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	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Mandarin</title>
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	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
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		<title>LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 22:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Mandarin]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Claire Tousignant
Depuis le début de ma série de blogues, j’ai décrit et analysé la condition des minorités chinoises dans les différents pays de l’Asie du Sud-Est. Dans chacun des pays (Vietnam, Thaïlande, Indonésie et Malaisie), nous avons vu une logique de discrimination, plus ou moins forte selon les cas, s’installer entre la majorité ethnique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Claire Tousignant</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis le début de ma série de blogues, j’ai décrit et analysé la condition des minorités chinoises dans les différents pays de l’Asie du Sud-Est. Dans chacun des pays (Vietnam, Thaïlande, Indonésie et Malaisie), nous avons vu une logique de discrimination, plus ou moins forte selon les cas, s’installer entre la majorité ethnique et les communautés chinoises. Le radicalisme teintant ces relations dépend de plusieurs facteurs tel que l’importance démographique de la diaspora chinoise, le pouvoir économique de celle-ci, etc. Au fil de mes recherches, j’en suis venue à développer une sympathie certaine à l’égard de ces communautés. Plusieurs questions ont alors surgi dans mon esprit et une plus particulièrement. Qu’en serait-il si les rôles s’inversaient ? Heureusement, un État permet d’étudier une situation, où c’est le cas : <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a>.<span id="more-670"></span></p>
<p style="text-align: justify">Cette cité-État de 4,5 millions de personnes est composée à 76,8% d’habitants de descendance chinoise<a href="#_ftn1">[1]</a>. Ce pays est reconnu pour l’ordre qui y règne<a href="#_ftn2">[2]</a>. C’est d’ailleurs une source de fascination pour de grands personnages de la politique américaine, dont Henry Kissinger<a href="#_ftn3">[3]</a>. Cette nation est certes prospère sur le plan économique et sécuritaire, mais est-ce aussi simple, n’y a-t-il rien de cacher sous cette apparence de perfection? Bref, les miracles existent-ils en politique ? Vous aurez rapidement compris que le doute demeure bien présent. Faisons un rapide survol historique pour analyser la situation des différentes communautés composant cet État.</p>
<p style="text-align: justify">9 août 1959 ; <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> obtient son indépendance<a href="#_ftn4">[4]</a>. De 1963 à 1965, cette mégalopole cohabite dans un même État avec la Malaisie. Rapidement, les proportions inversées d’habitants chinois et d’habitants malais entre <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> et le reste du pays deviennent un problème pour ces deux entités politiques. Chacun se méfie de l’autre qui pourrait tenter de profiter de sa supériorité numérique, selon les régions du pays. Ce mariage de raison ne fait pas long feu. Deux ans plus tard, la séparation survient. <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> se retrouve donc entre deux États géants, la Malaisie et l’Indonésie, où les Chinois sont des minorités ethniques.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-671 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/carte_singapour_fr-300x254.gif" alt="carte_singapour_fr" width="300" height="254" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo : <a href="http://www.interex.fr/commun/images/atlas/cartes/carte_singapour_fr.gif">http://www.interex.fr/commun/images/atlas/cartes/carte_singapour_fr.gif</a></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Son premier ministre Lee Kuan Yew doit jongler avec le désir de développer l’État et de maintenir des relations cordiales avec ses puissants voisins<a href="#_ftn5">[5]</a>. Pour ce faire, Lee affiche les couleurs du multiculturalisme pour promouvoir la croissance économique. Il inscrit quatre langues officielles dans la constitution, soit le malais, le mandarin, le tamoul et l’anglais<a href="#_ftn6">[6]</a>. Jusqu’à maintenant tout va bien pour l’ensemble des citoyens. C’est en 1979 que les relations ethniques se complexifient.</p>
