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	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Singapour</title>
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	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
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		<title>LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 22:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Mandarin]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Claire Tousignant
Depuis le début de ma série de blogues, j’ai décrit et analysé la condition des minorités chinoises dans les différents pays de l’Asie du Sud-Est. Dans chacun des pays (Vietnam, Thaïlande, Indonésie et Malaisie), nous avons vu une logique de discrimination, plus ou moins forte selon les cas, s’installer entre la majorité ethnique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Claire Tousignant</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis le début de ma série de blogues, j’ai décrit et analysé la condition des minorités chinoises dans les différents pays de l’Asie du Sud-Est. Dans chacun des pays (Vietnam, Thaïlande, Indonésie et Malaisie), nous avons vu une logique de discrimination, plus ou moins forte selon les cas, s’installer entre la majorité ethnique et les communautés chinoises. Le radicalisme teintant ces relations dépend de plusieurs facteurs tel que l’importance démographique de la diaspora chinoise, le pouvoir économique de celle-ci, etc. Au fil de mes recherches, j’en suis venue à développer une sympathie certaine à l’égard de ces communautés. Plusieurs questions ont alors surgi dans mon esprit et une plus particulièrement. Qu’en serait-il si les rôles s’inversaient ? Heureusement, un État permet d’étudier une situation, où c’est le cas : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a>.<span id="more-670"></span></p>
<p style="text-align: justify">Cette cité-État de 4,5 millions de personnes est composée à 76,8% d’habitants de descendance chinoise<a href="#_ftn1">[1]</a>. Ce pays est reconnu pour l’ordre qui y règne<a href="#_ftn2">[2]</a>. C’est d’ailleurs une source de fascination pour de grands personnages de la politique américaine, dont Henry Kissinger<a href="#_ftn3">[3]</a>. Cette nation est certes prospère sur le plan économique et sécuritaire, mais est-ce aussi simple, n’y a-t-il rien de cacher sous cette apparence de perfection? Bref, les miracles existent-ils en politique ? Vous aurez rapidement compris que le doute demeure bien présent. Faisons un rapide survol historique pour analyser la situation des différentes communautés composant cet État.</p>
<p style="text-align: justify">9 août 1959 ; <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> obtient son indépendance<a href="#_ftn4">[4]</a>. De 1963 à 1965, cette mégalopole cohabite dans un même État avec la Malaisie. Rapidement, les proportions inversées d’habitants chinois et d’habitants malais entre <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> et le reste du pays deviennent un problème pour ces deux entités politiques. Chacun se méfie de l’autre qui pourrait tenter de profiter de sa supériorité numérique, selon les régions du pays. Ce mariage de raison ne fait pas long feu. Deux ans plus tard, la séparation survient. <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> se retrouve donc entre deux États géants, la Malaisie et l’Indonésie, où les Chinois sont des minorités ethniques.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-671 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/carte_singapour_fr-300x254.gif" alt="carte_singapour_fr" width="300" height="254" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo : <a href="http://www.interex.fr/commun/images/atlas/cartes/carte_singapour_fr.gif">http://www.interex.fr/commun/images/atlas/cartes/carte_singapour_fr.gif</a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Son premier ministre Lee Kuan Yew doit jongler avec le désir de développer l’État et de maintenir des relations cordiales avec ses puissants voisins<a href="#_ftn5">[5]</a>. Pour ce faire, Lee affiche les couleurs du multiculturalisme pour promouvoir la croissance économique. Il inscrit quatre langues officielles dans la constitution, soit le malais, le mandarin, le tamoul et l’anglais<a href="#_ftn6">[6]</a>. Jusqu’à maintenant tout va bien pour l’ensemble des citoyens. C’est en 1979 que les relations ethniques se complexifient.</p>
<p style="text-align: justify">Voyant une croissance constante de la popularité de la langue anglaise chez les jeunes et constatant le déclin moral de la culture anglo-saxonne<a href="#_ftn7">[7]</a>, Lee Kuan Yew décide d’intervenir pour sauver les Singapouriens de ce péril. Pour ce faire, il instaure la politique du bilinguisme<a href="#_ftn8">[8]</a>. Tous les étudiants doivent, avec cette nouvelle règle, apprendre l’anglais comme première langue (c’est-à-dire langue d’enseignement) et la langue officielle associée à leur groupe ethnique comme langue seconde, le tamoul, le malais ou le mandarin. Cette mesure suppose que tous les enfants parlant une autre langue à la maison (le cantonais par exemple) sont pénalisés par cette loi. Ils doivent apprendre deux nouvelles langues, contrairement aux étudiants mandarins qui n’ont que l’anglais à maîtriser<a href="#_ftn9">[9]</a>. En 1980, les non-mandarins représentent 90% de la communauté d’origine chinoise<a href="#_ftn10">[10]</a>. Seule 10% des étudiants de descendance chinoise ont un avantage comparatif à parler le mandarin. Ce système élitiste est d’ailleurs renforcé par une deuxième mesure instaurées par Lee : la campagne <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a><a href="#_ftn11">[11]</a></em>.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-672 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/Speak-Mandarin-Campaign-creative-300x147.jpg" alt="Speak Mandarin Campaign creative" width="300" height="147" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo : <a href="http://app.mica.gov.sg/Data/0/Gallery/Album/14/Speak%20Mandarin%20Campaign%20creative.jpg">http://app.mica.gov.sg/Data/0/Gallery/Album/14/Speak%20Mandarin%20Campaign%20creative.jpg</a></p>
<p style="text-align: justify">Officiellement lancée le 7 septembre 1979, la campagne de sensibilisation annuelle <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a></em> vise à réduire considérablement l’utilisation de dialectes chinois<a href="#_ftn12">[12]</a>. Cette initiative est largement jouée sur la carte de l’émotivité. Les défenseurs de cette campagne soutiennent qu’en continuant à parler des dialectes à la maison, les parents empêchent leurs enfants de performer à l’école. Ils négligent ainsi la réussite, et par conséquent, le futur de leur enfant. Avec du recul, un détail saute aux yeux. Pourquoi est-ce que cette campagne promulgue le mandarin en particulier, si ce n’est pour imposer cette langue comme référence nationale ? Lee déclare :« In ten years, we should be able to get Mandarin established as the language of the coffee shop (…)»<a href="#_ftn13">[13]</a>. Effectivement, si la campagne était réellement pour mettre de l’avant les langues nationales au détriment des différents dialectes, il faudrait aussi s’adresser aux minorités malaise et indienne. Cet impératif <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a></em> rappelle chaque année aux millions de non-mandarins qu’ils ne font pas partie du groupe dominant de la société<a href="#_ftn14">[14]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Ce régime semi-autoritaire aux allures de démocratie n’échappe donc pas à la règle. Aussitôt qu’un groupe s’accapare le pouvoir étatique, il assied sa domination sur la répression des minorités. Ici, ce sont la pluralité de communautés chinoises, la communauté malaise ainsi que la communauté indienne qui paient le prix de cette autorité. Évidemment, on ne peut pas comparer la situation des Chinois de <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> avec celle des sino-malais et des sino-indonésiens durant les dernières décennies. La stabilité du régime a permis d’éviter les effusions de violence auxquelles ont été confrontées les minorités chinoises d’autres pays. Toutefois, dans un pays où le mérite est la clé de voûte pour la réussite, comment ignorer que la majorité des étudiants chinois (près de 90%) a été handicapée par des politiques étatiques discriminatoires? La relation entre un groupe ethnique dominant l’appareil gouvernemental et les autres minorités ethniques du pays demeure un thème auquel il est important de s’intéresser. Dépourvues du pouvoir, les minorités n’ont jamais trop d’appui pour défendre leurs droits.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Singapore Statutes Online. 2009. «Republic of Singapore Independence Act». En ligne:   <a href="http://statutes.agc.gov.sg/non_version/cgi-bin/cgi_getdata.pl?actno=1997-REVED-RSI&amp;doctitle=REPUBLIC%20OF%20SINGAPORE%20INDEPENDENCE%20ACT%0A&amp;date=latest&amp;method=whole">http://statutes.agc.gov.sg/non_version/cgi-bin/cgi_getdata.pl?actno=1997-REVED- RSI&amp;doctitle=REPUBLIC%20OF%20SINGAPORE%20INDEPENDENCE%20ACT %0A&amp; date=latest&amp;method=whole</a> (page consultée le 2 décembre 2009).</p>
<p>Central Intelligence Agency. 2009. « The World Factbook: Singapore». En ligne:  <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html</a> (page consultée le 2 décembre 2009).</p>
<p>Tan, Eugene K.B. 2003. «Re-engaging Chineseness : Political, Economic and Cultural  Imperatives of Nation-building in Singapore»<em>. The China Quarterly</em> 175: 751-74.</p>
<p>Blommaert, Jan. 1999. <em>Language ideological debates.</em> Berlin: Mouton de Gruyter.</p>
<p>Zakaria, Fareed et Le Kuan Yew. 1994. «Culture is Destiny : A Conversation with Lee Kuan  Yew». <em>Foreign Affairs</em> 73 (no 2): 109-126.</p>
<p>Trocki, Carl A. 2002. «Review Articles: Race and Politics in Singapore, Lee Kuan Yew’s  Dilemma». <em>Asian Ethnicity</em> 3 (no 1): 103-13.</p>
<p>Teo, Peter. 2005. « Mandarinising Singapore: A Critical Analysis of Slogans in  Singapore’s’Speak Mandarin’ Campaign». <em>Critical Discourse Studies </em>2 (no 2): 121- 42.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Central Intelligence Agency</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Tan, 755.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Zakaria, 109.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Singapore Statutes Online</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Blommaert, 235.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Singapore Statutes Online</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Blommaert, 240.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid., 238.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Trocki, 107.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Teo, 125.</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> Blommaert, 242.</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Teo, 128.</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> <em>Idem</em></p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> Ibid., 136.</p>
