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	<title>Blogue sur l&#039;Asie du Sud-Est - POL3401 &#187; Autoritarisme</title>
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	<description>L&#039;Asie du Sud-Est, en français</description>
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		<title>«SUPPORT BREASTS – NOT DICTATORS»</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:53:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Hoai-An Tran

[PHOTO: No Dictators] Crédit: http://www.cleanclothes.org/newslist/289-triumph-closes-factory-in-burma
«Support Breasts – Not Dictators[1]»; c’était une bataille de longue haleine que remportait l’organisme Clean Clothes Campaign lorsque Triumph ferma ses usines en Birmanie en juin 2002. Néanmoins, force est de constater que les motifs du retrait de ce géant du dessous féminin se situaient bien au-delà des pressions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Hoai-An Tran</strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-668 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/triumph01.jpg" alt="triumph01" width="297" height="199" /></p>
<p style="text-align: center">[PHOTO: No Dictators] Crédit: http://www.cleanclothes.org/newslist/289-triumph-closes-factory-in-burma</p>
<p style="text-align: justify">«Support Breasts – Not Dictators<a href="#_ftn1">[1]</a>»; c’était une bataille de longue haleine que remportait l’organisme <em>Clean Clothes Campaign </em>lorsque Triumph ferma ses usines en Birmanie en juin 2002. Néanmoins, force est de constater que les motifs du retrait de ce géant du dessous féminin se situaient bien au-delà des pressions de la société civile internationale. En effet, la Birmanie présentait alors un paysage hostile aux investisseurs étrangers avec une inflation frôlant les 50%<a href="#_ftn2">[2]</a>, des infrastructures désuètes<a href="#_ftn3">[3]</a> et une attitude hostile des  autorités gouvernementales<a href="#_ftn4">[4]</a>.Partant de la prémisse que tout gouvernement est garant de la stabilité économique de son pays<a href="#_ftn5">[5]</a>, la responsabilité de la <a href="http://www.slate.com/id/2192726/">junte militaire</a>, autrement appelé le <em>State Peace and Development Council</em> (SPDC), dans la décadence économique birmane paraît donc évidente. Toutefois, dans un espace géopolitique où l’autoritarisme du gouvernement du Vietnam et de Singapore ont été porteur d’une croissance économique; la question serait plutôt à savoir pourquoi celui du SPDC faillit à reproduire un tel succès. La réponse se trouve dans la succession de gouvernements totalitaires birmans ayant pris les mauvaises décisions politiques et ce, aux mauvais moments.<span id="more-667"></span></p>
<p style="text-align: justify">Il est d’abord important de comprendre que la Birmanie est un pays très riche en ressources naturelles. Sous le règne colonial britannique, le pays était l’une des régions les plus prospères de l’Asie du Sud-Est avec une économie basée sur l’exportation de produits agricoles, mais surtout, miniers et pétroliers<a href="#_ftn6">[6]</a>. La transition à l’indépendance n’affecta pas pour autant la force commerciale birmane. En effet, le pays talonnait toujours en 1950 la Thaïlande fleurissante, selon la plupart des indicateurs de développement de l’époque<a href="#_ftn7">[7]</a>. La nouvelle démocratie instituée par <a href="http://www.metacafe.com/watch/231167/general_aung_san/">Aung San</a>, considéré le père fondateur de la nation, avait donc réussit à maintenir une économie active toujours axée sur l’exploitation des ressources naturelles, mais aussi, sur la consolidation d’une classe marchante éduquée<a href="#_ftn8">[8]</a>. Le coup d’État de 1962 vint cependant couper court les perspectives prometteuses de la Banque Mondiale pour le Myanmar<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Mars 1962, Ne Win abolit le parlement, imposa la censure et débuta le règne militaire des 17 officiers du Conseil révolutionnaire<a href="#_ftn10">[10]</a>. Son programme? Un socialisme totalitaire<a href="#_ftn11">[11]</a>qui allait plonger la Birmanie dans près de trois décennie d’isolation et de pauvreté rampante<a href="#_ftn12">[12]</a>. S’autoproclamant à la fois leader du Conseil, Président de la Birmanie, Ministre de la défense, des finances et du revenu<a href="#_ftn13">[13]</a>, Ne Win imposa à son pays sa rhétorique du «Burmese Way to Socialism». Une vision autarcique imposée au travers d’une nationalisation des entreprises du pays, d’une économie centralisée, ainsi que d’une restriction stricte sur les investissements étrangers<a href="#_ftn14">[14]</a>. Toutefois, la Birmanie ne