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	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Minorités ethniques</title>
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	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
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		<title>LES ONG ET LA PROVINCE DE LAO CAI AU VIETNAM</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:44:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Altermondialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités ethniques]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Mercedes Lussier-Trépanier
Depuis l’avènement de la mondialisation et la création d’organismes non gouvernementaux (ONG) ou inter gouvernementaux (OIG) comme le FMI, l’OMC et la Banque mondiale, on remarque l’apparition d’un nouveau mouvement qui vient contrebalancer ce phénomène de mondialisation de l’économique. Ce nouveau mouvement social international qu’est l’altermondialisation, dont plusieurs ONG et OIG font partie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mercedes Lussier-Trépanier</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis l’avènement de la mondialisation et la création d’organismes non gouvernementaux (ONG) ou inter gouvernementaux (OIG) comme le FMI, l’OMC et la Banque mondiale, on remarque l’apparition d’un nouveau mouvement qui vient contrebalancer ce phénomène de mondialisation de l’économique. Ce nouveau mouvement social international qu’est l’altermondialisation, dont plusieurs ONG et OIG font partie, détermine de nouvelles conditions de luttes sociales qui sont plus axées sur le développement durable, la souveraineté alimentaire, les droits humains fondamentaux plutôt que la prospérité économique<a href="#_ftn1">[1]</a>. <span id="more-663"></span>C’est alors que l’on voit une prolifération d’ONG luttant pour la défense des droits humains, pour la préservation des cultures traditionnelles, etc. Ainsi, ces ONG sont massivement présentes en Asie du Sud-Est, autant elles sont fondées dans les centres urbains la région (les Philippines sont le berceau des ONG) autant leurs projets sont appliqués dans les régions rurales des pays d’Asie du Sud-Est. La question des minorités ethniques, qui marque cette région du monde est donc un champ de bataille prioritaire pour les ONG altermondialistes. Un bon exemple de la situation des minorités ethniques et de leur relation avec les ONG est le Vietnam, car au-delà des Viêt, le Vietnam regroupe 53 minorités ethniques que l’on retrouve dans les montagnes du Nord. Nous verrons en premier lieu la situation des minorités ethniques de la province de Lao Cai au Vietnam suivi d’un exemple de programme d’intervention de l’ONU et un bilan de son efficacité réel.</p>
<p style="text-align: justify">La province de Lao Cai est peuplée de 22 minorités ethniques différentes, où la population a un revenu annuel de 150$ US par habitant, cette région est l’une des plus pauvres du Vietnam<a href="#_ftn2">[2]</a>. Pourtant, il y a de grandes possibilités d’ouverture économique pour les ethnies de la province grâce à sa richesse en ressources naturelles, surtout pour produits forestiers, mais aussi au plan agricole. De plus, la proximité avec la Chine (frontière commune au nord) est un atout au plan du développement économique<a href="#_ftn3">[3]</a>, donc tous les éléments pour établir le commerce dans la province de Lao Cai sont disponibles, mais pourquoi les habitants sont-ils réticents au projet de développement économique et ne veulent pas collaborer avec le gouvernement? La réponse à cette question est anthropologique, car le fait est qu’ils veulent tout simplement continuer à vivre de manière traditionnelle. Les peuples de la province de Lao Cai sont établis dans ces montagnes depuis des siècles et ne sont pas intéressés par un changement de leur mode de vie. Bien que leur situation soit inquiétante d’un point de vue occidental, eux ne se perçoivent pas comme étant défavorisés, car ils ont toujours vécu ainsi. De plus, les ONG travaillant pour la défense des minorités ethniques vivant sous le seuil de la pauvreté ne sont pas en interaction entre elles et ne tentent pas d’agir en commun pour les aider. Au lieu de cela, chacun défend la valeur qui lui est chère sans se préoccuper des actions des autres ONG. Le problème est qu’il y a peu d&#8217;attention qui est accordée à l&#8217;impact des interventions des ONG sur la vie quotidienne des minorités ethniques de la province de Lao Cai.</p>
