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	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Littérature</title>
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	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
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		<title>PHILIPPINES: LE RÔLE DES INTELLECTUELS DANS L’ÉMERGENCE DU NATIONALISME</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 23:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[José Rizal]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Philippines]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Nathalie Catillon
‘‘Le nationalisme est la culture de l&#8217;inculte’’
Cette citation peut être contredite en général par la plupart des mouvements nationalistes en Asie du Sud-Est, au cours du 19ième et 20ième siècles. En effet, on remarque que les nouvelles idées sont le fondement de ces mouvements, le but de ce courant étant justement de proposer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Nathalie Catillon</strong></p>
<p>‘‘Le <a href="http://www.dicocitations.com/citation.php?mot=nationalisme">nationalisme</a> est la <a href="http://www.dicocitations.com/citation.php?mot=culture">culture</a> de l&#8217;<a href="http://www.dicocitations.com/citation.php?mot=inculte">inculte</a>’’</p>
<p style="text-align: justify">Cette citation peut être contredite en général par la plupart des mouvements nationalistes en Asie du Sud-Est, au cours du 19<sup>ième</sup> et 20<sup>ième</sup> siècles. En effet, on remarque que les nouvelles idées sont le fondement de ces mouvements, le but de ce courant étant justement de proposer des alternatives aux gouvernements coloniaux en place. Il est donc intéressant d’aborder l’importance de ces idées dans l’émergence du nationalisme? Comment sont elles arrivées et que représente leurs contributions au nationalisme asiatique? Plus concrètement, comment le facteur intellectuel a-t-il joué un rôle important dans l’émergence de ce mouvement?</p>
<p style="text-align: justify">Pour étudier l’impact des idées sur le mouvement nationaliste philippin, nous mettrons tout d’abord en valeur les précurseurs de cette propagande intellectuelle. En deuxième lieu, nous analyserons les moyens adoptés par ces ‘‘ illustrados’’ pour promouvoir les nouvelles idées pour finalement, il sera intéressant d’observer l’impact que ces idées ont eu auprès du peuple.</p>
<p style="text-align: justify">Dans le cas de l’Asie du Sud-Est, on observe que l’avènement du nationalisme doit son expansion au facteur intellectuel. Rappelons avant tout que ce facteur se caractérise par la connaissance et l’adoption de nouvelles idées qui amèneront un groupe privilégié à bâtir une nouvelle vision du monde. À la fin du 19<sup>ième</sup>  siècle, les idées se propagent de manière rapide et efficace grâce aux nouvelles technologies de communications et à une plus grande capacité de mobilité physique grâce aux nouvelles technologies de transport. La mobilité permet aux élites locales de voyager et étudier en Europe et de découvrir un système politique et des libertés fondamentales qui ne sont pas toujours présentes dans les colonies. <em>[1] </em>Il est possible d’analyser le facteur intellectuel dans le cas des Philippines, sur deux niveaux: le premier étant ‘’les illustrados’’, c&#8217;est-à-dire les élites éduquées qui adoptent et transmettent les idées de liberté, égalité et de droit, et le deuxième, les masses, c&#8217;est-à-dire ceux qui luttent au nom de ces valeurs, par rébellion ou manifestation.</p>
<p style="text-align: justify">Los illustrados, aux Philippines, ont permis de développer un nationalisme identitaire, basé sur le désir de jouir de leur pays en tant qu’hommes libres et reconnus, et sur la volonté d’acquérir des droits qui ne leurs étaient pas accordées (ex : les prêtres philippins avaient moins de droits que les prêtres espagnols). La colonisation s’est faite en 1521, lorsque Magellan, naviguant sous la couronne espagnole, découvre le territoire. Dès leurs arrivée, les espagnols imposent leur religion (catholiques), leur mode vestimentaire, et installent un système politique qui leur est favorable; rappelons que les colonies sont, à l’époque, une ressource économique importante (bien que les Philippines ne soient pas riche en or). Cette colonisation contribuera à l’établissement de deux éléments importants du nationalisme: d’un côté la contestation de l’Église espagnole, qui octroyait des privilèges aux «blancs» et de l’autre l’opportunité de mobilité d’une bourgeoisie qui aura l’occasion d’étudier et de voyager en Espagne.</p>
<p style="text-align: justify">Pour mieux comprendre l’importance du facteur intellectuel dans le nationalisme philippin, il faut étudier l’influence de certains illustrados, dont les écrivains Isabelo de los Reyes, Mariano Ponce et principalement José Rizal. Ces intellectuels baseront leurs écrits sur une idée fondée par ce dernier, le «démon de la comparaison» (Benedict Anderson en parle dans son livre <a href="http://www.liens-socio.org/article_imprimer.php3?id_article=5528">‘‘Les bannières de la révolte’’</a>, où il analyse l’influence des études de Rizal en Philippines) [4]. En effet, les bourgeois locaux vont mettre en exergue, à travers leurs voyages puis leurs œuvres, l’écart observé entre les idées et la pratique: à l’injustice, l’inégalité et l’exploitation imposées par les gouvernements coloniaux s’opposent la liberté, l’égalité et l’identité nationale qui priment parmi les nouvelles idées du nationalisme. <em>[2]</em></p>
<p style="text-align: justify">C’est dans ce contexte qu’Isabelo de los Reyes, dans son œuvre <em>El folk-lore Filipino</em>(1887), décrédibilise le gouvernement colonial espagnol, en prenant comme appui des travaux d’ethnologues européens contemporains afin de prôner un soulèvement et une indépendance ethnique.</p>
<p style="text-align: justify">Jose Rizal, héros du mouvement nationaliste, ridiculise également le gouvernement espagnol décadent dans ses romans <em>Noli me tangere </em><em>[3]</em><em> </em>et<em> El filibusterismo</em> (1891), tout en décrivant le système des nations et ses avantages. Il compare ainsi la situation de son pays à celle des pays européens. Son objectif est de promouvoir l’identité nationale des Philippins, rappelant la disparition de leur culture et de leurs libertés et droits. Il met en exergue comme principal argument le caractère obsolète du gouvernement espagnol.</p>
<p style="text-align: justify">Tout au long de ses textes anti-coloniaux, Rizal réussit à promouvoir les idées fondatrices du nationalisme philippin. Dès son arrivée en Espagne, il devient le dirigeant du <em>Mouvement de propagande des étudiants philippins d&#8217;Espagne.</em> À partir de 1872, il rejoint les illustrados, et participe au mouvement de propagande en Espagne, ceci grâce à la création d’un journal en 1889:<em> La solidaridad. </em>Encore une fois, l’écriture est le moyen de propagande le plus utilisé et le plus efficace.</p>
<p style="text-align: justify">Ces mouvements sont d’autant plus importants aux Philippines car, des exemplaires des romans de José Rizal, proposant implicitement des réformes démocratiques pour les Philippines une fois l’indépendance si convoitée acquise,  sont imprimés et diffusés à des prix accessibles à la population. Ainsi, si nous analysons l’ampleur du mouvement nationaliste qui a suivi, nous pouvons déduire l’importance du mouvement de propagande littéraire.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, José Rizal aura maintenu diverses correspondances avec l’extérieure, notamment avec Cuba et l’Espagne, ce qui contribue à son analyse comparative, et permet au mouvement d’avoir un exemple de système politique autre que celui en place. Nous remarquons que les mouvements de propagande intellectuelle se font également en espagnol, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, ce qui appose un caractère légitime au mouvement. Le but est également de toucher le reste de la bourgeoisie philippine, et les ‘‘exploités’’, tous deux familiers à la langue des colons.</p>
<p style="text-align: justify">Cette propagande, amorcée par cette classe intellectuelle, donne naissance seulement cinq ans après la publication d<em>’El Filibusterism, </em>de Jose Rizal, à l’insurrection du groupe clandestin le Katipunan, dirigée par Andrés Bonifacio,  contre le gouvernement espagnol. Bien que ce mouvement ait échoué, Aguinaldo se servira également des écrits de Rizal puis de son exécution comme catalyseur à la Révolution Philippine. Non seulement cet homme représente les idées des illustrados philippins, mais il contribuera à l’expansion de ces valeurs réformistes grâce à ses études et à ses œuvres. En effet, José Rizal restera profondément marqué par la répression religieuse et contribuera à véhiculer la notion d’inégalité de traitement aux révolutionnaires, et ainsi de suite. Bonifacio décrira d’ailleurs Rizal comme le «symbole de la liberté philippine» et Aguinaldo comme «l’âme de la Révolution Philippine».</p>
<p style="text-align: justify">Bien qu’il soit nécessaire de savoir que Rizal ne fut pas un révolutionnaire, la portée et la force de ces valeurs véhiculées par les intellectuels locaux sont telles que Ramon Sempau écrit dans la préface de <em>Noli me tangere</em>: [3]</p>
