Étiquette : agriculture

DEUXIÈME DÉBAT: Qui sont les acteurs de la souveraineté alimentaire? Par qui passe le changement?

Par Roxane Ambourhouet-Bigmann

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Le cycle de trois conférences qui s’est tenu à l’Université de Montréal au cours des premiers mois de 2010 est venu nous rappeler un enjeu qui a resurgi plus que jamais en 2008 avec la crise alimentaire suivie de la crise financière qui s’est répandue à l’ensemble des pays : l’importance de l’autosuffisance alimentaire des peuples. En effet, la question d’avoir accès à une alimentaire suffisante, nutritive et adaptée au milieu s’est avérée cruciale, voire même dramatique dans certains pays où une proportion considérable de la population est morte, faute d’avoir pu recevoir une alimentation leur permettant de satisfaire leurs besoins de base.

Pourtant, en nous référant à la FAO qui définit la sécurité alimentaire comme présente « lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active (FAO, 1996) », il serait bien mal venu de dire que la plupart de ces pays ne disposent pas de ressources agricoles leur permettant d’assurer le bien-être de la population. Ceci est d’autant plus vrai que souvent leurs dirigeants encouragent et supportent des cultures d’exportation.

La faim et le profit: crise du système alimentaire

Par Développement et Paix

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À travers le monde, de plus en plus de gens n’ont pas assez à manger pour eux-mêmes et leur famille. Huit ans après le Sommet du Millénaire, où les chefs d’État du monde entier avaient pris l’engagement d’éradiquer la faim et l’extrême pauvreté avant 2015, on estime que 100 millions de personnes sur tous les continents sont sur le point de s’ajouter aux 860 millions pour qui le manque de nourriture est déjà une réalité quotidienne, une crise chronique.[i] Trente-sept pays sont touchés.[ii] Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies qualifie la situation de « plus gros défi » qu’il ait eu relevé depuis sa création, il y a 45 ans.[iii] La crise alimentaire de 2008 a fait la manchette des journaux du monde entier et les gouvernements, tout comme les institutions multilatérales, ne savent plus où donner de la tête.

Entrevue avec Robert Marcotte

Par Jean-Frédéric Lemay

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Quel est intérêt pour un agriculteur de participer à la mise en marché en circuits courts? Il est reconnu que ce type de mise en marché introduit des coûts supplémentaire pour le producteur, que ce soit en temps de gestion ou en déplacements pour se rendre aux points de vente (ou la paie accordée à un employé qui le ferait). Cela demande aussi des capacités et un intérêt différents de ceux requis pour la vente traditionnelle de produits aux intermédiaires. En effet, ce ne sont pas tous les producteurs qui sont aptes ou ont envie d’à la fois produire et vendre leurs produits.

Débattre des enjeux de la souveraineté alimentaire

Par Dominique Caouette, Anne-Cécile Gallet, Roxanne Ambourhet-Bigmann et Timothé Nothias (responsables de l’organisation des trois débats transdisciplinaires)

 

À l’hiver 2010, le pôle de recherche «Souveraineté alimentaire» du Réseau d’études des dynamiques transnationales et de l’action collective (REDTAC) de l’Université de Montréal a choisi d’organiser trois débats transdisciplinaires sur la question de la souveraineté alimentaire. Ces débats constituaient la suite logique du forum international organisé par le REDTAC en juin 2009 (voir Section II de ce numéro). Lors de ce forum, qui avait réuni 17 spécialistes de la souveraineté alimentaire provenant d’horizons très variés (ONG, universités, groupes de citoyens et associations d’agriculteurs), certains points litigieux en lien avec l’application ou la signification de la souveraineté alimentaire se sont dégagés des discussions. Afin de poursuivre et d’enrichir le débat sur la souveraineté alimentaires, trois enjeux majeurs soulevés lors du forum ont été identifiés : l’agriculture locale, les acteurs de la souveraineté alimentaire et les OGM (organismes génétiquement modifiés). Pour offrir un éclairage nouveau sur ces enjeux, ces trois débats transdisciplinaires ont réuni chacun trois intervenants issus de milieux distincts et proposant des points de vue distincts et souvent opposés.

