Mois : octobre 2017

Editorial: la Justice Écologique : un élément de réponse aux changements climatiques?

Par Geneviève Talbot, Olga Fliaguine et Dominique Caouette

Voir PDF

Il n’y a plus de doute, l’origine du réchauffement climatique est anthropique, quoi qu’en disent les climato-sceptiques. Cette affirmation n’est pas tirée d’un manifeste écologiste alarmiste, mais plutôt énoncée dans le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) paru en mars 2014. Bien que l’on sache que l’être humain est en grande partie responsable des changements climatiques, et que par conséquent nous sommes en mesure d‘agir pour modifier le cours des événements, l’inertie reste forte. Comment expliquer ce manque d’actions concrètes, alors que nous savons pertinemment que si nous continuons sur la même voie nous menaçons notre propre survie? Est-il possible que nous soyons incapables de répondre adéquatement aux défis que nous posent les changements climatiques, car ces derniers nous imposent à sortir de modes de pensée établis et fondés sur un modèle d’action axé sur l’État et son rôle central? Peut-on sortir de cette camisole de force intellectuelle et miser sur l’action des individus et leurs capacités d’agir collectivement pour changer le cours des choses ? Et si en plus, le phénomène des changements climatiques nous obligeait à sortir de ce cadre et à considérer le monde dans lequel nous vivons sous un autre angle, voir même sous plusieurs angles différents de façon simultanée, à la manière d’un prisme?

Le Sumak Kawsay et le Buen Vivir, une alternative au développement?

Par Paul Cliche, PhD anthropologie

Voir PDF

L’émergence du « Sumak Kawsay » (en kichwa) qui a été traduit en espagnol par « Buen Vivir » représente un fait historique notable pour les mouvements autochtones d’Abya-Yala[1], pour l’ensemble des organisations populaires d’Amérique latine et de façon plus large, pour les pays de la périphérie du système mondial et les groupes sociaux subalternes et exclus. Il constitue un projet de société original qui se démarque radicalement du modèle dominant au sein du système mondial. Porté par les dirigeants du mouvement autochtone[2] équatorien, il a émergé comme un modèle alternatif de développement post-néolibéral (Rámirez 2010), un modèle de post-développement (Escobar 2012), voire une « alternative au développement » (Acosta 2012 et Gudynas 2012). Il a été grandement légitimé par sa reconnaissance dans la constitution de l’Équateur de 2008 (Il est également inscrit dans la Constitution de la Bolivie de 2009 comme « Suma Qamaña (vivir bien) »). Un tel paradigme, en proposant l’idée du « vivre bien » comme paramètre sociétal et non celui du « vivre mieux », de posséder plus de biens ou d’augmenter le niveau de vie, se trouve à remettre en question les idées de croissance et de progrès qui fondent le modèle dominant de développement.

Une nouvelle gouvernance pour respecter notre mère la Terre

Par Sippi Flammand, membre de la nation Atikamekw-Nehirowisiw

Voir PDF 

 

Notre Terre vaut mieux que de l’argent, elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette Terre sera ici pour donner vie aux Hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des Hommes et des animaux ; c’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette Terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas. Vous pouvez compter votre argent et le brûler dans le crâne d’un bison, parce que seul le Grand Esprit peut compter les grains de sable et les brins d’herbe de ces plaines. Tout ce que nous avons et que vous pouvez emporter, nous vous le donnerons, mais la Terre, jamais. (Un chef Blackfeet, p. 59).

Pour un humanisme de l’anthropocène

Par Yves Vaillancourt

Texte repris et modifié d’une conférence aux UTOPIALES du Grand Orient de France, sous le thème « Affirmer une humanité plus solidaire », Paris, 8 avril 2017

Voir PDF

 

Il y a 10 000 ans, avec la fin de la dernière glaciation, a commencé l’ère géologique de l’Holocène. Certains scientifiques avancent que nous sommes entrés récemment dans l’ère de l’Anthropocène, signifiant par-là que l’agir de l’être humain revêt désormais une dimension géologique.