<p style="text-align: justify"><em>Dans cet horrible drame que fut &#8230; la Révolution philippine, une figure se détache, noble et pure entre toutes, celle de José Rizal, le Héros national. Savant, poète, artiste, philologue, écrivain, qui sait quelle&#8230; <span style="font-style: normal"><em>oeuvre, émancipatrice et féconde, ce </em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tagal">Tagal</a><em>, cet homme <span style="font-style: normal"><em>de couleur, ce «</em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sauvage">sauvage</a><em>», aurait pu donner à sa patrie et à <span style="font-style: normal"><em>l&#8217;humanité si la </em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Barbarie">barbarie</a><em> européenne ne l&#8217;avait stupidement tué?</em></span></em></span></em></span></em></p>
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p><em>[1]</em><em> </em>Fischer, Georges. 1970. <em>José Rizal, Philippin, 1861-1896, un aspect du nationalisme moderne</em>. Paris: Éditions François Maspéro: 51-94.</p>
<p><em>[2]</em><em> </em>James Putzel; Nationalism in the Philippines in Asian Nationalism; Edited by Michael Laifer; Routledge 2002, p. 182.</p>
<p>[3] Se référer à Noli me Tangere, p.125-246.</p>
<p>[4] Anderson, Benedict. 1996. <em>« </em><em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme</em><em> </em>».<em> </em><em>La Découverte </em>: 19-22.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La continuation de la politique par&#8230; la littérature? Une histoire indonésienne</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/29/la-continuation-de-la-politique-par-la-litterature/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 15:59:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Censure]]></category>
		<category><![CDATA[Identité nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Indonésie]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Pramoedya Toer]]></category>

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		<description><![CDATA[Pramoedya A. Toer, un écrivain indonésien, s'interroge à travers ses écrits sur le passé de sa nation, afin de l'aider à se définir une identité et à dépasser ses problèmes. Sous sa plume, littérature et politique s’entremêlent jusqu’à en devenir indissociables, et la première s’érige en une critique efficace de la seconde, ce qui lui valut de nombreux ennemis et de longs séjours en prison.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>par Clara Bouliane Lagacé</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">« Le devoir d’un écrivain est de faire une évaluation et une réévaluation des idées reçues dans tous les domaines de la vie… Il crie, il résiste, et même, se rebelle. » <sup>[1] </sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Ces mots furent écrits par Pramoedya Ananta Toer, un Indonésien qui vécut de 1925 à 2006 et laissa derrière lui une quantité impressionnante de romans et d’articles. S’il s’est lui-même perçu comme le produit d’une génération ratée, incapable de construire la nation indonésienne après l’indépendance de 1945 sans dériver vers l’autoritarisme <sup>[2]</sup>, ses écrits, qui réfléchissent sur le passé de la nation afin de l’amener à dépasser ses problèmes, sont un atout pour les générations futures.  Sous sa plume, littérature et politique s’entremêlent jusqu’à en devenir indissociables, et la première s’érige en une critique efficace de la seconde, ce qui lui valut de nombreux ennemis et de longs séjours en prison.<span id="more-156"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Lorsque le vécu politique d’un écrivain s’organise en une critique de l’État dans ses livres, peut-il représenter une menace pour ce dernier? Si les États ont censuré les auteurs à travers l’histoire, les ont emprisonnés et parfois exécutés, c’est probablement parce que les idées recèlent le pouvoir de soulever des peuples, tout comme la littérature peut aider à les unir dans une cause commune, ou contre un ennemi commun. Et pour cela, les livres de Toer furent censurés, puisque jugés subversifs, alors que leur auteur fut arrêté et persécuté.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pramoedya ne renonça cependant jamais à écrire. « Pour moi, écrire est à la fois ma tâche personnelle et nationale, a-t-il expliqué. Je crois que mes livres, comme la tétralogie de Buru, font partie du processus de construction de la nation. »<sup> [3]</sup> Construire une identité nationale en Indonésie n’est certainement pas chose aisée : ses limites territoriales ont été définies arbitrairement par la puissance coloniale hollandaise, qui a fait fi des différences de culture, de langue et de religion. Et les nombreuses guérillas locales qui se sont battues sur de toutes aussi nombreuses îles séparées pour obtenir l’indépendance, du début du 20<sup>e</sup> siècle jusqu’en 1949, ont entraîné la fragmentation du pouvoir politique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Si Pramoedya n’était même pas né au début du 20e siècle, alors qu’émergeait le nationalisme indonésien, il y a tout de même contribué. Une identité nationale est toujours en construction, et la littérature, tout comme la culture en général, aide à l’imaginer en lui donnant un passé commun et des ambitions communes <sup>[4]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La tétralogie de Buru, qui compte parmi ses ouvrages les plus célèbres, est justement constituée de quatre romans historiques qui retracent le parcours de l’un des premiers nationalistes indonésiens. Elle a été écrite alors que Pramoedya était emprisonné sur l’île de Buru et fut d’abord racontée oralement aux autres prisonniers, faute d’avoir de quoi écrire. Les rapports de pouvoir dans la société coloniale y sont décrits, de même que ses injustices et son racisme, et le lecteur y suit un personnage qui deviendra progressivement une figure politique résistant aux autorités coloniales <sup>[5]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pramoedya s’inspira de son expérience personnelle dans plusieurs de ses autres livres. Dans <em>La vie n’est pas une foire nocturne</em>, il parle abondamment de son expérience dans la guérilla locale lors de la lutte pour l’indépendance et de son premier séjour en prison peu après <sup>[6]</sup>. S’il conçoit la littérature comme intrinsèquement liée à la politique, c’est justement parce qu’un auteur s’inspire toujours jusqu’à un certain point de son expérience personnelle. « Aussi longtemps qu’il y a des sociétés humaines et un Pouvoir qui les réglemente ou les ruine, chaque individu dans celles-ci est lié à la politique. La littérature ne peut être libérée de la politique, puisqu’elle naît elle-même de la main des hommes. » <sup>[7]</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">À ce titre, les expériences vécues par Pramoedya l’amenèrent à critiquer des groupes politiques indonésiens de toutes allégeances, autorités coloniales, communistes, guérillas locales et dérives autoritaires du gouvernement national confondus. « J’ai essayé de répondre à la question : pourquoi mon peuple en arriva-t-il à être comme ceci, comme cela ?, a-t-il écrit. Je suis à l’extérieur de et j’ai quitté le système en place. Le résultat est très clair : je suis considéré comme une nuisance au statut quo du <span> </span>système en place. » <sup>[8]</sup> Il fut donc battu par les soldats de l’armée, condamné aux travaux forcés et emprisonné par tous les régimes politiques modernes de son pays, pendant un total de plus de trente ans, et ses livres furent interdits.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Avant sa mort, Pramoedya se percevait comme le produit d’une génération qui a échoué à créer la nation indonésienne <sup>[9]</sup>. Dans <em>La vie n’est pas une foire nocturne</em>, un personnage dira «  Ce qui a tué votre père, c’est la politique. Il est tombé malade par déception, déception de voir comment les choses ont tourné après l’indépendance. À peine l’indépendance fut-elle acquise qu’ils [les généraux des guérillas] se mirent à se battre entre eux pour se partager les maisons et les bonnes places… » <sup>[10]</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Aujourd’hui, selon l’auteur, le futur de la nation est entre les mains d’une nouvelle génération dont les mains ne sont pas encore tachées par le sang de luttes fratricides. Depuis l’abdication du dictateur Suharto en 1998 et à travers une démocratisation progressive, suite aux élections plus justes de 1999 et à une certaine décentralisation du pouvoir politique, des changements semblent de plus en plus envisageables.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pramoedya a écrit des livres qui veulent « donner du courage, de nouvelles valeurs, une nouvelle vision du monde, une dignité humaine. » <sup>[11] </sup>En cela, il est probablement l’une des meilleures sources d’inspiration pour cette nouvelle génération, qu’il éclaire sur ses origines et sur les erreurs du passé, contribuant de ce fait à la construction d’une identité nationale par-delà sa mort.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Références</em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[1] Pramoedya A. Toer, « Literature, Censorship and the State : To What Extent is a Novel Dangerous ? ». <em>Suara Independen</em> (no 4, septembre 1995), p. 2. Traduction de Alex G. Bardsley.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[2] 1998. « Dissident writing in Indonesia ». <em>The Economist</em> (Londres), 18 juillet.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[3] Steve Proffitt, « Escaping Indonesia’s Iron Fist in Fiction, But Not in Life : Interview with Pramoedya Ananta Toer ». </span><em>Los Angeles Times</em> (Los Angeles), 6 juin 1999.</p>