<p style="text-align: justify">Voyant une croissance constante de la popularité de la langue anglaise chez les jeunes et constatant le déclin moral de la culture anglo-saxonne<a href="#_ftn7">[7]</a>, Lee Kuan Yew décide d’intervenir pour sauver les Singapouriens de ce péril. Pour ce faire, il instaure la politique du bilinguisme<a href="#_ftn8">[8]</a>. Tous les étudiants doivent, avec cette nouvelle règle, apprendre l’anglais comme première langue (c’est-à-dire langue d’enseignement) et la langue officielle associée à leur groupe ethnique comme langue seconde, le tamoul, le malais ou le mandarin. Cette mesure suppose que tous les enfants parlant une autre langue à la maison (le cantonais par exemple) sont pénalisés par cette loi. Ils doivent apprendre deux nouvelles langues, contrairement aux étudiants mandarins qui n’ont que l’anglais à maîtriser<a href="#_ftn9">[9]</a>. En 1980, les non-mandarins représentent 90% de la communauté d’origine chinoise<a href="#_ftn10">[10]</a>. Seule 10% des étudiants de descendance chinoise ont un avantage comparatif à parler le mandarin. Ce système élitiste est d’ailleurs renforcé par une deuxième mesure instaurées par Lee : la campagne <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a><a href="#_ftn11">[11]</a></em>.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-672 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/Speak-Mandarin-Campaign-creative-300x147.jpg" alt="Speak Mandarin Campaign creative" width="300" height="147" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo : <a href="http://app.mica.gov.sg/Data/0/Gallery/Album/14/Speak%20Mandarin%20Campaign%20creative.jpg">http://app.mica.gov.sg/Data/0/Gallery/Album/14/Speak%20Mandarin%20Campaign%20creative.jpg</a></p>
<p style="text-align: justify">Officiellement lancée le 7 septembre 1979, la campagne de sensibilisation annuelle <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a></em> vise à réduire considérablement l’utilisation de dialectes chinois<a href="#_ftn12">[12]</a>. Cette initiative est largement jouée sur la carte de l’émotivité. Les défenseurs de cette campagne soutiennent qu’en continuant à parler des dialectes à la maison, les parents empêchent leurs enfants de performer à l’école. Ils négligent ainsi la réussite, et par conséquent, le futur de leur enfant. Avec du recul, un détail saute aux yeux. Pourquoi est-ce que cette campagne promulgue le mandarin en particulier, si ce n’est pour imposer cette langue comme référence nationale ? Lee déclare :« In ten years, we should be able to get Mandarin established as the language of the coffee shop (…)»<a href="#_ftn13">[13]</a>. Effectivement, si la campagne était réellement pour mettre de l’avant les langues nationales au détriment des différents dialectes, il faudrait aussi s’adresser aux minorités malaise et indienne. Cet impératif <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=3_eGcbQ-cKQ">Speak Mandarin</a></em> rappelle chaque année aux millions de non-mandarins qu’ils ne font pas partie du groupe dominant de la société<a href="#_ftn14">[14]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Ce régime semi-autoritaire aux allures de démocratie n’échappe donc pas à la règle. Aussitôt qu’un groupe s’accapare le pouvoir étatique, il assied sa domination sur la répression des minorités. Ici, ce sont la pluralité de communautés chinoises, la communauté malaise ainsi que la communauté indienne qui paient le prix de cette autorité. Évidemment, on ne peut pas comparer la situation des Chinois de <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">Singapour</a> avec celle des sino-malais et des sino-indonésiens durant les dernières décennies. La stabilité du régime a permis d’éviter les effusions de violence auxquelles ont été confrontées les minorités chinoises d’autres pays. Toutefois, dans un pays où le mérite est la clé de voûte pour la réussite, comment ignorer que la majorité des étudiants chinois (près de 90%) a été handicapée par des politiques étatiques discriminatoires? La relation entre un groupe ethnique dominant l’appareil gouvernemental et les autres minorités ethniques du pays demeure un thème auquel il est important de s’intéresser. Dépourvues du pouvoir, les minorités n’ont jamais trop d’appui pour défendre leurs droits.