possédait pas les infrastructures adéquates pour mener à bien une autosuffisance saine; d’autant plus que sa reconstruction d’après guerre était toujours incomplète. Plutôt que de tirer profit de l’aide internationale alors généreuse (dont une, anti-communiste, massivement offert les États-Unis)<a href="#_ftn15">[15]</a>, l’unilatéralisme de Ne Win mena sa nation à la faillite<a href="#_ftn16">[16]</a>. Seulement trois mois après son entrée au pouvoir, la production industrielle de la Birmanie chuta de 40%<a href="#_ftn17">[17]</a>. Vingt-cinq ans plus tard, le pays était l’un des plus pauvres de la région, alors qu’à peine une génération plus tôt, elle était le premier pays exportateur de riz mondial et le pays nouvellement indépendant le plus prometteur<a href="#_ftn18">[18]</a> en Asie du Sud-Est.</p>
<p style="text-align: justify">Alors que bon nombre des pays voisins de la Birmanie embarquaient dans le «miracle asiatique» des années 80<a href="#_ftn19">[19]</a>, l’économie en lambeaux de cette dernière poussa le Général Saw Maung à prendre les commandes du pouvoir en 1988. Coup d’État orchestré sous la supervision de Ne Win<a href="#_ftn20">[20]</a>, le régime de Maung ne fut à vrai dire que la <a href="http://video.google.com/videoplay?docid=253734287578732261&amp;ei=ZnEcS-6DHISSrALv88mICg&amp;q=burma+">continuité de l’autoritarisme</a> de son prédécesseur. En fait, l’action d’éclat n’avait pour but que de justifier un changement de direction économique sans pour autant miner la réputation du dictateur sortant. Ainsi, l’institution de <em>l’Union of Myanmar Foreign Investment Law</em> promettait la transformation d’un système socialiste planifié en une économie de marché menée<a href="#_ftn21">[21]</a>. Toutefois, contrairement au Vietnam ou à Singapore, le régime faillit conséquemment à instaurer un environnement propice à l’émergence de l’entreprise privée. En fait, ce fut plutôt l’arbitraire même de son pouvoir absolu qui contribua à l’échec de cette tentative d’ouverture. Puisque le régime s’était réservé le privilège de fermer toutes compagnies qui «challenged the armed forces&#8217; corporation<a href="#_ftn22">[22]</a>»; ce despotisme flou en termes juridiques, mais des plus concrets dans la réalité de ses abus, instaura finalement un climat d’incertitude incompatible<a href="#_ftn23">[23]</a> à toute croissance stable. En guise de preuve, nombreuses furent les entreprises qui se retirèrent vers la fin des années 90 après être venues tâter le terrain du marché birman lors de l’ouverture de 1988<a href="#_ftn24">[24]</a> -  remballant avec eux leur poids politique potentiel pour faire changer la donne.</p>
<p style="text-align: justify">À la lumière de ce court essai, il est donc évident que l’autoritarisme des régimes birmans a été un facteur nuisible au développement du pays. Encore aujourd’hui, la junte militaire est toujours au pouvoir et l’économie de la Birmanie est toujours en péril. Une question demeure : pourquoi une telle succession de mauvaise décision? L’éducation des dirigeants serait-elle en cause? Reste que l’économie «officielle» se portant de mal en pire, le SPDC se tourne dorénavant de plus en plus vers le blanchiment d’argent et le trafic de la <a href="http://www.voltairenet.org/article6875.html">drogue</a> pour voir à sa survie<a href="#_ftn25">[25]</a>. Ainsi, la montée des activités narcotiques étant une conséquence indirecte d’une économie délaissée par les étrangers; cette situation singulière porte à se demander si la victoire du <em>Clean Clothes Campaign </em>ne fut pas plutôt un échec à long terme.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Burma Campaign UK. 2001. <em>Support Breats – Not Dictators</em>. En ligne. <a href="http://www.burmacampaign.org.uk/index.php/news-and-reports/news-stories/Support-Breasts-Not-Dictators">http://www.burmacampaign.org.uk/index.php/news-and-reports/news-stories/Support-Breasts-Not-Dictators</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Clark,  Allen L. 1999. «Myanmar&#8217;s Present Development and Future Options». <em>Asian Survey</em> Vol. 39 No. 5 (Septembre-Octobre) : 772-791</p>
<p>Kurlantzick, Joshua. 2002. «Can Burma Reform?». <em>Foreign Affairs</em> Vol. 81 No. 6 (Novembre-Décembre) : 133-146</p>
<p>Kyi, Khin Maung, Ronald Findlay et R.M. Sundrum. 2000<em>. Economic and Development of Burma</em>. En ligne. <a href="http://www.burmalibrary.org/docs3/Vision-strategy.ocr.pdf">http://www.burmalibrary.org/docs3/Vision-strategy.ocr.pdf</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>McCarthy, Stephen. 2000. «Ten Years of Chaos in Burma: Foreign Investment and Economic Liberalization under the SLORC-SPDC, 1988 to 1998». <em>Pacific Affair</em>s Vol. 73 No. 2 (Été) : 233-262</p>