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		<title>ÉVOLUTION DE LA FEMME À L’INTÉRIEUR DE LA DIASPORA CHINOISE DE SINGAPOUR</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:37:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora chinoise]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Lisa Thuc Duyên Hua
Singapour, cité-État de 692,7 km2, 3,5 fois la taille de Washington, abrite une population de 4.452.732 habitants, dont 76,7 % est composé de Chinois[1]. Bien que cette île soit multiethnique, notre analyse dans ce billet portera uniquement sur la condition de la femme chinoise, son insertion socio-politico-économique depuis son immigration  jusqu’à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Lisa Thuc Duyên Hua</strong></p>
<p style="text-align: justify">Singapour, cité-État de 692,7 km2, 3,5 fois la taille de Washington, abrite une population de 4.452.732 habitants, dont 76,7 % est composé de Chinois<a href="#_ftn1">[1]</a>. Bien que cette île soit multiethnique, notre analyse dans ce billet portera uniquement sur la condition de la femme chinoise, son insertion socio-politico-économique depuis son immigration  jusqu’à récemment<a href="#_ftn2">[2]</a>.<span id="more-660"></span></p>
<p style="text-align: justify">Fondé en 1819 par les Britanniques sous le statut de colonie commerciale, Singapour était alors peuplé par quelques centaines de Malais et quelques dizaines de planteurs et boutiquiers chinois.  Après 1870, une première immigration chinoise massive composée en majorité de travailleurs masculins eut lieu, à l’instigation des Britanniques désireux d’exploiter leurs ports, portant la population chinoise à 654 000 individus en 1909.  À cette époque, un premier mouvement en faveur de la scolarisation des fillettes se fit sous l’impulsion des réformistes Peranakan , descendants d’immigrants chinois qui se marièrent avec des femmes malaises<a href="#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">De 1933 à 1938, 200.000 Cantonaises vinrent s’installer à Singapour, épousant les membres de cette société jusque là essentiellement masculine. Mariages qui les encrèrent définitivement à la région. Jusqu’en 1946, (sauf pour quelques initiatives véhiculées par les médias d’antan, afin de mettre fin aux pratiques des mariages arrangés, au concubinage ainsi qu’à la prostitution),  le cadre de vie des femmes chinoises restait guidé par les valeurs confucéennes centrées sur l’importance de la famille. Elles étaient et  restaient avant tout, des épouses et des mères.  Mis à part quelques exceptions de femmes aidant leurs époux dans les plantations de cachou ou de poivre, la grande majorité d’entre elles restaient au foyer, sans grande participation à la vie économique et politique de leur nation.</p>
<p style="text-align: justify">En 1965, avec l’indépendance, cette situation fut cependant quelque peu bousculée.  Le nouveau gouvernement réalisa qu’il avait besoin d’une plus grande main-d’œuvre pour assurer sa survie économique. Tablant sur ses exportations, entre autres l’exportation d’articles électroniques, pour devenir prospère, Singapour, à l’instar d’autres NPI (Nouveaux Pays Industrialisés) du Sud Est asiatique comme Hong Kong, la Corée du Sud et la Thaïlande, se tourna vers les femmes, main d’œuvre potentielle, les encourageant à participer à la croissance économique nationale en travaillant comme ouvrières dans ses usines d’électroniques<a href="#_ftn4">[4]</a>. De 18 % en 1957, la population active féminine passa à 32,2 % en 1974 (toutes ethnies confondues). Cette entrée massive des femmes dans la l’activité production était principalement liée à l’expansion de l’économie singapourienne jusque vers 1974<a href="#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Les femmes se retrouvaient dans des emplois dits féminins : institutrices, infirmières, dactylos, employées de maison, couturières et monteuses d’appareils électriques. Au plan de l’équité salariale, à l’exception des fonctionnaires, &#8211; où depuis 1962, à compétence égale, il n’y avait pas de différence de salaire entre les deux sexes-, il régnait une discrimination considérable à l’égard des femmes. En 1974, 60 % des femmes gagnaient mensuellement 200$ alors que les hommes, qui gagnaient le même salaire ne représentaient que 31 % de la population active. En fait, l’insertion de la femme chinoise dans les structures sociales et économiques était et est encore confrontée à plusieurs freins sociaux<a href="#_ftn6">[6]</a>. Conscient que les ressources humaines représentent leur principal capital économique, durant les trois dernières décennies, le gouvernement singapourien éleva le statut juridique des femmes en utilisant entre autres, le contrôle de la natalité afin que la population féminine puisse pleinement participer au marché du travail sans pour autant changer les statuts socioéconomiques des genres. Cependant, ceux-là mêmes qui avaient réussi à encourager la croissance économique, se préoccupèrent ensuite  des changements de structures sociales que cette féminisation massive de la main d’œuvre impliquait. Parallèlement, le gouvernement émit en conséquence des législations empêchant les femmes de progresser sur leur lieu de travail. À titre d’exemple, il ne fit jamais bâtir de crèches en nombre suffisant, si bien que les femmes se débattaient entre les charges au travail et leurs responsabilités de mères, créant des conflits avec leurs époux. Mises à part les femmes mariées qui cessèrent de travailler, beaucoup choisirent de demeurer célibataires ou de renoncer à des enfants.</p>
<p style="text-align: justify">Un autre frein social était celui des rôles stéréotypés de l’homme et de la femme dans la société chinoise. À titre d’exemple, la femme ne doit pas être supérieure à son époux en termes de salaire. Passive, elle doit venir en aide à son père, son époux, son frère.  L’absence de support aux femmes et des préjugés tenaces à leurs propos dans la culture d’entreprise chinoise constituent un autre frein important. Renonçant à poursuivre une carrière dans le cadre d’une entreprise, des femmes décidèrent donc de devenir femmes entrepreneures, propriétaires d’une ou deux petites compagnies occupant jusqu’à 50 employés. Entre 1989 et 1997 37 % des femmes devinrent entrepreneures dans le secteur de l’industrie, des ventes au détail et de la manufacture<a href="#_ftn7">[7]</a>. Si dans les dernières années, des institutions gouvernementales reconnaissaient les contributions des femmes entrepreneures au développement économique du pays, -depuis 1997, Singapour accorde un prix « Femme entrepreneure de l’année », les entrepreneures restent un filon inexploité. Au plan des grandes compagnies, les cadres féminins ayant pouvoir de décision sont largement sous-représentés. Leur salaire représente encore une fraction de celui de leurs collègues masculins. À l’ère de la haute technologie, le confucianisme mène encore la vie dure aux femmes de Singapour, État pourtant très occidentalisé. Ici, plus d’éducation chez les femmes ne signifie pas forcément égalité des sexes<a href="#_ftn8">[8]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<address><a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arch_0044-8613_1980_num_19_1_2535"><span style="color: #000000"><span style="text-decoration: none">Salomon, Claudine. 1980. «Etre femme à Singapour</span></span></a>». Persée, Revues scientifiques 19(no19) : 161-168.</p>
<p>Margolin, Jean-Louis. 1989. «<span style="text-decoration: underline"><span style="text-decoration: none">Singapour</span></span>: 1959-1987 : genèse <span style="text-decoration: underline"><span style="text-decoration: none">d</span></span>&#8216;un nouveau pays industriel» , Business &amp; Economics &#8211; 315 pages</p>
<p>Pyle; Jean l. 1997.«<a href="http://www.questia.com/PM.qst?a=o&amp;se=gglsc&amp;d=5000519962"><span style="color: #000000"><span style="text-decoration: none">Women, the Family, and Economic Restructuring: The Singapore Model?</span></span></a>» Review of Social Economy, Vol. 55.</p>
<p>Cong, Liang. Shanghai 200093, China. «<a href="http://www.ccsenet.org/journal/index.php/ijbm/article/view/1486/1427"><span style="color: #000000"><span style="text-decoration: none">Does the Current Position of Women in the Labour Market in Asia &#8230;</span></span></a>» International Journal of Business and Management 3, (No 6) : 118-122.</p>
<p><em><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal">Jean Lee S.K., Kathleen Campbell, and Audrey Chia.1999.«</span></span><a href="http://www.postcolonialweb.org/singapore/gender/3paradoxes.html"><span style="color: #000000;font-size: small"><span style="font-weight: normal"><span style="text-decoration: none">The Three Paradoxes: Working Women in Singapore</span></span></span></a><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal">. » En ligne.</span></span><cite><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal"> </span></span><a href="http://www.postcolonialweb.org/singapore/.../3paradoxes.html"><span style="color: #000000;font-size: small"><span style="font-weight: normal"><span style="text-decoration: none">www.postcolonialweb.org/singapore/&#8230;/3paradoxes.html</span></span></span></a><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal"> </span></span></cite><cite><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal">( page consultée le 9 décembre 2009)</span></span></cite></em></p>
<p><em><cite><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal"><em>Sandra L. Fielden, Marilyn Davidson .2006.  «International Handbook of <span style="text-decoration: underline"><span style="text-decoration: none">Women</span></span> and Small Business Entrepreneurship» En ligne .<cite> </cite><cite>books.</cite><cite>google.ca/books?isbn=1847 </cite><cite>(page consultée le 9 décembre2009</cite></em></span></span></cite></em></p>
<p><cite><a href="http://www.studentsoftheworld.info/infopays/wfb_fr.php3?CODEPAYS=SGP"><span style="color: #000000"><span style="text-decoration: none">Singapour : géographie, démographie, politique, économie, transport</span></span></a>.2002 . En ligne. <cite>www.studentsoftheworld.info/.</cite> ( page consultée le 9décembre 2009)</cite></p>
</address>
<p><span style="font-size: small"><span style="font-weight: normal"><span style="font-size: medium"><strong><br />
