<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Birmanie</title>
	<atom:link href="http://redtac.org/asiedusudest/tag/birmanie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://redtac.org/asiedusudest</link>
	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
	<lastBuildDate>Sat, 27 Mar 2010 21:46:57 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.1</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>«SUPPORT BREASTS – NOT DICTATORS»</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/%c2%absupport-breasts-%e2%80%93-not-dictators%c2%bb/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/%c2%absupport-breasts-%e2%80%93-not-dictators%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:53:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Investissements étrangers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=667</guid>
		<description><![CDATA[Par Hoai-An Tran

[PHOTO: No Dictators] Crédit: http://www.cleanclothes.org/newslist/289-triumph-closes-factory-in-burma
«Support Breasts – Not Dictators[1]»; c’était une bataille de longue haleine que remportait l’organisme Clean Clothes Campaign lorsque Triumph ferma ses usines en Birmanie en juin 2002. Néanmoins, force est de constater que les motifs du retrait de ce géant du dessous féminin se situaient bien au-delà des pressions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Hoai-An Tran</strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-668 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/triumph01.jpg" alt="triumph01" width="297" height="199" /></p>
<p style="text-align: center">[PHOTO: No Dictators] Crédit: http://www.cleanclothes.org/newslist/289-triumph-closes-factory-in-burma</p>
<p style="text-align: justify">«Support Breasts – Not Dictators<a href="#_ftn1">[1]</a>»; c’était une bataille de longue haleine que remportait l’organisme <em>Clean Clothes Campaign </em>lorsque Triumph ferma ses usines en Birmanie en juin 2002. Néanmoins, force est de constater que les motifs du retrait de ce géant du dessous féminin se situaient bien au-delà des pressions de la société civile internationale. En effet, la Birmanie présentait alors un paysage hostile aux investisseurs étrangers avec une inflation frôlant les 50%<a href="#_ftn2">[2]</a>, des infrastructures désuètes<a href="#_ftn3">[3]</a> et une attitude hostile des  autorités gouvernementales<a href="#_ftn4">[4]</a>.Partant de la prémisse que tout gouvernement est garant de la stabilité économique de son pays<a href="#_ftn5">[5]</a>, la responsabilité de la <a href="http://www.slate.com/id/2192726/">junte militaire</a>, autrement appelé le <em>State Peace and Development Council</em> (SPDC), dans la décadence économique birmane paraît donc évidente. Toutefois, dans un espace géopolitique où l’autoritarisme du gouvernement du Vietnam et de Singapore ont été porteur d’une croissance économique; la question serait plutôt à savoir pourquoi celui du SPDC faillit à reproduire un tel succès. La réponse se trouve dans la succession de gouvernements totalitaires birmans ayant pris les mauvaises décisions politiques et ce, aux mauvais moments.<span id="more-667"></span></p>
<p style="text-align: justify">Il est d’abord important de comprendre que la Birmanie est un pays très riche en ressources naturelles. Sous le règne colonial britannique, le pays était l’une des régions les plus prospères de l’Asie du Sud-Est avec une économie basée sur l’exportation de produits agricoles, mais surtout, miniers et pétroliers<a href="#_ftn6">[6]</a>. La transition à l’indépendance n’affecta pas pour autant la force commerciale birmane. En effet, le pays talonnait toujours en 1950 la Thaïlande fleurissante, selon la plupart des indicateurs de développement de l’époque<a href="#_ftn7">[7]</a>. La nouvelle démocratie instituée par <a href="http://www.metacafe.com/watch/231167/general_aung_san/">Aung San</a>, considéré le père fondateur de la nation, avait donc réussit à maintenir une économie active toujours axée sur l’exploitation des ressources naturelles, mais aussi, sur la consolidation d’une classe marchante éduquée<a href="#_ftn8">[8]</a>. Le coup d’État de 1962 vint cependant couper court les perspectives prometteuses de la Banque Mondiale pour le Myanmar<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Mars 1962, Ne Win abolit le parlement, imposa la censure et débuta le règne militaire des 17 officiers du Conseil révolutionnaire<a href="#_ftn10">[10]</a>. Son programme? Un socialisme totalitaire<a href="#_ftn11">[11]</a>qui allait plonger la Birmanie dans près de trois décennie d’isolation et de pauvreté rampante<a href="#_ftn12">[12]</a>. S’autoproclamant à la fois leader du Conseil, Président de la Birmanie, Ministre de la défense, des finances et du revenu<a href="#_ftn13">[13]</a>, Ne Win imposa à son pays sa rhétorique du «Burmese Way to Socialism». Une vision autarcique imposée au travers d’une nationalisation des entreprises du pays, d’une économie centralisée, ainsi que d’une restriction stricte sur les investissements étrangers<a href="#_ftn14">[14]</a>. Toutefois, la Birmanie ne possédait pas les infrastructures adéquates pour mener à bien une autosuffisance saine; d’autant plus que sa reconstruction d’après guerre était toujours incomplète. Plutôt que de tirer profit de l’aide internationale alors généreuse (dont une, anti-communiste, massivement offert les États-Unis)<a href="#_ftn15">[15]</a>, l’unilatéralisme de Ne Win mena sa nation à la faillite<a href="#_ftn16">[16]</a>. Seulement trois mois après son entrée au pouvoir, la production industrielle de la Birmanie chuta de 40%<a href="#_ftn17">[17]</a>. Vingt-cinq ans plus tard, le pays était l’un des plus pauvres de la région, alors qu’à peine une génération plus tôt, elle était le premier pays exportateur de riz mondial et le pays nouvellement indépendant le plus prometteur<a href="#_ftn18">[18]</a> en Asie du Sud-Est.</p>
<p style="text-align: justify">Alors que bon nombre des pays voisins de la Birmanie embarquaient dans le «miracle asiatique» des années 80<a href="#_ftn19">[19]</a>, l’économie en lambeaux de cette dernière poussa le Général Saw Maung à prendre les commandes du pouvoir en 1988. Coup d’État orchestré sous la supervision de Ne Win<a href="#_ftn20">[20]</a>, le régime de Maung ne fut à vrai dire que la <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=253734287578732261&amp;ei=ZnEcS-6DHISSrALv88mICg&amp;q=burma+">continuité de l’autoritarisme</a> de son prédécesseur. En fait, l’action d’éclat n’avait pour but que de justifier un changement de direction économique sans pour autant miner la réputation du dictateur sortant. Ainsi, l’institution de <em>l’Union of Myanmar Foreign Investment Law</em> promettait la transformation d’un système socialiste planifié en une économie de marché menée<a href="#_ftn21">[21]</a>. Toutefois, contrairement au Vietnam ou à Singapore, le régime faillit conséquemment à instaurer un environnement propice à l’émergence de l’entreprise privée. En fait, ce fut plutôt l’arbitraire même de son pouvoir absolu qui contribua à l’échec de cette tentative d’ouverture. Puisque le régime s’était réservé le privilège de fermer toutes compagnies qui «challenged the armed forces&#8217; corporation<a href="#_ftn22">[22]</a>»; ce despotisme flou en termes juridiques, mais des plus concrets dans la réalité de ses abus, instaura finalement un climat d’incertitude incompatible<a href="#_ftn23">[23]</a> à toute croissance stable. En guise de preuve, nombreuses furent les entreprises qui se retirèrent vers la fin des années 90 après être venues tâter le terrain du marché birman lors de l’ouverture de 1988<a href="#_ftn24">[24]</a> -  remballant avec eux leur poids politique potentiel pour faire changer la donne.</p>
<p style="text-align: justify">À la lumière de ce court essai, il est donc évident que l’autoritarisme des régimes birmans a été un facteur nuisible au développement du pays. Encore aujourd’hui, la junte militaire est toujours au pouvoir et l’économie de la Birmanie est toujours en péril. Une question demeure : pourquoi une telle succession de mauvaise décision? L’éducation des dirigeants serait-elle en cause? Reste que l’économie «officielle» se portant de mal en pire, le SPDC se tourne dorénavant de plus en plus vers le blanchiment d’argent et le trafic de la <a href="http://www.voltairenet.org/article6875.html">drogue</a> pour voir à sa survie<a href="#_ftn25">[25]</a>. Ainsi, la montée des activités narcotiques étant une conséquence indirecte d’une économie délaissée par les étrangers; cette situation singulière porte à se demander si la victoire du <em>Clean Clothes Campaign </em>ne fut pas plutôt un échec à long terme.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Burma Campaign UK. 2001. <em>Support Breats – Not Dictators</em>. En ligne. <a href="http://www.burmacampaign.org.uk/index.php/news-and-reports/news-stories/Support-Breasts-Not-Dictators">http://www.burmacampaign.org.uk/index.php/news-and-reports/news-stories/Support-Breasts-Not-Dictators</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Clark,  Allen L. 1999. «Myanmar&#8217;s Present Development and Future Options». <em>Asian Survey</em> Vol. 39 No. 5 (Septembre-Octobre) : 772-791</p>
<p>Kurlantzick, Joshua. 2002. «Can Burma Reform?». <em>Foreign Affairs</em> Vol. 81 No. 6 (Novembre-Décembre) : 133-146</p>
<p>Kyi, Khin Maung, Ronald Findlay et R.M. Sundrum. 2000<em>. Economic and Development of Burma</em>. En ligne. <a href="http://www.burmalibrary.org/docs3/Vision-strategy.ocr.pdf">http://www.burmalibrary.org/docs3/Vision-strategy.ocr.pdf</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>McCarthy, Stephen. 2000. «Ten Years of Chaos in Burma: Foreign Investment and Economic Liberalization under the SLORC-SPDC, 1988 to 1998». <em>Pacific Affair</em>s Vol. 73 No. 2 (Été) : 233-262</p>
<p>Schlesinger Jr., Arthur. 1997. «Has Democracy a Future?» <em>Foreign Affairs</em> Vol. 76 No. 5 (Septembre-Octobre): 2-12</p>
<p>Seekins, Donald M. 2008. «Myanmar in 2008: Harship, Compounded».<em> Asian Survey</em> Vol. 49 Issue 1: 166–173</p>
<p>The Economist (US).2002. <em>The black hole of Yanhon : Myanmar</em>. En ligne. <a href="http://find.galegroup.com/gtx/start.do?prodId=CPI&amp;userGroupName=mont88738">http://find.galegroup.com/gtx/start.do?prodId=CPI&amp;userGroupName=mont88738</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Time Magazine. 1963. <em>Burma : The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc</em>. En ligne. <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Zax, Jeffrey S. 2009. <em>The Economic Responsibilities of State (and local) governement</em>. En ligne. <a href="http://www.leg.state.co.us/CLICS/CLICS2009A/commsumm.nsf/b4a3962433b52fa787256e5f00670a71/3fe0558060407c74872576100075674d/$FILE/09Long-term0729AttachDD.pdf">http://www.leg.state.co.us/CLICS/CLICS2009A/commsumm.nsf/b4a3962433b52fa787256e5f00670a71/3fe0558060407c74872576100075674d/$FILE/09Long-term0729AttachDD.pdf</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Burma Campaign UK (2001), en ligne «Support Breasts  &#8211; Not Dictators»</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> The Economist (2002), en ligne «The black hole of Yangon: Myanmar»</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Donald M. Seekins (2008), p. 172</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Stephen McCarthy (2000), p.243</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Jeffrey S. Zax (2009), en ligne «The Economic Responsibilities of State (and local) government»</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Allen L. Clark (1999), p.773</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Khin Maung Kyi, Ronald Findlay et R.M. Sundrum (2000), en ligne « Economic and Development of Burma»</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Joshua Kurlantzick (2002), p. 135</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> <em>Id. </em></p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a>Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.136</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Voir Allen L. Clark (1999), p.773</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">Voir</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> <em>Id.</em></p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p. 234</p>
