte. Comment expliquer ce manque d’actions concrètes, alors que nous savons pertinemment que si nous continuons sur la même voie nous menaçons notre propre survie? Est-il possible que nous soyons incapables de répondre adéquatement aux défis que nous posent les changements climatiques, car ces derniers nous imposent à sortir de modes de pensée établis et fondés sur un modèle d’action axé sur l’État et son rôle central? Peut-on sortir de cette camisole de force intellectuelle et miser sur l’action des individus et leurs capacités d’agir collectivement pour changer le cours des choses ? Et si en plus, le phénomène des changements climatiques nous obligeait à sortir de ce cadre et à considérer le monde dans lequel nous vivons sous un autre angle, voir même sous plusieurs angles différents de façon simultanée, à la manière d’un prisme?

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Le Sumak Kawsay et le Buen Vivir, une alternative au développement?

Par Paul Cliche, PhD anthropologie

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L’émergence du « Sumak Kawsay » (en kichwa) qui a été traduit en espagnol par « Buen Vivir » représente un fait historique notable pour les mouvements autochtones d’Abya-Yala[1], pour l’ensemble des organisations populaires d’Amérique latine et de façon plus large, pour les pays de la périphérie du système mondial et les groupes sociaux subalternes et exclus. Il constitue un projet de société original qui se démarque radicalement du modèle dominant au sein du système mondial. Porté par les dirigeants du mouvement autochtone[2] équatorien, il a émergé comme un modèle alternatif de développement post-néolibéral (Rámirez 2010), un modèle de post-développement (Escobar 2012), voire une « alternative au développement » (Acosta 2012 et Gudynas 2012). Il a été grandement légitimé par sa reconnaissance dans la constitution de l’Équateur de 2008 (Il est également inscrit dans la Constitution de la Bolivie de 2009 comme « Suma Qamaña (vivir bien) »). Un tel paradigme, en proposant l’idée du « vivre bien » comme paramètre sociétal et non celui du « vivre mieux », de posséder plus de biens ou d’augmenter le niveau de vie, se trouve à remettre en question les idées de croissance et de progrès qui fondent le modèle dominant de développement.

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