</strong></span></span></span></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Singapour : géographie, démographie, politique, <a href="http://www.studentsoftheworld.info/infopays/wfb_fr.php3?CODEPAYS=SGP">économie, transport</a>.2002</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Margolin, Jean-Louis. 1989. <strong>«</strong><em>Singapour</em>: 1959-1987 : genèse <em>d</em><em>&#8216;</em>un nouveau pays industriel<strong>»</strong></p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arch_0044-8613_1980_num_19_1_2535"> Salomon, Claudine. 1980. «Etre<em> </em><em>femme</em><em> </em>à<em> </em><em>Singapour</em></a>».</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Pyle<em>; </em>Jean<em> l. </em>1997.«<a href="http://www.questia.com/PM.qst?a=o&amp;se=gglsc&amp;d=5000519962"><em>Women</em>, the Family, and Economic Restructuring: The <em>Singapore</em> Model?</a>»</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arch_0044-8613_1980_num_19_1_2535"> Salomon, Claudine. 1980. «Etre<em> </em><em>femme</em><em> </em>à<em> </em><em>Singapour</em></a>».</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Jean Lee S.K., Kathleen Campbell, and Audrey Chia.1999.«<em><a href="http://www.postcolonialweb.org/singapore/gender/3paradoxes.html"><em>The Three Paradoxes</em>: <em>Working Women in Singapore</em></a>. </em>»</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Sandra L. Fielden, Marilyn Davidson .2006.  «International Handbook of <em><span style="text-decoration: underline">Women</span></em> and Small Business Entrepreneurship»</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Cong, Liang. Shanghai 200093, China. «<a href="http://www.ccsenet.org/journal/index.php/ijbm/article/view/1486/1427">Does the Current Position of <em>Women</em> in the <em>Labour</em> Market in Asia &#8230;</a>»</p>
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		<title>SINGAPOUR : LÀ OU AUTORITARISME ET PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE VONT DE PAIRE</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 02:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Censure]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Xavier Faraire
La principauté de Singapour est véritablement un phénomène de l’Asie du Sud-est. Cette cité-État de 4,4 millions d’habitants est un modèle, voire un cliché, de réussite capitaliste[1]. La cité est ultra moderne, propre et dotée d’un système de transport en commun très efficace. Le secteur tertiaire y est de loin le plus dominant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Xavier Faraire</strong></p>
<p style="text-align: justify">La principauté de Singapour est véritablement un phénomène de l’Asie du Sud-est. Cette cité-État de 4,4 millions d’habitants est un modèle, voire un cliché, de réussite capitaliste<a href="#_ftn1">[1]</a>. La cité est ultra moderne, propre et dotée d’un système de transport en commun très efficace. Le secteur tertiaire y est de loin le plus dominant. Les grandes multinationales et financières y affichent leur présence avec les multiples gratte-ciels qui parsèment la ville. L’État est un leader dans la très prospère industrie des biotechnologies<a href="#_ftn2">[2]</a>. Sa croissance économique est toujours une des plus élevées au monde et le niveau de vie de ses habitants est parmi les meilleurs. Cependant, contrairement à la grande majorité des nations capitalistes occidentales auxquelles elle pourrait se comparer, Singapour est menée par un régime qui se rapproche davantage de l’autoritarisme que de la sainte démocratie, garante de la prospérité économique pour certains. Dans ce 3<sup>e</sup> billet, nous allons examiner les facteurs qui expliquent comment le même parti arrive à se maintenir au pouvoir depuis plus de 40 ans.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-619"></span></p>
<p style="text-align: justify">Depuis 1959, soit 6 ans avant l’indépendance de la cité en 1965, le People’s Action Party a remporté chacune des <a href="http://www.singapore-elections.com/">élections législatives</a> jusqu’à ce jour, soit par une écrasante majorité ou en mettant la main sur la totalité des sièges<a href="#_ftn3">[3]</a>. Pourtant les élections ne sont jamais truquées. Comment expliquer cela? Tout d’abord, le PAP fait en sorte de fortement décourager l’opposition. Et attention, on parle ici d’une répression très subtile qui n’a rien à voir avec la répression violente ou les arrestations arbitraires qui sévissent en Birmanie par exemple. Pour commencer, toute personne qui parle en publique contre le gouvernement est forcé de se déclarer membre de l’opposition. Or, les membres de l’opposition sont étroitement surveillés dans tous leurs faits et gestes, spécialement lorsqu’ils prennent la parole en public. Les personnes qui ont trop de choses à dire contre le parti et ses membres finissent par être poursuivies en justice au civil pour diffamation et se voient dans l’obligation de payer des sommes considérables<a href="#_ftn4">[4]</a>. De quoi décourager une population dont les valeurs fondamentales sont basées sur le portefeuille. Le PAP a aussi d’autres façons d’utiliser le système pour s’avantager. Le système politique de Singapour est inspiré du système parlementaire britannique. Le parti au pouvoir est donc celui qui a fait élire le plus de députés, chacun de ceux-ci étant élus dans une circonscription. Le PAP récolte en moyenne 60% des votes à chaque élection. Pour assurer son hégémonie au parlement, le parti a cependant prit soin de bien découper la carte électorale de façon à mener dans chacune des circonscriptions<a href="#_ftn5">[5]</a>. Le PAP joue ainsi le tour de la carte électorale.</p>
<p style="text-align: justify">Il n’y a pas que les opposants qui sont visés par cette forme assez particulière de censure. Les médias le sont également, et de la même façon. Les différents journaux, locaux ou internationaux, de grande renommée ou pas, sont poursuivis en justice pour diffamation s’ils font des allégations contre le gouvernement. Les montants versés au gouvernement au terme de ces poursuites, par règlement hors-cours ou par jugement, sont faramineux. Les journalistes se le tiennent pour dit et les médias préfèrent opter pour l’autocensure<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Le troisième point porte sur les politiques économiques de l’État. Suite à son indépendance, l’État a choisi d’inviter les multinationales à venir investir massivement à Singapour, contrairement beaucoup d’autres pays du Tiers-monde qui, à la même époque, cherchaient plutôt à protéger leurs entreprises locales. Le gouvernement a fait beaucoup pour favoriser les investissements étrangers et le développement économique. Un de ces moyens a été de regrouper tous les syndicats en une seule entité, le National Trade Union Congress (NTUC). Cet organisme, normalement chargé de représenter les travailleurs, est davantage porté sur la coopération avec l’État pour assurer la prospérité économique de la cité. Ajoutez à cela une interdiction de faire la grève, il devient difficile pour un travailleur de contester la politique économique de l’État<a href="#_ftn7">[7]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, la dernière raison qui fait en sorte que le PAP se maintient au pouvoir depuis si longtemps, c’est tout simplement parce que la formule fonctionne. Le citoyen moyen y voit beaucoup de bénéfices. Le PIB par habitant est de 32 867$. Il est plus élevé que ceux de la France et de l’Allemagne<a href="#_ftn8">[8]</a>. La société singapourienne est devenue ultra matérialiste, une véritable société de consommation ou tout le monde veut prospérer, avoir sa voiture, son cellulaire, des vêtements de grandes marques, une belle maison, etc. Les Singapouriens, contrairement aux Québécois, sont de grands épargnants<a href="#_ftn9">[9]</a>. La gestion de l’économie par le PAP leur a permis d’atteindre ce niveau de vie alors pourquoi vouloir changer ce qui fonctionne?</p>
<p style="text-align: justify">Singapour est un État très particulier. Cette cité-État est à la fois un modèle de prospérité économique et de transparence et un mauvais élève en termes de démocratie et de liberté d’expression. On dit souvent, en occident, que démocratie et prospérité économique vont de paire. Il faut croire que cette règle ne s’applique pas partout.</p>
<p style="text-align: justify">
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>Badie, Bertrand, Sandrine Tolotti, dir. 2007.  <em>L’État du monde 2008</em>. Montréal : Boréal. 430p.</p>
<p>De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. 176p.</p>
<p>Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a>2007.  L’État du monde 2008. Montréal : Boréal. P.382</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. P. 149</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Ibid. p 150</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ibidem</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ibidem p. 151</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> 2007.  L’État du monde 2008. Montréal : Boréal. P.382</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. P. 160</p>
]]></content:encoded>
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		<title>SINGAPOUR: LES AVANTAGES D’UN ÉTAT FORT</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 21:21:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Lee Huan Yew]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>
		<category><![CDATA[Transports]]></category>
		<category><![CDATA[Urbanisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Félix Pepin
Aujourd’hui, Singapour représente, à travers le monde, l’un des emblèmes de la prouesse économique asiatique. Une telle réussite doit être grandement attribuée au People’s Action Party (PAP), et plus particulièrement à son chef Lee Huan Yew qui dirigea le développement de cette cité état de l’indépendance en 1965 jusqu’en 1990. Sous son « règne », [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Félix Pepin</strong></p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, Singapour représente, à travers le monde, l’un des emblèmes de la prouesse économique asiatique. Une telle réussite doit être grandement attribuée au People’s Action Party (PAP), et plus particulièrement à son chef Lee Huan Yew qui dirigea le développement de cette cité état de l’indépendance en 1965 jusqu’en 1990. Sous son « règne », Singapour s’est métamorphosée : de la colonie « entrepôt » qu’elle était sous la colonisation britannique, elle est aujourd’hui considérée parmi les plus grandes cités de la planète, au même titre que le sont Londres, New York ou Tokyo (voir <a href="http://www.youtube.com/watch?v=PVP1GdvD2L4">ce vidéo</a> pour une brève introduction). Avec ses 4,9 millions de citoyens répartis sur moins de 700 km²<a href="#_edn1">[i]</a>, plusieurs affirment que « Singapour peut être considérée comme un modèle d’aménagement urbain, même selon les plus hauts standards des pays développés<a href="#_edn2">[ii]</a> ». C’est donc ce que je tenterai de vous démontrer tout au long de ce billet en définissant d’abord le rôle primordial qu’a joué le gouvernement singapourien dans cette réussite et les résultats auxquels il est parvenu avant de terminer avec les défis et les enjeux qu’il a d’ores et déjà à gérer afin de soutenir un tel développement.</p>