La lutte aux changements climatique est-elle juste?

Par Normand Mousseau

Voir PDF

 

Le réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre implique, au-delà de l’augmentation moyenne de la température du globe, la multiplication d’événements météo catastrophiques, tels que des tempêtes, des inondations, du verglas, etc., des événements qui affecteront de manière disproportionnée les plus faibles et les plus pauvres de la planète. Ceux-ci, en effet, ne disposent généralement que de très peu d’économies pour se reprendre en main après le désastre alors même qu’ils sont souvent installés dans les zones les plus à risques et dépendent d’infrastructures de mauvaise qualité et fragiles, lorsqu’elles existent. Or, ces populations ne partagent qu’une infime responsabilité dans la création du problème, qui émane plutôt des choix énergétiques et du mode de vie de la partie la plus riche de la population mondiale.

Guerre et crise agraire en Syrie : revisiter le conflit syrien au prisme de la justice écologique

Par Efe Can Gürcan

Voir PDF

 

Introduction : un regard multifacette sur le conflit syrien

Le conflit syrien s’est transformé en l’une des pires crises humanitaires impliquant la plus sévère crise de réfugiés de l’époque post-guerre mondiale. La diffusion rapide de ce conflit depuis mars 2011 a eu d’irréversibles conséquences pour plus de 6,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 4,5 millions de personnes qui ont été forcées de fuir le pays (Otero & Gürcan 2016). La montée de la nouvelle droite dans les pays occidentaux – qui subissent toujours les conséquences de la crise du capitalisme depuis 2008 – coïncide d’ailleurs assez commodément avec l’afflux de refugiés et la diffusion du terrorisme islamiste à la suite du conflit syrien.

(Im)possible, la justice pour les victimes de crimes commis par des minières canadiennes

Par Marie-Dominik Langlois et Mélisande Séguin,

Voir PDF

 

Des cas devant différents tribunaux au Canada cherchent à responsabiliser les multinationales

 

Depuis le début du 21e siècle, les investissements directs miniers se multiplient à travers le monde, engendrant son lot de problèmes sociaux et environnementaux, comme en témoigne le numéro de Possibles « Abus des minières : résistances et réponses citoyennes » (Thibault, 2015). Selon l’Association minière du Canada, en 2013, plus de la moitié des compagnies minières publiques à travers le monde étaient enregistrées au Canada à la Bourse de Toronto et à la Bourse de croissance TSX (AMC, 2016 : 6).

Les réfugiés en Alaska : les oubliés de la lutte aux changements climatiques

Par Olga Fliaguine

Voir PDF

 

La question du réchauffement climatique est une malheureuse réalité actuelle. Les activités humaines provoquent d’importantes émissions de gaz dits à effet de serre (GES) qui empêchent la chaleur de s’échapper dans l’atmosphère, créant ainsi un réchauffement planétaire. Ce phénomène entraîne de nombreuses conséquences sur tout l’écosystème, comme la fonte des glaciers, l’augmentation du niveau des mers, diverses perturbations, notamment du cycle de l’eau, un dérèglement des saisons et l’augmentation en nombre et en intensité des catastrophes d’origine naturelle.

Énergie Saguenay ou l’art de feindre l’acceptabilité sociale

Par Benoît-Robin Lessard

Voir PDF

 

Le projet de construction d’une usine de liquéfaction de gaz de schiste et d’un super terminal maritime « d’exportation » de gaz naturel liquéfié dans le secteur de Grande-Anse sur le fjord du Saguenay ne soulève guère les passions des Saguenéens pas plus qu’ailleurs au Québec. L’Histoire se répète. Il y a dix ans, plusieurs projets « d’importation » de gaz naturel sur les rives de Saint-Laurent faisaient l’objet de fortes oppositions.