<p class="MsoNormal">[4] Benedict Anderson, <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme </em>(Paris : La Découverte, 1996), p. 19-22, 37.</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[5] John Roosa et Ayu Ratih, « Solipsism or Solidarity : The Nation, Pramoedya Ananta Toer and Salman Rushdie ». </span><em>Economic and Political Weekly</em> 36 (no 28, juillet 2001): 2681-2688.</p>
<p class="MsoNormal">[6] Pramoedya A. Toer, <em>La vie n’est pas une foire nocturne</em> (Paris : Éditions Gallimard, 1993).</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[7] Pramoedya A. Toer, « Literature, Censorship and the State : To What Extent is a Novel Dangerous ? ». <em>Suara Independen</em> (no 4, septembre 1995). Traduction de Alex G. Bardsley.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">Et Steve Proffitt, « Escaping Indonesia’s Iron Fist in Fiction, But Not in Life : Interview with Pramoedya Ananta Toer ». <em>Los Angeles</em><em> Times</em> (Los Angeles), 6 juin 1999.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[8] Pramoedya A. Toer, « My Apologies, in the Name of Experience ». <em>Indonesia</em> 61 (avril, 1996), p. 4.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[9] 1998. « Dissident writing in Indonesia ». <em>The Ec</em></span><em>onomist</em> (Londres), 18 juillet.</p>
<p class="MsoNormal">[10] Pramoedya A. Toer, <em>La vie n’est pas une foire nocturne</em> (Paris : Éditions Gallimard, 1993), p. 219-220.</p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">[11] Pramoedya A. Toer, « Literature, Censorship and the State : To What Extent is a Novel Dangerous ? ». <em>Suara Independen</em> (no 4, septembre 1995). Traduction de Alex G. Bardsley.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span lang="EN-CA">Bibliographie</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span lang="EN-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">1998. « Dissident writing in Indonesia ». <em>The Economist</em> (Londres), 18 juillet.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Abel, Ben. 1997. « Beholding a Landmark of Guilt: Pramoedya in the Early 1960s and the Current Regime ». <em>Indonesia</em> 64 (octobre): 21-28.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">Anderson, Benedict. 1996. <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme. </em>Paris : La Découverte.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">Proffitt, Steve. 1999. « Escaping Indonesia’s Iron Fist in Fiction, But Not in Life : Interview with Pramoedya Ananta Toer ». <em><span lang="EN-CA">Los Angeles</span></em><em><span lang="EN-CA"> Times</span></em><span lang="EN-CA"> (Los Angeles), 6 juin.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">Roosa, John et Ayu Ratih. 2001. <span lang="EN-CA">« Solipsism or Solidarity : The Nation, Pramoedya Ananta Toer and Salman Rushdie ». <em>Economic and Political Weekly</em> 36 (no 28, juillet): 2681-2688.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">Toer, Pramoedya A. 1993. <em>La vie n’est pas une foire nocturne</em>. Paris : Éditions Gallimard.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">Toer, Pramoedya A. 1995. <span lang="EN-CA">« Literature, Censorship and the State : To What Extent is a Novel Dangerous ? ». <em>Suara Independen</em> (no 4, septembre). Traduction de Alex G. Bardsley.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">Toer, Pramoedya A. 1996. « My Apologies, in the Name of Experience ». <em>Indonesia</em> 61 (avril): 1-14.</span></p>
<p class="MsoNormal">
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		</item>
		<item>
		<title>De la fiction à la réalité: l&#8217;identité nationale aux Philippines</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 15:40:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
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		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=152</guid>
		<description><![CDATA[Grâce à ses écrits, à son image symbolique et à son implication en politique, Rizal s'est imposé comme le père du nationalisme philippin. Armé de son seul crayon, il a réussi à mobiliser les gens: son livre Noli me Tangere, en 1888, a été à l’origine d’une pétition demandant l’expulsion de l’Église du territoire, alors que son poème d’adieu à la vie fut chanté sur les champs de bataille en 1898 [11]. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>par Clara Bouliane Lagacé</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">« À ma patrie,</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">On constate, dans l’histoire des souffrances humaines, un cancer si pernicieux que le moindre contact l’irrite et y réveille les douleurs les plus aigues. Alors, chaque fois que, au milieu des civilisations modernes, j’ai voulu t’évoquer […], ta chère image m’est apparue avec un cancer social semblable. […] J’essaierai de reproduire fidèlement ton état sans ménagements ; je lèverai une partie du voile qui cache le mal, sacrifiant tout à la vérité, même mon amour-propre, puisque étant ton fils, je souffre aussi de tes défauts et de tes faiblesses. » <sup>[1]</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">C’est ainsi qu’en 1886, le philippin José Rizal s’adressa à ses compatriotes dans la préface de son livre <em>Noli me Tangere</em>. Ce livre devint rapidement l’un des éléments fondateurs de la nation philippine, jusque-là divisée par des questions de langue, de religion et un territoire fragmenté, et toujours sous le joug de la colonisation espagnole. Au-delà de <em>Noli</em>, Rizal lui-même, grâce à son implication en politique et, surtout, au sacrifice de sa vie pour sa nation, a été et est toujours aujourd’hui l’un des symboles de l’identité nationale des Philippines.<span id="more-152"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Est-il surprenant que certains livres et leur auteur puissent jouer un rôle déterminant dans l’émergence de l’identité de tout un peuple ? Selon Anderson, une nation est avant tout imaginaire, puisque ses membres s’identifient les uns aux autres, sans pourtant se connaître, et imaginée <sup>[2]</sup>. Et elle s’imagine à travers la culture, dont la littérature fait partie. « À travers 400 ans de domination étrangère, écrivit Olazo en 1993, diverses formes de réactions et de protestations émergèrent, et l’un des médiums les plus puissants utilisés par les gens colonisés fut la littérature. » <sup>[3]</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Dans <em>Noli me Tangere</em>, Rizal établit vite les principales causes du cancer social philippin. L’Église catholique y est dépeinte comme un instrument de la domination espagnole qui jouit d’un véritable pouvoir politique, use de la violence contre les natifs et taxe honteusement les pauvres. L’administration coloniale n’échappe pas non plus aux critiques virulentes de Rizal: les abus de son armée, sa justice déficiente et sa corruption sont exposées sans détour.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Tout les Philippins souffrent de ces abus ; les écrire, raconter leurs misères quotidiennes, c’est écrire une souffrance commune, qui va au-delà de leurs différences. <em>Noli</em> utilise d’ailleurs souvent un « nous » à saveur nationale. Le personnage principal y dira : « J’aime notre patrie comme vous, non seulement parce que c’est le devoir de tout homme d’aimer le pays auquel il doit la vie et à qui il devra peut-être son dernier asile ; non seulement parce que mon père me l’a enseigné ainsi […], je l’aime, de plus, parce que je lui dois et lui devrai mon bonheur. – Et moi, parce que je lui dois mon malheur », lui répondra quelqu’un d’autre.