<p>Schlesinger Jr., Arthur. 1997. «Has Democracy a Future?» <em>Foreign Affairs</em> Vol. 76 No. 5 (Septembre-Octobre): 2-12</p>
<p>Seekins, Donald M. 2008. «Myanmar in 2008: Harship, Compounded».<em> Asian Survey</em> Vol. 49 Issue 1: 166–173</p>
<p>The Economist (US).2002. <em>The black hole of Yanhon : Myanmar</em>. En ligne. <a href="http://find.galegroup.com/gtx/start.do?prodId=CPI&amp;userGroupName=mont88738">http://find.galegroup.com/gtx/start.do?prodId=CPI&amp;userGroupName=mont88738</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Time Magazine. 1963. <em>Burma : The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc</em>. En ligne. <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<p>Zax, Jeffrey S. 2009. <em>The Economic Responsibilities of State (and local) governement</em>. En ligne. <a href="http://www.leg.state.co.us/CLICS/CLICS2009A/commsumm.nsf/b4a3962433b52fa787256e5f00670a71/3fe0558060407c74872576100075674d/$FILE/09Long-term0729AttachDD.pdf">http://www.leg.state.co.us/CLICS/CLICS2009A/commsumm.nsf/b4a3962433b52fa787256e5f00670a71/3fe0558060407c74872576100075674d/$FILE/09Long-term0729AttachDD.pdf</a> (page consultée le 6 décembre 2009)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Burma Campaign UK (2001), en ligne «Support Breasts  &#8211; Not Dictators»</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> The Economist (2002), en ligne «The black hole of Yangon: Myanmar»</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Donald M. Seekins (2008), p. 172</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Stephen McCarthy (2000), p.243</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Jeffrey S. Zax (2009), en ligne «The Economic Responsibilities of State (and local) government»</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Allen L. Clark (1999), p.773</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Khin Maung Kyi, Ronald Findlay et R.M. Sundrum (2000), en ligne « Economic and Development of Burma»</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Joshua Kurlantzick (2002), p. 135</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> <em>Id. </em></p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a>Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.136</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Voir Allen L. Clark (1999), p.773</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">Voir</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> <em>Id.</em></p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p. 234</p>
<p><a href="#_ftnref16">[16]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.136</p>
<p><a href="#_ftnref17">[17]</a> <a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,940705,00.html">Voir</a> Time Magazine (1963), en ligne «Burma: The Way to Socialism &#8211; &amp; Havoc»</p>
<p><a href="#_ftnref18">[18]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.235</p>
<p><a href="#_ftnref19">[19]</a> <em>Ibidem</em></p>
<p><a href="#_ftnref20">[20]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.233</p>
<p><a href="#_ftnref21">[21]</a> <em>Id.</em></p>
<p><a href="#_ftnref22">[22]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002),p.138</p>
<p><a href="#_ftnref23">[23]</a> Voir Stephen McCarthy (2000), p.243</p>
<p><a href="#_ftnref24">[24]</a> Voir Joshua Kurlantzick (2002), p.138</p>
<p><a href="#_ftnref25">[25]</a><em>Ibid</em>., p.140</p>
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		<title>MALAISIE : UNE COERCITION PAR LA POLICE ET LA LOI</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 00:08:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Jean-Baptiste Cubilier
 
La Malaisie se présente comme un pays où la force coercitive n’est plus l’armée. En effet, on constate à travers le cas malaisien une situation favorable à la police dans le rôle de maintien de l’ordre. Ici les militaires ne jouent pas un rôle politique comme en Indonésie, aux Philippines, en Birmanie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Jean-Baptiste Cubilier</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify">La Malaisie se présente comme un pays où la force coercitive n’est plus l’armée. En effet, on constate à travers le cas malaisien une situation favorable à la police dans le rôle de maintien de l’ordre. Ici les militaires ne jouent pas un rôle politique comme en Indonésie, aux Philippines, en Birmanie ou en Thaïlande. C’est ce qui fait de la Malaisie un cas particulier. Ainsi, nous devons développer trois aspects importants caractérisant la structure politique de ce pays : le <em>Barisan Nasional</em> (la coalition des élites des différentes ethnies), la Police comme garantie du maintien de la sécurité nationale, et les conséquences sur la population qui ne sont autres que l’instauration d’une culture de la peur.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-641"></span></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un gouvernement « par la loi » et non « de la loi » </strong></p>
