Mois : février 2017

La CDEC Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce victime collatérale du pacte fiscal municipal

Par Claude Lauzon

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La Corporation de développement économique communautaire Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce a vu le jour en 1992, à l’initiative des acteurs provenant de tous les groupes de la société civile, soit les entreprises, les organismes communautaires, les institutions, les syndicats et les citoyens. Elle avait une mission de développement intégré au service de la collectivité. Pendant près de vingt-cinq ans, la CDEC CDN NDG a joué un rôle de premier plan dans le développement de l’emploi et de la main-d’œuvre, contribuant à instaurer dans notre communauté une culture et des pratiques novatrices et efficientes dans les domaines de l’employabilité, de l’entrepreneuriat individuel et collectif, ainsi que dans le développement local. Au cours de ces années, la CDEC CDN NDG a contribué à l’intégration au marché du travail d’un millier d’individus, soutenu la création ou le développement de plus de 500 entreprises avec ou sans but lucratif, sans oublier la mise en place d’outils et de projets structurants dans l’arrondissement le plus cosmopolite de Montréal.

Imaginer, créer et lancer une pratique émancipatoire à HEC-Montréal

Par Jose Fuca et Anne Gauthier

(avec le témoignage d’Émilie Aubin)

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Une menace plane sur la spécialisation Études organisationnelles

La spécialisation Études organisationnelles, un programme de la maîtrise en sciences de la gestion à HEC Montréal (HEC), existe depuis l’automne 2009. Elle est une initiative du professeur Jean-Pierre Dupuis qui propose au département de management de créer un programme qui se différencie de l’étude du management classique. L’objectif est de mettre en valeur les différents profils des professeurs et de leurs cours, dont plusieurs ont une formation en sciences sociales : « Nous avions déjà un bon fond en théories des organisations et je savais que cela pouvait intéresser des étudiant.e.s d’autres disciplines des sciences sociales (sociologie, anthropologie, travail social, etc.). » (1)

L’avenir de l’énergie

Par Evelyn Forero et Abrielle Sirois-Cournoyer

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L’énergie, c’est quoi? C’est probablement l’un des concepts les plus importants de notre monde. Nous vivons grâce à l’énergie. La nourriture et l’eau nous fournissent de l’énergie chaque jour, elle nous permet d’aller de l’avant. Ce concept remonte à l’Antiquité et se définit selon la physique comme la capacité d’un système à produire un travail quelconque, engendrant un mouvement ou produisant de la lumière, de la chaleur ou même de l’électricité (1). La notion d’«énergie» peut être expliquée et visualisée de différentes façons dépendamment de la discipline et des préoccupations initiales de l’individu.

Une autre science est possible Récit d’une utopie concrète dans la Francophonie (le projet SOHA)

Par Florence Piron, Thomas Hervé Mboa Nkoudou, Samuel Regulus, Marie Sophie Dibounje Madiba, Djossè Roméo Tessy, Erika Djadjo, Diéyi Diouf, Hamissou Rhissa Achaffert, Wood-Mark Pierre, Tongnoma Zongo, Jean-Baptiste Poyodi Batana, Kedma Joseph, Anderson Pierre, Ricarson Dorcé, Rency Inson Michel, Yves Yanick Minla Etoua, Carlos Kudeabo, Rémy Nsengyumva, Assane Fall, Samuel Mbainarem, Judicaël Alladatin et Judite Blanc

Voir PDF ici: possibles40e_piron

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Nous sommes des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes, du Québec, d’Haïti et de 18 pays d’Afrique francophone. Nous sommes plus de 3000, engagés de différentes façons dans la construction d’une utopie concrète qui nous rassemble : le projet de recherche-action SOHA, dont le titre complet est « La science ouverte comme outil collectif du développement du pouvoir d’agir et de justice cognitive en Haïti et en Afrique francophone : vers une feuille de route ». Malgré nos différences, nous partageons un désir de justice, de paix et de prospérité pour tous, aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux des Suds (pays en développement).