<sup> [4] </sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">« Notre people, notre nation », à travers les bonheurs comme les souffrances : c’est à juste titre que De Ocampo, dans un article publié en 1962, soutient que Rizal fut le père de la nation philippine. « Il devint le principal leader de son peuple et du mouvement nationaliste au cours des deux dernières décennies du 19<sup>e</sup> siècle, et les principes et idéaux qu’il épousa s’enracinèrent profondément dans le cœur et l’esprit de ses compatriotes.» <sup>[5]</sup> Il sut rejoindre les gens au point où, même si ses livres furent mis à l’index et considérés subversifs, ils circulèrent tout de même largement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Rizal ne s’est pas contenté de créer cette idée de nation à travers ses romans : il fit rééditer et publier un livre sur l’histoire ancienne des Philippines, écrit par l’Espagnol Antonio de Morga en 1609, et y ajouta ses propres annotations, devenant ainsi le premier natif à revisiter l’histoire son pays. À tendance plus patriotique qu’académique, sa révision de l’histoire servit à recréer un passé dont le peuple philippin pouvait être fier, entre autres en glorifiant la civilisation précoloniale <sup>[6]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La culture, dans laquelle une communauté imaginée a ses racines, n’est pas seulement influencée par la littérature, mais aussi par des symboles nationaux, dont Rizal n’est pas le moindre. Condamné à mort et exécuté publiquement par l’administration espagnole en 1896 pour ses écrits, il est devenu un martyr et un héros national <sup>[7]</sup>. « La vie de Rizal, à partir du moment où il la mit au service de sa terre natale, fut une mort progressive, bravement supportée jusqu’à la fin par amour pour ses compatriotes », écrivit Mabini dans ses mémoires <sup>[8]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Son sacrifice pour la nation incita les gens à se soulever par la suite. Son poème « Adieu à la vie » fut chanté sur les champs des batailles pour l’indépendance en 1898 alors que <em>Noli</em>, en 1888, fut à l’origine d’une pétition demandant l’expulsion de l’Église catholique du pays <sup>[9]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Rizal a également laissé sa trace dans la vie politique. Il a créé la Liga Filipina en 1892, une organisation en faveur de réformes modernistes et porteuse d’un esprit nationaliste, et qui a pavé la voie pour l’indépendance. Car Rizal, malgré ce que l’on put en dire, souhaitait l’indépendance de son pays et n’était pas opposé à l’obtenir via une révolution ; il souhaitait simplement attendre le bon moment <sup>[10]</sup>. La Liga légua un héritage idéologique important au Katipunan, un acteur majeur de la révolution de 1898 au cours de laquelle les Espagnols furent chassés <sup>[11]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Grâce à ses écrits, sa symbolique et son implication en politique, Rizal s’est imposé comme le père du nationalisme philippin. Armé de son seul crayon, il a réussi à mobiliser les gens. Si Rizal a tenté d’écrire sur l’histoire de son pays au cours de sa vie, il est lui-même l’introduction d’une histoire dans laquelle les Philippines s’affirment en tant que nation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><em>Références </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[1]</span></sup><span lang="EN-CA"> José Rizal, <em>Noli me Tangere : a new translation for modern readers</em> (London: Longman Group Limited, 1961).</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup>[2]</sup> Benedict Anderson, <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme </em>(Paris : La Découverte, 1996), p. 19-22, 37.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[3]</span></sup><span lang="EN-CA"> Conrado E. Olazo, « Review of Literature and Politics ». </span><em>Philippine Studies</em> 46 (no 1, 1998), p. 128.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup>[4]</sup> Se référer à Noli me Tangere, p. 346.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[5]</span></sup><span lang="EN-CA"> Estaban A. De Ocampo, « Dr. Jose Rizal, Father of Filipino Nationalism ». <em>Journal of Southeast Asian History</em> 3 (no 1; mars 1962), p. 50 et 54.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[6]</span></sup><span lang="EN-CA"> Ambeth R. Ocampo, « Rizal’s Morga and Views of Philippine History ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 2, 1998), p. 210.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[7]</span></sup><span lang="EN-CA"> Western Washington University, « Jose Rizal : A biography ». </span>En ligne. <a href="http://www.ac.wwu.edu/~fasawwu/resources/rizal/biography.htm"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://www.ac.wwu.edu/~fasawwu/resources/rizal/biography.htm</span></a>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[8]</span></sup><span lang="EN-CA"> Dans F. Quibuyen, « Rizal and the Revolution ». <em>Philippine Studies</em> 45 (no 2, 1997), p. 248.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[9]</span></sup><span lang="EN-CA"> F. Quibuyen, « Towards a Radical Rizal ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 2, 1998), p. 161 et 180.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA"><span> </span>[10]</span></sup><span lang="EN-CA"> Dans F. Quibuyen, « Rizal and the Revolution ». <em>Philippine Studies</em> 45 (no 2, 1997), p. 242-43.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><sup><span lang="EN-CA">[11]</span></sup><span lang="EN-CA"> F. Quibuyen, « Towards a Radical Rizal ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 2, 1998), p. 173.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA"> </span><em><span lang="EN-CA">Bibiographie</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA"> </span><span lang="EN-CA">Anderson, Benedict R. 1996. <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme.</em> Paris : </span>La Découverte.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA">De Ocampo, Estaban A. 1962. « Dr. Jose Rizal, Father of Filipino Nationalism ». <em>Journal of Southeast Asian History</em> 3 (no 1; mars): 44-55.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA">Ocampo, Ambeth R. 1998. « Rizal’s Morga and Views of Philippine History ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 2): 184-214.+</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA">Olazo, Conrado E. 1998. « Review of Literature and Politics ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 1): 128-130.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA"> </span><span lang="EN-CA">Quibuyen, F. 1997. « Rizal and the Revolution ». <em>Philippine Studies</em> 45 (no 2): 225-257.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt;text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA"> </span><span lang="EN-CA">Quibuyen, F. 1998. « Towards a Radical Rizal ». <em>Philippine Studies</em> 46 (no 2): 151-183.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA">Rizal, José. 1961. <em>Noli me Tangere : a new translation for modern readers</em>. London: Longman Group Limited.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span lang="EN-CA">Western</span><span lang="EN-CA"> Washington University</span><span lang="EN-CA">. « Jose Rizal : A biography ». </span>En ligne. <a href="http://www.ac.wwu.edu/~fasawwu/resources/rizal/biography.htm"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://www.ac.wwu.edu/~fasawwu/resources/rizal/biography.htm</span></a> (page consultée le 31 mai 2009).</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Multiculturalisme, littérature et intégration en Malaisie</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 18:25:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Identité nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Malaisie]]></category>
		<category><![CDATA[Multiculturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tensions ethniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Vu l’importance des tensions ethniques en Malaisie, l’identité malaisienne, qui regrouperait Malais, Chinois et Indiens, est souvent considérée comme un mythe. Un mythe aujourd’hui de plus en plus réel, alors que la littérature malaisienne, après avoir été longtemps à l’image des divisions de la société, se met à la recherche d’un interstice, d’un espace de compromis où créer une identité nationale commune à tous.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><strong>par Clara Boulianne-Lagacé</strong></p>
<p>« Bien sûr qu’il faut que ce soit comme ça ! Tout le monde doit savoir parler malais, la langue nationale. Si vous ne pouvez pas parler la langue nationale alors vous ne pouvez pas vivre ici. Les Chinois peuvent retourner en Chine et les Indiens en Inde. Si vous voulez vivre ici, vous devez parler la langue nationale. »<sup>1</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Remplacez la Malaisie par le Québec, puis les Indiens et Chinois par les Anglais, et ces quelques mots tirés de <em>Secluded Village</em>, de l’écrivain malais Ibrahim Omar, auraient pu être prononcés par nombre de Québécois. Qu’ont donc en commun le Canada et la Malaisie ? Ils sont tous deux des pays multiculturels où la cohabitation est parfois ardue.<span id="more-232"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Vu l’importance des tensions ethniques en Malaisie, l’identité malaisienne, qui regrouperait Malais, Chinois et Indiens, est souvent considérée comme un mythe. Un mythe aujourd’hui de plus en plus réel, alors que la littérature malaisienne, après avoir été longtemps à l’image des divisions de la société, se met à la recherche d’un interstice, d’un espace de compromis où créer une identité nationale commune à tous.