<p><a href="#_ftnref16">[16]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.136</p>
<p><a href="#_ftnref17">[17]</a> <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">Voir</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref18">[18]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.235</p>
<p><a href="#_ftnref19">[19]</a> <em>Ibidem</em></p>
<p><a href="#_ftnref20">[20]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.233</p>
<p><a href="#_ftnref21">[21]</a> <em>Id.</em></p>
<p><a href="#_ftnref22">[22]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002),p.138</p>
<p><a href="#_ftnref23">[23]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.243</p>
<p><a href="#_ftnref24">[24]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.138</p>
<p><a href="#_ftnref25">[25]</a><em>Ibid</em>., p.140</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/%c2%absupport-breasts-%e2%80%93-not-dictators%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA BIRMANIE : UNE HISTOIRE MARQUEE PAR DE NOMBREUX NATIONALISMES</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/la-birmanie-une-histoire-marquee-par-de-nombreux-nationalismes/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/la-birmanie-une-histoire-marquee-par-de-nombreux-nationalismes/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:47:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=665</guid>
		<description><![CDATA[Par Charles-Antoine Michel 
La Birmanie au cours de son histoire est passée par plusieurs types de nationalismes différents. On entend par nationalisme, la manifestation de la conscience nationale. En Birmanie, ils ont également connu des origines diverses et variées. Amorcés par la population, les moines bouddhistes, les étudiants ou encore les militaires, on verra que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Charles-Antoine Michel</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie au cours de son histoire est passée par plusieurs types de nationalismes différents. On entend par nationalisme, la manifestation de la conscience nationale. En Birmanie, ils ont également connu des origines diverses et variées. Amorcés par la population, les moines bouddhistes, les étudiants ou encore les militaires, on verra que les idées divergent selon les contextes politiques ou sociaux.<span id="more-665"></span></p>
<p style="text-align: justify">Les Britanniques arrivent sur le territoire birman au début du XIXième siècle pour tenter de faire face à l’expansion de la Birmanie, dont l’influence dans la région est alors à son apogée. S’alliant au Siam (actuelle Thaïlande), une guerre anglo-birmane éclate, voyant les Anglais triompher en 1826. Les colons s’emparent peu à peu de l’ensemble du territoire, si bien qu’en 1886, le pays devient une province de l’Inde britannique (ensemble des provinces faisant partie de la Compagnie anglaise des Indes orientales) [1]. Dès le début de l’expansion des Anglais, un nationalisme anticolonial se met en place, et se caractérise par une résistance armée. Celle-ci est rapidement contenue et s’estompe à la toute fin du XIXième siècle, succédé par « une prise de conscience de l’originalité de la société birmane » [2]. En effet, le nouveau nationalisme birman est basé sur la culture du pays, et les valeurs qui lui sont propres. Ainsi, le bouddhisme devient le principal facteur de la naissance du nationalisme culturel en Birmanie. À l’image de l’association américaine YMCA est créée l’<a href="http://www.ymba-colombo.org/index.htm">YMBA</a> (Young Men’ Buddhist Association), composée de jeunes bouddhistes birmans dont l’objectif et de préserver, tout en en faisant la promotion, les valeurs culturelles de la Birmanie. Son journal, <em>Le Soleil</em>, est créé en 1911 et permet la diffusion d’idées nationalistes. Mais après la Grande Guerre, le Royaume-Uni est affaibli, et les traumatismes de ce conflit meurtrier s’en ressentent sur leur autorité en Birmanie, si bien que le nationalisme culturel et pacifique orchestré par les bouddhistes devient beaucoup plus hostile. Plus précisément, on assiste à la naissance d’un nationalisme politique. La population demande à ce que le pouvoir exécutif de leur pays soit exercé par des Birmans. Les étudiants de Rangoon prennent également part à ces idées nouvelles, refusant désormais qu’une politique universitaire soit prise sans consultation de l’opinion publique. De nouveaux partis politiques nationalistes sont créés tels que le Nationalist Party ou encore le People’s Party dont le slogan est « la Birmanie aux Birmans » (Richer 1981, 42). Une attitude d’hostilité envers les non-Birmans et particulièrement les Indiens prend place au sein de la population locale.</p>
<p style="text-align: justify">L’expansion du communisme dans la région n’épargne pas la Birmanie. En 1939 est créé le Parti communiste birman par l’intelligentsia du pays. Avec peu de moyens, le parti met en place une guérilla, guerre d’embuscades selon sa définition première, afin de faire face à l’occupation japonaise. Le désir d’indépendance gagne peu à peu les mentalités birmanes et s’articule autour d’un nouveau type de nationalisme : le nationalisme indépendantiste. C&#8217;est-à-dire que le souhait premier de ce nouveau mouvement est le désir de l’accession à l’indépendance. Au vu du manque de moyens, la guérilla s’emploie à des actions de sabotages visant à mettre à mal les institutions anglaises et japonaises qui se partagent le pays [3]. L’indépendance est proclamée le 4 janvier 1948.</p>
<p style="text-align: justify">Enfin, avec l’arrivée de la junte militaire au pouvoir à la fin des années 80 suite à un coup d’État, on peut identifier un dernier type de nationalisme, qui se rapprocherait plutôt à bien des égards de la xénophobie. Rappelons que la Birmanie était colonisée directement d’Inde et non pas du Royaume-Uni, très présent dans la région grâce à sa Compagnie anglaise des Indes orientales. Ainsi, l’importation massive d’une main-d&#8217;œuvre indienne a modifié le paysage social de la région. De plus, le pays a l’image d’une véritable « mosaïque de groupes ethniques » venant de toute l’Asie. Ces minorités ethniques représentent près de 40% de la population tandis que la majorité birmane ne s’élève qu’à 60%. Depuis les débuts de la junte militaire au pouvoir, on assiste à de nombreux conflits d’origine ethnique ainsi que des actes xénophobes des militaires à l’égard des minorités, notamment chinoises [4].</p>
<p style="text-align: justify">Par ailleurs on se rend compte qu’avec le régime en place, la moindre forme de protestation est réprimée, ce qui laisse peu de place à la possibilité d’un nationalisme fort dans la région. La nouvelle volonté de la population est l’instauration d’un nouveau régime démocratique, mettant fin à l’autoritarisme exercé par la junte militaire (photo 1) au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify">On peut se rendre compte qu’en Birmanie, le nationalisme est associé à l’évolution de la politique dans le pays et que c’est quand le régime est le plus répressif que le nationalisme est le moins fort.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: left"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>[1] <em>Histoire de la Birmanie</em>. 2006. En ligne. <a href="http://www.amnestyinternational.be/doc/article8219.html">http://www.amnestyinternational.be/doc/article8219.html</a> (page consultée le 11 décembre 2007).</p>
<p>[2] Richer, Philippe. 1981. <em>L’Asie du Sud-Est</em>. Paris: Imprimerie Nationale, 40.</p>
<p>[3] Dassé, Martial. 1993. <em>Les Guérillas en Asie du Sud-Est: Les Stratégies de la Guerre asiatique</em>. Paris: L’Harmattan, 23-28.</p>
<p>[4] Sabrié, Marion. 2007. <em>Birmanie : vers une démocratisation ou un renforcement de l&#8217;appareil dictatorial?</em> En ligne. <a href="http://echogeo.revues.org/index2021.html">http://echogeo.revues.org/index2021.html</a> (page consultée le 11 décembre 2009).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/15/la-birmanie-une-histoire-marquee-par-de-nombreux-nationalismes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’INCIDENT KOKANG</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/06/l%e2%80%99incident-kokang/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/06/l%e2%80%99incident-kokang/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 00:19:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Kokang]]></category>
		<category><![CDATA[Minorités ethniques]]></category>
		<category><![CDATA[Sino-birmans]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=626</guid>
		<description><![CDATA[Par Mercedes Lussier-Trépanier
La junte militaire birmane est au pouvoir depuis le coup d’État de 1988, les dernières élections législatives remontent à 1990 alors que les résultats ont été ignorés par le régime militaire et le seul référendum depuis qu’ils sont au pouvoir date de 2008, donc au plan démocratique la Birmanie n’est pas au premier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Mercedes Lussier-Trépanier</strong></p>
<p style="text-align: justify">La junte militaire birmane est au pouvoir depuis le coup d’État de 1988, les dernières élections législatives remontent à 1990 alors que les résultats ont été ignorés par le régime militaire et le seul référendum depuis qu’ils sont au pouvoir date de 2008, donc au plan démocratique la Birmanie n’est pas au premier plan mondial. Sur le plan des droits humains aussi, la Birmanie ne se retrouve pas au sommet des pays qui respectent leur peuple, surtout envers les opposants à son régime. La communauté internationale connaît bien la situation d’Aung San Suu Kyi  qui est détenue en résidence surveillée depuis 1990 et a une interdiction de participer à la politique de son pays. D’autres sont touchés par cet autoritarisme, par exemple, les minorités ethniques qui ne collaborent pas avec le régime et qui sont constamment réprimées. Ce qui est problématique est que la Birmanie regroupe plus de 130 minorités ethniques, qui n’ont pour la plupart aucun sentiment d’appartenance nationale<a href="#_ftn1">[1]</a>. Malheureusement pour elles, quelques-unes s’affichent ouvertement contre le régime au pouvoir et étant donné qu’elles nuisent énormément à la légitimité de celui-ci, donc elles sont constamment opprimées.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-626"></span></p>
