Nos vies sauvages

Par Catherine Morency

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Tandis que le carbone mûrit
sur le dessein d’une étoile massive
trois noyaux d’hélium fusionnent
en une branche érigée rare

nos vies sauvages et rouges
immobiles dans la nature pourtant
précaire une masse creuse son sillon
à même la faim solaire et au centre

ce mois de mai qui à force
d’étincelle sublimait ses bombes
dans des rues plus larges
que la mesure du possible
quand je babillais haut et fort
toi tu buvais un petit lait suri
déjà la violence et l’orage
avaient renoncé à te prendre

venu de très loin tu investis
le corps entier de ma vie
au crépuscule déjà tu dessinais
des cimes je revoyais l’Hérault

au seuil de la détonation
tu venais au monde quand les volcans
crachèrent en coulées de graphite
de petits os noircis pour te rendre fou

sobre dans l’épuisement des désirs
je travaille toujours acharnée
à ce livre qu’à mes côtés tu esquisses
fantôme au bout de l’Archipel

juste avant que naisse la terre
braises dissimulées sous les charbons
nous voici dans les remous de mon ventre
bus par la soif douloureuse d’être vivants

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