<p style="text-align: justify">La branche de l’ONU nommée l’Organisation internationale du travail (OIT) est impliquée dans la région avec son projet de <em>Développement du jeune enfant chez les minorités ethniques du Vietnam</em>. Ce plan d’action consiste à « améliorer les conditions de vie des jeunes enfants de (0-8 ans) issus des minorités ethniques dans la province de Lao Cai »<a href="#_ftn4">[4]</a> Plus spécifiquement, l’OIT désire créer un «environnement physique, intellectuel et psychosocial favorable au bon développement du plein potentiel des jeunes, renforcer l’environnement institutionnel autour de la Petite Enfance, sensibiliser les autorités vietnamiennes […] et améliorer la compréhension et le respect des valeurs des minorités ethniques. »<a href="#_ftn5">[5]</a> Ce projet initié en 1997 et ayant comme finalité prévu en 2007 es considéré aujourd’hui comme un échec au plan de l’efficacité réelle du projet. Les conclusions de ce programme d’aide à la Petite Enfance ne se sont pas avérées très positives en ce qui concerne les répercussions réelles. Bien que quelques écoles aient été construites, ainsi que des centres récréatifs pour les jeunes, ils ne sont pas utilisés par la population. Car les mères ne peuvent pas les amènes à l’école, car elles doivent faire la cueillette des denrées alimentaires dans la forêt pour nourrir leur famille et dans la plupart des cas elles ont besoin de leurs enfants pour les aident. Les infrastructures mises en place sont ainsi une coquille vide, car on ne peut seulement venir en aide aux enfants sans changer les besoins (quête de nourriture, d’eau, de sécurité, etc.) de la vie quotidienne des hommes et des femmes des communautés ethniques de la province de Lao Cai. En bref, le projet de développement du jeune enfant chez les minorités ethniques du Vietnam comporte de bonnes intentions, mais sans un changement radical du mode de vie de ces peuples autochtones du Vietnam, le travail des ONG et OIG n’aura jamais un impact réel significatif.</p>
<p style="text-align: justify">
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p><em>Gestion sociale et spatiale des biens publics et environnementaux</em>. ANDES; Aménagement, développement, environnement, santé et sociétés-UMR 5185. En ligne. <a href="http://www.ades.cnrs.fr/spip.php?article248">http://www.ades.cnrs.fr/spip.php?article248</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p><em>L’organisation internationale du travail. Site officiel de l’ONU</em>. En ligne.  <a href="http://www.ilo.org/public/french/employment/skills/hrdr/init/vie_1.htm%237">http://www.ilo.org/public/french/employment/skills/hrdr/init/vie_1.htm#7</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Michaud, Jean et Sarah Turner, « Tribulations d’un marché de la montagne du Nord-Vietnam », <em>Études rurales</em> 165-166 (2003), 53-80.</p>
<p>Noel, Julien, « Regard géographique sur les dimensions spatiales de l’altermondialisation halieutique », <em>Norois, Presses universitaire de Rennes</em> 211 (2009), 7-21.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Noel, Julien, « Regard géographique sur les dimensions spatiales de l’altermondialisation halieutique », <em>Norois, Presses universitaire de Rennes</em> 211 (2009), 7-21.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> <a href="http://www.ades.cnrs.fr/spip.php?article248">http://www.ades.cnrs.fr/spip.php?article248</a></p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Michaud, Jean et Sarah Turner, « Tribulations d’un marché de la montagne du Nord-Vietnam », <em>Études rurales</em> 165-166 (2003), 53-80.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> http://www.ilo.org/public/french/employment/skills/hrdr/init/vie_1.htm#7</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> idem</p>
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		<title>L’INCIDENT KOKANG</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/06/l%e2%80%99incident-kokang/</link>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 00:19:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Kokang]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités ethniques]]></category>
		<category><![CDATA[Sino-birmans]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Mercedes Lussier-Trépanier
La junte militaire birmane est au pouvoir depuis le coup d’État de 1988, les dernières élections législatives remontent à 1990 alors que les résultats ont été ignorés par le régime militaire et le seul référendum depuis qu’ils sont au pouvoir date de 2008, donc au plan démocratique la Birmanie n’est pas au premier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mercedes Lussier-Trépanier</strong></p>