<p style="text-align: justify">L’ethnie dont nous avons beaucoup entendu parler en août dernier sont les sino-birmans. Des affrontements violents ont éclaté dans la région autonome spéciale de Kokang située dans l’État de Shan au centre est du pays. Les affrontements militarisés se sont déclenchés entre l’armée nationale et l’Armée de l’alliance démocratique nationale birmane (AADNB), lors d’un raid (de la junte) sur une usine d’armes militaires illicites qui fournissait l’AADNB (l’armée non gouvernementale de la région autonome spéciale Kokang). C’est ainsi qu’avec ce raid, la junte met fin à un cessez-le-feu qui était établi entre les deux groupes militaires depuis 1989. Par la suite, la junte fit déployer ses militaires dans la région en pourchassant les hommes de l’AANDB, qui sont des opposants au régime autoritaire, en ravageant tout sur leur passage. Le raid sur l’usine n’était qu’un prétexte pour attaquer l’ethnie sino-birmane que sont les Kokangs. Cette haine envers les sino-birmans provient du fait que les Kokangs sont établies depuis la deuxième moitié du 17<sup>e</sup> siècle dans la province de Yunnan et ont un contrôle géopolitique total de leur territoire. Les Kokangs n’ont jamais vraiment coopéré avec l’autorité centrale, autant à l’époque coloniale que contemporaine. Ainsi, lors de l’attaque d’août dernier, ayant leur propre armée, les Kokangs ont pu se défendre militairement, mais seulement pour une courte durée. La population fut pillée, des femmes et des enfants massacrés, des hommes abattus en public, donc la population n’avait qu’un seul choix : fuir. La problématique se retrouve dans le fait qu’ils ont été plus de 30 000 personnes, principalement d’origine chinoise, à quitter le pays. Les Kokang ont été poussés à se réfugier en Chine dans la province de Yunnan pour assurer leur sécurité. La discrimination des Birmans de descendance chinoise est flagrante dans ce conflit, car « quand les Birmans voyaient que vous étiez Chinois, ils vous attaquaient »<a href="#_ftn2">[2]</a> témoigne Yao Fu un médecin de 46 ans établi au Kokans depuis dix ans. Finalement le 30 août, les 700 rebelles Kokangs se sont rendus après une prise de conscience de leur impuissance face à l’armée nationale très puissante.</p>
<p style="text-align: justify">Malgré le retour craintif des sino-birmans dans la région, la tension règne dans l’air et un climat d’incertitude est présent. Les affrontements peuvent resurgir à tout moment car les militaires sont toujours sur place et la population de la région autonome spéciale Kokang vit le deuil de la trentaine de victimes qu’a engendrées le conflit. En analysant bien ce conflit géopolitique, on comprend que l’intervention militaire de l’armée birmane dans la zone indépendante Kokang n’est en réalité qu’un prétexte pour assurer la réélection de la junte au pouvoir. Dans la constitution de la Birmanie, on retrouve dans le chapitre VII à la clause 338, que « all armed forces in the union shall be under the command of the defense services » <a href="#_ftn3">[3]</a>. Ainsi, pour ne pas déclencher un débat constitutionnel dans la région séparatiste Kokang, le gouvernement a pris la décision d’intervenir militairement pour faire taire la menace.</p>
<p style="text-align: justify">En bref, les Kokangs représentent une menace importante pour la junte lors des élections de 2010, reste à savoir si l’intervention militaire d’août les auront effrayés où vont-ils  maintenir leurs convictions et faire opposition au gouvernement lors des scrutins?</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p><em>Birmanie : l’armée s’en prend à une minorité ethnique : des morts, des réfigiés.</em> En ligne : <a href="http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html">http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html</a> (page consultée le 22 novembre 2009)</p>
<p>EBO analysis. 2009. <em>The Kokang Clashes- What next?.</em>En ligne: <a href="http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf">http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf</a> (page consultée le 24 novembre 2009)</p>
<p>Linter, Bertil. 1994. <em>Burma in Revolt : Opium and Insurgency Since 1948.</em> Colorado: Westview Press.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Linter, Bertil. <em>Burma in Revolt : Opium and Insurgency Since 1948.</em></p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> http://www.lesvoiesdelaliberte.be/dernieres-nouvelles/la-birmanie-s-en-prend-a-une.html</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> http://euro-burma.eu/doc/EBO_Analysis_No_1_(Kokang).pdf</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/12/06/l%e2%80%99incident-kokang/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA BIRMANIE ET LE NATIONALISME ANTI-COLONIAL : LE RÔLE DES INTELLECTUELS</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/27/la-birmanie-et-le-nationalisme-anti-colonial-le-role-des-intellectuels/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/27/la-birmanie-et-le-nationalisme-anti-colonial-le-role-des-intellectuels/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 04:13:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=588</guid>
		<description><![CDATA[Par Nathalie Catillon
Au début du 20ième  siècle, la Birmanie est sous la direction de la couronne anglaise. Installée depuis 1886, quand le pays est annexé à l’Inde Britannique, l’administration anglaise impose un gouvernement qui leur est favorable. Elle fait face, quelques années plus tard, à un mouvement nationaliste important: John Breuilly, professeur à la London [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Nathalie Catillon</strong></p>
<p style="text-align: justify">Au début du 20ième  siècle, la Birmanie est sous la direction de la couronne anglaise. Installée depuis 1886, quand le pays est annexé à l’Inde Britannique, l’administration anglaise impose un gouvernement qui leur est favorable. Elle fait face, quelques années plus tard, à un mouvement nationaliste important: John Breuilly, professeur à la London School of Economics, parle de ‘’nationalisme anti-colonial de séparation’’, c&#8217;est-à-dire lorsque l’État colonisé tente de se séparer des empires qui le dirigent. Il est nécessaire de mettre en exergue le contexte sud asiatique : nous nous trouvons dans une époque où les empires coloniaux ne peuvent plus contrer les nationalistes intellectuels et agnostiques. Les colonies souffrent de l’absence d’un État-nation, ce qui va amener les élites locales à  revendiquer une identité politique, économique ou culturelle qui n’est pas assez mise en valeur.<span id="more-588"></span></p>
<p style="text-align: justify">Au cœur de cette contestation, il est intéressant de connaître l’importance du rôle de l’intelligentzia birmane dans l’émergence du nationalisme anti-colonial en Birmanie, un pays qui a toujours connu une influence intellectuelle importante. Pour cela, nous nous devons d’observer l’importance des intellectuels lors de l’émergence du nationalisme anti-colonial birman en deux parties : la première synthétise l’importance de ces intellectuels dans ce processus et la deuxième met en valeur les actes concrets réalisés par cette classe pour appeler à la protestation populaire.</p>
<p style="text-align: justify">Comme dans le cas des Philippines, l’ère coloniale a contribué à l’émergence d’une élite locale, c&#8217;est-à-dire birmane, qui a l’occasion de voyager et étudier. A ces opportunités, s’ajoutent les bénéfices des nouvelles technologies, qui vont contribuer à accroître la mobilité de ces élites. Dans une époque où l’éducation va de pair avec l’ouverture vers l’extérieur et vers de nouvelles idées, les intellectuels locaux observent rapidement l’écart entre les idées théoriques (liberté, égalité et droits fondamentaux) et la réalité coloniale. Tin Moe, journaliste birman, écrit lors d’un voyage aux EUA: ‘’ Ici les moteurs toussent en démarrant, je suis arrivé par les airs au seuil du continent nord-américain ’’. Cette phrase met en valeur l’opportunité de voyage que permettent les nouvelles technologies. C’est également lors de ce voyage qu’il se familiarise avec les valeurs démocratiques américaines, qu’il décrit dans son recueil <em>New Pages</em>. Ainsi, comme dans le cas des Philippines, l’accès à de nouvelles idées va permettre à une élite intellectuelle de jouer un rôle important dans l’émergence et la promotion du nationalisme birman.</p>
<p style="text-align: justify">L’intelligentzia locale a vite compris que les idées pourraient se répandre à travers leurs écrits, tant littéraires que poétiques. Des <em>Tikas</em>, ou pamphlets sont diffusés au sein du pays. L’élite intellectuelle devient un axe ‘’combattant’’ contre le pouvoir colonial. L’auteur <a href="http://viss.wordpress.com/2007/07/23/43-years-since-the-death-of-burmas-foremost-man-of-letters/">Thakin Kodau Hmaing</a> est probablement le plus connu : dans ses œuvres (dont son fameux roman <em>Hmaing), </em>où il met en valeur son style à la fois lyrique, épique et polémique, il explore et expose la grandeur de la Birmanie tout en ridiculisant l’administration anglaise et en dénonçant certains aspects du gouvernent colonial, tels que l’intolérance religieuse et la corruption. Ce moyen littéraire va servir de propagande et va lui permettre, ainsi qu’à d’autres auteurs birmans, de revendiquer l’indépendance territoriale et ethnique de la Birmanie. Maha Hswé, un écrivain birman, va lui aussi décrire l’asservissement de la Birmanie dans ses œuvres. Deux de ses romans, <em>Le Rebelle</em> et <em>La Maison des Rebelles</em>, mettent en valeur un appel à la protestation du peuple à l’administration anglaise. On remarque deux niveaux de ce courant nationaliste: le premier représente les élites, qui adoptent et transmettent les idées par écrits, et le deuxième, le peuple qui lutte pour ces idées transmises, par rébellion ou manifestation.</p>
<p style="text-align: justify">Bien que la mobilisation de l’ensemble de la population fût lente, l’identité birmane devient rapidement une question substantielle du nationalisme birman. Le mouvement est donc amorcé par la classe intellectuelle : Thakin Kodaw Hmaing fonde l&#8217;association <em>Do Bama Asiayone</em> (« Nous les Birmans »), en 1930. Cet événement constitue une étape importante du nationalisme birman et montre leur volonté de diriger eux même leur pays, hors de l’emprise des Britanniques. « <em>La Birmanie est notre pays ; la littérature birmane est notre littérature ; le Birman est notre langue. Aimons notre pays, améliorons notre littérature, respectons notre langue.</em> »<sup>[1]</sup>. Au sein de ce groupe se retrouve la majorité de l’élite intellectuelle birmane, dont le Premier Ministre de la Birmanie indépendante, U Nu. Les récits deviennent une manière légitime de transmettre des idées à un peuple peu éduqué. La fusion des deux cultures, c&#8217;est-à-dire de la littérature anglaise et de la littérature birmane,  a permis de créer un style intéressant pour la population birmane : les pamphlets écrits en langue nationale donnent un caractère agréable et intéressant à la lecture. Thein Pe Myint, par exemple, écrivain birman, écrit en 1937, une version nationale du roman ‘’Roméo et Juliette’’ : à travers un romantisme dramatique, l’auteur prône implicitement a la lutte pour l’indépendance du pays.</p>