<p style="text-align: justify">Tout d’abord, au lendemain de l’indépendance, Singapour souffrait déjà de nombreux problèmes au niveau du développement urbain. Parmi ceux-ci, nous pouvions noter les problématiques liées à la pénurie de logements (surpeuplement des milieux urbains et développement de bidonvilles), celles liées au manque de services publics (ramassage des déchets, pollution de l’eau) et toute une panoplie d’autres problèmes de diverses natures (pollution de l’air, déficience des infrastructures de transports, etc.). C’est donc dans ce contexte que Lee Huan Yew et son gouvernement durent se mettre à la tâche. Leurs premières interventions consistèrent à créer bon nombre d’emplois afin de combattre la pauvreté, augmenter considérablement l’offre en logement abordable (à travers sa société d’habitation, le Housing Developement Board) et améliorer la desserte en infrastructures de transport<a href="#_edn3">[iii]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Pour ce faire, l’État disposait d’un outil extrêmement intéressant qui datait de l’époque coloniale : l’expropriation. En effet, sous le régime britannique, il existait des textes légaux facilitant grandement l’expropriation par l’État. Lors de l’indépendance, le PAP conserva ces textes, les compléta et les utilisa au point où, en 2002, il détenait de 80 %<a href="#_edn4">[iv]</a> à 90 % du territoire singapourien comparativement aux 31 % qu’il possédait en 1949<a href="#_edn5">[v]</a>. Étant propriétaire, l’État contrôle « la quantité, l’emplacement ainsi que le temps de remise des terres sur le marché<a href="#_edn6">[vi]</a> ». Ainsi, il devient pratiquement l’unique acteur à même de dicter l’organisation du territoire, le privé ne participant que par appel d’offres aux projets du gouvernement. Cette démarche est exactement à l’opposée de celle que nous pouvons observer dans une ville comme <a href="http://redtac.org/asiedusudest/2009/10/13/urbanisation-en-thailande-un-manque-de-planification/">Bangkok</a>, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify">Une fois cet outil maîtrisé, l’État pouvait développer son territoire comme bon lui semblait. Il choisit de miser sur les réseaux de transport. En tant que planificateurs futés, les dirigeants comprirent rapidement que la valeur d’un secteur était intimement liée à son accessibilité (donc, à la qualité de sa desserte en infrastructures de transport). En développant ses <a href="http://www.smrt.com.sg/main/index.asp">réseaux de transports collectifs</a>, l’État forçait du même coup les promoteurs privés à se concentrer dans les secteurs qu’il avait lui-même choisis! Il devenait donc à même de développer le territoire en suivant précisément son plan. C’est ainsi que Singapour développa un réseau d’autobus efficace (1978) et son réseau de métro (1984)<a href="#_edn7">[vii]</a>. Dans la lignée des stratégies de transport, notons que dès 1975, Singapour instaura l’<a href="http://infopedia.nl.sg/articles/SIP_777_2004-12-13.html"><em>Area Licensing Scheme</em></a>, qui, en relation avec des frais exorbitants d’acquisition et d’immatriculation de voitures, décourageait grandement l’accès automobile dans la zone centrale de Singapour. D’autres grandes métropoles ont par la suite suivi son exemple, dont Londres, en 2003 et Stockholm, en 2007<a href="#_edn8">[viii]</a>, réduisant ainsi considérablement leurs propres problèmes de congestion comme l’avait fait Singapour 25 ans plus tôt. À quand le tour de Montréal?</p>
<p style="text-align: justify">Ces grandes interventions ont grandement changé le milieu urbain du pays. Déjà, vers la fin des années 1960, les bidonvilles avaient été repoussés en périphérie. L’offre en logement fut, quant à elle, grandement améliorée et le <a href="http://www.hdb.gov.sg/"><em>Housing Developement Board</em></a> mit en place plusieurs incitatifs menant à l’acquisition d’un logement, si bien que, de nos jours, 75 % des habitants sont propriétaires de leur logement<a href="#_edn9">[ix]</a>. Les transports en commun, eux, contribuent chaque jour à réduire la congestion et favorise l’intégration sociale au sein de la population dans les espaces publics.</p>
<p style="text-align: justify">En somme, la clé du développement urbain de cette cité état résidait dans son appropriation du territoire et dans l’omnipotence du gouvernement. Ces deux éléments, combinés à une très bonne compréhension des mécanismes de développement urbain, permis à Singapour d’appliquer fermement et systématiquement ses politiques telles qu’il les avait conçus. Aujourd’hui un des pays les plus riches de la planète en revenu par habitant<a href="#_edn10">[x]</a>, il devra faire face à plusieurs défis s’il désire soutenir des niveaux de développement aussi élevé que par le passé, en commençant par la pénurie de territoire. La région métropolitaine de Singapour s’étend maintenant sur trois pays (Malaisie et Indonésie). C’est dans celle-ci qu’elle concentrera ses futurs investissements en infrastructures et en industries afin de combler son manque en superficie territoriale ainsi qu’en main d’œuvre. Malgré tout, si l’histoire de ce pays peu nous apprendre quelque chose, c’est qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer les capacités de ce petit pays de nous surprendre, car ce ne serait pas la première fois!</p>
<p> </p>
<hr size="1" /><a href="#_ednref1">[i]</a> En ligne: <a href="http://app.www.sg/who/1/Singapore-at-a-Glance.aspx">http://app.www.sg/who/1/Singapore-at-a-Glance.aspx</a></p>
<p><a href="#_ednref2">[ii]</a> Rimmer et Dick (2009), p.253</p>
<p><a href="#_ednref3">[iii]</a> <em>Ibid</em>, p.56</p>
<p><a href="#_ednref4">[iv]</a> Rimmer et Dick (2003), p.240</p>
<p><a href="#_ednref5">[v]</a> Lorrain, p.87</p>
<p><a href="#_ednref6">[vi]</a> Rimmer et Dick (2009), p.244</p>
<p><a href="#_ednref7">[vii]</a> <em>Ibid</em>, p.67</p>
<p><a href="#_ednref8">[viii]</a> En ligne: <a href="http://grandparis.over-blog.com/article-5288128.html">http://grandparis.over-blog.com/article-5288128.html</a></p>
<p><a href="#_ednref9">[ix]</a> Lorrain, p.87</p>
<p><a href="#_ednref10">[x]</a> Rimmer et Dick (2009), p.76</p>
<p> </p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>LANGELIER, Jean-Pierre et Olivier Truc (2007). <em>Stockholm et Londres, deux expériences plutôt concluantes</em>. En ligne : <a href="http://grandparis.over-blog.com/article-5288128.html">http://grandparis.over-blog.com/article-5288128.html</a> (page consultée le 21 octobre 2009)</p>
<p>LORRAIN, Dominique (2004). <em>Singapour Inc. </em>Flux 2004/4, No 58, p.85-96. Aussi disponible en ligne : <a href="http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=FLUX&amp;ID_NUMPUBLIE=FLUX_058&amp;ID_ARTICLE=FLUX_058_0085">http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=FLUX&amp;ID_NUMPUBLIE=FLUX_058&amp;ID_ARTICLE=FLUX_058_0085#</a> (page consultée le 21 octobre 2009)</p>
<p>Ministère de l’information, de la communication et des arts (2009). <em>Singapor at a glance</em>. En ligne: <a href="http://app.www.sg/who/1/Singapore-at-a-Glance.aspx">http://app.www.sg/who/1/Singapore-at-a-Glance.aspx</a> (page consultée le 21 octobre 2009)</p>
<p>RIMMER, Peter J. et Howard Dick (2003<em>). Cities, Transport and Communications : The integration of Southeast Asia since 1850</em>. New York: Palgrave Macmillan</p>
<p>RIMMER, Peter J. et Howard Dick (2009). <em>The city in southeast Asia : Patterns, Process and Policy</em>. Honolulu : University of Hawai’i Press.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>SINGAPOUR : UNE ÉCONOMIE INFLUENCÉE PAR LA DIASPORA CHINOISE?</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/10/18/singapour-une-economie-influencee-par-la-diaspora-chinoise/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Oct 2009 21:14:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Confucianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora chinoise]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Ève Lortie-Fournier
En détenant 47,31 % du produit intérieur brut [1], les entreprises chinoises de Singapour démontrent que l’économie de Singapour est dominée par la diaspora chinoise. L’immigration chinoise à Singapour a eu beaucoup d’impacts sur cette cité-État. Plus précisément, les valeurs véhiculées en Chine se sont déplacées avec les immigrants pour construire une partie des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Ève Lortie-Fournier</strong></p>
<p style="text-align: justify">En détenant 47,31 % du produit intérieur brut [1], les entreprises chinoises de Singapour démontrent que l’économie de Singapour est dominée par la diaspora chinoise. L’immigration chinoise à Singapour a eu beaucoup d’impacts sur cette cité-État. Plus précisément, les valeurs véhiculées en Chine se sont déplacées avec les immigrants pour construire une partie des valeurs singapouriennes. Les valeurs que les immigrants chinois ont apportées avec eux ont influencé les valeurs singapouriennes.</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">En Asie du Sud-Est, le commerce entre les pays a commencé avec l’arrivée de colons. Les déplacements entre Singapour et la Chine sont fréquents pour les commerçants chinois. À Singapour, la diaspora chinoise commence vers 1819 avec la fondation d’un établissement commercial britannique, par Thomas Stamford Raffles. Cet établissement a augmenté le nombre de plantations de cachou et de poivre. Des ouvriers agricoles, des cultivateurs et des commerçants chinois s’installent massivement dans de nouvelles plantations. Par la suite, les Chinois s’installent définitivement à Singapour et ils se créent des commerces. Les immigrants amènent leur famille avec eux [2] [3].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">Bien que des <a href="http://redtac.org/asiedusudest/2008/11/28/singapour-les-defis-de-l%e2%80%99harmonie-raciale-et-de-l%e2%80%99identite-nationale/">Malaisiens et des Tamouls se soient établis à Singapour</a>, les Chinois restent les plus influents et les plus nombreux. Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Confucianisme">confucianisme</a> est une école de pensée très populaire en Chine. Le développement économique de Singapour sera très influencé par cette idéologie. En fait, celle-ci véhicule des valeurs telles que de travailler fort, le désir d’apprentissage, l’harmonie et la famille [4]. Les individus doivent se recentrer vers leur famille ce qui mène à l’harmonie, au consensus, à la confiance et à la responsabilisation [5].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">En suivant cette idéologie, la communauté chinoise s’est rapprochée et unifiée à l’intérieur de la cité-État. Des associations chinoises ont été créées ce qui a permis aux Chinois de s’entraider. De cette façon, les Sino-singapouriens ont établi des institutions chinoises, à l’intérieur des frontières singapouriennes. Par exemple, la création de banques et de commerces leur a permis de se faire une place au sein de la cité-État. Les valeurs confucéennes ont amené les Sino-singapouriens à s’unifier pour créer des commerces. À l’intérieur de leur commerce, ils font travailler leur famille. Cela leur permettait de garder un contrôle et de toujours avoir un support [4].