Déclaration de Nyélini pour la souveraineté alimentaire

Déclaration de Nyélini pour la souveraineté alimentaire _ PDF

 

Village de Nyéléni, Sélingué, Mali – 27 février 2007

« Nyéléni a donné son nom au Forum pour la souveraineté alimentaire qui s’est tenu à Sélingué au Mali. Nyéléni est une paysanne malienne devenue légendaire pour avoir été une grande agricultrice et avoir ainsi nourri les siens – elle incarne la souveraineté alimentaire de par son travail, sa capacité d’innovation et son attention aux autres. Les participants sont et représentent des paysans, pasteurs, pêcheurs, peuples indigènes, travailleurs migrants, femmes et jeunes, rassemblés à Nyéléni en 2007, producteurs et productrices d’aliments, prêts, capables et désireux de nourrir les peuples du monde. Ce document est la déclaration finale qui résulte du forum, après quatre jours de réflexions et de partages. »

Source : Forum for a New World Governance,

http://www.world-governance.org/spip.php?article73

Nous, plus de 500 représentants de plus de 80 pays, d’organisations de paysans, de pêcheurs traditionnels, de peuples autochtones, de peuples sans terre, de travailleurs ruraux, de migrants, d’éleveurs nomades, de communautés habitant les forêts, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de mouvements écologistes et urbains, nous sommes réunis dans le village de Nyéléni à Sélingué, au Mali, afin de renforcer le mouvement mondial pour la souveraineté alimentaire. Nous le faisons brique par brique, en vivant dans des cases construites à la main dans le respect de la tradition locale et en consommant des aliments produits et préparés par la communauté de Sélingué…Nous avons baptisé notre démarche collective « Nyéléni », en hommage à une légendaire paysanne malienne qui nous a inspiré, une femme qui a remarquablement cultivé les terres et nourrit les siens. La plupart d’entre nous sommes producteurs et productrices alimentaires et sommes prêts, capables et désireux de nourrir les peuples du monde. Notre patrimoine en tant que producteurs alimentaires est crucial pour l’avenir de l’humanité. Cela vaut particulièrement pour les femmes et les peuples indigènes, créateurs historiques de savoirs alimentaires et agricoles, qui sont sous-estimés. Cependant, ce patrimoine et nos capacités à produire des aliments sains, de qualité et en abondance se voient menacés, sapés, par le néolibéralisme et le capitalisme mondial.

La lutte contre la contamination par les OGM dans le monde

Par GRAIN[i]

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Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d’agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures.  Et c’est ce qui s’est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.

Lorsqu’on plante des cultures génétiquement modifiées (GM), elles contaminent les autres cultures avec leur matériel transgénique. Dans les endroits où des OGM sont cultivés à grande échelle, il est déjà devenu pratiquement impossible de trouver des cultures des mêmes espèces sans matériel GM.  La contamination s’étend même à des zones dans lesquelles les cultures GM ne sont pas officiellement autorisées.[ii] Le registre de contamination par les OGM, géré par GeneWatch UK et Greenpeace International, a documenté plus de 216 cas de contamination par les OGM dans 57 pays au cours des 10 dernières années, dont 39 cas en 2007.[iii]

Le beau risque génétique

Par Sylvain Charlebois

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Les organismes génétiquement modifiés (OGM) suscitent de l’intérêt partout dans le monde depuis maintenant plusieurs années. Ils provoquent et dérangent plusieurs. Les manipulations génétiques font naturellement peur et soulèvent de nombreuses questions en lien avec la sécurité alimentaire. Les produits ayant des ingrédients génétiquement modifiés sont-ils dangereux? Les consommateurs doivent-ils s’inquiéter? Sur la scène mondiale, doit-on miser sur le rôle des OGM pour aider les pays en voie de développement?

Dans tous les cas, que ce soit pour le soja résistant à un insecte ou pour les bœufs modifiés afin de croître plus rapidement, la manipulation génétique est du même ordre : on doit prendre un nouveau gène que l’on transfère à l’organisme que l’on veut modifier, ce qui lui confère une caractéristique qu’il n’avait pas auparavant. Voilà, simplement expliqué, ce qu’est un OGM.