<p style="text-align: justify">De plus, il est possible d’observer la force de la littérature dans le mouvement nationaliste birman grâce à un second événement. La crise économique de 1929 a un impact dur sur la Birmanie et les revendications populaires se font de plus en plus fréquentes. En 1937, alors que les mouvements des intellectuels ‘’anciens’’ ne réussissent pas à se débarrasser des Britanniques, U Nu fonde avec une partie de cette élite, le <em>Naga Ni Club</em> (Club du Dragon Rouge), ou la Ligue Antifasciste du Peuple Libre, c&#8217;est-à-dire un mouvement indépendantiste  penchant vers le communisme. Ce mouvement se donne comme mission de rééduquer le peuple birman et se voit porter un succès considérable, grâce à la publication de nombreux articles et écrits. La littérature devient alors un instrument politique pour cette élite.  En 1941, l’impact des écrits sur la population est tel que Thakin Kodaw Hmaing devient un ‘’enemy of the state’’.  Après des années caractérisées par le désir d’indépendance, celle-ci est acquise en 1947. Cependant, en 1962, la guerre civile amène la junte militaire à s’emparer du pouvoir grâce à un coup d’État. Bien que l’indépendance favorise l’expansion de la littérature et de la culture birmanes, et sa force au niveau politique amène les dirigeants de la nouvelle dictature militaire à instaurer un système de censure.</p>
<p style="text-align: justify">Les intellectuels, encore une fois, mettent en place une sorte de contre-pouvoir grâce à leurs écrits. De plus, si l’indépendance est suivie  d’un pouvoir autoritaire, La Ligue Nationale pour la Démocratie nous montre que les idées prônées par les intellectuels pendant le courant nationaliste anti-colonial ont eu un impact important sur la population birmane.</p>
<p style="text-align: justify">
<p><sup>[1]</sup> Slogan de l’association Dobama Asiayone.</p>
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>The Irriwaddy. 2000. « Thakin Kodaw Hmaing (1876-1964) ». <em>The Irriwaddy.</em> En ligne. <a href="http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836">http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836</a><span style="text-decoration: underline">.</span> (page consultée le 14 novembre 2009).</p>
<p><em>Steuckers, Robert. 1997. </em>« Pour une nouvelle définition du nationalisme». Conférence à Bruxelles. En Ligne. <a href="http://foster.20megsfree.com/310.htm">http://foster.20megsfree.com/310.htm</a>. (page consultée le 12 novembre 2009)</p>
<p>Philip Dore, Ronald. 1964. « Le réveil religieux et la politique ». En ligne. <a href="http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0003-9659_1964_num_17_1_1752">http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0003-9659_1964_num_17_1_1752</a>. (page consultée le 14 novembre 2009).</p>
<p>Htway, Tin. 1972. « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma c. <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre).</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/27/la-birmanie-et-le-nationalisme-anti-colonial-le-role-des-intellectuels/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LE POIDS DE LA RELIGION DANS LA RÉVOLUTION SAFRAN AU MYANMAR</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/22/le-poids-de-la-religion-dans-la-revolution-safran-au-myanmar/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/22/le-poids-de-la-religion-dans-la-revolution-safran-au-myanmar/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 01:09:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Bouddhisme]]></category>
		<category><![CDATA[Junte]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=573</guid>
		<description><![CDATA[Par Catherine Desjardins
Les mouvements religieux ont souvent mis leur grain de sel dans les affaires de l’État, mais rarement ils ont été à la tête d’un mouvement populaire. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2007 au Myanmar lorsque les moines ont pris d’assaut les rues du pays pour manifester contre le gouvernement. En réalité, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Catherine Desjardins</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les mouvements religieux ont souvent mis leur grain de sel dans les affaires de l’État, mais rarement ils ont été à la tête d’un mouvement populaire. C’est pourtant ce qui s’est produit en 2007 au Myanmar lorsque les moines ont pris d’assaut les rues du pays pour manifester contre le gouvernement. En réalité, les relations n’ont pas toujours été au beau fixe entre la junte et les bonzes depuis que la première a pris le pouvoir en 1962.</p>
<p style="text-align: justify">L’évolution de la relation entre les deux acteurs du pays depuis 1962 est utile à la compréhension de ce qui s’est produit à l’automne 2007. En effet, une première junte a prise le pouvoir en 1962<a href="#_edn1">[i]</a>. Cette junte qui fut au pouvoir jusqu’en 1988 n’était pas en accord avec le rôle de la Sangha, hiérarchie bouddhiste, dans la vie politique birmane. Les relations entre la Sangha et cet État socialiste furent donc conflictuelles pendant environ 15 ans. En 1980, la Sangha fut « unifié et réorganisé, avec l’aide du gouvernement socialiste, selon le modèle du centralisme démocratique »<a href="#_edn2">[ii]</a>. Suite au coup d’État de 1988, la relation entre l’armée et le « Conseil des grands maîtres du Sangha »<a href="#_edn3">[iii]</a>, créé en 1980 lors de la réorganisation, est restée cordiale et s’est même améliorée.<span id="more-573"></span></p>
<p style="text-align: justify">Ce qui est important de noter c’est que ce conseil « composé de 47 moines inféodé au militaires »<a href="#_edn4">[iv]</a> n’est pas nécessairement garant de l’attitude ou des choix  des quelques 400 000 moines bouddhistes de Birmanie. L’emprisonnement d’environ 300 moines depuis le coup d’État de 1988 en est certainement un exemple<a href="#_edn5">[v]</a>. La création de « l’Alliance de tous les moines de Birmanie »<a href="#_edn6">[vi]</a> en est aussi la preuve. Celle-ci est la source des défilés de moines qui ont eu lieu en septembre 2007 dans les rues de plusieurs villes birmanes. Il est important de noter que les rebellions de 2007 n’ont pas débuté par l’implication des moines. Au contraire, celles-ci ont commencé en août alors que deux mouvements d’opposition birmans ont déclaré une vague de protestation en lien avec la hausse des prix de l’essence, du diesel et du gaz. Ces manifestations ne rencontrèrent pas un succès fulgurant; c’est plutôt la répression qui suivi qui attisa la colère de la population birmane. C’est ainsi qu’au début du mois de septembre, le 5 plus précisément, les bonzes descendirent dans la rue pour faire une manifestation pacifique contre la violence faite à leurs concitoyens ainsi qu’en appui à la démocratie. Malheureusement, ceux-ci reçurent le même genre de traitement, soit la répression. C’est à ce moment que la situation se détériora. En effet, le rôle des moines est sacré dans la philosophie bouddhiste autant en Birmanie qu’ailleurs en Asie du Sud-Est. En s’attaquant à ces individus, la junte a donc bafoué gravement les préceptes bouddhistes et animé une colère dans la population. C’est ainsi que les moines transformèrent des « protestations sporadiques contre l&#8217;augmentation massive des prix du carburant en une action pacifique de masse contre la junte »<a href="#_edn7">[vii]</a>. Ces protestations arrivèrent finalement à leur apogée le 26 septembre 2007 alors qu’une manifestation regroupant environ 100 000 personnes, dépendant des chiffres consultés, fut sévèrement réprimé par la junte qui abattu alors 3 moines en plus de faire de nombreux blessés<a href="#_edn8">[viii]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Évidemment, aucun membre du Conseil des grands maîtres n’a participé à ces défilés ni ne les a organisé. En réalité, le lien entre les jeunes moines et ceux d’un âge plus avancé n’en est pas nécessairement un harmonieux, les plus âgés étant beaucoup plus liés à la junte et proche de ses décisions. Cette réalité représente bien la situation d’un pays où l’âge médian est de 28,2 ans<a href="#_edn9">[ix]</a> et où la dictature est constituée des mêmes individus depuis la révolution de 1988 et même d’avant.</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, on peut conclure que la révolution Safran, tiré de la couleur des robes revêtues par les moines bouddhistes, porte bien son nom. En outre, malgré le fait que les bonzes n’ont pas participé à la première vague de contestations, ils ont certainement permis au conflit de devenir beaucoup plus large D’ailleurs, leur participation, et par le fait même leur répression, aura donné un dur coup à la junte qui ne pourra plus s’appuyer sur les préceptes bouddhistes, comme elle le faisait depuis 1988. Ce nouveau défi pour la junte est dû au fait qu’elle a bafoué plusieurs de ses préceptes. Les généraux auront donc perdus dans ce conflit une grosse partie de leur légitimité religieuse face aux citoyens<a href="#_edn10">[x]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">
<hr size="1" /><a href="#_ednref1">[i]</a> Sisley, John.  2001. “ La Robe et le Fusil : Le Bouddhisme et la dictature militaire en Birmanie “. <em>Revue d’études comparatives Est-Ouest</em> 32 (no 1): 175-198</p>
<p><a href="#_ednref2">[ii]</a> Ibid., 176</p>
<p><a href="#_ednref3">[iii]</a> Id.</p>
<p><a href="#_ednref4">[iv]</a> Lubeigt, Guy.  2007. <em>Birmanie/Myanmar : Bénie par les dieux, maudite pour les hommes</em>. En ligne. <a href="http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072">http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072</a> (page consultée le 4 novembre 2009).</p>
<p><a href="#_ednref5">[v]</a> Zaw, Aung. 2007. <em>The Power of the Robe</em>. En ligne. <a href="http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=8908">http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=8908</a> (Page consultée le 5 novembre 2009)</p>
<p><a href="#_ednref6">[vi]</a> Id.</p>
<p><a href="#_ednref7">[vii]</a> Alain Desjourdy, «La «révolution safran» au Myanmar : la crise politique fait ses premières victimes», (2007) En ligne. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=584 (page consultée le 3 novembre 2009).</p>
<p><a href="#_ednref8">[viii]</a> Alain Desjourdy, «La «révolution safran» au Myanmar : la crise politique fait ses premières victimes», (2007) En ligne. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=584 (Page consultée le 4 novembre 2009).</p>
<p><a href="#_ednref9">[ix]</a> http://www.statistiques-mondiales.com/birmanie.htm.</p>
<p><a href="#_ednref10">[x]</a> Lubeigt, Guy.  2007. <em>Birmanie/Myanmar : Bénie par les dieux, maudite pour les hommes</em>. En ligne. <a href="http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072">http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072</a> (page consultée le 4 novembre 2009).</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p align="left">Alain Desjourdy, «La «révolution safran» au Myanmar : la crise politique fait ses premières victimes», (2007) En ligne. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=584 (Page consultée le 4 novembre 2009).</p>
<p>Lubeigt, Guy.  2007. <em>Birmanie/Myanmar : Bénie par les dieux, maudite pour les hommes</em>. En ligne. <a href="http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072">http://www.reseau-asie.com/cgi-bin/prog/pform.cgi?langue=fr&amp;TypeListe=showdoc&amp;Mcenter=edito&amp;my_id_societe=1&amp;PRINTMcenter=&amp;mot_cle_show=&amp;ID_document=2072</a> (page consultée le 4 novembre 2009).</p>
<p>Sisley, John.  2001. “ La Robe et le Fusil : Le Bouddhisme et la dictature militaire en Birmanie “. <em>Revue d’études comparatives Est-Ouest</em> 32 (no 1): 175-198</p>
<p align="left">Zaw, Aung. 2007. <em>The Power of the Robe</em>. En ligne. <a href="http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=8908">http://www.irrawaddy.org/article.php?art_id=8908</a> (Page consultée le 5 novembre 2009)</p>