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">La conservation des valeurs chinoises à Singapour a été possible grâce à la création des écoles basées sur l’éducation en chinois et l’intégration de leurs valeurs. En effet, les Chinois s’installent en permanence à Singapour et les générations reprennent les entreprises familiales [5].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">Il est à noter que les Chinois n’auraient pu transformer l’économie sans les politiques coloniales. En fait, ces dernières pour l’ouverture de commerce étaient très strictes. Il fallait s’y soumettre pour réussir économiquement, à Singapour. Les Sino-singapouriens se sont donc adaptés à ces politiques pour créer leurs banques et leurs entreprises. Ils se sont démarqués économiquement des étrangers et même des Singapouriens, dès la colonisation [2].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">L’exportation de produits singapouriens vers la Chine et en Asie du Sud-Est est explicable par la diaspora chinoise établie à Singapour. Pendant la période coloniale, ils étaient des intermédiaires entre les grandes compagnies de l’Ouest et l’économie locale [2]. Ce rôle leur a permis d’apprendre les lois du marché et les techniques de manufacture. De plus, cela leur permettra de construire des relations commerciales et des réseaux financiers à travers l’Asie [6]. L’expérience du commerce pour les Chinois a modifié leur attachement aux valeurs confucéennes. Ils ont réalisé une sorte de globalisation de l’économie. Les entreprises familiales se sont donc transformées en corporations familiales. Ces dernières sont en fait des associations entre d’anciennes entreprises familiales et la collaboration d’amis de famille au sein de la nouvelle entreprise. Ce nouveau type d’entreprises leur permettait d’avoir plus d’impacts sur l’économie mondiale. L’économie de Singapour est alors passée d’une économie locale à une économie internationale [4].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">Le développement de la communauté chinoise à l’intérieur de Singapour a permis à la ville de devenir un exportateur important. De plus, le commerce entre Singapour et la Chine est essentiel à la compréhension de l’expansion économique de la cité-État. Durant le régime communiste, la Chine échangeait énormément de produits avec Singapour qui est devenu le principal importateur en raison des pressions internationales envers le communisme chinois. Les hommes d’affaires sino-singapouriens qui connaissaient les valeurs de la Chine ont tiré profit de leur héritage. Depuis la chute du communisme, Singapour reste le sixième pays importateur de la Chine qui est le premier importateur de Singapour. Ces relations ont permis à Singapour de devenir une puissance économique dans l’Asie du Sud-Est [6].</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify">L’apport de la diaspora chinoise à l’économie de Singapour est considérable. Que se soit par l’entremise des valeurs héritées ou des contextes mondiaux dont ont tiré profit les Sino-singapouriens, la diaspora chinoise a permis d’une certaine manière de façonner l’économie de cette cité-État. Ce qui n’est pas arrivé sans créer des tensions. Mais cela c’est une autre question.</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p style="text-align: justify"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Bibliographie</em></p>
<p style="text-align: justify">[1] Daniel Haber et Jean Mandelbaum, <em>La revanche du monde chinois ?</em> (Paris : Édition Économica, 1996).</p>
<p style="text-align: justify">[2]  Lynn Pan, (dir.),   <em>Encyclopédie de la diaspora chinoise </em>(Paris : Les Éditions du Pacifique, 2000).</p>
<p style="text-align: justify">[3]  Maurice Freedman et Majorie Topley, « Religion and Social Realignment among the Chinese in Singapore », <em>Journal of Asian Studies</em>, 21 (1961) 3-23.</p>
<p style="text-align: justify">[4] Gordon C. K. Cheung, « Chinese Diaspora as a Virtual Nation: Interactive Roles between Economic  and Social Capital », En ligne. <a href="http://web.ebscohost.com/ehost/pdf?vid=2&amp;hid=%20111&amp;sid=f01e6055-fcc2-4101-8091-ef54674ec6ce%40sessionmgr111">http://web.ebscohost.com/ehost/pdf?vid=2&amp;hid= 111&amp;sid=f01e6055-fcc2-4101-8091-ef54674ec6ce%40sessionmgr111</a> <em>Political</em> <em>studies</em> 52 (2004), 664-684. (Page consultée le 6 octobre 2009)</p>
<p style="text-align: justify">[5]  Kwok Bun Chan et See Ngoh Claire Chiang, « Cultural values and immigrant entrepreneurship : the Chinese in Singapore », En ligne. <a href="http://www.persee.fr/articleAsPDF%20/remi_0765-752_1994_num_10_2_1409/article_remi_076%2050752_1994_num_10_2_1409.pd%20f?mode=light">http://www.persee.fr/articleAsPDF/remi_0765-752_1994_num_10_2_1409/article_remi_076 50752_1994_num_10_2_1409.pd f?mode=light</a> <em>Revue européenne des migrations internationales</em> 10 (1994),  87-117, (page consultée le 6 octobre 2009).</p>
<p style="text-align: justify">[6]  Heidi Dahles, « Venturing across borders: investment strategies of Singapore-Chinese Entrepreneurs in Mainland China » <em>Asian journal of social science</em> 32 (2004) 19-41.</p>
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		<title>Singapour : les défis de l’harmonie raciale et de l’identité nationale</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 22:43:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Identité]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Patrick Milochevitch
Singapour est officiellement un État « multiracial ». Ce « multiracialisme » illustre, d’une part, une réalité démographique multi-ethnique chinoise, malaise, tamoule, constitutive de la cité-État et, d’autre part, une composante idéologique fondamentale du projet national imposé par les dirigeants politiques du PAP qui président à la destinée de l’île depuis son indépendance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Patrick Milochevitch</strong></p>
<p style="text-align:justify"><a href="http://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> est officiellement un État « multiracial ». Ce « multiracialisme » illustre, d’une part, une réalité démographique multi-ethnique chinoise, malaise, tamoule, constitutive de la cité-État et, d’autre part, une composante idéologique fondamentale du projet national imposé par les dirigeants politiques du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/People%27s_action_party">PAP</a> qui président à la destinée de l’île depuis son indépendance en 1965.</p>
<p style="text-align:justify"><span id="more-149"></span><br />
Singapour, c’est, aujourd’hui, une population de 4 millions d’individus issue de vagues migratoires successives, divisée en quatre catégories : « Chinois » 77 %, « Malais » 14 %, « Indiens » 8 %, et « Autres » . A chacune de ces divisions ethniques est associée une langue officielle – Mandarin, Malais et Tamil, l’anglais, quatrième langue officielle, servant de lingua franca – et une religion – Syncrétisme Chinois, Islam et Hindouisme. Ce petit pays, l’un des plus petits au monde, est un archipel sans réel particularisme territorial captant l’imagination. Le personnage historique le plus représentatif semble être l’anglais <a href="http://library.thinkquest.org/12405/raffles.htm">Sir Stamford Raffles</a>, fondateur de Singapour en 1819 (Margolin, 2004, p.33).</p>
<p>Fait notable, rappelons, que <a href="http://fr.youtube.com/watch?v=6KOV5Qxymq&amp;feature=related">l’indépendance de Singapour</a>, colonie britannique, ne relève d’aucun sentiment nationaliste profond. Singapour est, en effet, accouchée d’un processus pour le moins singulier et, historiquement quasi unique, d’expulsion du projet de la Fédération de la Malaysia. L’île a subi trois épisodes marquants de <a href="http://fr.youtube.com/watch?=TdpRINXBPwY">violences inter-ethniques</a> opposant Chinois et Malais entre 1964 et en 1969 .</p>
<p>Dans ces conditions, créer une identité nationale relevait du tour de force pour <a href="http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/leadership/disk/singapour_Sion-Attal.htm">Lee Kuan Yew</a> et son équipe.</p>
<p>On structura l’idée du consensus social autour du <a href="http://fr.youtube.com/watch?v=aDQByx392lg">concept, pour le moins ambigu, de races</a>, à la fois, danger et obstacle de la construction nationale, et outil fondamental de la politique d’homogénéisation et d’égalité de la complexité ethnique singapourienne. De cette idéologie est issue la classification raciale de la population en quatre groupes évoqués plus haut.</p>
<p>Derrière cette classification artificielle, standardisation imposée par les autorités, se cache en réalité une importante diversité. À titre d’exemple, le groupe ethnique « Chinois » auquel sont associés le Mandarin et le Confucianisme est en réalité constitué d’individus provenant de provinces chinoises culturellement fort différentes, parlant des dialectes incompréhensibles les uns pour les autres &#8211; Teochiou, Hokkien, Cantonnais, Hakkas … &#8211; et dont la pratique religieuse est au-delà du confucianisme – Christianisme et Bouddhisme entre autres. On observe la même chose, pour le groupe « Malais », composé de Javanais, d’Acehnnais, de Bugis, de Minangkabau  ou le groupe  « Indien ».</p>
<p>À ce stade, une comparaison avec les politiques mises en place en Malaysia, dont le découpage ethnique est relativement semblable, mais au rapport démographique Chinois / Malais inversement proportionnel à celui de Singapour, se révèle pertinente.</p>
<p>Dans les deux pays, la communauté chinoise occupe une position économique prédominante. Cependant, alors que la Malaysia a opté pour des politiques de discrimination positive à l’égard de la population malaise, ne reconnaissant comme officielle  que la langue malaise, Singapour a préféré des politiques d’équité raciale et quatre langues officielles ;  une langue pour chaque groupe ethnique plus l’anglais, langue de l’héritage colonial.</p>
<p>Ce que l’on a cherché à instiller, avec force autorité, dans la population de la cité-État, ce sont des valeurs d’équité, de respect de l’autre dans sa différence, et de nécessaire harmonie entre les communautés  pour achever un objectif de progrès économique et social pour tous.</p>
<p>La réussite économique de Singapour ne fait aucun doute. La qualité de vie de la majorité de ses habitants, toutes origines confondues, est parmi les plus hautes de la planète et loin devant celles des autres nations de l’Asie du Sud-Est . Pour autant,  et bien que Singapour n’ait plus connu de tensions raciales depuis plus de 30 ans, la question de l’identité nationale demeure, comme ailleurs, ouverte.</p>