L’utopie est dans les prés

Par Lise-Anne Léveillé

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[caption id="attachment_2428" align="aligncenter" width="300"] Figure 1 Communauté adoptant des pratiques agroécologiques, Potosí, Bolivie.[/caption]

Autosuffisance et forêts vibrantes

Des femmes représentantes

Des cultures diversifiées et vivantes

Tout comme les semences

Des communautés autogérées

Des terres redistribuées

Une eau propre en quantité

L’utopie est dans le pré

Pour une économie solidaire

Par Camille Caron Belzile

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En tant que dernière fondatrice encore en poste d’une coopérative de cinq ans qui a eu ses mauvaises passes, j’ai parfois eu envie de me rendre à des rencontres des chefs d’entreprises anonymes. Il s’agirait d’un club secret où, personnes de pouvoir et de chiffres que nous serions, nous nous lamenterions de tous les maux dont nous afflige l’humanité et la terre entière. L’effet cathartique serait instantané ; l’impact sur notre bonheur au travail se ferait attendre… Car, étant la dernière fondatrice toujours en poste au Café l’Artère, coopérative de solidarité, je me retrouve souvent à devoir porter le rôle de la chef d’entreprise aux yeux de mes interlocuteurs et interlocutrices. J’ai l’occasion ici, dans cette revue d’idée, d’insister d’abord sur ce point pour démystifier mon rôle : je ne suis pas la chef. En fait, nous n’avons pas de chef. Cependant, j’ai un poste et des responsabilités bien définies, tout comme mes collègues : je suis coordonnatrice administrative, comme il y a une coordonnatrice culturelle et une coordonnatrice gastronomique. Bien sûr, nos points de vue respectifs sur les décisions que nous sommes appelées à prendre font l’objet d’un dialogue constant. L’état de la coopérative relève donc d’une responsabilité partagée, qui plus est avec notre conseil d’administration qui est là pour nous épauler avec son bagage d’expériences diversifiées et complémentaires.

Place à l’audace : l’économie anarchiste d’hier à aujourd’hui

Par Pascal Lebrun

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L’un des champs les plus riches en termes d’alternatives économiques est ironiquement parmi les moins connus : c’est l’anarchisme. Souvent réduit à des slogans incendiaires tel « Fuck toute! » et aux émeutes des grands sommets internationaux, la plupart des gens, et même des anarchistes eux et elles-mêmes, ignorent tout de ses propositions économiques. C’est que ce dernier est toujours boudé comme objet d’étude et d’enseignement dans le monde universitaire (Gordon 2007, 29) ; on n’y trouve à peu près que des anarchistes pour l’étudier. Qui plus est, il n’existe pas de tradition anarchiste à proprement parler au Québec. Le mouvement prenant naissance à la fin du XXe siècle dans le cadre de la lutte à la mondialisation néolibérale doit tout (ré)inventer, puisqu’il est séparé par un océan de ses racines théoriques et historiques européennes et, par le grand désert des années 1980-1990, de la gauche radicale de la génération précédente. Le mouvement anarchiste québécois est, à proprement parler, un mouvement politique orphelin qui, depuis plus de 15 ans maintenant, tâtonne pour (re)trouver sa stratégie et son projet.

Repenser l’autogestion : la transition basée sur les commun(e)s

Par Jonathan Durand Folco

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Si le mot autogestion n’est plus sur toutes les lèvres aujourd’hui, comparativement aux années 1970 où il représentait l’alternative privilégiée face à la double impasse du capitalisme et du socialisme d’État, l’idéal autogestionnaire demeure toujours vivant même s’il est moins apparent. Il emprunte des formes inédites à travers le mouvement altermondialiste, la recrudescence des modes organisationnels libertaires, l’écologie politique radicale (écologie sociale, décroissance) et le « mouvement des places » (Indignados, Occupy). Toute une série d’expérimentations collectives, d’innovations sociales et de projets locaux alternatifs évoque une même communauté de pensée ; les principes d’égalité, de coopération, de partage, de participation, d’autogouvernement et de respect des écosystèmes sont ancrés dans des formes de vie qui répondent à des besoins concrets immédiats (se loger, se nourrir, résister) tout en préfigurant un autre type de société.

Ouverture des possibles : Utopies concrètes et pratiques préfiguratives

Par Grégoire Autin

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Résumé

Tout au long de cet article, j’essaye de débroussailler les notions de pratiques préfiguratives et d’utopies concrètes, les situant dans un continuum structuré par différentes tensions constitutives. La préfiguration d’idéaux n’est pas toujours a priori synonyme de projets progressistes : l’envers de la médaille peut être l’autarcie, l’autoritarisme ou le totalitarisme. Tout en maintenant les tensions propres à ces pratiques, tensions entre émancipation et oppression, entre ouverture et fermeture, entre proaction et contestation, il s’agit de voir dans quelle mesure des utopies concrètes peuvent être progressistes, vectrices de changement social et d’élargissement des libertés et de l’autonomie des individus et des différents groupes sociaux.