<p align="left">Hlaing, Kyaw Yin. 2008. “Challenging the Authoritarian State: Buddhist Monks and Peaceful Protests in Burma”. <em>The fletcher forum of world affairs </em>32 (no 1):125-144</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/22/le-poids-de-la-religion-dans-la-revolution-safran-au-myanmar/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>BIRMANIE: LES MILITAIRES AU POUVOIR</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/18/birmanie-les-militaires-au-pouvoir/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/18/birmanie-les-militaires-au-pouvoir/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 01:49:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Junte]]></category>
		<category><![CDATA[Militarisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=551</guid>
		<description><![CDATA[Par Jean-Baptiste Cubilier
 En Birmanie, les militaires ici ne sont ni un outil du gouvernement comme nous l’avons vu avec les Philippines, ni un acteur participant au mécanisme de la sphère politique comme en Indonésie. L’apparition des militaires au pouvoir commence avec l’arrivée de Ne Win au pouvoir [1]. Ainsi deux périodes semblent intéressantes à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Jean-Baptiste Cubilier</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong>En Birmanie, les militaires ici ne sont ni un outil du gouvernement comme nous l’avons vu avec les Philippines, ni un acteur participant au mécanisme de la sphère politique comme en Indonésie. L’apparition des militaires au pouvoir commence avec l’arrivée de Ne Win au pouvoir [1]. Ainsi deux périodes semblent intéressantes à étudier : tout d’abord celle de 1962 à 1987, soit la période où Ne Win se trouve au pouvoir, et ensuite celle de la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui caractérisée par le maintien de la junte militaire au pouvoir. Ces deux époques vont nous permettre de comprendre l’impact depuis 1962 des militaires au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-551"></span></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Ne Win, une dictature beaucoup trop longue </strong></p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée de ce personnage à la tête de la junte militaire birmane pendant quinze années ne s’est pas faite par hasard. Les causes de son accession au pouvoir viennent des politiques de son prédécesseur U Nu. En effet ce dernier avait beaucoup fait pour le pays : mise en avant de la religion bouddhiste et des politiques privilégiant l’éducation et la santé, présence de la Birmanie parmi les trois pays actifs de la Conférence de Bandoeng (avec l’Inde et l’Indonésie) pour le mouvement des Non-alignés pendant la Guerre Froide. Malheureusement toutes ces bonnes volontés ont fini par être plus chaotiques qu’autre chose. Le pays devait faire face à des problèmes de développement économique et de sécurité intérieure. Bien entendu la principale conséquence de ces politiques sera l’arrivée du Général Ne Win en 1962 suite à un coup d’État. Ce dernier commencera par se présenter comme défenseur des idées socialistes puis mettra en place avec le temps une dictature extrêmement sévère et personnelle. Ceci marque la rupture avec deux points soit  le régime politique d’U Nu aux politiques chaotiques et de la « clandestinité du mouvement communiste » grâce aux idées de Ne Win. [2] Avant de quitter le pouvoir en 1987, il gouvernera la Birmanie d’une main de fer, coupant tout contact avec le monde extérieur, que ce soit les occidentaux en général, l’ancien colon britannique, ou même encore des pays dits socialistes. Les conditions de vies de la majorité de la population se sont dégradées avec le temps (et même après Ne Win comme nous allons le voir dans un instant) que ce soit au niveau de la richesse des habitants, du niveau d’alphabétisation, ou la santé [3]. De plus, les Birmans connaissent une véritable privation de leurs droits et libertés fondamentales, incapables de s’exprimer, de circuler (etc.) sans être confronté à la force brute des militaires. L’armée quant à elle se renforce en hommes et en armes, et mobilise une partie de plus en plus importante des dépenses publiques, faisant passer après ses besoins ceux capitaux de la population comme l’éducation et la santé. Le changement suite au chaos des politiques d’U Nu n’aura jamais disparu, prolongé par l’autoritarisme de Ne Win.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Ne Win se retire de la vie politique, mais les militaires eux restent </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le départ de ce Général resté quinze ans au pouvoir n’a pas conduit à une démocratisation du régime comme on peut l’espérer lors du départ ou de la chute du leader. Il prit le temps de nommer lui-même ses successeurs. Si l’autoritarisme birman connaît par cet acte une continuité, l’événement du 18 septembre 1988 est quant à lui une aggravation des rapports entre la junte militaire et la population. En effet la dévaluation du kyat avait conduit la population à descendre dans la rue avec comme porte-parole de ce mouvement Aung San Suu Kyi. L’armée décida donc après plusieurs jours, lors de ce 18 septembre, de réprimer violemment ces manifestations, faisant plus de trois mille morts et plusieurs milliers de blessés. La communauté internationale ayant appris ce qui s’était passé, la junte fut obligée de commencer à ouvrir le dialogue avec l’opposition. Si la promesse d’entamer le dialogue avec le principal parti d’opposition soit la Ligne Nationale pour la Démocratie (LND), parti d’Aung San Suu Kyi, ne fut pas tenue, l’année 1990 reste encore aujourd’hui le plus gros scandale dont les militaires sont responsables en politique. Les Généraux avaient organisé des élections libres conduisant à la victoire du LND avec plus de 80% des voix [2]. Or la junte a refusé de céder le pouvoir. Depuis cette date, les rapports entre les militaires et la population sont encore plus tendus qu’auparavant, Suu Kyi restera jusqu’à aujourd’hui soit en prison, soit en résidence surveillée. Il faut savoir que côté militaire, la succession des différents Généraux ne changera rien. La violence exercée par ces derniers conduira à l’emprisonnement, à la torture, au meurtre de l’opposition, au matage de rébellions ethniques, etc. Cette vidéo sur <a href="http://www.dailymotion.com/video/x1lxdz_exactions-militaires-en-birmanie_events">Dailymotion</a> montre en image les actes des militaires en Birmanie. Depuis 1962 on assiste entre les deux périodes dont nous avons parlé ici à une augmentation de l’usage de la force, et à une continuité de la chute de l’économie. Selon différentes organisations internationales, plus de la moitié de la population birmane vit aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify">De nouvelles élections sont prévues fin 2010 (voir <a href="http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Information_2009/p-1909-L_actualite_en_video.htm?jt=jt_monde">TV5 Monde</a> [4]). En attendant la junte militaire reste au pouvoir, et rien ne nous dit que les futures élections seront différentes de celles de 1990 où les militaires refusèrent de céder le pouvoir. Les militaires en Birmanie sont des acteurs ayant les pleins contrôles du politique et qui n’hésitent pas à user de la force afin de conserver le pouvoir obtenu en 1962 par Ne Win. Si dans de nombreux pays de l’Asie du Sud-est nous pouvons parler de montée de l’importance des actions des militaires dans le processus politique, ici on assiste à un autoritarisme au sens pur du terme, l’armée a les pleins pouvoirs et possède une liberté d’action que la majorité des forces militaires des pays de l’ASEAN ne connaissent pas.</p>
<p><strong>Références</strong></p>
<p>[1] Boudreau, Vincent, « Authoritarian Attack and Dictatorial Rise », <span style="text-decoration: underline">Resisting Dictatorship : Repression and Protest in Southeast Asia</span>, Cambridge: Cambridge University Press, 2004 : pp.37-83.</p>
<p>[2] Levenson, Claude B., Jean-Claude Buhrer, dir. 2008. <em>Birmanie. Des moines contre la dictature.</em> Librairie Arthème Fayard: Mille et Une Nuits.</p>
<p>[3] Boudreau, Vincent. 2004. <em>Resisting Dictatorship. </em><em>Repression and Protest in Southeast Asia</em>. Cambridge: Cambridge University Press.</p>
<p>[4] TV5 Monde le JT,  « L’édition du 07.11.2009 16h GMT » sur tv5.org</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/18/birmanie-les-militaires-au-pouvoir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA BIRMANIE ET 40 ANS DE DICTATURE MILITAIRE</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/13/la-birmanie-et-40-ans-de-dictature-militaire/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/13/la-birmanie-et-40-ans-de-dictature-militaire/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 15:41:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Aung San Suu Kyi]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Structure politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=520</guid>
		<description><![CDATA[Par Xavier Faraire
La Birmanie, rebaptisée Union du Myanmar en 1989, est soumise à un régime militaire considéré comme l’un des plus dures au monde. Dans ce premier billet, je vous propose le survol politique d’un pays qui vit avec la dictature depuis plus de 40 ans, et dont le régime semble bien déterminé à ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Xavier Faraire</strong></p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie, rebaptisée Union du Myanmar en 1989, est soumise à un régime militaire considéré comme l’un des plus dures au monde. Dans ce premier billet, je vous propose le survol politique d’un pays qui vit avec la dictature depuis plus de 40 ans, et dont le régime semble bien déterminé à ne pas céder aux revendications démocratiques de ses citoyens.</p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie est en théorie une fédération qui compte 14 entités divisées en deux catégories. Tout d’abord, il y a sept subdivisions abritant des populations à majorité birmane : Sagaing, Tenasserim, Bago, Magwe, Mandalay, Yangon, Irrawaddy. Ensuite, les sept autres subdivisions sont des États périphériques correspondant à la minorité ethnique dominante : Les États kachin, karenni, karen, chin, môn, rakhine et shan. Selon la constitution de 1974, les États périphériques devaient même avoir un droit de sécession<a href="#_ftn1">[1]</a>. Dans les faits, le pouvoir est très centralisé.</p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie, colonie britannique, obtient son indépendance le 4 janvier 1948. Suite à la conférence de Panglong, tenue en 1947, la première constitution de la Birmanie établie un système bicaméral constitué d’une chambre des députés élus et d’une chambre des nationalités où les États birmans étaient représentés, dans le but de faire de la Birmanie un État fédéral<a href="#_ftn2">[2]</a>.  Au préalable, les premières élections qui ont eu lieu en 1947 portent au pouvoir le général Aung San. Celui-ci est considéré comme un héros de l’indépendance birmane. Il est cependant assassiné avec 6 membres de son cabinet la même année<a href="#_ftn3">[3]</a>. C’est donc U Nu qui est élu à la tête du nouvel État. Président de 1948 à 1958, puis de 1962 à 1962, il doit faire face à de graves problèmes ethniques alors que différentes minorités, spécialement les karens, mènent une lutte armée contre l’État central. U Nu désigne Ne Win à la tête de l’armée. Ce dernier prend une place de plus en plus importante au sein du gouvernement, notamment en raison de ses succès militaires contre les minorités rebelles. Il est ministre de l’intérieur et de la défense. Le 2 mars 1962, Ne Win fait un coup d’État militaire et instaure une dictature qui durera 26 ans. U Nu quant à lui, est arrêté ainsi que d’autres personnalités politiques et représentants des minorités ethniques<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Une fois arrivé au pouvoir, Ne Win s’empresse d’imposer sa dictature. Pour ce faire, il supprime toutes les institutions parlementaires, notamment les conseils des différents États, ce qui a pour effet de centraliser grandement le pouvoir. Tous les partis politiques sont supprimés à l’exception du Burma Socialist Program Party (BSPP), son propre parti. Un nombre important de personnel</p>