<p style="text-align: justify">La junte militaire birmane est au pouvoir depuis le coup d’État de 1988, les dernières élections législatives remontent à 1990 alors que les résultats ont été ignorés par le régime militaire et le seul référendum depuis qu’ils sont au pouvoir date de 2008, donc au plan démocratique la Birmanie n’est pas au premier plan mondial. Sur le plan des droits humains aussi, la Birmanie ne se retrouve pas au sommet des pays qui respectent leur peuple, surtout envers les opposants à son régime. La communauté internationale connaît bien la situation d’Aung San Suu Kyi  qui est détenue en résidence surveillée depuis 1990 et a une interdiction de participer à la politique de son pays. D’autres sont touchés par cet autoritarisme, par exemple, les minorités ethniques qui ne collaborent pas avec le régime et qui sont constamment réprimées. Ce qui est problématique est que la Birmanie regroupe plus de 130 minorités ethniques, qui n’ont pour la plupart aucun sentiment d’appartenance nationale<a href="#_ftn1">[1]</a>. Malheureusement pour elles, quelques-unes s’affichent ouvertement contre le régime au pouvoir et étant donné qu’elles nuisent énormément à la légitimité de celui-ci, donc elles sont constamment opprimées.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-626"></span></p>
<p style="text-align: justify">L’ethnie dont nous avons beaucoup entendu parler en août dernier sont les sino-birmans. Des affrontements violents ont éclaté dans la région autonome spéciale de Kokang située dans l’État de Shan au centre est du pays. Les affrontements militarisés se sont déclenchés entre l’armée nationale et l’Armée de l’alliance démocratique nationale birmane (AADNB), lors d’un raid (de la junte) sur une usine d’armes militaires illicites qui fournissait l’AADNB (l’armée non gouvernementale de la région autonome spéciale Kokang). C’est ainsi qu’avec ce raid, la junte met fin à un cessez-le-feu qui était établi entre les deux groupes militaires depuis 1989. Par la suite, la junte fit déployer ses militaires dans la région en pourchassant les hommes de l’AANDB, qui sont des opposants au régime autoritaire, en ravageant tout sur leur passage. Le raid sur l’usine n’était qu’un prétexte pour attaquer l’ethnie sino-birmane que sont les Kokangs. Cette haine envers les sino-birmans provient du fait que les Kokangs sont établies depuis la deuxième moitié du 17<sup>e</sup> siècle dans la province de Yunnan et ont un contrôle géopolitique total de leur territoire. Les Kokangs n’ont jamais vraiment coopéré avec l’autorité centrale, autant à l’époque coloniale que contemporaine. Ainsi, lors de l’attaque d’août dernier, ayant leur propre armée, les Kokangs ont pu se défendre militairement, mais seulement pour une courte durée. La population fut pillée, des femmes et des enfants massacrés, des hommes abattus en public, donc la population n’avait qu’un seul choix : fuir. La problématique se retrouve dans le fait qu’ils ont été plus de 30 000 personnes, principalement d’origine chinoise, à quitter le pays. Les Kokang ont été poussés à se réfugier en Chine dans la province de Yunnan pour assurer leur sécurité. La discrimination des Birmans de descendance chinoise est flagrante dans ce conflit, car « quand les Birmans voyaient que vous étiez Chinois, ils vous attaquaient »<a href="#_ftn2">[2]</a> témoigne Yao Fu un médecin de 46 ans établi au Kokans depuis dix ans. Finalement le 30 août, les 700 rebelles Kokangs se sont rendus après une prise de conscience de leur impuissance face à l’armée nationale très puissante.</p>
<p style="text-align: justify">Malgré le retour craintif des sino-birmans dans la région, la tension règne dans l’air et un climat d’incertitude est présent. Les affrontements peuvent resurgir à tout moment car les militaires sont toujours sur place et la population de la région autonome spéciale Kokang vit le deuil de la trentaine de victimes qu’a engendrées le conflit. En analysant bien ce conflit géopolitique, on comprend que l’intervention militaire de l’armée birmane dans la zone indépendante Kokang n’est en réalité qu’un prétexte pour assurer la réélection de la junte au pouvoir. Dans la constitution de la Birmanie, on retrouve dans le chapitre VII à la clause 338, que « all armed forces in the union shall be under the command of the defense services » <a href="#_ftn3">[3]</a>. Ainsi, pour ne pas déclencher un débat constitutionnel dans la région séparatiste Kokang, le gouvernement a pris la décision d’intervenir militairement pour faire taire la menace.</p>