<p style="text-align: justify">La militarisation malaisienne apparaît comme atypique puisque celle-ci  se place en second plan de ce que le gouvernement considère comme la sécurité nationale. En effet cet aspect de la Malaisie donnant une importance secondaire aux militaires s’explique à la fois par le rapprochement des élites des différentes ethnies du pays à travers la coalition du<em> Barisan Nasional</em> (BN), et du maintien d’un État fort sous les règles du BN. [1] La Malaisie étant un système politique parlementaire d’inspiration britannique, cette coalition qu’est le BN possède depuis toujours le monopole du contrôle du Parlement. L’émergence du communisme dans le pays, l’élément déclencheur, avait déjà fait réagir le gouvernement colonial britannique à travers l’interprétation d’un problème « de loi et d’ordre ». L’indépendance de la Malaisie s’est traduite par une adaptation, ou une sorte de conservation, des structures politiques coloniales. [2] L’idée était de préserver l’approche de sécurité nationale développée par les Britanniques jusqu’en 1957 (date de l’indépendance). Ainsi, l’émergence officielle du communisme en 1960 a conduit à l’adoption la même année de <em>l’Acte de Sécurité Interne</em> (ASI) (Article 149). Cette loi, allant parfois contre les droits de l’Homme, permet au gouvernement d’accuser et d’arrêter quiconque menacerait la sécurité nationale. C’est ainsi que l’ASI prend une forme coercitive aux yeux de la population, pouvant à tout instant arrêter quelqu’un par simple accusation afin de préserver la sécurité nationale.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>La police comme messager du gouvernement </strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-642 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/photo_1249124903122-1-0-300x183.jpg" alt="photo_1249124903122-1-0" width="300" height="183" /></p>
<p style="text-align: center">Photo1: <a href="http://images.newmedia.lu/afp/francais/journal/mon/20090801/photo_1249124903122-1-0.jpg">http://images.newmedia.lu/afp/francais/journal/mon/20090801/photo_1249124903122-1-0.jpg</a></p>
<p style="text-align: justify">Du temps de la présence britannique, le  Lieutenant Général Harold Briggs reçu de la part du gouvernement colonial pour principale compétence de coordonner les forces de police sur le territoire. Selon lui, la présence communiste était un problème de « loi et d’ordre », et se devait d’être résolu par une augmentation tant des effectifs que des compétences des forces de police. La priorité absolue était la sécurité nationale, d’où l’importance que cet homme accordait aux compétences de la police. Ceci est l’un des nombreux points que la Malaisie a conservé de sa période coloniale. Ainsi, encore aujourd’hui la police malaisienne a pour objectifs de : « maintenir la loi et l’ordre, de préserver la paix et la sécurité, de prévenir et détecter le crime, d’appréhender les offenseurs de la loi, et de collecter les informations reliée à la sécurité » [2], apparaissant donc comme le représentant de l’ISA. Ses multiples compétences conduisent régulièrement à l’abus de pouvoir. On peut voir sur certaines vidéos de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Q4oEa6uTXHs">You tube</a> à quel point la police malaisienne peut être brutale avec sa population. Aussi, une conséquence importante sur la population apparaît, celle-ci subissant la coercition de la législation et de son porte-parole qu’est la police.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Maintien d’une culture de la peur </strong></p>
<p style="text-align: justify">En effet une « culture de la peur » s’instaure alors dans la pensée collective, résultat de la puissance coercitive de l’Article 149. La population sait que les forces de police vont aller dans le cadre de leurs compétences parfois à l’encontre des droits de l’Homme, et ce, afin d’assurer la sécurité nationale. Et si la police ne suffisait pas, il faut à cela rajouter les restrictions que subit la population en général avec la législation. Chacune des libertés fondamentales peut être « suspendue », ou « mise de côté », afin d’appliquer en priorité cette législation assurant la sécurité nationale. Ces deux forces que nous avons décrites auparavant expliquent comment la population malaisienne voit ses droits et libertés oubliés. Les Malaisiens prennent alors conscience du fait que toute opposition à ce système revient à se condamner soi-même.</p>