<p style="text-align: justify">militaire est placé dans l’administration et les cours de justices sont supprimés au profit d’une seule cour dirigée par le régime<a href="#_ftn5">[5]</a>. Dès lors, Ne Win entreprend de faire de la Birmanie un État socialiste. Dans cette optique, il entreprend une nationalisation complète de l’économie. Ne Win institutionnalise le tout avec la nouvelle constitution de 1974. Celle-ci confirme la primauté du BSPP et son pouvoir sur le pays via le Conseil d’État. Il n’y a aucune séparation des pouvoirs. De plus, les États birmans perdent leurs pouvoirs au profit d’une administration très centralisée. Les États ne deviennent que de simples régions<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-521  aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/11/Untitled1.png" alt="Untitled1" width="153" height="189" /></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm">Général Ne Win</a></p>
<p style="text-align: justify">En 1988, le bilan du régime socialiste de Ne Win est catastrophique. L’économie est en stagnation, le coût de la vie augmente et la pauvreté s’accentue considérablement. Dans les régions ethniques, les guérillas font toujours rage. La population, quant à elle, manifeste son mécontentement. Ces manifestations sont cependant réprimées dans le sang. Le 8 aout 1988 a lieu la plus importante révolte populaire depuis l’instauration de la dictature. Face à ce constat d’échec flagrant et en raison de cette immense  pression populaire, Ne Win démissionne<a href="#_ftn7">[7]</a>. Cependant, c’est l’armée qui s’empare du pouvoir et y instaure une junte militaire, le State Law and Order Restoration Council, dirigée par le général Saw Maung. L’armée qui prend le pouvoir n’entend pas tolérer les protestations plus longtemps et réprime avec une grande violence les manifestations. C’est durant cette période de contestation que fait son apparition sur la scène publique <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/21/006-aung_san_suu_kyi.shtml">Aung San Suu Kyi</a>. Fille du général et héros national Aung Sang assassiné en 1947, et fonde le National League for Democracy qui prend la tête du mouvement populaire. Même si les contestation populaires du mois  d’aout 1988 se sont terminées dans un bain de sang, elles auront tout de même permis de faire avancer la cause de la démocratie dans le pays puisque le mois suivant, la junte annonce des élections libres qui se tiennent le 27 mai 1990. Ce jour là, il se produit quelque chose qui reste encore difficile d’expliquer aujourd’hui. En effet, la junte militaire s’est abstenue de truquer les élections, pensant pouvoir remporter le scrutin avec aisance. Le résultat est tout autre puisque la NLD l’emporte avec une majorité écrasante. Était-ce une monumentale erreur de perception? La junte, qui espérait pourtant légitimer son pouvoir, décide alors d’annuler le résultat de l’élection<a href="#_ftn8">[8]</a>. Aung San Suu Kyi, quant à elle, est arrêtée et assignée à résidence. Au sein du gouvernement, tous les postes de ministres et autres sont détenus par des hauts gradés de l’armée</p>
<p style="text-align: justify">Aung San Suu Kyi est devenue une figure importante de la lutte pour la démocratie, non seulement dans son pays, mais aussi sur la scène internationale. Ses efforts ont été soulignés par de nombreux prix dont le prix Nobel de la paix en 1991. C’est sans aucun doute à cause de ce support international qu’Aung San Suu Kyi n’a pas été envoyée en prison. Elle a cependant passé 14 des 20 dernières années assignée à résidence<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Les pressions internationales ont un certain effet sur le régime. Ainsi, le régime tente de montrer des signes d’ouverture à la démocratie depuis le début des années 1990. En 1993, la junte a lancé un projet de création d’une nouvelle constitution. Cependant, ce projet est suspendu en 1996. À la suite de la violente répression du soulèvement de 2007, qui a été très médiatisé partout à travers le monde, l’actuel chef de la junte, le général Tang Shwe, annonce la tenue d’un référendum l’année suivante portant sur le projet d’une nouvelle constitution. La nouvelle constitution prévoit notamment la confirmation du statut d’union du pays, la création d’un système multipartite et des élections sont prévues pour 2010<a href="#_ftn10">[10]</a>. Cependant, la constitution prévoit un minimum de 25% des sièges réservés aux militaires. De plus, le chef du gouvernement devrait avoir une expérience militaire et ne devrait pas avoir été marié€ à un€ étranger(ère). Cette dernière mesure vise clairement Aung San Suu Kyi qui fut marié à un Britannique. La constitution a été largement approuvée par la population lors du référendum.</p>
<p style="text-align: justify">À la veille des élections générales prévues pour 2010, il est difficile de prédire quelle sera la tournure des événements. Mais il est cependant difficile de croire que cet exercice se déroulera de manière démocratique. Au mois d’aout dernier, à quelques jours de la fin de sa peine, Aung San Suu kyi a reçu la visite d’un américain qui s’est rendu à sa résidence à la nage et y a passé deux jours. Elle a été aussitôt condamnée à 18 mois supplémentaires de résidence surveillée, peine qui prendra fin après les élections générales de 2010<a href="#_ftn11">[11]</a>. Décrié par la communauté internationale, cet événement en dit long sur la volonté de la junte militaire de démocratiser le pays. Une chose semble davantage sure, c’est que le pays ne deviendra certainement pas une démocratie en 2010.</p>
<p> </p>
<p><strong>Vidéos </strong></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=g70v_aLSqxs">Soulèvement du 8 aout 1888 </a>: vidéo amateur prise en plein milieu d’une répression militaire</p>
<p><a href="http://ha.ina.fr/video/CAB00028813/birmanie-interview-aung-san-suu-kyi.fr.html">Entrevue avec Aung San Suu Kyi</a> sur France 2</p>
<p> </p>
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. 475p</p>
<p>Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p>Messier,François. 2009. «Aung San Suu Kyi, : Symbole de la lutte du peulpe birman». <em>Radio-Canada</em>. En ligne.  <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml">http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<p>Messier, François. 2009. «Birmanie : sous une chape de plomb». <em>Radio-Canada</em>. En ligne.  <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/26/008-Birmanie.shtml">http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/26/008-Birmanie.shtml</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<p>«Obituary: Ne Win. 2002». <em>BBC News</em>. En ligne.  <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm">http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. P. 126</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid. p. 150</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. P. 149</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ibidem p.150</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/21/006-aung_san_suu_kyi.shtml</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/13/la-birmanie-et-40-ans-de-dictature-militaire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le combat des mots en Birmanie: les écrits politiques dans la lutte pour l&#8217;indépendance</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/28/le-combat-des-mots-en-birmanie-ecrits-politiques-lors-de-luttes-pour-lindependance/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/28/le-combat-des-mots-en-birmanie-ecrits-politiques-lors-de-luttes-pour-lindependance/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2009 17:40:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>claraboulianne-lagac</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Aung San Suu Kyi]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Junte militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=163</guid>
		<description><![CDATA[Afin de rallier la population à leur cause, les nationalistes birmans, comme ceux de nombreux autres pays, utilisèrent des écrits politiques, sous forme de pamphlets, romans, articles ou de poésie. Ils exprimèrent souvent tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, et mirent des mots sur des sentiments de révolte encore inconscients au sein du peuple. Si les écrits politiques en Birmanie servirent d’abord à promouvoir l’indépendance face aux Britanniques, aujourd’hui, ils promeuvent plutôt l’indépendance du peuple face à la junte militaire qui est au pouvoir depuis 1962. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><strong>par Clara Bouliane Lagacé</strong></p>
<p class="MsoNormal">« La Birmanie est notre pays.</p>
<p class="MsoNormal">La littérature birmane est notre littérature.</p>
<p class="MsoNormal">La langue birmane est notre langue.</p>
<p class="MsoNormal">Aimez notre terre.</p>
<p class="MsoNormal">Faites l’éloge de notre pays.</p>
<p class="MsoNormal">Respectez notre pays. » <sup>[1]</sup></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Changez la Birmanie pour le Québec, et ces quelques lignes pourraient devenir le nouvel emblème des souverainistes québécois ! Elles ont cependant bien été imprimées sur la couverture d’un pamphlet politique à saveur réformiste et nationaliste, en Birmanie, vers 1930. À l’époque, le pays était toujours sous l’emprise coloniale de l’Angleterre, et les mouvements nationalistes pour l’indépendance s’y faisaient de plus en plus radicaux.<span id="more-163"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Afin de rallier la population à leur cause, les nationalistes birmans, comme ceux de nombreux autres pays, utilisèrent des écrits politiques, sous forme de pamphlets, romans, articles ou de poésie. Ils exprimèrent souvent tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, et mirent des mots sur des sentiments de révolte encore inconscients <sup>[2]</sup>. Les écrits politiques en Birmanie servirent d’abord à promouvoir l’indépendance face aux Britanniques, en poésie puis en prose. Aujourd’hui, ils promeuvent plutôt l’indépendance du peuple face à la junte militaire au pouvoir depuis 1962 à travers des romans, des articles ou des nouvelles, mais à mots couverts, puisque la censure est omniprésente.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Lors de la lutte contre la puissance coloniale, le premier obstacle que rencontrèrent les militants nationalistes birmans fut le peu d’intérêt de la population pour la politique. « Les Birmans ont traditionnellement eu aussi peu affaire que possible aux institutions politiques ; ils étaient heureux de pouvoir vivre en paix sous une domination qu’elle soit indigène ou étrangère. » <sup>[3]</sup> Les rébellions et révoltes avaient plutôt lieu pour des motifs personnels à une échelle locale, et non pour des enjeux idéologiques à l’échelle nationale. Il fallut que les Britanniques empiètent sur les convictions religieuses d’une bonne partie de la population en refusant d’enlever leurs chaussures dans les lieux sacrés pour que les Birmans s’organisent finalement au niveau national.