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Pour une politique alimentaire populaire

Par Amanda Sheedy

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La différence entre sécurité et souveraineté alimentaire est assez importante, mais les concepts sont tout de même liés l’un à l’autre. La sécurité alimentaire fait principalement référence à la question d’accès à l’alimentation et à la production durable, mais surtout, elle est un concept moins politisé. Pour sa part, la souveraineté alimentaire reconnaît les injustices du système alimentaire actuel et vise à le transformer pour, entre autres, permettre aux peuples de reprendre la responsabilité du système alimentaire. En somme, la souveraineté alimentaire comprend la sécurité alimentaire, mais va à la base du problème et propose une solution et des changements plus radicaux que la stricte notion de sécurité alimentaire. Sécurité alimentaire Canada travaille donc avec la notion de souveraineté alimentaire, mais principalement par l’intermédiaire du projet « Pour une politique alimentaire populaire » (PPAP). PPPADepuis novembre, l’organisme chapeaute le projet, une vaste mobilisation publique qui vise à créer une politique alimentaire canadienne basée sur les piliers de la notion de souveraineté alimentaire. Le projet PPAP vise à appuyer l’élaboration d’un système alimentaire juste et durable au Canada et ailleurs dans le monde. Le PPAP adopte la définition et les six piliers de la souveraineté alimentaire tels qu’ils ont été définis au forum de Nyéléni en 2007.

Entrevue avec Claire Bolduc

Par Maud Emmanuelle Labesse

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Par une journée d’hiver plutôt printanière, je rencontre Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec, dans un café bien connu de la rue St-Denis à Montréal. Avant de commencer l’entrevue, elle commande une eau minérale. On lui propose une eau européenne. Elle demande une eau québécoise. « Nous n’en avons pas », lui répond-on. Cet échange, trivial en apparence, a très bien mis la table pour la discussion qui s’ensuivit.

BolducPossibles : Vous parle-t-on souvent de souveraineté alimentaire?

CB : En 2004, j’étais présidente de l’Ordre des agronomes et nous avons participé aux consultations de la Commission de l’Agriculture sur la sécurité alimentaire. Tous les intervenants en parlaient en termes de qualité des aliments et de garantie des approvisionnements. Nous avons été les seuls à parler d’autonomie alimentaire au sens d’avoir le loisir d’exprimer des choix en matière d’alimentation, de production agricole pour fin d’alimentation. Mais depuis ce temps-là, avec ce qui se passe partout sur la planète, la sécurité alimentaire est devenue un thème beaucoup plus connu et discuté.

L’Union paysanne du Québec

Par Benoît Girouard

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L’Union paysanne (UP) a participé de façon active à la formation du concept de souveraineté alimentaire au sein de la Via Campesina. Pour l’UP, la souveraineté alimentaire est un «état de fait» face aux politiques agricoles désastreuses des 40 dernières années. Le modèle agroindustriel mis en place lors de la Révolution verte a abaissé les conditions de vie des agriculteurs et a miné la santé des populations du Nord au Sud. La souveraineté alimentaire est donc une alternative aux politiques agricoles actuelles qui se manifeste par différents choix: renforcer le pouvoir des agriculteurs face aux grandes entreprises agroindustrielles, favoriser l’agriculture de proximité destinée à alimenter les marchés régionaux et nationaux, permettre aux pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leur population, etc. Même si la souveraineté alimentaire est revendiquée et applicable au Nord comme au Sud, elle a des applications différentes dans chaque hémisphère. Par exemple, dans certains pays du Sud, les citoyens réclament des réformes agraires ou une répartition juste des terres. Ces problématiques sont moins présentes au Québec ou, du moins, on ne les retrouve pas sous la même forme. Ainsi, même s’il existe une forme de ségrégation au niveau des terres au Québec du fait que les jeunes y ont peu accès, il n’en demeure pas moins que la problématique ne se manifeste pas du tout de la même manière au Nord et au Sud.

L’Union nationale des fermiers du Nouveau-Brunswick

Par Jean-Eudes Chiasson

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La souveraineté alimentaire peut être vue sous différents angles. Par exemple, d’un point de vue national, elle signifie la capacité pour un État ou une nation de se nourrir de façon durable et de choisir quelle agriculture il désire promouvoir. D’un point de vue plus individuel ou familial, elle signifie l’accès sécuritaire à une alimentation de qualité. Cependant, une idée fondatrice qui traverse les différents niveaux d’application de la souveraineté alimentaire est la durabilité. La souveraineté alimentaire se fonde donc principalement sur la possibilité de se nourrir et de nourrir  les générations futures. Elle est une notion qui devrait être applicable au Nord comme au Sud. Or, puisque plusieurs pays du Nord, comme le Canada, sont des exportateurs nets d’aliments, elle est une notion beaucoup plus discutée au Sud, où les petits producteurs sont plus nombreux.

Construire une coalition pour la souveraineté alimentaire

Par Frédéric Paré

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Les avantages liés à la souveraineté alimentaire sont nombreux, que l’on se place du point de vue du producteur, du transformateur ou du consommateur. Ceci implique principalement trois éléments: la sécurité alimentaire pour les citoyens, la sécurité d’approvisionnement pour les transformateurs et la stabilité économique pour les autres opérateurs économiques, comme les agriculteurs. D’abord, la souveraineté alimentaire permet aux pays de choisir leur niveau d’autosuffisance alimentaire et de prendre les moyens requis pour l’atteindre, en y incluant une rémunération (prix) apte à couvrir les coûts de production domestiques par un écoulement domestique organisé (c’est l’idée du contrat social qui prend tout son sens). La souveraineté alimentaire est donc cette capacité de choisir collectivement et réaliser sa sécurité alimentaire pour un peuple, un pays. Ensuite, elle permet aux transformateurs de s’approvisionner à même les ressources agricoles du territoire, dans un système où les niveaux de production sont maîtrisés, plutôt que laissés aux forces du marché. En cela, la mise en marché collective et la formule coopérative sont de belles applications de la souveraineté alimentaire. Enfin, elle permet une croissance économique durable, dans la mesure où les facteurs du marché sont davantage contrôlés (cas des banques canadiennes qui sont passées à travers de la crise économique parce qu’elles avaient des obligations réglementaires à rencontrer, comme la constitution de réserves importantes). Comme pour l’eau, les soins de santé ou l’éducation, les citoyens peuvent aussi convenir d’un contrat social pour leur système alimentaire garantissant l’universalité, la durabilité et l’équité pour tous.