<p>Les politiques d’équité raciale et le régime relativement autoritaire du PAP ont en effet généré une forme de tolérance minimale sans échanges réels ou compréhension interculturelle entre les communautés. Cette tolérance a récemment été mise à mal par le spectre des attentats du 11 septembre 2001 et l’internationale fondamentaliste islamiste, suscitant une nouvelle méfiance vis-à-vis de la communauté malaise.</p>
<p>Selon le leader d’opposition, <a href="http://www.cheesoonjuan.blogspot.com/">Chee Soon Juan</a> « la croissance économique ne fait pas l’âme d’un pays » (FRECON, 2008, p.46), Singapour « n’est pas une maison, mais est à l’image d’un hôtel, certes 4 ou 5 étoiles, mais où vous ne pouvez décorer la chambre à votre goût » (FRECON, 2008, p.46).</p>
<p>Pourtant, il semble que pour les nouvelles générations nées à Singapour, le sentiment d’appartenance à une nation devient une réalité. Serait-on en train d’assister à la naissance d’une identité singapourienne au-delà de la notion de race, une identité que même le gouvernement semble vouloir promouvoir au sein d’un nouveau discours « nationaliste », un « Singapour Singapourien »?</p>
<p style="text-align:justify">&#8212;</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify">BENG HUAT Chua (1998), Culture, Multiracialism and national identity in Singapore, dans Trajectories : Inter-Asia Cultural Studies, dir. Kuan Hsing Chen, London, Routledge, p.186-205</p>
<p>BENG HUAT Chua (2003), Singapore : multiracial harmony as public good, dans Ethnicity in Asia, dir. Colin Mackerras, Routledge Curzon, London New York, p.101- 107</p>
<p>BENJAMIN Geoffrey (1976), The cultural logic of Singapore’s “Multiracialism”, dans Singapore : society in transition, dir. Riaz Hasan, Kuala Lumpur, Oxford University Press, p.115-133</p>
<p>DE KONINCK Rodolphe (2006), Singapour : La cité-État ambitieuse, Paris, Belin</p>
<p>FRÉCON Éric (2008), Singapour : une démocratie piratée, dans Revue Asia, nº4, p.44-48</p>
<p><a href="http://cheesoonjuan.blogspot.com">http://cheesoonjuan.blogspot.com</a><br />
<a href="http://mrbrown.com"><br />
http://mrbrown.com</a></p>
<p>MARGOLIN Jean Louis (2004), National Construction, Identity Quest and Communitarian Temptations in Independant Singapore, dans Ethnic Minorities and Politics in southeast Asia, dir. Thomas Engelbert et Hans Dieter Kubitscheck, Peter Lang, Berlin</p>
<p>PURUSHOTAM Nirmala (1998), Disciplining difference : Race in Singapore, dans Southeast Asian Identities : Culture of representation in Indonesia, Malaysia, Singapore, Thailand, dir. Kahn Joel S., Singapore, ISAS, p. 51-94</p>
<p><a href="www.singaporedemocrat.org">www.singaporedemocrat.org</a></p>
<p style="text-align:justify">
<p style="text-align:justify">
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		<title>Piraterie : enjeux économiques et actions étatiques</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jul 2008 00:35:16 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Samuel Barbas
Le Détroit de Malacca accueille quotidiennement entre 600 et 800 navires marchands et 80% des importations pétrolières japonaises (Ellis 2003). Les installations portuaires singapouriennes accueillent quant à elles une vingtaine de millions de conteneurs. Ceci représente un volume de fret de plus de 400 millions de tonnes par année, faisant de Singapour est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Samuel Barbas</strong></p>
<p style="text-align:justify">Le Détroit de Malacca accueille quotidiennement entre 600 et 800 navires marchands et 80% des importations pétrolières japonaises (Ellis 2003). Les installations portuaires singapouriennes accueillent quant à elles une vingtaine de millions de conteneurs. Ceci représente un volume de fret de plus de 400 millions de tonnes par année, faisant de Singapour est le port le plus actif au monde (Asian Economic News 2006).</p>
<p style="text-align:justify">La piraterie sur mer n’est pas un phénomène propre à Singapour. Toutefois, la cité-État, à cause de son rôle de leader économique régional et de sa contiguïté géographique avec le Détroit de Malacca, est obligée d’accorder une grande importance au phénomène.<br />
<span id="more-52"></span><br />
À eux six, la Corée du Sud, la Chine, Singapour, le Japon, Hong Kong et Taïwan, représentent 30,5% du tonnage mondial (Frécon 2002, 136). Tous utilisent le détroit de Malacca. S’il devenait trop dangereux, les répercussions seraient désastreuses, car la moitié de la flotte mondiale devrait rallonger ses trajets. L’INSS (Institute for National Strategic Studies) à calculé que si les SLOC (sea lines of communications) est-asiatiques devaient être bloqués, les prix du transport maritime subiraient une augmentation de l’ordre de 500% (Frécon 2002, 138).</p>
<p>Bien qu’il y ait eu une résurgence de la piraterie autour de Singapour en 2004, elle n’a pas été suffisante mettre en doutes l’utilisation des voies commerciales actuelles. Sauf que</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« le coût des primes d’assurances versées par les armateurs est à la hausse et que dans le port de Singapour certains craignent que cela ne puisse détourner la clientèle » (De Koninck 2006, 142).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify">Alan Chan, propriétaire de Petroships, une compagnie singapourienne, rapporte qu’en 1999 il a perdu un tanker d’une valeur de $10 millions dans les eaux juste au nord de Singapour (Ellis 2003). Selon lui, les coûts de la piraterie tourneraient autour des 500 millions de dollars américains annuellement. En partie à cause des primes d’assurances élevées, mais aussi à cause des longs délais en cas d’assaut ou d’enquête et des frais supplémentaires d’embauche de personnel de sécurité privée sur les navires (Ellis 2003). Tout cela, sans compter les effets néfastes sur le tourisme et les investissements étrangers.<br />
<strong><br />
Actions locales et coopération régionale</strong><br />
Singapour a la plus petite zone à couvrir, mais il est l’État le plus déterminé et le plus actif dans la prévention de la piraterie. Deux organismes sont à pied d’œuvre : la Police Coast Guard et la marine. Le premier organisme s’occupe des eaux territoriales et disposait en 2000 d’environ mille hommes et 106 patrouilleurs. Cependant, sa priorité reste la lutte contre l’immigration clandestine. La marine, quant à elle, apporte son support dans les cas de banditisme maritime (Frécon 2002, 215).</p>
<p style="text-align:justify">Pour M. Richard Lim, vice-amiral de la marine de la République de Singapour,</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« le seul moyen de lutter efficacement contre ce type de criminalité serait d’interpeller les pirates dans leurs bastions, ce qui supposerait toutefois une sérieuse coordination entre la police et les services de renseignement des pays membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est [Asean] » (Kane et Passicousset 2000, 6).</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify">Il faut donc absolument que d’autres pays emboîtent le pas si on veut aspirer vers un règlement du problème de la piraterie. Or, le principe fondamental de l’ASEAN est la non-ingérence dans les affaires d’autrui. Les négociations sont ardues.</p>
<p>Singapour est parvenue à conclure des accords bilatéraux avec l’Indonésie et la Malaysia. Néanmoins,</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« à ce jour, seuls Jakarta et Singapour ont signé un accord bilatéral permettant aux forces maritimes des deux pays de poursuivre les pirates dans leurs eaux territoriales respectives » (Kane et Passicousset 2000, 6)</p>
</blockquote>
<p>En 2005, une entente sur la surveillance aérienne du Détroit de Malacca a été acceptée par l’ensemble de pays de l’ASEAN.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« Les avions de patrouille maritime voleront avec un responsable de chaque pays à bord, ce qui leur permettra de pénétrer dans tous les espaces aériens nationaux. Cette mesure viendra renforcer l’accord déjà existant sur les patrouilles maritimes signé entre Singapour, l’Indonésie et la Malaisie. » (Kane et Passicousset 2000, 6).</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Singapour, la Cité-État du 21e siècle aux airs barbares</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2008/07/04/singapour-la-cite-etat-du-21e-siecle-aux-airs-barbares/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Jul 2008 23:47:03 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Châtiments corporels]]></category>
		<category><![CDATA[Peine de mort]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Samuel Barbas
Le Code pénal singapourien identifie plusieurs crimes susceptibles d’être punis par la peine de mort ou par des châtiments corporels. La peine capitale est systématiquement appliquée dans les cas de meurtre, trafic de drogues et certaines formes de kidnapping tandis que les châtiments corporels sont la punition pour une trentaine d’offenses violentes et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Samuel Barbas</strong></p>
<p style="text-align:justify">Le Code pénal singapourien identifie plusieurs crimes susceptibles d’être punis par la peine de mort ou par des châtiments corporels. La peine capitale est systématiquement appliquée dans les cas de meurtre, trafic de drogues et certaines formes de kidnapping tandis que les châtiments corporels sont la punition pour une trentaine d’offenses violentes et non violentes, comme le viol, le vol, le vandalisme et la transgression des lois sur l’immigration. Plusieurs organismes de protection des droits de l’Homme considèrent ces méthodes inhumaines. Face aux pressions internationales, le gouvernement a promis d’adopter une attitude d’ouverture face à une modification éventuelle de sa législation sur la peine de mort. Toutefois, ce même gouvernement n’a jamais accepté que les représentants du respect des droits humains visitent les prisons du pays [1].</p>
<p style="text-align:justify"><span id="more-51"></span></p>
<p style="text-align:justify">Sur la question de la peine de mort, <a href="http://www.amnesty.org/fr">Amnistie Internationale</a> classe les pays du monde en <a href="http://www.amnesty.org/fr/death-penalty">quatre catégories</a> : les pays qui la permettent légalement et appliquent la peine de mort, ceux qui l’ont encore dans leur Code pénal, mais qui ont accepté de ne pas l’appliquer pendant 10 ans, ceux l’ayant complètement abolie et finalement les pays « rétentionnistes », c’est-à-dire ceux qui maintiennent cette peine dans des cas bien précis comme le meurtre, ou les crimes de guerre par exemple. Singapour appartient à cette dernière catégorie. L’unique méthode utilisée par les autorités locales est la pendaison. Si cette méthode peut paraître cruelle, elle est fréquente dans les pays d’Orient comme l’Inde, le Japon, la Malaysia, l’Iraq, etc.</p>