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Le mouvement nationaliste dut donc avant tout trouver une façon d’éduquer et de susciter l’intérêt de la population birmane. Le premier auteur à y parvenir fut Thakhin Kodaw Hmaing avec une série d’articles parus dans les journaux à partir des années 20, les <em>Tika</em>, qui furent ensuite publiés sous forme de livres. Ces articles faisaient la promotion de l’indépendance et du nationalisme, en plus de critiquer publiquement la corruption de plusieurs politiciens <sup>[4]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La grande qualité des <em>Tika</em> fut d’utiliser des formes littéraires birmanes traditionnelles, comme l’usage des rimes ou l’introduction de chansons et de poèmes, afin de rendre accessibles et intéressants des écrits politiques innovateurs à la majorité de la population. Ils pavèrent ainsi la voie aux ouvrages politiques rédigés en prose, plus conventionnels, qui devaient être publiés peu après.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">« Les écrits de Saya Lun [autre nom de Thakin Kodaw Hmaing] ont probablement fait plus pour disséminer des opinions dans le pays, à leur manière subtile, que des livres ayant attiré les foudres de la loi sur leurs auteurs », a affirmé Tin Htway, un spécialiste de la littérature birmane <sup>[5]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Les romans porteurs de messages politiques aidèrent aussi la cause nationaliste. Thein Pe Myint publia en 1937 une version indigène de Roméo et Juliette, où les deux héros étaient de religions différentes. Puisque la jeune fille ne réussissait pas à abandonner ses convictions, et que le jeune homme ne pouvait le faire sans nuire à son implication dans le mouvement nationaliste, ils décidèrent de se séparer. La jeune fille mourut de chagrin, sans oublier auparavant de laisser une lettre déchirante au jeune homme où elle l’enjoignait de à lutter pour l’indépendance de leur pays <sup>[6]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">L’un des avantages de ces écrits politiques était qu’ils pouvaient être lus tranquillement à la maison, loin des risques et dangers des rassemblements politiques craints par la population. Quoiqu’il en soit, les écrits semblent avoir été efficaces. « Le plus populaire de ces écrivains [en « poésie politique »] fut arrêté par les Britanniques. Le rôle politique de la littérature fut ainsi reconnu par le gouvernement dès les débuts du colonialisme » <sup>[8]</sup>, a écrit Aung San Suu Kyi, première ministre élue de Birmanie à qui on a refusé le pouvoir, dans un essai sur la littérature de son pays.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">La Birmanie obtint finalement son indépendance de l’Angleterre en 1947. Cependant, suite au soulèvement de minorités et aux des déchirements incessants de l’élite politique, les militaires prirent le contrôle de l’État en 1962 et le contrôlent encore aujourd’hui. Les écrits politiques s’opposent donc maintenant à la junte et militent en faveur de la démocratie et du respect des droits humains, toujours dans la perspective de s’opposer à la domination du peuple, qu’elle soit le fait des étrangers ou de Birmans.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Avec les militaires vint la censure. « Dans la période de la junte militaire, la liberté d’expression et le droit de critiquer les politiques gouvernementales en public furent peu à peu entièrement supprimés. »<sup>[9] </sup>Depuis 1962, l’État n’hésite pas à faire assumer le coût des publications subversives aux auteurs et éditeurs, ou à les emprisonner. L’organe gouvernemental responsable de la censure, le PSB (Press Scrutiny Board), a déjà eu son siège dans le même immeuble que les services secrets japonais lors de l’occupation du pays par le Japon, pendant la Seconde Guerre mondiale, montrant de ce fait son lien avec le pouvoir politique. Et, de toute façon, « il est bien connu qu’il existe une liste noire fournie au PSB par l’intelligence militaire des auteurs dont les ouvrages ne peuvent pas être publiés du tout » <sup>[10]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Certains écrits politiques sont toutefois publiés à l’étranger. Si leur présence est fortement limitée à l’intérieur de la Birmanie, cela n’a pas empêché la population de s’unir dans un mouvement global de protestation face à la junte. La Ligue Nationale pour la Démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, avait obtenu 392 sièges sur 485 lors des élections de 1990, les seules tenues jusqu’à ce jour, et dont le résultat n’a jamais été reconnu <sup>[11]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><span> </span>« Nous sommes entrés dans cette lutte pour la démocratie parce que nous croyons que nous pouvons gagner. […] Nous voulons travailler main dans la main avec tous ceux qui travaillent pour la démocratie. Je ne veux pas dire travailler ensemble à moitié – nous voulons travailler ensemble cœur et âme », a affirmé Suu Kyi dans un discours prononcé en 1988, et maintenant imprimé dans un livre où sont rassemblés plusieurs de ses discours et essais <sup>[12]</sup>.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">En espérant que la publication de ses discours et essais, à tout le moins dans le monde occidental, entraîne le monde occidental à faire pression sur la junte birmane pour qu’elle reconnaisse le résultat des élections qui auront lieu en 2010. Quoiqu’il en soit, que les luttes en Birmanie militent en faveur de la cause nationale ou pour la démocratie, elles semblent toujours chercher à donner une plus grande liberté au peuple.</p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal"><em>Références</em></p>
<p class="MsoNormal"><em> </em><sup><span lang="EN-CA">[1]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p.30.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[2]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p.157.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[3]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p. 23.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[4]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p.28.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[5]</span></sup><span lang="EN-CA"> Tin Htway, « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre 1972), p. 19.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[6]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. 156-57.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[8]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. (Penguin Group: New York, 1991), p. 158.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[9]</span></sup><span lang="EN-CA"> Anna J. Allott, 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne, p. 8.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[10]</span></sup><span lang="EN-CA"> Anna J. Allott, 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne, p. 10.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[11]</span></sup><span lang="EN-CA"> Micheal Aris, « Introduction ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. XXIV.</span></p>
<p class="MsoNormal"><sup><span lang="EN-CA">[12]</span></sup><span lang="EN-CA"> Aung San Suu Kyi, « The Role of the Citizen in the Struggle for Democracy ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em> (Penguin Group: New York, 1991), p. 218-219.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA"> </span><em><span lang="EN-CA">Bibliographie</span></em><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="EN-CA">Allott, Anna J. 1993. « Inked Over, Ripped Out : Burmese Storytellers and the Censors ». En ligne. </span><a href="http://burmalibrary.org/docs/inked-over-ripped%20-out.htm"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://burmalibrary.org/docs/inked-over-ripped%20-out.htm</span></a> (page consultée le 8 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Aris, Micheal. 1991. « Introduction ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Htway, Tin. 1972. « The Role of Literature in Nation Building : Special Reference to Burma ». <em>Journal of Burma Research Society </em>LV (décembre): 19-46.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Irriwaddy, the. 2000. « Thakin Kodaw Hmaing (1876-1964) ». </span><em>The Irriwaddy.</em> En ligne. <a href="http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836"><span style="color: windowtext;text-decoration: none">http://www.irrawaddymedia.com/article.php?art_id=1836</span></a> (page consultée le 8 juin 2009).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt">
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Kyi, Aung San Suu. 1991. « Literature and Nationalism in Burma ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 27pt"><span lang="EN-CA">Kyi, Aung San Suu. 1991. « The Role of the Citizen in the Struggle for Democracy ». Dans Aung San Suu Kyi et Micheal Aris, dir., <em>Freedom from Fear and Other Writings</em>. Penguin Group: New York.</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/28/le-combat-des-mots-en-birmanie-ecrits-politiques-lors-de-luttes-pour-lindependance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>UNION DU MYANMAR : LA RÉVOLUTION SAFRAN</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/27/union-du-myanmar-la-revolution-safran/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/27/union-du-myanmar-la-revolution-safran/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 22:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Caouette</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratisation]]></category>
		<category><![CDATA[Militarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Structure politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://redtac.org/asiedusudest/?p=316</guid>
		<description><![CDATA[par Alicia Mersy
Les images de la révolte Safran au Myanmar, images de moines vêtus de tuniques orange ont déjà fait le tour du monde plusieurs fois. Le 15 août 2007, en pleine période de saison des pluies,  le régime militaire birman décide de hausser le prix de l’essence et du gaz naturel ce qui plonge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>par Alicia Mersy</strong></p>
<p>Les images de la révolte Safran au Myanmar, images de moines vêtus de tuniques orange ont déjà fait le tour du monde plusieurs fois. Le 15 août 2007, en pleine période de saison des pluies,  le régime militaire birman décide de hausser le prix de l’essence et du gaz naturel ce qui plonge le pays dans une crise socio-économique.  Rapidement, des militants et des moines bouddhistes descendent dans les rues de Rangoun et autres villes de Birmanie et défient publiquement les militaires. Suite aux protestations, Le Myanmar se voit coupé du monde; les lignes téléphoniques et internet ne sont plus accessibles. Sur place, les autorités opèrent une répression brutale qui coûtera la vie à plusieurs personnes. Comment expliquer que des revendications exprimées pacifiquement aient généré une telle violence de la part du régime militaire?<span id="more-316"></span></p>