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">D’où viennent ces tensions ethniques si difficiles à surmonter? En Malaisie, deux des plus grandes identités culturelles du monde, indienne et chinoise, cohabitent avec la population locale malaise. Les Indiens ont été amenés par les Britanniques, lors de la colonisation, pour servir de main-d’œuvre dans les plantations de caoutchouc, alors que les Chinois ont d’abord travaillé dans les mines d’étain, puis dans le commerce. Résultat ? La population est à 51% malaise, et comporte 36% de Chinois et 12% d’Indiens<sup>2</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Suite à l’indépendance de la Malaisie, en 1957, les partis politiques nationaux se sont organisés selon des lignes de clivage ethnique : un parti pour chaque race, et non pour chaque idéologie, encourageant de ce fait les tensions sociales. En 1964, des émeutes entre Malais et Chinois ont conduit à la séparation de Singapour. En 1969, de nouvelles émeutes raciales à Kuala Lumpur firent des centaines, sinon des milliers de morts.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Face à une telle identité fragmentée, une littérature malaisienne est-elle possible ? Peut-on s’adresser à l’ensemble des Malaisiens, alors qu’ils n’existent peut-être pas ? En 2007, Sim Kwang Yang a écrit dans le <em>Malaysiakini </em>que « notre échec à produire une littérature malaisienne classique peut être attribué à notre échec à construire une nation à partir d’une population diversifiée sur les plans culturel et linguistique. »<sup>3</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les ouvrages littéraires publiés suite à l’indépendance semblent donner raison à Sim Kwang Yang. Le gouvernement (malais) décida alors de soutenir seulement les écrivains malais, soient ceux qui rédigeaient dans la langue nationale. « Le trait psycho-culturel qui a infiltré le cadre de pensée des écrivains malais est la supériorité et la légitimité assumées de leur culture, société et institutions. »<sup>4</sup> Les écrivains malais ne surent donc pas remettre ni leur culture, ni le pouvoir politique en question.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">On ne peut pas pour autant affirmer qu’il n’existe pas de littérature malaisienne. Au contraire, on peut penser qu’elle existe, qu’elle est écrite par tous les Malaisiens, et qu’elle reflète justement les divisions de leur société. En effet, si la littérature n’a pas su s’y montrer rassembleuse encore, elle peut tout de même offrir de nouveaux espaces pour contester et enquêter sur des concepts comme la nation et l’identité. Selon l’écrivain R. S Maniam, « les littératures, dans les sociétés multiculturelles, [sont] celles qui portent le désir de découvrir comment les différentes communautés interagissent dans cette structure multiculturelle »<sup>5</sup>, et peuvent ainsi désigner les voies du changement. Maniam lui-même, dans ses trois romans, a contesté le discours des élites politiques malaises, qui refusent aux minorités ethniques le moindre sentiment d’appartenance à la nation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Maniam est né en Malaisie en 1942 de parents indiens qui travaillaient dans une plantation de caoutchouc. Très vite, il ressent et vit l’exclusion. Selon lui, le fait de faire partie de la diaspora indienne et d’être à cheval entre deux identités, une passée, et une présente qu’on lui refuse, lui permet d’observer les problèmes de l’identité malaisienne avec un certain recul <sup>9</sup>. Dans son premier roman, <em>The Return</em>, il explore le thème de l’ethnicité dans le monde postcolonial à travers le regard d’un immigrant indien de troisième génération. Ce livre fut suivi de <em>In a Far Country</em>, où il critique les enclaves culturelles et écrit que « ces habitudes [les coutumes et traditions d’un peuple] érigent des murs. Elles nous empêchent de nous connaître les uns les autres, et de nous connaître nous-mêmes. »<sup>6</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">À travers ses écrits, il se montre un homme modéré: s’il semble souhaiter que les Malais s’ouvrent davantage au multiculturalisme et intègrent ce trait à leur identité, il n’encourage pas non plus les minorités à se replier sur elles-mêmes. Dans sa nouvelle <em>Pelanduk</em>, un groupe d’Indiens culturellement isolé tente de chasser un animal sauvage, qui représente le Malais ; ils finissent par tuer l’un des leurs en le prenant pour cet animal, et se causent du tort à eux-mêmes <sup>7</sup>. À l’inverse, dans <em>In a Far Country</em>, le personnage principal d’origine indienne, lorsqu’il va à la rencontre du tigre symbolisant l’identité malaise, se sauve pour ne pas perdre son identité en s’intégrant totalement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Quel est le but de tout cela ? Selon Maniam, « la multiplicité dans la pensée, la mémoire et l’espace semble définir tous individus et sociétés. Il n’est plus possible d’envisager provenir d’une seule culture dominante. Les majorités définissent les minorités autant que l’inverse ; en d’autres mots, la périphérie changeante entraîne des altérations au centre, s’il y a toujours un centre. »<sup>8</sup> En publiant ses écrits, il fait lui-même partie de la périphérie qui vient altérer l’identité dominante malaise.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Malgré tout, les enclaves culturelles demeurent fortes. Ses écrits, publiés en anglais, ne font officiellement pas partie de la littérature nationale et sont peu accessibles pour la population. « Nous ne savons pas ce qui se passe dans les autres communautés linguistiques», a commenté une internaute sur le blog d’une résidente malaisienne, Sharon Bakar. Une solution ? La traduction. « Nous pouvons trouver tant d’ouvrages traduits de Garcia Marquez, Sartre, Goethe – mais qu’advient-il des ouvrages locaux publiés en malais, en mandarin, en tamoul ou d’autres langues ? Ne voulons nous pas partager cela entre nous et avec le reste du monde ? »<sup>9</sup>, demande une autre blogueuse malaisienne.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">À travers des livres comme ceux de Maniam, qui remettent en question les enclaves culturelles de la Malaisie et tentent de proposer une identité nationale rassembleuse à travers sa diversité, la littérature reprend graduellement son rôle dans la construction de la nation. D’ailleurs, Maniam suggère « que c’est précisément dans les connections instables et changeantes entre le ici et le là, entre le passé et le présent, qu’une identité nationale malaisienne peut être située. »<sup>10</sup></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Références</em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">1</span></sup><span lang="EN-CA"> Tham Seong Chee, « Literary Response and the Social Process : An Analyse of Cultural andPolitical Beliefs among Malay Writers », <em>Southeast Journal of Social Science</em> 3, no 1, p.<span> </span>97 (1975).</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">2</span></sup><span lang="EN-CA"> Tham Seong Chee, « The Politics of Literary Development in Malaysia », (1981) En ligne.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">3</span></sup><span lang="EN-CA"> Sim Kwang Yang, « Malaysian Literature in English, Anyone? », <em>Malaysiakini</em> (Malaisie), 13 janvier 2007.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">4</span></sup><span lang="EN-CA"> Voir Tham Seong Chee, « Literary Response and the Social Process : An Analyse of Cultural andPolitical Beliefs among Malay Writers », p. 100.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">5</span></sup><span lang="EN-CA"> K. S. Maniam, « The New Diaspora<em> </em>», dans <em>Globalisation and Regional Communities: Geoeconomic, Sociocultural and Security Implications for Australia</em>, University of Southern Queensland Press (1997),18-23. En ligne.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">6</span></sup><span lang="EN-CA"> K. S. Maniam, <em>In a Far Country</em> (Londres: Skoob Books Publishing, 1993), p. 157.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">7</span></sup><span lang="EN-CA"> Peter Wicks. « Malaysia as a Myth in K. S. Maniam’s In a Far Country ». <em>Asian Culture Quarterly</em> 26 (no 4, 1998): 59-64.<sup>12</sup> Voir K. S. Maniam, « The New Diaspora<em> </em>».</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">8</span></sup><span lang="EN-CA"> Voir K. S. Maniam, « The New Diaspora<em> </em>».</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>9</sup> Commentaires sur le blog de Sharon Bakar. <em>A Malaysian Literature?</em> (2007) En ligne.</p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">10</span></sup><span lang="EN-CA"> Sharmani Patricia Gabriel, « Nation and Contestation in Malaysia : Diaspora and Myths of Belonging in the Narratives of K.S. Maniam ». <em>Journal of Southeast Asian Studies</em> 36 (no 2, juin 2005), p 245.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span lang="EN-CA">Bibliographie</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span lang="EN-CA"> </span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Bakar, Sharon. 2007. <em>A</em><em> Malaysian Literature?</em> </span>En ligne. <span style="color: black"><a href="http://thebookaholic.blogspot.com/2007/01/malaysian-literature.html"><span style="color: black;text-decoration: none">http://thebookaholic.blogspot.com/2007/01/malaysian-literature.html</span></a></span> (page consultée le 27 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Gabriel, Sharmani Patricia. 2005. « Nation and Contestation in Malaysia : Diaspora and Myths of Belonging in the Narratives of K.S. Maniam ». <em>Journal of Southeast Asian Studies</em> 36 (no 2, juin): 235-248.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Maniam, K. S. 1993. <em>In</em><em> a Far Country</em>. Londres: Skoob Books Publishing.</span></p>