<p style="text-align:justify">Singapour n’applique cette peine que dans des cas bien précis. Toutefois, cela ne l’empêche pas de faire parties des meneurs du palmarès des pays avec <a href="http://www.unodc.org/pdf/crime/10_commission/10e.pdf">les plus hauts taux d’exécutions</a> par rapport à sa population (4,5 millions).  Entre 1991 et 2001, 340 personnes ont été exécutées (Soltani 2003). Selon l’ONU, entre 1994 et 1999, Singapour a maintenu une moyenne de 13,57 exécutions par 1 000 000 d’habitants, la norme internationale se situe plutôt autour de trois ou quatre exécutions par million d’habitants. Toutefois, les condamnations à mort diminuent tranquillement, dans son <a href="http://report2007.amnesty.org/fra/Regions/Asia-Pacific/Singapore">rapport 2007</a>, Amnistie Internationale rapporte que :</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« Cinq personnes au moins ont été exécutées: deux en juin pour trafic de drogue et trois en novembre pour meurtre. Cinq condamnations à mort, peut-être davantage, ont été prononcées au cours de l&#8217;année. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify">Selon, <a href="http://www.thinkcentre.org/">Think Centre</a>, un groupe d’activistes singapourien, 70% de ces exécutions auraient été pour des crimes liés au trafic de drogues. La baisse du taux de criminalité serait partiellement responsable (AFP 2000).<br />
<strong><br />
Châtiments corporels</strong></p>
<p>La souffrance physique fait aussi partie des outils disciplinaires de l’État; dans son code pénal, la cité-État permet la <a href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/bastonnade/">bastonnade</a>. Cette méthode est appliquée pour punir une trentaine d’offenses violentes et non violentes, comme le viol, le vol, le vandalisme et la transgression des lois sur l’immigration.</p>
<p>Le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Chee_Soon_Juan">Dr. Chee Soon Juan</a>, ancien leader de l’<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Singapore_Democratic_Party">opposition</a>, a passé cinq semaines en prison en 2002. Bien qu’il n’ait pas subi lui-même de torture, autre que d’être enchainé à son lit la nuit, il a relaté le fonctionnement de ce châtiment dans une <a href="http://www.singapore-window.org/sw02/021114sj.htm">lettre ouverte</a>:</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify">« La bastonnade à Singapour est un acte barbare lors duquel du personnel entraîné, à l’aide d’un morceau de bambou de six pieds de long et un pouce d’épaisseur, flagelle le malheureux fessier de leur victime. Les chevilles de ce dernier sont attachées à une structure de métal, il doit se pencher vers l’avant afin que ses poignets subissent le même sort. Il ne reste alors que leur postérieur nu exposé à la merci de leur bourreau. » [Vidéo]</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify">Le nombre de coups de bâton varie en fonction de la gravité du crime commis. Elle peut aller de quatre coups, comme ce fut le cas pour l’Américain <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Michael_P._Fay">Mickael P. Fay</a> aux 48 coups auxquels fut soumis <a href="http://news.asiaone.com/a1news/20070701_story5_1.html">Qwek Kee Chong</a>, soit deux fois la limite légale pour un adulte.</p>
<p>Certaines personnes sont exemptées de ce châtiment : le <a href="http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2003/27788.htm">Country Reports on Human Rights Practices 2003</a> nous apprend que les femmes, les hommes âgés de plus de 50 ans et ceux possédant une contrindication médicale ainsi que les jeunes de moins de 16 ans ne sont pas soumis à ce châtiment. Ceux qui sont condamnés à mort en sont aussi déchargés.</p>
<p style="text-align:justify">[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=n9d1ulYdjXI&amp;eurl=http://singabloodypore.rsfblog.org/]</p>
<p style="text-align:justify">
<p style="text-align:justify">&#8212;</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify">Kuntz, Tom. 1994. « Ideas &amp; Trends; Beyond Singapore: Corporal Punishment, A to Z », The New York Times, (New York), June 26</p>
<p style="text-align:justify"><em><span style="text-decoration:underline">En ligne</span></em><br />
Soltani, Pam. 2003. « Crime and Punishment in Singapore », Pacific Rim Magazine, Online Publication</p>
<p>Singapore &#8211; Country Reports on Human Rights Practices  &#8211; 2003 Released by the Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor February 25, 2004. En ligne <a href="http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2003/27788.htm">http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2003/27788.htm</a></p>
<p>Amnistie International, Singapour Rapport annuel 2007. En ligne <a href="http://report2007.amnesty.org/fra/Regions/Asia-Pacific/Singapore">http://report2007.amnesty.org/fra/Regions/Asia-Pacific/Singapore</a></p>
<p>Man caned 48 strokes &#8211; twice the legal limit &#8211; sues govt, in Asiaone. 21 juillet 2007. En ligne <a href="http://news.asiaone.com/a1news/20070701_story5_1.html">http://news.asiaone.com/a1news/20070701_story5_1.html</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Fausse harmonie : rapports interethniques et discrimination à Singapour</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2008/07/03/fausse-harmonie-rapports-interethniques-et-discrimination-a-singapour/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 03:54:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Samuel Barbas
En surface, la cité-État à l’air d’un paradis d’intégration ethnique. Les dernières émeutes raciales datent de 1969 et les efforts du gouvernement Singapourien en matière d’harmonie sociale et raciale, sont impressionnants et relativement efficaces. Toutefois, au quotidien, il existe toujours de la discrimination.

Le gouvernement utilise divers mécanismes pour maintenir cet état d’harmonie : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Samuel Barbas</strong></p>
<p style="text-align:justify">En surface, la cité-État à l’air d’un paradis d’intégration ethnique. Les dernières <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/1969_Race_Riots_of_Singapore">émeutes raciales</a> datent de 1969 et les efforts du gouvernement Singapourien en matière d’harmonie sociale et raciale, sont impressionnants et relativement efficaces. Toutefois, au quotidien, il existe toujours de la discrimination.</p>
<p style="text-align:justify"><span id="more-48"></span></p>
<p style="text-align:justify">Le gouvernement utilise divers mécanismes pour maintenir cet état d’harmonie : sous la Section 298 du Chapitre 224 du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Penal_Code_(Singapore)">Code Pénal de Singapour</a>, un article stipule que : « quiconque de plein gré heurtera la religion ou la race d’une autre personne […] sera puni par emprisonnement allant jusqu’à trois ans, ou une amende, voire les deux » (Popa 2008).  ; il existe une journée de l’harmonie raciale (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Racial_Harmony_Day">Racial Harmony Day</a>) célébrée le 21 juillet ; des quotas sont établis autant dans les écoles que dans le <a href="http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/lotissement/">lotissement</a> pour s’assurer que les communautés interagissent.</p>
<p style="text-align:justify">Par exemple, dans un bâtiment de 100 logements, environ 70 seront alloués aux Chinois, 16 aux Malais, 8 pour les Indiens. Le reste ira aux Eurasiens et aux autres (Mitton 2001). Tout en évitant la formation de ghettos, l’État s’assure ainsi que la majorité chinoise vit avec un certain nombre de Malais et d’Indiens, notamment (Chiang Nee 2003).</p>
<p style="text-align:justify">Cependant, cette politique ne recueille pas un soutien unanime : d’un point de vue Malais, cette répartition uniforme de la population empêcherait la concentration de populations non-favorables au <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/People%27s_Action_Party">PAP</a> et permettrait au parti de maintenir sa majorité parlementaire puisqu’il bénéficierait d’appui chinois dans toutes les circonscriptions (Fuller 1997).</p>
<p style="text-align:justify">La prédominance des Chinois se fait aussi ressentir à l’école. Une étudiante indienne faisait remarquer que l’on célébrait la présence d’un Centre d’Héritage Chinois (<a href="http://www.chineseheritagecentre.org/">Chinese Heritage Center</a>), tandis que son collègue soulignait qu’un examen avait été prévu le jour d’une fête nationale indienne (Velayutham 2007). De plus, comme le démontre le tableau suivant sur les bourses du Président, les Chinois sont aussi favorisés lorsque vient le temps d’octroyer des bourses.</p>
<p style="text-align:center"><a href="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/07/singapour-bourses.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-49" src="http://asiesudest.files.wordpress.com/2008/07/singapour-bourses.jpg" alt="" width="335" height="445" /></a><a href="www.singapore-window.org">http://www.singapore-window.org</a></p>
<p style="text-align:justify">Une explication est que comme la majorité des hauts dirigeants des universités, du gouvernement et des entreprises sont Chinois, les étudiants appartenant à ce groupe sont avantagés (Barr 2006).</p>
<p style="text-align:justify">En fait, le racisme à Singapour se révèle dans la subtilité des actions du quotidien. Les Indiens et les Malais se plaignent régulièrement de discrimination lors de leurs entrevues d’embauche. On ne les refuse pas à cause de leur ethnie, mais parce qu’ils ne maîtrisent pas le mandarin. Toutefois, l’anglais est enseigné à l’école comme première langue, les autres langues officielles (Mandarin, Malais, Tamoul) sont enseignées comme langues secondes (Hindustan Times 2005).</p>
<p style="text-align:justify">Aussi, le racisme se concrétise à travers des insultes discriminantes basées sur des préjugés et les différentes physiques. Souvent les Indiens vont se voir appeler « Black Tofu » et encore plus fréquemment il est question de leur odeur corporelle; beaucoup relatent que dans les transports en commun, les ‘Chinois’ évitent de s’asseoir près d’eux (Velayutham 2007, 4).</p>
<p style="text-align:center">
<p style="text-align:justify">Il est encore extrêmement rare d’assister  à un mariage entre deux Singapouriens d’origines différentes. Ceux d’origine chinoise ont encore tendance à discriminer les Malais et les Indiens pour leur physionomie moins svelte que la leur (Velayutham 2007, 5). De plus, beaucoup de Singapouriens d’origine chinoise ont peur d’aller dans le quartier <a href="http://www.littleindia.com.sg/">Little India</a> le considérant comme dangereux. Pourtant, tous les touristes passent par ce quartier désormais bien connu.</p>
<p style="text-align:justify">
<p style="text-align:justify">[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=PrCRc-r9rvk]</p>