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Singapore Statutes Online. 2009. «Republic of Singapore Independence Act». En ligne:   <a href="http://statutes.agc.gov.sg/non_version/cgi-bin/cgi_getdata.pl?actno=1997-REVED-RSI&amp;doctitle=REPUBLIC%20OF%20SINGAPORE%20INDEPENDENCE%20ACT%0A&amp;date=latest&amp;method=whole">http://statutes.agc.gov.sg/non_version/cgi-bin/cgi_getdata.pl?actno=1997-REVED- RSI&amp;doctitle=REPUBLIC%20OF%20SINGAPORE%20INDEPENDENCE%20ACT %0A&amp; date=latest&amp;method=whole</a> (page consultée le 2 décembre 2009).</p>
<p>Central Intelligence Agency. 2009. « The World Factbook: Singapore». En ligne:  <a href="//localhost/Library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html</a> (page consultée le 2 décembre 2009).</p>
<p>Tan, Eugene K.B. 2003. «Re-engaging Chineseness : Political, Economic and Cultural  Imperatives of Nation-building in Singapore»<em>. The China Quarterly</em> 175: 751-74.</p>
<p>Blommaert, Jan. 1999. <em>Language ideological debates.</em> Berlin: Mouton de Gruyter.</p>
<p>Zakaria, Fareed et Le Kuan Yew. 1994. «Culture is Destiny : A Conversation with Lee Kuan  Yew». <em>Foreign Affairs</em> 73 (no 2): 109-126.</p>
<p>Trocki, Carl A. 2002. «Review Articles: Race and Politics in Singapore, Lee Kuan Yew’s  Dilemma». <em>Asian Ethnicity</em> 3 (no 1): 103-13.</p>
<p>Teo, Peter. 2005. « Mandarinising Singapore: A Critical Analysis of Slogans in  Singapore’s’Speak Mandarin’ Campaign». <em>Critical Discourse Studies </em>2 (no 2): 121- 42.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Central Intelligence Agency</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Tan, 755.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Zakaria, 109.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Singapore Statutes Online</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Blommaert, 235.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Singapore Statutes Online</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Blommaert, 240.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid., 238.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Trocki, 107.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Teo, 125.</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> Blommaert, 242.</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Teo, 128.</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> <em>Idem</em></p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> Ibid., 136.</p>
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		<title>NI HAO, WO SHI TAI GUO REN!</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 22:35:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Diaspora chinoise]]></category>
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		<category><![CDATA[Thaïlande]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Claire Tousignant
Thaïlandais? Chinois? Sino-thaïlandais! L’identité contemporaine des Thaïlandais d’origine chinoise est plutôt complexe. Ces citoyens du Royaume de Thaïlande se marient volontiers aux Thaïlandais, mais commercent davantage avec les Chinois. La relation qu’entretiennent les indigènes du pays avec cette minorité est tout aussi ambiguë. D’un côté, il y a tentative d’assimilation à travers l’éducation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Claire Tousignant</strong></p>
<p style="text-align: justify">Thaïlandais? Chinois? Sino-thaïlandais! L’identité contemporaine des Thaïlandais d’origine chinoise est plutôt complexe. Ces citoyens du Royaume de Thaïlande se marient volontiers aux Thaïlandais, mais commercent davantage avec les Chinois. La relation qu’entretiennent les indigènes du pays avec cette minorité est tout aussi ambiguë. D’un côté, il y a tentative d’assimilation à travers l’éducation et de l’autre côté, les Sino-thaïlandais sont encouragés à utiliser leurs atouts personnels pour favoriser le développement de la nation. La relation entre ces deux groupes n’est donc pas simple et unilatérale, comme il serait tentant de le croire. De façon générale, on peut affirmer que la Thaïlande a été une terre d’accueil  attirante pour les Chinois, mais cette intégration ne s’est pas fait sans remous. C’est à travers l’éducation et la culture linguistique qu’on voit le mieux les subtilités de l’identité sino-thaïlandaise.</p>