<p style="text-align: justify">En bref, les Kokangs représentent une menace importante pour la junte lors des élections de 2010, reste à savoir si l’intervention militaire d’août les auront effrayés où vont-ils  maintenir leurs convictions et faire opposition au gouvernement lors des scrutins?</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p><em>Birmanie : l’armée s’en prend à une minorité ethnique : des morts, des réfigiés.</em> En ligne : <a href="http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html">http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html</a> (page consultée le 22 novembre 2009)</p>
<p>EBO analysis. 2009. <em>The Kokang Clashes- What next?.</em>En ligne: <a href="http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf">http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf</a> (page consultée le 24 novembre 2009)</p>
<p>Linter, Bertil. 1994. <em>Burma in Revolt : Opium and Insurgency Since 1948.</em> Colorado: Westview Press.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Linter, Bertil. <em>Burma in Revolt : Opium and Insurgency Since 1948.</em></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf</p>
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		</item>
		<item>
		<title>LE GÉNOCIDE AU CAMBODGE : UN ETHNOCIDE ?</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/21/le-genocide-au-cambodge-un-ethnocide/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 21:14:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mlanieboudreault</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Cambodge]]></category>
		<category><![CDATA[Colonialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora chinoise]]></category>
		<category><![CDATA[génocide]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités ethniques]]></category>

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		<description><![CDATA[par Mélanie Boudreault
 
«Le génocide perpétré par le KD [le parti Kampuchéa Démocratique mené par les Khmers Rouges] aura tué en moyenne 1 150 personnes par jour, en l’espace de 3 ans, 8 mois et 20 jours. Si l’invasion vietnamienne mit un terme à cette dynamique meurtrière, elle n’a pas pour autant permis de sécuriser [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"><strong>par Mélanie Boudreault</strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small">«Le génocide perpétré par le KD [le parti Kampuchéa Démocratique mené par les Khmers Rouges] aura tué en moyenne 1 150 personnes par jour, en l’espace de 3 ans, 8 mois et 20 jours. Si l’invasion vietnamienne mit un terme à cette dynamique meurtrière, elle n’a pas pour autant permis de sécuriser le destin de la communauté chinoise au Cambodge»</span><a name="_ftnref1" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-family: Arial;font-size: 12pt">[1]</span></span></span></span></a><span style="font-size: small">. Dans quel contexte de telles atrocités peuvent se produire ? La présence des Chinois au Cambodge ne date pas d’hier et la relation entre Khmers et Chinois n’a pas toujours été conflictuelle. Plusieurs auteurs tels que Ben Kiernan et W. E Willmott défendent que ces atrocités ne correspondent pas tout à fait à un ethnocide, puisque l’ethnie n’était pas le seul critère d’extermination dans la logique meurtrière des Khmers. Les statuts social et économique ont également joué un rôle prépondérant. Le présent billet démontre comment la colonisation française a bouleversé les relations économiques, sociales et culturelles entre les Chinois et les Khmers. Ce qui a ainsi posé les bases qui ont mené à ces massacres. <span id="more-222"></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small">Bien que la présence des Chinois au Cambodge remonte au 8<sup>e </sup>siècle, ce n’est qu’au 15<sup>e </sup>siècle, avec la fondation de Phnom Penh, qu’elle devient significative et qu’une véritable intégration se crée. C’est à travers des mariages interethniques que naît une nouvelle classe ethnique : les Sino-Khmers. L’assimilation est telle que seuls les rites funéraires et le statut économique permettent de différencier les Chinois des Khmers (Tan 2006, 9-14). Dû à un intérêt pour le commerce et l&#8217;adminstration, les Chinois sont amenés à jouer un rôle prépondérant dans l’économie du pays puisqu’ils «peuvent accéder à des postes élevés dans l’administration du royaume et détenir des monopoles sur des pans entiers de l’économie, qu’il s’agisse de l’opium, de l’alcool, des jeux, de la pêche et, dans certaines régions, de l’exploitation du bois»</span><a name="_ftnref2" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn2"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-family: Arial;font-size: 12pt">[2]</span></span></span></span></a><span style="font-size: small">. <span> </span>Les Chinois représentent un avantage pour la royauté puisqu’ils sont porteurs d’une modernité avec le développement des villes, du marché intérieur et du système d’échanges commerciaux. Ce nouveau réseau d’échanges, non plus basé sur l’autosuffisance mais axé vers les pays étrangers, permet aux classes sociales supérieures d’avoir accès à de nouveaux produits (Tan 2006). Ainsi, «à travers des alliances familiales stratégiques, 95% du commerce à cette époque était entre leurs mains, dominant le commerce de détail, la restauration, l’hôtellerie, l’import-export et l’industrie légère»</span><a name="_ftnref3" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-family: Arial;font-size: 12pt">[3]</span></span></span></span></a><span style="font-size: small">. Ainsi, à leur arrivée, les Français ont dû composer avec une communauté chinoise bien ancrée au sein de la population cambodgienne et dans le milieu économique.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"><span> </span>En 1863, les Français établirent un protectorat au Cambodge. À cette époque, l’intérêt des Français pour le Cambodge était minime, c’est pourquoi ils mirent en place un système de prélèvement d’impôts qui servira à financer la colonisation et qui sera réinvestit surtout au Vietnam. Ce n’est qu’en 1892, que le colonialisme français est venu à jouer un rôle important dans la relation que les Chinois entretenaient avec les Khmers. Le système de colonisation indirecte au Cambodge s’est traduit par l’instauration d’un système de congrégations qui faisaient des Chinois des auxiliaires économiques et qui favorisa «l’émergence d’un nouveau groupe social autonome et puissant»</span><a name="_ftnref4" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn4"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-family: Arial;font-size: 12pt">[4]</span></span></span></span></a><span style="font-size: small">. Plus précisément, le système de congrégation consista à organiser la diaspora chinoise en cinq congrégations. L’autorité coloniale s’appuya sur les cinq groupes linguistiques : Teochiu, Cantonais, Hakka, Hokkien et Hainanais. Déjà existantes sous le nom de<em> hui-guan</em>, ces organisations fournissaient à la population chinoise un réseau culturel et social et répondaient aux intérêts économique de ces divers groupes. (Tan 2006, 69-70, Willmott 1969, 288). Ainsi, l’administration coloniale utilisait le chef de chaque congrégation pour maintenir l’ordre et pour percevoir les impôts de cette population,ce qui représentait pour les Français une meilleure source de revenus que les Khmers. De plus, un contrôle sévère sur les déplacements et l’immigration des membres de la communauté chinoise s’opéra à travers ce système de congrégations (Willmott 1969, 284). </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small">Au moment étendre son empire colonial dans la région, l’administration française était consciente de la domination chinoise sur le commerce au Cambodge : «[s]’appuyant sur les Chinois pour établir leur autorité sur les colonies d’Indochine, les administrateurs français virent très vite la nécessité de contrôler plus étroitement leurs activités et de les écarter de l’appareil de pouvoir en les faisant passer du statut d’assimilés à celui d’étrangers»</span><a name="_ftnref5" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn5"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-family: Arial;font-size: 12pt">[5]</span></span></span></span></a><span style="font-size: small">. Par le biais du système de congrégation et du décret de 1898, les Français firent de la population chinoise des sujets français en leur bloquant tout accès à la citoyenneté cambodgienne et aux institutions cambodgiennes. Ce qui eut pour résultat que la communauté chinoise échappait donc aux autorités cambodgiennes et s’organisait par le biais du système de congrégation. Autrement dit, un État parallèle venait d’être créé au sein du Cambodge. Ceci mit fin au métissage entre les deux peuples et creusa même un important fossé, tant au niveau sociopolitique, économique et culturel, entre les deux communautés (Tan 2006, 63-66). La colonisation française venait donc de poser des balises qui firent des Chinois les victimes de premier plan en tant que minorité, urbaine et capitaliste dans le projet révolutionnaire des Khmers Rouges. Ces derniers prirent le pouvoir en 1975 et avaient pour objectif de mettre fin aux inégalités sociales en enrayant le passé (Tan 2006, 126-128). </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"><br />