TROISIÈME DÉBAT: Le projet OGM: Entre espoirs et déboires

Par Timothé Nothias

Le projet OGM: Entre espoirs et déboires _ PDF

 

Déchaînant les passions, les trois lettres O.G.M. ne laissent personne indifférent.  Océan de Germes Maudits pour les uns, Objets de Grande Modernité pour les autres, les Organismes Génétiquement Modifiés, ou OGM, font partie de ces débats houleux dans lesquels on entend tout et son contraire. La controverse est musclée : il n’est pas rare d’entendre, par exemple, d’une part, que les OGM sont une indispensable opportunité à saisir au nom de l’avenir de la planète et, de l’autre, qu’au contraire, ils sont un danger environnemental incommensurable ! Les discussions entre partisans et opposants sont souvent pour le moins animées, avec des experts se qualifiant à mots à peine voilés d’« obscurantistes s’opposant aux progrès»  et de « vendus aux firmes agro-alimentaires ».

Développement des filières courtes de commercialisation: contribution à la souveraineté alimentaire

Par Martine François

Développement des filières courtes de commercialisation _ PDF

 

L’alimentation dans le monde

Dans les pays industrialisés et les pays émergents, on assiste au développement d’un système agroalimentaire basé sur un petit nombre de multinationales régissant l’agriculture, la transformation et la commercialisation des produits alimentaires. L’agriculture et l’alimentation fonctionnent sur un triptyque d’agriculture intensive alimentée par des multinationales semencières, fournisseuses d’intrants et de pesticides, de développement d’industries agroalimentaires elles aussi multinationales, et des multinationales de la distribution qui rendent les aliments disponibles aux consommateurs au travers des hypermarchés et supermarchés.

L’industrie alimentaire représente 600 000 entreprises dans le monde, les 100 premières réalisant le tiers du chiffre d’affaires total et les 15 leaders, 19%. En France, on peut citer Danone qui occupe le douzième rang mondial. Les firmes de distribution sont parmi les plus grandes firmes mondiales : Wal-Mart Store est la plus grande firme mondiale et, en France, on peut citer Carrefour, qui est la deuxième entreprise mondiale (Rastoin, 2008)[i].

Au delà de la crise alimentaire: La souveraineté alimentaire, repenser l’agriculture

Pourquoi réfléchir et débattre de la souveraineté alimentaire? La réponse est à la fois simple et complexe. Simple, parce que nous devons tous nous nourrir pour vivre et ce, de manière quotidienne. Complexe, parce que nos systèmes alimentaires et nos manières de produire sont de plus en plus intégrés mondialement et utilisent aussi des technologies et des intrants qui échappent aux premiers responsables de la production, les agriculteurs et les paysans.

L’alimentation, la faim et la souveraineté alimentaire sont également des questions d’actualité. En effet, l’année 2008 a été marquée par diverses crises internationales: énergétique, financière et alimentaire. Cette dernière a remis à l’avant-plan les enjeux de production et de politiques agricoles à l’origine de deux grands maux de l’humanité, soit la pauvreté et la faim. Face à cette crise, de nombreuses organisations d’agriculteurs et de citoyens ont vivement réagi en soulignant l’urgence de mettre de l’avant des politiques agricoles et de développement visant la souveraineté alimentaire.

L’idée d’une souveraineté alimentaire en tant que moyen de se sortir de la crise alimentaire et d’éviter à nouveau semblable tragédie est au cœur de ce numéro double de Possibles. Il se veut à la fois une introduction au concept de souveraineté alimentaire et une réflexion exhaustive et riche sur l’agroalimentaire, les communautés rurales du monde, mais aussi sur ce que mangeons (ou ne mangeons pas). Ainsi, nous souhaitons contribuer à soutenir le débat public sur l’avenir de l’agroalimentaire. Débat amorcé au Québec avec les différents rapports préparés pour la Commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire et en cours actuellement dans le cadre du processus de consultation pancanadien, « Pour une politique alimentaire populaire ».

Bonne lecture!

Dominique Caouette

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