<p style="text-align: center"><img class="aligncenter" style="margin-left: auto;margin-right: auto;border: 0px initial initial" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/10/Image-1-b-300x199.jpg" alt="Image 1-b" width="300" height="199" /></p>
<p style="text-align: center">(Photo 1<a href="#_ftn1">[1]</a>)</p>
<p style="text-align: justify">24 juin 1932. Renversement de la monarchie absolue du Siam<a href="#_ftn2">[2]</a>. Le nationalisme populaire thaïlandais permet à un gouvernement à tendance fasciste de se hisser au pouvoir. La crise économique attise les tensions dans le pays. Les citoyens d’origine chinoise contrôlent déjà plusieurs aspects de l’économie, dont l’important marché du riz. Cette position privilégiée leur vaudra l’honneur d’être les bouc-émissaires nationaux<a href="#_ftn3">[3]</a>. Le terme ‘Juifs d’Orient’, désignant la diaspora chinoise, apparaît durant ces années tendues. Ce n’est pas un surnom des plus positifs, si on se rapporte au contexte des années 30. Avec l’arrivée de ce gouvernement nationaliste, l’éducation est uniformisée et l’immigration est ralentie par une panoplie de taxes supplémentaires. Ces restrictions à l’égard des immigrants chinois s’assoupliront rapidement, car en Thaïlande, les ressortissants chinois on un véritable pouvoir économique et politique. Ils détiennent 80% des capitaux et sont étroitement liés aux familles importantes du pays<a href="#_ftn4">[4]</a>. Ces deux aspects, ne peuvent tout simplement pas être négligés par les autorités thaïlandaises.</p>
<p style="text-align: justify">En comparaison avec les États voisins, le Royaume de Thaïlande se développe  calmement. Il n’y a pas d’émeute pour protester contre le pouvoir démesuré que possède la minorité sino-thaïlandaise, il n’y a pas de vague de violence à leur endroit. La Thaïlande est le seul pays d&#8217;Asie du Sud-est ayant échappé à la colonisation européenne. Cette indépendance permet au peuple thaïlandais d&#8217;être ouvert à l&#8217;égard des étrangers. Les sentiments de méfiance et de xénophobie ne sont pas aussi profondément inscrits dans la mémoire collective de cette nation, comparativement avec le Vietnam et l&#8217;Indonésie qui ont du se battre pour se libérer des forces armées étrangères et qui ont vécu l’oppression quotidiennement. Toutefois, la situation difficile de leurs compatriotes conscientise les Sino-thaïlandais et influence la formation de leur identité. À cela s’ajoute la volonté de la mère-patrie, la Chine, de susciter un sentiment de solidarité chez les membres de sa diaspora. À cet égard, elle créé le terme <em>huaqiao</em> pour désigner les Chinois d’outremers<a href="#_ftn5">[5]</a>. Cette stratégie est d’ailleurs payante pour la puissance qui attire énormément d’investissements sur la base du sentiment nationaliste.</p>
<p style="text-align: justify">Au fil des années, les Thaïlandais d’origine chinoise développent une identité qui leur est propre. Malgré les fermetures d’écoles chinoises durant la décennie de 1970 et l’interdiction législative d’apprendre le mandarin plus de cinq heures par semaine à cette même époque, la communauté a su traverser les tempêtes grâce à ses connexions économiques. Avec la libéralisation de la Chine, les Thaïlandais ont rapidement compris que les contacts de la diaspora chinoise étaient essentiels au développement du pays<a href="#_ftn6">[6]</a>. Aujourd’hui, le mandarin est devenue la langue de l’élite. Les Sino-thaïlandais sont généralement bilingues de par leur éducation. Les descendants chinois sont envoyés dans une école bilingue ou dans une école thaïlandaise et prennent des cours de mandarin le soir<a href="#_ftn7">[7]</a>.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-463  aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/10/Image-2-b-300x197.jpg" alt="Image 2-b" width="300" height="197" /></p>