<p style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Maniam, K. S. 1997. « The New Diaspora<em> </em>». Dans: <em>Globalisation and Regional Communities: Geoeconomic, Sociocultural and Security Implications for Australia</em>, University of Southern Queensland Press,18-23. </span>En ligne. http://www.ucalgary.ca/UofC/eduweb/engl392/492a/articles/maniam-dias.htm (page consultée le 27 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Seong Chee, Tham. 1975. « Literary Response and the Social Process : An Analyse of Cultural and Political Beliefs among Malay Writers ». <em>Southeast Journal of Social Science</em> 3 (no 1): 85-106.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Seong Chee, Tham. 1981. « The Politics of Literary Development in Malaysia ». Dans <em>Essays on Literature and Society in Southeast Asia</em>. </span>En ligne. <span style="color: black"><a href="http://books.google.ca/books?id=h6SOvP6FLskC&amp;pg=PA216&amp;lpg=PA216&amp;dq=tham+seong+chee&amp;source=bl&amp;ots=6qwdkyLgEU&amp;sig=hsDziByRJ87bdncLKdCk65-VF7Q&amp;hl=en&amp;ei=9xpJSoWYGIe_twen5P2uAg&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=1"><span style="color: black;text-decoration: none">http://books.google.ca/books?id=h6SOvP6FLskC&amp;pg=PA216&amp;lpg=PA216&amp;dq=tham+seong+chee&amp;source=bl&amp;ots=6qwdkyLgEU&amp;sig=hsDziByRJ87bdncLKdCk65-VF7Q&amp;hl=en&amp;ei=9xpJSoWYGIe_twen5P2uAg&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=1</span></a></span> (page consultée le 27 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Wicks, Peter. 1998. « Malaysia as a Myth in K. S. Maniam’s In a Far Country ». <em>Asian Culture Quarterly</em> 26 (4): 59-64.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Yang, Sim Kwang. 2007. « Malaysian Literature in English, Anyone? ». <em>Malaysiakini</em> (Malaisie), 13 janvier.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une nation à la rencontre du passé: Vietnam, communisme et littérature</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 18:08:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Communisme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Identité nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans plusieurs pays, des commissions de la vérité (truth commissions) se chargent d’enquêter sur les événements troublants du passé, comme les guerres civiles et les génocides, pour les surmonter et en arriver à une prise de conscience collective. Au Vietnam, la littérature, longtemps un outil du parti communiste, assume maintenant ce rôle face aux meurtres et à la répression qu'il a commis. « L’enquête menée par la littérature sur les parts obscures de l’histoire du Vietnam apparaît nécessaire, indispensable même, pour en finir avec un passé douloureux. » ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="color: black"><strong>par Clara Bouliane Lagacé</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="color: black">« J’ai découvert la vérité, que nous combattions aussi des Vietnamiens », a raconté l’écrivaine vietnamienne Duong Thu Huong au sujet de la guerre du Vietnam. « Oui, nous étions tout le temps bombardés par les Américains, mais ils étaient hauts dans le ciel et je ne les voyais jamais. Je voyais seulement les Vietnamiens. » <sup>1</sup></span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Si, au cours du dernier siècle, les Vietnamiens se sont battus contre des puissances étrangères pour obtenir leur indépendance, puis la réunification de leur pays, ils se sont également battus contre eux-mêmes. Le Parti communiste national a pris racine dans la violence de l’indépendance et l’a perpétuée : sa réforme agraire a fait des dizaines de milliers de morts, alors que les paysans étaient exécutés, à tort et à travers, sous prétexte de répartir plus équitablement les terres.<span id="more-170"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="color: black">Un tel passé violent et tabou peut déchirer une nation, dont l’identité se construit entre autres autour d’une histoire commune dont les gens peuvent être fiers, afin de créer une communauté imaginée à laquelle ils se sentent appartenir<sup>2</sup>. Comment une nation peut-elle dépasser un passé où le peuple s’est fait violence à lui-même, et qui la blesse toujours? </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span style="color: black">Dans certains pays, des commissions de la vérité se chargent d’enquêter et de dévoiler ce qui a été caché pour en arriver à une prise de conscience collective. Au Vietnam, la littérature, longtemps un outil du parti communiste, assume maintenant en partie ce rôle. « </span>L’enquête menée par la littérature sur les parts obscures de l’histoire du Vietnam apparaît nécessaire, indispensable même, pour en finir avec un passé douloureux. » <sup>3</sup> Ce faisant, les tensions du passé, qui autrement pourraient se manifester sous forme de nouvelles violences, trouvent le moyen de s’exprimer, puis de s’apaiser, de façon pacifique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les écrivains vietnamiens se rallièrent au départ aux communistes lors de la lutte pour l’indépendance, puisqu’ils militaient tous pour la même cause, la formation d’une nation indépendante. « La plupart d’entre eux étaient heureux d’être des soldats dans la bataille de la littérature. » Cependant, « la source d’inspiration dominante pendant la guerre était plus nationaliste que socialiste. » <sup>4</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Par conséquent, lorsque l’indépendance fut acquise, le Vietnam du Nord se retrouva dirigé par les communistes qui avaient mené la lutte sans que la population ne soit nécessairement communiste. Le parti décida que la littérature et les écrivains devaient servir ses intérêts et l’aider à affermir son pouvoir. Un nouveau courant qui conçoit la littérature comme une arme, le réalisme socialiste, devint la norme. Les personnages deviennent alors des modèles à suivre pour la population et les écrivains, des propagandistes au service de l’État <sup>5</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Nguyễn Minh Châu, un écrivain important de la littérature officielle, rendit ses regrets publics en 1987, ceux d’une génération lâche qui a « détruit sa propre personnalité et courbé sa plume devant le pouvoir. […] Les écrivains n’ont plus de pensée, je veux dire de pensée novatrice et originale. Ils existent comme un être sans âme ou avec une âme vendue au régime. » <sup>6 </sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Si pour cette génération d’écrivains, il est peut-être trop tard pour servir leur pays, et non un parti, ce n’est pas le cas de la nouvelle génération qui a émergé suite à l’ouverture du Vietnam en 1986. « Il faut écrire ! Pour oublier, pour se souvenir. Pour se donner un but dans l’existence, une voie de salut, pour pouvoir supporter, garder l’espoir, continuer de vouloir »<sup>7</sup>, fit dire l’écrivain Bảo Ninh, issu de cette nouvelle génération, à l’un de ses personnages.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La nouvelle génération n’hésite donc pas à aborder le passé et des sujets tabous, comme la violence de l’État envers le peuple. Duong Thu Huong a écrit sur la réforme agraire et ses victimes<sup>8</sup>. À partir de 1991, plusieurs auteurs ont également commencé à revisiter les horreurs de la guerre dans des romans et nouvelles à travers des destins féminins, puisque les femmes participèrent souvent à l’effort de guerre. Par exemple, dans sa nouvelle <em>La survivante de la forêt qui rit, </em>Vo Thi Hao montre la vie de femmes combattantes. Elles sont cinq ; quatre d’entre elles, frappées par la folie alors qu’elles sont dans les montagnes, se suicident. La cinquième survit et tente en vain de réintégrer une vie normale : on n’échappe pas aux stigmates de la guerre<sup>9</sup>. À travers la littérature, des thèmes autrefois ignorés par les livres d’histoire retrouvent maintenant leur place dans le passé de la nation vietnamienne, et de vieilles tensions peuvent s’apaiser tranquillement.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Malgré l’ouverture croissante du Parti communiste vietnamien, la censure est toujours présente. Duong Thu Huong est étroitement surveillée, et certains livres ou auteurs sont toujours interdits. Le pouvoir politique craint les écrivains, peut-être même plus qu’ailleurs. « Au Vietnam, il n’y a pas de frontière entre la littérature et la politique à cause de cet engagement nécessaire du lettré. Cela explique la grande estime dans laquelle les Vietnamiens tiennent les poètes et les écrivains. Le pouvoir les craint pour cette même raison. » <sup>10</sup></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Si les lettrés y ont une telle importance, c’est que la culture vietnamienne est très ancienne, mais n’avait autrefois pas d’écriture propre. Le savoir traditionnel se transmettait donc oralement, à travers des chants poétiques, d’où l’importance vitale de la littérature pour recueillir et enrichir la tradition populaire. Par la suite, les Chinois, qui colonisèrent le pays pendant environ mille ans, amenèrent la croyance comme quoi « l’honnête homme » est lettré.