L’école des Sauvages

Par Dominique T8aminik Rankin et Marie-Josée Tardif

NDLR. Avec l’accord des auteurs, nous avons choisi quelques extraits pour aborder et faire connaître le sujet douloureux du traitement des enfants dans les pensionnats autochtones.

Les lignes qui suivent sont tirées de « On nous appelait les Sauvages : souvenirs et espoirs d’un chef héréditaire algonquin » (2011). Le Jour éditeur. Ce témoignage est suivi d’extraits des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015).

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Plus douloureux que la souffrance elle-même est le silence qui la recouvre. Nous voici donc arrivés au moment où il faut briser le silence et aborder le sujet le plus sombre de ce récit : les pensionnats des petits Sauvages.

Aux survivants des pensionnats qui ont subi tous les viols possibles, comprenez que la guérison est notre seule option, mais que, pour guérir, il faut traverser le mur des non-dits. À tous les auteurs des crimes commis dans les pensionnats et qui liront peut-être ce livre – sait-on jamais ! –la guérison par la prise de parole sincère est aussi votre seule solution. À tous les témoins silencieux de ces crimes, c’est-à-dire à tous les Canadiens, comprenez que tant qu’une blessure n’est pas rouverte, elle ne peut être nettoyée et continue de s’infecter. Nous devons tous avoir le courage de déterrer ce triste épisode de notre passé afin de nous réconcilier véritablement et de passer à une autre étape de notre vie commune. (suite…)

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Les langages sacrés amérindiens

Par Carole Briggs

 

Kwé*, bonjour à vous. Je me présente Carole, Plume d’Oie sauvage, et si vous me permettez, chers lecteurs et lectrices, je prends cet instant qui m’est alloué pour remercier Ève Marie Langevin et toute l’équipe de m’avoir donné cette occasion et par conséquent, la chance de pouvoir participer à ce beau projet.

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Le récit de l’Arbre de Vie

par Dolorès Contré Migwans

 

« Au commencement qui n’a pas de commencement, Kije-Manito, le Créateur-de-tout-L’Univers, avait planté un Arbre de Vie, l’arbre sacré, pour tous les Enfants-de-la-Terre. L’arbre était grand, l’arbre était fort, ses racines puisaient dans le ventre de notre Mère-la-Terre et ses branches touchaient notre Père-le-Ciel !

Les Enfants étaient protégés à l’Ombre de L’Arbre de Vie et nourris par les Fruits des Sept Grands-Pères. Des fruits de Sagesse, de Courage, d’Honnêteté, de Franchise (Vérité), de Compassion (Générosité ou Amour), de Bravoure, d’Humilité et de Respect envers notre Mère-la-Terre.

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Pourquoi écoutez-vous les jongleurs

Par Marco Boudreault

 

La vérité parfois semble sévère mais elle est ce qu’elle est !  L’évolution n’appartient pas à la spiritualité, elle appartient à l’Homme.  La spiritualité autochtone n’évolue pas, elle fait évoluer ceux et celles qui apprennent et qui sont en symbiose avec la nature.  Ainsi, pour un bref moment, ils atteindront l’équilibre qui les fera évoluer et canoter à nouveau sur une nouvelle rivière.  Notre but, en tant Gardiens de la Mère-Terre, est de montrer le chemin qui fait en sorte que cette symbiose est en lien avec nous, avec le monde des esprits et avec la nature.  Tout est relié comme un cercle ; le cercle de vie, le cercle de médecine, le cercle du wigwam, le capteur de rêves, etc. Rien ne se crée, on devient un tout à un moment donné de notre évolution, soit dans cette vie, soit dans une autre ou bien dans un autre monde.  Beaucoup de gens qui ont perdu confiance, qui ont une faible estime d’eux-mêmes et qui cherchent un sens à leur vie, marchent sur le mauvais sentier et se font avoir par des individus prétendant détenir une vérité, leur vérité.  Mais ils ne détiennent rien sauf l’illusion de ce qui est et de ce qui sera. Et ils les entraînent sur le sentier des égarés.  Les Anciens, Aînés, Grands-Pères, Grands-Mères les surnomment « les jongleurs ».  Voici un petit texte, tiré de mon recueil de poésie, que j’ai écrit sur eux.

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La poésie amérindienne: un genre décomplexé pour se décolonise

 

Par Jonathan Lamy Beaupré 

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Être décolonisé, à mon sens, c’est être décomplexé. S’affranchir de la dynamique coloniale consiste à ne pas se laisser atteindre par elle, refuser de jouer le jeu. J’aime bien cette phrase de l’écrivain nigérien et prix Nobel Wole Soyinka, citée par Mauricio Gatti dans la préface de son anthologie Littérature amérindienne au Québec, et qui dit : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il tue sa proie et la dévore. (Gatti, 2009 : 32) » Gatti poursuit : « Soyinka souligne par-là que lorsqu’on habite une peau, on n’y pense pas, on ne la proclame pas à tout bout de champ. C’est donc dans l’agir que les Amérindiens affirment leurs identités. (ibid.) »

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Engagement des femmes dans la renaissance artistique et culturelle des Premières Nations

Par Anaïs Janin

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Ce texte a été adapté d’un texte écrit pour l’exposition Nikiwin / Renaissance / Rebirth qui a été présenté au Centre d’exposition de Val-d’Or à l’été 2014, et d’un article inédit, écrit en 2012.

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Postlogue

Par Ève Marie Langevin

« De grands changements sont en train de se produire et c’est aussi la perception d’autres Autochtones. »

Widia Larivière

« Les Autochtones du Canada sont le socle de l’identité des Canadiens. »

Yves Sioui Durand

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Ai, shé: kon, wachiya, waachiya, kuei, kwé(k8é), gwé, hi, bonjour*,

Un de mes aïeuls, Hector-Louis Langevin, un des fondateurs de la nation canadienne a aussi été un des instigateurs des pensionnats indiens1. Au nom de ma famille, je veux m’excuser profondément de ces souffrances infligées et implore le pardon des personnes et de leur famille. C’est cette importante découverte personnelle que mes recherches pour la coordination de ce numéro m’ont permis de faire2.

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