<p style="text-align: center">(Photo 2<a href="#_ftn8">[8]</a>)</p>
<p style="text-align: justify">Cette éducation mixte est une véritable richesse culturelle, dont les Thaïlandais d’origine chinoise profitent. Cette richesse linguistique leur permet d’entretenir leurs réseaux de contacts et de participer au système économique chinois, basé sur la confiance et les liens familiaux. Face à cette force et à ce dynamisme, les Thaïlandais laissent le secteur économique du pays entre les mains des Sino-Thaïlandais. Les natifs occupent plutôt le secteur militaire, policier et éducatif dans la fonction publique thaïlandaise<a href="#_ftn9">[9]</a>. C’est une sorte d’accord implicite qui existe entre ces deux communautés depuis plusieurs décennies. Le respect de cette tradition a permis à la Thaïlande d’éviter les affrontements sanglants qu’ont connu les autres États asiatiques mettant de l’avant des politiques discriminatoires. Comme nous l&#8217;avons vu précedemment, l&#8217;absence du phénomène de la colonisation en Thaïlande peut expliquer en grande partie l&#8217;harmonie qui existe entre ces deux groupes ethniques .</p>
<p style="text-align: justify">Durant la crise financière de 1997, le Premier Ministre Chaovalit Yongchaiyut a tenté de s’éloigner de ce respect mutuel en blâmant les Sino-thaïlandais pour la récession accablant le pays, mais il s’est aussitôt excusé publiquement, à la suite de pressions exercées par la puissante communauté<a href="#_ftn10">[10]</a>. De nos jours, on retrouve des Sino-thaïlandais dans les plus hautes sphères universitaire, culturelle, politique et journalistique. D’ailleurs, les hommes politiques émergent généralement du monde des affaires, secteur majoritairement occupé par les Sino-thaïlandais. Malgré qu’elle ne constitue qu’un dixième de la population, la diaspora participe activement à l’évolution de l’opinion publique<a href="#_ftn11">[11]</a>. Cette situation est unique pour les immigrants chinois et c’est pourquoi la Thaïlande attire autant les ressortissants d’origine chinoise. On voit d’ailleurs cette attitude d’ouverture à travers les <a href="http://www.youtube.com/watch?v=mpSs8yPjRBY">évènements culturels</a> qui représentent à la fois la culture chinoise et la culture thaïlandaise.</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Leveau, Arnaud. 2003. <em>Le destin des fils du dragon. L’influence de la communauté chinoise  au Vietnam et en Thaïlande.</em> Paris : L’Harmattan.</p>
<p>Landon, Kenneth Perry.1940. «The Problem of the Chinese in Thailand». <em>Pacific Affairs</em> 13  (juin): 149-61.</p>
<p>Callahan, William A. 2003. «Beyond Cosmopolitanism and Nationalism: Diasporic Chinese  and Neo-Nationalism in China and Thailand». <em>International Organization</em> 57 (été): 481-517.</p>
<p>Thompson, Mark R. 2008. «People Power Sours: Uncivil Society in Thailand and the  Philippines». <em>Current History</em> (novembre): 381-7.</p>
<p>Bun, Chan Kwok et Tong Chee Kiong. 1993. «Rethinking Assimilation and Ethnicity: The  Chinese in Thailand». <em>International Migration Review</em> 27 (no1 printemps): 140-68.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> <a href="http://farm4.static.flickr.com/3303/3212166561_9b02c2312a.jpg">http://farm4.static.flickr.com/3303/3212166561_9b02c2312a.jpg</a></p>
<p> </p>
<p><a href="#_ftnref2">[2] </a>Thompson, p.382.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Landon, p.151.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Leveau, p.15.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Callahan, p.492.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voir Leveau, p.207.</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Chan Kwok, p.151.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> http://english.hanban.org/e21sqlimg/200909/img20090915150635_1053797795.jpg</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Voir Chan Kwok, p.157.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Callahan, p.495.</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> Leveau, p.210.</p>
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