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La nouvelle génération d’auteurs, en plus de revisiter le passé, se tourne également vers l’avant. Les membres du groupe de poètes urbains Mở Miệng, qui signifie « Ouvrir la bouche », se réapproprient les formes traditionnelles culturelles, religieuses et politiques, en plus d’élaborer une véritable critique sociale. Ils qualifient leurs écrits de « poésie-ordure » : ils occupent la rue, la marge, et s’expriment sur des sujets tabous, comme la bêtise de l’élite politique, la misère urbaine et le sexe. Lý Đợi, l’un de ses fondateurs, a écrit : « <span>Je n’appartiens à aucun principe, aucun parti politique, aucune religion, aucune idéologie, aucune organisation. Sacrebleu, je m’appartiens à moi-même.</span> » <sup>11</sup> Après s’être effacé dans le collectivisme du communisme, l’individu revient en force.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Selon Phan Huy Duong, spécialiste de la littérature vietnamienne, « les écrivains sont les seuls à pouvoir ressusciter, faire refleurir la culture du passé et apporter des valeurs nouvelles pour faire avancer la société. » <sup>12</sup> Quoiqu’il en soit, présentement, ils annoncent et aident à engendrer des changements en profondeur dans une société qui, au cours des 50 dernières années, a eu plus que sa part de guerres et de souffrances.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Références</em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">1</span></sup><span lang="EN-CA"> Alan Riding, « A discourse shaped by the Vietnam War ». <em>The New York Times</em> (New York), 15 juillet 2005.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>2</sup> Benedict Anderson, <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme </em>(Paris : La Découverte, 1996).</p>
<p class="MsoNormal"><sup>3</sup> <span style="color: black">Doan Cam Thi, </span>« Vingt ans de littérature vietnamienne : 1986-2006 ». <em>La revue des ressources</em>, 2007. En ligne. <span style="color: black"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>4</sup> Tuan Ngoc Nguyen, <em>Socialist Realism in Vietnamese Literature : An analysis of the Relationship Between Literature and Politics</em>, thèse de doctorat, département de communication, culture et langues, Université de Victoria, 2004.</p>
<p class="MsoNormal"><sup>5</sup> Ibid.</p>
<p class="MsoNormal"><sup>6</sup> <span style="color: black">Voir Doan Cam Thi, </span>« Vingt ans de littérature vietnamienne : 1986-2006 ». <span style="color: black"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>7</sup> <span style="color: black">Doan Cam Thi, </span>« Moi, citoyen ignominieux, génie alcoolique… Poésie et marginalité dans le Vietnam contemporain ». <em>La revue des ressources</em>, 2007. En ligne.</p>
<p class="MsoNormal"><sup>8</sup> <span style="color: black">Emmanuel Deslouis, « Entretien avec Phan Huy Duong : Quand la littérature effraye le pouvoir ». <em>Eurasie</em>, 1998.<em> </em>En ligne. </span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>9</sup> <span style="color: black">Doan Cam Thi, </span>« Femme, fantasme et guerre ». <em>La revue des ressources</em>, 2007. En ligne.</p>
<p class="MsoNormal"><sup>10</sup> <span style="color: black">Voir Emmanuel Deslouis, « Entretien avec Phan Huy Duong ».</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup>11</sup> <span style="color: black">Voir Doan Cam Thi, </span>« Moi, citoyen ignominieux, génie alcoolique… ».</p>
<p class="MsoNormal"><sup>12</sup> <span style="color: black">Voir Emmanuel Deslouis, « Entretien avec Phan Huy Duong ».</span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Bibliographie</em></p>
<p>Balaban, John. 2009. « Vietnamese literature ». Dans l’Encyclopaedia Britannica. En ligne. <a href="http://www.britannica.com/EBchecked/topic/628557/Vietnamese-literature">http://www.britannica.com/EBchecked/topic/628557/Vietnamese-literature</a> (page consultée le 22 mai 2009).</p>
<p>Anderson, Benedict. 1996. <em>L’imaginaire national : réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme. </em>Paris : La Découverte.</p>
<p>Deslouis, Emmanuel. 1998. « Entretien avec Phan Huy Duong : Quand la littérature effraye le pouvoir ». Eurasie. En ligne. <a href="http://www.eurasie.net/webzine/Entretien-avec-Phan-Huy-Duong.html?lang=fr">http://www.eurasie.net/webzine/Entretien-avec-Phan-Huy-Duong.html?lang=fr</a> (page consultée le 19 juin 2009).</p>
<p>Nguyen, Tuan Ngoc. 2004. <em>Socialist Realism in Vietnamese Literature : An analysis of the Relationship Between Literature and Politics</em>. Thèse de doctorat. Département de communication, culture et langues. Université de Victoria.</p>
<p>Riding, Alan. 2005. « A discourse shaped by the Vietnam War ». <em>The New York Times</em> (New York), 15 juillet.</p>
<p><a href="http://revue.ressources.org/spip.php?auteur239&amp;PHPSESSID=9e4108fa5ce1ccdbb74b29a3ed563d71">Thi</a>, Doan Cam. 2007. « Femme, fantasme et guerre ». <em>La revue des ressources</em>. En ligne. <a href="http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article770">http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article770</a> (page consultée le 20 juin 2009).</p>
<p><a href="http://revue.ressources.org/spip.php?auteur239&amp;PHPSESSID=9e4108fa5ce1ccdbb74b29a3ed563d71">Thi</a>, Doan Cam. 2007. « Moi, citoyen ignominieux, génie alcoolique… Poésie et marginalité dans le Vietnam contemporain ». <em>La revue des ressources</em>. En ligne. http://www.larevuedesressources.org/article.php3?id_article=809 (page consultée le 20 juin 2009).</p>
<p><a href="http://revue.ressources.org/spip.php?auteur239&amp;PHPSESSID=9e4108fa5ce1ccdbb74b29a3ed563d71">Thi</a>, Doan Cam. 2007. « Vingt ans de littérature vietnamienne : 1986-2006 ». <em>La revue des ressources</em>. En ligne. <a href="http://revue.ressources.org/article.php3?id_article=815">http://revue.ressources.org/article.php3?id_article=815</a> (page consultée le 20 juin 2009).</p>
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		<title>Le combat des mots en Birmanie: les écrits politiques dans la lutte pour l&#8217;indépendance</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 17:40:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Aung San Suu Kyi]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
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		<description><![CDATA[Afin de rallier la population à leur cause, les nationalistes birmans, comme ceux de nombreux autres pays, utilisèrent des écrits politiques, sous forme de pamphlets, romans, articles ou de poésie. Ils exprimèrent souvent tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, et mirent des mots sur des sentiments de révolte encore inconscients au sein du peuple. Si les écrits politiques en Birmanie servirent d’abord à promouvoir l’indépendance face aux Britanniques, aujourd’hui, ils promeuvent plutôt l’indépendance du peuple face à la junte militaire qui est au pouvoir depuis 1962. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><strong>par Clara Bouliane Lagacé</strong></p>
<p class="MsoNormal">« La Birmanie est notre pays.</p>
<p class="MsoNormal">La littérature birmane est notre littérature.</p>
<p class="MsoNormal">La langue birmane est notre langue.</p>
<p class="MsoNormal">Aimez notre terre.</p>
<p class="MsoNormal">Faites l’éloge de notre pays.</p>
<p class="MsoNormal">Respectez notre pays. » <sup>[1]</sup></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Changez la Birmanie pour le Québec, et ces quelques lignes pourraient devenir le nouvel emblème des souverainistes québécois ! Elles ont cependant bien été imprimées sur la couverture d’un pamphlet politique à saveur réformiste et nationaliste, en Birmanie, vers 1930. À l’époque, le pays était toujours sous l’emprise coloniale de l’Angleterre, et les mouvements nationalistes pour l’indépendance s’y faisaient de plus en plus radicaux.<span id="more-163"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Afin de rallier la population à leur cause, les nationalistes birmans, comme ceux de nombreux autres pays, utilisèrent des écrits politiques, sous forme de pamphlets, romans, articles ou de poésie. Ils exprimèrent souvent tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, et mirent des mots sur des sentiments de révolte encore inconscients <sup>[2]</sup>. Les écrits politiques en Birmanie servirent d’abord à promouvoir l’indépendance face aux Britanniques, en poésie puis en prose. Aujourd’hui, ils promeuvent plutôt l’indépendance du peuple face à la junte militaire au pouvoir depuis 1962 à travers des romans, des articles ou des nouvelles, mais à mots couverts, puisque la censure est omniprésente.