<p style="text-align:justify">Depuis que l’ancien Premier ministre <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lee_Kuan_Yew">Lee Kuan Yew</a> s’est référé à la primauté de la société <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Confucianisme">confucéenne</a> on a remarqué un changement dans la neutralité de la société. Par exemple, les universités chinoises ont reçu des subventions gouvernementales alors que les autres ont été laissées pour compte (Barr 2006). Les Malais, étant majoritairement musulmans, se voient presque automatiquement refuser l’accès à la carrière militaire. Encore aujourd’hui, il n’y a pas de Malais dans la Singapore Air Force (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_of_Singapore_Air_Force">SFA)</a> (Fuller 1997). Quand on a questionné l’ex-Premier ministre <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Goh_Chok_Tong">Goh Chok Tong</a> à ce sujet, il a mentionné qu’on ne pouvait faire confiance à des Musulmans dans l’éventualité d’un conflit avec les voisins majoritairement musulmans comme la Malaysie, alléguant le conflit d’intérêts que poserait l’appel de « <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Allah_akbar">Allah Akbar</a> » (Mitton 2001).</p>
<p style="text-align:justify">&#8212;</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify">Barr, M. Michael. The Charade of Metritocracy. Far Eastern Economic Review. October 2006.</p>
<p>Chiang Nee, Seah. Racism Lives on in Singapore One generation of sophistication hasn&#8217;t erased it. The Sunday Star on Oct 2, 2005</p>
<p>Clammer, John, Race and State in Independent Singapore 1965-1990: the Cultural Politics of Pluralism in a Multiethnic Society. Brookfield, Vt : Ashgate, 1998</p>
<p>Fuller, K. Linda. 1997. The Role of Dominant Ethnicity in Racism: Reportage on Chinese Rule in Multi-Racial Singapore, The Edge, The E-Journal of Intercultural Relations, Summer 1998, Vol. 1(3)</p>
<p><strong>Documents en ligne</strong></p>
<p>Velayutham, Selvaraj. 2006. « Everyday Racism in Singapore », Centre for Research on Social Inclusion, Macquarie University, Online publication</p>
<p>Popa, Bodgan. 2008. Racist Blogger Arrested in Singapore &#8211; Posting racist comments may send you behind bars. En ligne. <a href="http://www.coursenligne.umontreal.ca/SCRIPT/POL3401_1_1/scripts/serve_home">http://www.coursenligne.umontreal.ca/SCRIPT/POL3401_1_1/scripts/serve_home</a></p>
<p>Mitton, Roger. 2001. The cost of casual racism Anti-Muslim sentiment is growing &#8211; and dangerous. En ligne. <a href="http://www.singapore-window.org/sw01/011128aw.htm">http://www.singapore-window.org/sw01/011128aw.htm</a></p>
<p>Indian, Malay job seekers complain of discrimination in Singapore. 2005. Hindustan Times. En ligne.  <a href="http://www.singapore-window.org/sw05/050809ht.htm">http://www.singapore-window.org/sw05/050809ht.htm</a></p>
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		<title>Singapour : Dictature ou démocratie ? Surveillance, censure et autocensure</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jun 2008 22:35:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Par Samuel Barbas
Pour faire suite au premier billet portant sur le monopole gouvernemental concernant les élections, il sera question ici du contrôle du gouvernement sur sa population et les médias. Pour mieux comprendre ce dont il s’agit, rappelons simplement l’illégalité des rassemblements de cinq personnes ou plus à des fins politiques, ainsi que les poursuites [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Samuel Barbas</strong></p>
<p style="text-align:justify">Pour faire suite au <a href="http://asiesudest.wordpress.com/2008/06/29/singapour-dictature-ou-democratie-1ere-partie/">premier billet</a> portant sur le monopole gouvernemental concernant les élections, il sera question ici du contrôle du gouvernement sur sa population et les médias. Pour mieux comprendre ce dont il s’agit, rappelons simplement l’illégalité des rassemblements de cinq personnes ou plus à des fins politiques, ainsi que les poursuites judiciaires systématiques par le gouvernement pour diffamation [1].  Malgré ces lourdes mesures, les Singapouriens ne sont que très peu à quitter le pays.</p>
<p style="text-align:justify"><span id="more-46"></span></p>
<p style="text-align:justify"><strong>Les Singapouriens</strong><br />
Le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/People%27s_Action_Party">PAP</a> (People’s Action Party) s’est muni au fil du temps d’une panoplie d’outils afin de bien encadrer sa population, du taux de natalité aux déplacements en passant par une myriade de petites actions quotidiennes des habitants. Par exemple, les amendes sont salées pour quiconque laisse traîner ses détritus sans respecter les normes instaurées par la ville. Il en va de même pour les graffitis et cela va jusqu’à faire payer ceux qui oublient de tirer la chasse d’eau dans les toilettes publiques (Houseman 2000). Il est par ailleurs, interdit de jeter sa gomme à mâcher sur le sol. L’amende pour ce délit est de 1000 dollars Singapouriens, mais les cas sont rarissimes puisqu’il est quasi-impossible de s’en procurer sur l’île. De plus, « malgré le fait que la quasi-totalité des résidants soient propriétaires de leurs logements, c’est toujours le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/HDB">HDB</a>, la régie du logement, qui délivre les autorisations de vendre, acheter, louer, résider, rénover, bref qui contrôle tout » (Koninck 2006, 165).</p>
<p style="text-align:justify">Étant une cité-État à la fine pointe de la technologie, Singapour à tout ce dont elle à besoin pour établir un réseau de surveillance efficace. C’est ce qu’elle a fait avec son <a href="http://infopedia.nl.sg/articles/SIP_507_2005-01-05.html">Expressway Monitoring and Advisory System</a>. Cette innovation, qui sert à la base à signaler les accidents et les conditions routières, permet au gouvernement de connaître l’itinéraire des conducteurs par le biais d’un système de photographie implanté en plusieurs lieux dans la vile. Ce dernier voit les plaques photographiées à plusieurs endroits et moments de la journée [2].</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Les médias</strong><br />
La majorité, voire la totalité des médias à Singapour est contrôlée par ou appartiennent aux dirigeants du gouvernement. S’ils n’en sont pas les propriétaires, ce sont des membres de leur entourage qui le sont (Gomez 2000, 86). La presse est particulièrement touchée par la censure gouvernementale. Puisque la presse locale sert les intérêts du gouvernement, il n’y a que la presse étrangère pour offrir un peu d’objectivité. Or, le PAP a sut imposer à ces derniers un contrôle tout aussi efficace. Cette main mise remonte au début de la création de la république. Dès 1971, les journaux défavorables au PAP furent forcés de fermer. En <a href="http://statutes.agc.gov.sg/non_version/cgi-bin/cgi_retrieve.pl?actno=REVED-206&amp;doctitle=NEWSPAPER AND PRINTING PRESSES ACT%0A&amp;date=latest&amp;method=part&amp;sl=1">1974</a>, puis en 1986, la loi évolua en faveur d’un resserrement de l’encadrement des médias (surtout étrangers). Comme c’est le cas pour les opposants politiques, la méthode adoptée par l’État pour contrer la critique reste la poursuite judiciaire. C’est ainsi que le <a href="http://www.time.com/time/">Time</a>, l’<a href="http://www.wsj-asia.com/">Asian Wall Street Journal</a>, <a href="http://www-cgi.cnn.com/ASIANOW/asiaweek/">l’Asiaweek</a> et le<a href="http://www.feer.com/"> Far Eastern Economic Review</a> (FEER) ont été confrontés devant les tribunaux. « Pour le [FEER] punir, le gouvernement de Singapour contraignit le périodique à limiter pendant un temps sa distribution locale à 500 exemplaires au lieu de 10 000 » (Koninck 2006, 153). La plupart des poursuites intentées contre des médias étrangers sont réglées hors cours. Pour s’assurer de la bonne intention de ces derniers le gouvernement exige dorénavant, d’une part, la présence d’un représentant permanent (qu’on peut poursuivre) à Singapour, d’autre part, un dépôt de 200 000 dollars Singapouriens, afin de s’assurer d’un éventuel paiement en cas de litige.  Le même type de surveillance est ressenti à la télé, au cinéma et même sur Internet. Par exemple, le succès « Eyes Wide Shut » de <a href="http://www.imdb.com/name/nm0000040/">Stanley Kubrick</a>, n’a jamais franchi la barrière de la censure (Kuzmanovic 1999). Dans le cas d’Internet, les sites qui sont jugés provocateurs ou au contenu inadéquat (raciste, pornographique, etc.), sont interdits d’accès. De plus, pour la brève période des élections les blogues et la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Podcasting">baladodiffusion</a> sont interdits (Burgis 2006).</p>
<p style="text-align:justify"><em>Exemple d’un film anti PAP banni</em></p>
<p>[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=f_DRoUOcupo&amp;hl=en]</p>
<p style="text-align:justify"><em>et bande-annonce bannie</em></p>
<p>[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=3ZcDena8fkY&amp;hl=en]</p>
<p style="text-align:justify">Tout cela a comme résultat que l’autocensure devient la norme. Non pas par idéologie ou par appui envers le pouvoir en place, mais simplement afin d’éviter de perdre le droit de publier dans le pays ou simplement pour éviter les poursuites pour diffamation. Cette autocensure est également exercée par la population. Afin d’échapper à tout problème que pourrait engendrer l’expression d’opinions politiques ou de tenir des propos controversés, les gens sont majoritairement apolitiques; ceci n’est pas aidé par le fait que le gouvernement incite les citoyens à dénoncer leurs voisins. Notons aussi que <a href="http://www.rsf.org/">Reporters sans frontières</a> a classé Singapour <a href="http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24011">141e</a> sur 169 pays en ce qui a trait à la liberté de presse. Finalement, même si les Singapouriens ont le droit de quitter le pays, la majorité n’en fait rien. Selon Gerald Houseman, les résidants sont plutôt satisfaits de leur système et quand vient le temps de s’exprimer, les Singapouriens suggèrent de simplement ignorer la politique.</p>
<p style="text-align:justify">&#8212;</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align:justify">[1] Consultez le site d’Amnistie Internationale pour en apprendre davantage sur l’utilisation injustifiée des tribunaux par le PAP : www.amnesty.org/en/library/asset/ASA36/004/1997/en/dom-ASA360041997en.pdf</p>
<p style="text-align:justify">[2] Le même système était censé voir le jour à Hong Kong. Cependant, les pressions des groupes défenseurs de la vie privée étaient parvenues à empêcher ce projet.</p>
<p style="text-align:justify">&#8212;</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Ressources en ligne</strong></p>
<p style="text-align:justify">Kuzmanovic, Jasmina. 1999.<a href="http://www.singapore-window.org/sw99/91220ap.htm"> Singapore has yet to shed its authoritarian image</a>, Associated Press.<br />
Reporters sans frontières, Singapour : <a href="http://www.rsf.org/article.php3?id_article=20739">Rapport annuel  2007</a></p>
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