</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"><strong><em>Mis-à-jour  le 27 Mars 2010</em></strong></span></span></p>
<div><span style="font-size: small"></p>
<hr size="1" /></span></div>
<div id="ftn1">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><a name="_ftn1" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span>[1]</span></span></span></span></span></a><span style="font-family: Times New Roman"><span style="font-size: 10pt"> </span><span style="font-size: 10pt">Danielle,Tan. «<em>La diaspora chinoise du Cambodge. Histoire d’une identité recomposée»,</em> Thèse de Doctorat (Paris : Institut d’études politique de Paris, 2006) 138. <strong> </strong></span></span></p>
</div>
<div id="ftn2">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><a name="_ftn2" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span>[2]</span></span></span></span></span></a><span style="font-family: Times New Roman"><span style="font-size: 10pt"> </span><span style="color: #231f20;font-size: 10pt">Françoise, <span> </span>Mengin. «La présence chinoise au Cambodge. Contribution à une économie politique violente, rentière et inégalitaire». <em>Les Études du Centre d’études et de recherches internationales Sciences Po </em>133 (2007), 5. </span></span></p>
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span lang="EN-CA"><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"> </span></span></p>
</div>
<div id="ftn3">
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><a name="_ftn3" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref3"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span>[3]</span></span></span></span></a><span style="font-family: Times New Roman;font-size: x-small"> Voir l’analyse que fait Tan, 9. </span></p>
</div>
<div id="ftn4">
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><a name="_ftn4" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref4"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span>[4]</span></span></span></span></a><span><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: Times New Roman"> <em><span lang="EN-CA">Ibid.</span></em><span lang="EN-CA">, 49.</span></span></span></span></p>
</div>
<div id="ftn5">
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><a name="_ftn5" href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref5"><span class="MsoFootnoteReference"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span>[5]</span></span></span></span></a><span><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: Times New Roman"> <em><span lang="EN-CA">Ibid.</span></em><span lang="EN-CA">, 64. <span> </span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: Times New Roman"><span lang="EN-CA"> </span></span></span></span></p>
<div><span><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: Times New Roman"><span lang="EN-CA"><span> </span></span></span></span></span></div>
<p><span><span style="font-size: x-small"><span style="font-family: Times New Roman"><span lang="EN-CA"><span> </span></span></span></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center;margin: 0cm 0cm 0pt" align="center"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small">Bibliographie</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 42pt"><span style="font-family: Arial" lang="EN-CA"><span style="font-size: small">Willmott. W. E. 1969. «Congregations and Associations: The Political Structure of the Chinese Community in Phnom- Penh, Cambodia». <em>Comparative Studies in Society and History</em> 11 (June): 282-301. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial" lang="EN-CA"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 42pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small">Tan. Danielle. 2006. <em>La diaspora chinoise du Cambodge. Histoire d’une identité recomposée</em> Thèse de Doctorat. Institut d’études politique de Paris. <strong> </strong></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 42pt"><span style="font-size: small"><span style="font-family: Arial;color: #231f20">Mengin. Françoise. 2007. La présence chinoise au Cambodge. Contribution à une économie politique violente, rentière et inégalitaire. <em>Les Études du Centre d’études et de recherches internationales Sciences Po </em>133 (février). </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;margin: 0cm 0cm 0pt"><span style="font-family: Arial"><span style="font-size: small"> </span></span></p>
<p class="MsoFootnoteText" style="margin: 0cm 0cm 0pt">
</div>
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