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Lors de la lutte contre la puissance coloniale, le premier obstacle que rencontrèrent les militants nationalistes birmans fut le peu d’intérêt de la population pour la politique. « Les Birmans ont traditionnellement eu aussi peu affaire que possible aux institutions politiques ; ils étaient heureux de pouvoir vivre en paix sous une domination qu’elle soit indigène ou étrangère. » <sup>[3]</sup> Les rébellions et révoltes avaient plutôt lieu pour des motifs personnels à une échelle locale, et non pour des enjeux idéologiques à l’échelle nationale. Il fallut que les Britanniques empiètent sur les convictions religieuses d’une bonne partie de la population en refusant d’enlever leurs chaussures dans les lieux sacrés pour que les Birmans s’organisent finalement au niveau national.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Le mouvement nationaliste dut donc avant tout trouver une façon d’éduquer et de susciter l’intérêt de la population birmane. Le premier auteur à y parvenir fut Thakhin Kodaw Hmaing avec une série d’articles parus dans les journaux à partir des années 20, les <em>Tika</em>, qui furent ensuite publiés sous forme de livres. Ces articles faisaient la promotion de l’indépendance et du nationalisme, en plus de critiquer publiquement la corruption de plusieurs politiciens <sup>[4]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La grande qualité des <em>Tika</em> fut d’utiliser des formes littéraires birmanes traditionnelles, comme l’usage des rimes ou l’introduction de chansons et de poèmes, afin de rendre accessibles et intéressants des écrits politiques innovateurs à la majorité de la population. Ils pavèrent ainsi la voie aux ouvrages politiques rédigés en prose, plus conventionnels, qui devaient être publiés peu après.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">« Les écrits de Saya Lun [autre nom de Thakin Kodaw Hmaing] ont probablement fait plus pour disséminer des opinions dans le pays, à leur manière subtile, que des livres ayant attiré les foudres de la loi sur leurs auteurs », a affirmé Tin Htway, un spécialiste de la littérature birmane <sup>[5]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les romans porteurs de messages politiques aidèrent aussi la cause nationaliste. Thein Pe Myint publia en 1937 une version indigène de Roméo et Juliette, où les deux héros étaient de religions différentes. Puisque la jeune fille ne réussissait pas à abandonner ses convictions, et que le jeune homme ne pouvait le faire sans nuire à son implication dans le mouvement nationaliste, ils décidèrent de se séparer. La jeune fille mourut de chagrin, sans oublier auparavant de laisser une lettre déchirante au jeune homme où elle l’enjoignait de à lutter pour l’indépendance de leur pays <sup>[6]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">L’un des avantages de ces écrits politiques était qu’ils pouvaient être lus tranquillement à la maison, loin des risques et dangers des rassemblements politiques craints par la population. Quoiqu’il en soit, les écrits semblent avoir été efficaces. « Le plus populaire de ces écrivains [en « poésie politique »] fut arrêté par les Britanniques. Le rôle politique de la littérature fut ainsi reconnu par le gouvernement dès les débuts du colonialisme » <sup>[8]</sup>, a écrit Aung San Suu Kyi, première ministre élue de Birmanie à qui on a refusé le pouvoir, dans un essai sur la littérature de son pays.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La Birmanie obtint finalement son indépendance de l’Angleterre en 1947. Cependant, suite au soulèvement de minorités et aux des déchirements incessants de l’élite politique, les militaires prirent le contrôle de l’État en 1962 et le contrôlent encore aujourd’hui. Les écrits politiques s’opposent donc maintenant à la junte et militent en faveur de la démocratie et du respect des droits humains, toujours dans la perspective de s’opposer à la domination du peuple, qu’elle soit le fait des étrangers ou de Birmans.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Avec les militaires vint la censure. « Dans la période de la junte militaire, la liberté d’expression et le droit de critiquer les politiques gouvernementales en public furent peu à peu entièrement supprimés. »<sup>[9] </sup>Depuis 1962, l’État n’hésite pas à faire assumer le coût des publications subversives aux auteurs et éditeurs, ou à les emprisonner. L’organe gouvernemental responsable de la censure, le PSB (Press Scrutiny Board), a déjà eu son siège dans le même immeuble que les services secrets japonais lors de l’occupation du pays par le Japon, pendant la Seconde Guerre mondiale, montrant de ce fait son lien avec le pouvoir politique. Et, de toute façon, « il est bien connu qu’il existe une liste noire fournie au PSB par l’intelligence militaire des auteurs dont les ouvrages ne peuvent pas être publiés du tout » <sup>[10]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Certains écrits politiques sont toutefois publiés à l’étranger. Si leur présence est fortement limitée à l’intérieur de la Birmanie, cela n’a pas empêché la population de s’unir dans un mouvement global de protestation face à la junte. La Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, avait obtenu 392 sièges sur 485 lors des élections de 1990, les seules tenues jusqu’à ce jour, et dont le résultat n’a jamais été reconnu <sup>[11]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span> </span>« Nous sommes entrés dans cette lutte pour la démocratie parce que nous croyons que nous pouvons gagner. […] Nous voulons travailler main dans la main avec tous ceux qui travaillent pour la démocratie. Je ne veux pas dire travailler ensemble à moitié – nous voulons travailler ensemble cœur et âme », a affirmé Suu Kyi dans un discours prononcé en 1988, et maintenant imprimé dans un livre où sont rassemblés plusieurs de ses discours et essais <sup>[12]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">En espérant que la publication de ses discours et essais, à tout le moins dans le monde occidental, entraîne le monde occidental à faire pression sur la junte birmane pour qu’elle reconnaisse le résultat des élections qui auront lieu en 2010. Quoiqu’il en soit, que les luttes en Birmanie militent en faveur de la cause nationale ou pour la démocratie, elles semblent toujours chercher à donner une plus grande liberté au peuple.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Références</em></p>
<p class="MsoNormal"><em> </em><sup><span lang="EN-CA">[1]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p.30.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[2]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p.157.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[3]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p. 23.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[4]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p.28.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[5]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p. 19.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[6]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. 156-57.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[8]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. (Penguin Group: New York, 1991), p. 158.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[9]</span></sup><span lang="EN-CA"> Anna J. Allott, 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne, p. 8.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[10]</span></sup><span lang="EN-CA"> Anna J. Allott, 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne, p. 10.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[11]</span></sup><span lang="EN-CA"> Micheal Aris, « Introduction ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. XXIV.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[12]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « The Role of the Citizen in the Struggle for Democracy ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. 218-219.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span><em><span lang="EN-CA">Bibliographie</span></em><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">Allott, Anna J. 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne. </span><a href="http://burmalibrary.org/docs/inked-over-ripped%20-out.htm"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://burmalibrary.org/docs/inked-over-ripped%20-out.htm</span></a> (page consultée le 8 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Aris, Micheal. 1991. « Introduction ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Htway, Tin. 1972. « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre): 19-46.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Irriwaddy, the. 2000. « Thakin Kodaw Hmaing (1876-1964) ». </span><em>The Irriwaddy.</em> En ligne. <a href="http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836</span></a> (page consultée le 8 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Kyi, Aung San Suu. 1991. « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Kyi, Aung San Suu. 1991. « The Role of the Citizen in the Struggle for Democracy ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
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