<p>La population était sous le choc car les religieux, habituellement silencieux et sages ont pris part à la manifestation contre le régime pour démontrer leur solidarité au peuple. Les moines ont une grande emprise spirituelle sur la population, leur engagement a donné une crédibilité à la révolte populaire et  a encouragé encore plus de gens à manifester. Les manifestations ont duré deux semaines et elles comptaient environ 30 000 moines et 70 000 civils.  Après quelques jours, elles ont été violement réprimées. Selon Amnistie Internationale, « au moins neuf personnes, huit manifestants et un journaliste japonais ont trouvé la mort lors de l’intervention des autorités, un chiffre, qui, de l’avis général est bien inférieur à la réalité ». Pagodes et monastères sont depuis sous haute surveillance, les moines sont menacés d’emprisonnement à vie par les autorités.</p>
<p>On a surnommé ces évènements de 2007, la «Révolution Safran » à cause de la couleur des costumes des bonzes (moines). Ces manifestations avaient pour but de réclamer la baisse de prix des produits de matières de première nécessité. Les premiers à se mobiliser, avant les moines furent la Ligue Nationale pour la Démocratie (LDN), un parti politique birman fondé en 1988. Leurs manifestations ne mèneront à rien. Cependant, les autorités ont maintenu leur position.</p>
<p>L’impact de ces hausses  sur la société est sévère, entre autres, le transport en commun devient inaccessible et la hausse des aliments de bases (lait, charbon, thé, + 30% du prix du riz) est vertigineuse. Les manifestations auront duré que deux semaines, la révolte passe, tout revient à la normale.</p>
<p>Le Myanmar est considéré par certains comme une dictature militaire depuis la prise de pouvoir de Ne Win en 1962. La liberté de presse et les droits de l’homme ne sont pas respectés. Le régime est contesté et la population est soumise à des pressions politiques. Si en apparence, les bonzes ont pris part aux manifestations de septembre 2007 à cause de leur désaccords face à la hausse du prix de l’essence et du diesel, ils se battaient en fait pour que les droits de l’homme soient respectés et pour réclamer un régime démocratique. “Leur protestation ne portait en apparence que sur l’augmentation du prix de l’essence et du diesel, arbitrairement décidée par un régime militaire sans scrupules. Mais au fond, il en allait du respect de la dignité humaine, des droits humains, et de tout le reste.”  (<a href="http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar">http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar</a>).</p>
<p>Thomas Ojea Quintana, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Myanmar affirme qu’ « [I]l faudra des générations pour instaurer une démocratie, mais en attendant je voudrais relever quatre éléments qui peuvent nous servir de repères, pour ouvrir la voie à la démocratie.  Il s’agirait de revoir et d’amender les lois nationales pour les mettre en conformité avec les normes internationales des droits de l’homme et les dispositions de la nouvelle Constitution, de libérer progressivement tous les prisonniers de conscience, de réformer les forces armées et de les former aux droits de l’homme et de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire ». (<a href="http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar">http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar</a>)</p>
<p>La communauté internationale dénonce l’usage de la force par les autorités birmanes. Les États-Unis et l’Union Européenne ont tenté de renforcer leurs sanctions contre le régime mais sans succès. Nicolas Sarkozy affirmait d’ailleur que « La France n’acceptera pas que l’opposition birmane soit muselée ». (<a href="http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=58">http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=58</a>).</p>
<p>Reste que la Chine et la Russie considèrent que cette révolution est une affaire interne, car elle n’est pas une menace à la communauté régionale ou internationale. Considérant la situation géographique du Myanmar, il joue un rôle tampon entre la Chine et l’Inde. En passant par le Myanmar, la Chine peut s’épargner un long détour en mer de Chine ainsi que le passage du détroit de Malacca, qui peut être dangereux. Ces deux puissances mondiales préfèrent ne pas prendre parti dans cette affaire à cause de la junte militaire fortement établie au Myanmar. L’Occident  n’a pas avantage à intervenir au  Myanmar car ses investissements économiques sont moindres et la junte birmane n’accepte aucune ingérence dans ses affaires intérieures. Pour les militaire de la junte au pouvoir, la révolte des moines était perçue comme téléguidé par des idéologies de l’extérieure. « Derrière les protestations des moines bouddhistes de ces jours derniers se dissimulent des manœuvres occidentales pour déstabiliser le Pays, afin de s’emparer de ses ressources et d’y installer un régime “démocratique”, plus favorable aux intérêts financiers et économiques de l’Occident ». (<a href="http://www.no-media.info/17/focus-apres-la-revolution-orange-la-revolution-safran">http://www.no-media.info/17/focus-apres-la-revolution-orange-la-revolution-safran</a>)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/27/union-du-myanmar-la-revolution-safran/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les défis de la mondialisation au niveau politique en Birmanie</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2008/07/11/les-defis-de-la-mondialisation-au-niveau-politique-en-birmanie/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2008/07/11/les-defis-de-la-mondialisation-au-niveau-politique-en-birmanie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 02:12:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin_displayname</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Dictature]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://asiesudest.wordpress.com/?p=122</guid>
		<description><![CDATA[Par Vanessa Alexandra Duchemin
Contrairement à la tendance du reste de l’Asie qui semble faire des efforts pour marcher vers la démocratie, la Birmanie reste et demeure sous un régime autoritaire et répressif. La Birmanie met tout de même en place certaines institutions modernes et ayant un certain aspect démocratique, mais malgré une certaine intégration de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>Par Vanessa Alexandra Duchemin</strong></p>
<p style="text-align:justify">Contrairement à la tendance du reste de l’Asie qui semble faire des efforts pour marcher vers la démocratie, la Birmanie reste et demeure sous un régime autoritaire et répressif. La Birmanie met tout de même en place certaines institutions modernes et ayant un certain aspect démocratique, mais malgré une certaine intégration de valeurs et principes démocratiques, la mondialisation ne semble avoir aucun impact sur le gouvernement birman, et ne semble pas aider à résoudre la question du respect des droits de l’homme.</p>
<p style="text-align:justify"><span id="more-122"></span><br />
La mondialisation est caractérisée par la multiplication et par la plus grande étendue des échanges internationaux, qu’il s’agisse d’échanges commerciaux, de déplacements de populations, de relations politiques, etc. La mondialisation implique aussi une libéralisation des échanges, et une uniformisation des pratiques et des modèles sociaux. Sur le plan politique, cela voudrait donc dire que tous les pays tendent de plus en plus à avoir les mêmes principes, les mêmes pratiques, et aussi des régimes semblables, où la démocratie serait vue pour la grande majorité comme le modèle à suivre. En Birmanie, le gouvernement a souvent été dirigé par l’armée. Celle-ci joue le rôle principal dans la politique, ce qui est encore le cas aujourd’hui. En effet, le régime en place est considéré comme une dictature militaire et il est très difficile pour les autres pays, y compris les grandes puissances, d’intervenir ou même d’influencer le gouvernement dans ses actions.</p>
<p style="text-align:justify">
Dès la fin de la colonisation, la Birmanie a fait face au pouvoir militaire qui s’est approprié le pouvoir politique. Lors du renversement d’U Nu, qui était le Premier ministre en place lors de l’indépendance, les militaires qui combattaient pour l’indépendance forment le nouveau gouvernement. Ceci donne alors lieu à beaucoup de réactions pessimistes venant de l’étranger, vu qu’il était difficile de croire que ce régime formé d’anciens rebelles pourrait mettre en place une administration qui mettrait l’accent sur les droits de l’Homme et la démocratie. C’est ce que prévoit l’ambassadeur d’Angleterre en Birmanie, Richard H.S. Allen, en 1960, en disant que « si l’armée doit encore intervenir, la démocratie ne va pas se rétablir avant plusieurs générations, si ce n’est jamais ». Cette affirmation s’est avérée vraie jusqu’à aujourd’hui, car aujourd’hui il ne semble pas y avoir de réelles voies immédiates pour sortir la Birmanie de cette dictature, du moins dans le moyen terme. Dès qu’il y a une opposition, le gouvernement utilise des moyens de répression pour calmer les révoltes. C’est notamment le cas avec Aung Suu Kyi, une des leaders de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), qui est le parti qui présente la plus grande menace pour le régime, étant donné sa grande popularité au sein de la population. En effet, cette dernière est mise sous assignation à domicile depuis 1989. Les pressions faites par les autres pays, par les organisations non gouvernementales, et par les organisations internationales influentes telles que l’ONU, ne font encore aucun effet et le gouvernement birman reste ferme sur sa décision. Toutefois, le parcours d’Aung Suu Kyi montre qu’il est éventuellement possible d’intégrer des structures plus démocratiques dans le pays. En effet, cette dernière étudie en Angleterre à Oxford après avoir fait une partie de ses études en Birmanie et lorsqu’elle retourne au pays, elle ramène avec elle toutes ses connaissances acquises à l’étranger. Cela lui permet de les partager ensuite avec la population à travers le NLD, et les contestations de la population envers le gouvernement deviennent donc de plus en plus nombreuses. De plus, les relations extérieures de la Birmanie sont très restreintes étant donné que les gouvernements consécutifs considèrent, ou avancent le prétexte selon lequel une ouverture vers le monde extérieur aurait pour résultat la disparition de la culture et de la tradition birmane. Le gouvernement birman actuel ferme encore ses portes lors des manifestations des moines qui ont été<a href="http://www.tv5.org/TV5Site/5sur5/player.php?url=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2007/CBFT/5Sur5200710131700_4.asx"> violemment réprimées</a>, ou dans le contexte du cyclone qui a frappé la Birmanie en mai 2008, soit en bloquant l’aide humanitaire, soit en l’attribuant à des groupes de leur choix.</p>
<p style="text-align:justify">
Cependant, il est probable que la Birmanie s’ouvre vers l’extérieur pour promouvoir son économie, afin de préserver le gouvernement militaire qui a besoin de financement pour se maintenir en place.</p>
<p style="text-align:justify">&#8211; —</p>
<p style="text-align:justify"><strong>Références</strong></p>
<p style="text-align:justify">Neher, Clark D. 1991. Southeast asia in the new international era. Boulder : Westview Press.<br />
Callahan, Mary P. 2003. Making enemies. War and state building in Burma. Londres : Cornell University     Press.<br />
Éthier, Diane. 2006. Introduction aux relations internationales. Montréal : Les Presses de l’Université de     Montréal.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2008/07/11/les-defis-de-la-mondialisation-au-niveau-politique-en-birmanie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