<p style="text-align: justify">Le cas malaisien se différencie de pays comme l’Indonésie, la Thaïlande, ou les Philippines, car la coercition est exercée ici par la législation et la police. En effet, si on reprend ce qui a été dit juste avant, l’ISA va permettre d’assurer la sécurité nationale grâce à un gouvernement « par la loi » et non « de la loi ». La police, moyen d’action matériel, va servir de vecteur à la législation, du gouvernement à la population. En fait, si on regarde bien, on voit que le véritable « ciment » permettant la continuité de ce système est le <em>Barisan Nasional</em>. Sans le maintien du regroupement des différentes élites ethniques, la population malaisienne aurait connu autre chose que la coercition du gouvernement. Le problème aujourd’hui est là : bien que des réformes aient été faites sur les compétences de la police (il lui est beaucoup plus difficile aujourd’hui d’aller au-delà de ses compétences qu’autrefois), si un changement doit apparaître, c’est bien au niveau du BN. Depuis l’indépendance de la Malaisie en 1957, le monopole politique au Parlement revient au BN, mais une nouvelle vague d’élites plus réformistes ne semble pas s’établir. Le passé semble se répéter aujourd’hui notamment depuis septembre 2001 avec une nouvelle menace à l’interne qu’est le terrorisme, remplaçant alors l’ancienne lutte contre le communisme [3], ce qui ne va sûrement pas être un contexte favorable au changement. En somme, la sécurité nationale sera maintenue, mais au détriment de la population comme c’est le cas depuis plus de 50 ans.</p>
<p><strong>Références</strong></p>
<p>1.  Beaulieu, Isabelle. 2005. <em>État rentier, Gouvernance et Développement : Le Cas De La Malaysia</em>. Thèse de doctorat. Département de science politique. Université de Montréal. En ligne. <a href="http://www.cccg.umontreal.ca/pdf/working%20papers/working%20paper_06-03_IB.pdf">http://www.cccg.umontreal.ca/pdf/working%20papers/working%20paper_06-03_IB.pdf</a> (consulté le 18 Novembre 2009).</p>
<p>2. Loh, Francis K.W. « Malaysia : National Security, the Police and the Rule of Law : Militarisation by Other Means ». dans Militarising State, Society and Culture in Asia, <span style="text-decoration: underline">Asian Exchange </span>Vol.20 no.2 and Vol.21, No.1 (2005) : pp. 179-208.</p>
<p>3. Henderson, John W., Helen A. Barth, Judith M. Heimann, Philip W. Moeller, Francisco S. Soriano, John O. Weaver, dir. 1970. <em>Area Handbook for Malaysia</em>. Washington: Library of Congress.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>SINGAPOUR : LÀ OU AUTORITARISME ET PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE VONT DE PAIRE</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 02:29:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Singapour]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Xavier Faraire
La principauté de Singapour est véritablement un phénomène de l’Asie du Sud-est. Cette cité-État de 4,4 millions d’habitants est un modèle, voire un cliché, de réussite capitaliste[1]. La cité est ultra moderne, propre et dotée d’un système de transport en commun très efficace. Le secteur tertiaire y est de loin le plus dominant. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><strong>Par Xavier Faraire</strong></p>
<p style="text-align: justify">La principauté de Singapour est véritablement un phénomène de l’Asie du Sud-est. Cette cité-État de 4,4 millions d’habitants est un modèle, voire un cliché, de réussite capitaliste<a href="#_ftn1">[1]</a>. La cité est ultra moderne, propre et dotée d’un système de transport en commun très efficace. Le secteur tertiaire y est de loin le plus dominant. Les grandes multinationales et financières y affichent leur présence avec les multiples gratte-ciels qui parsèment la ville. L’État est un leader dans la très prospère industrie des biotechnologies<a href="#_ftn2">[2]</a>. Sa croissance économique est toujours une des plus élevées au monde et le niveau de vie de ses habitants est parmi les meilleurs. Cependant, contrairement à la grande majorité des nations capitalistes occidentales auxquelles elle pourrait se comparer, Singapour est menée par un régime qui se rapproche davantage de l’autoritarisme que de la sainte démocratie, garante de la prospérité économique pour certains. Dans ce 3<sup>e</sup> billet, nous allons examiner les facteurs qui expliquent comment le même parti arrive à se maintenir au pouvoir depuis plus de 40 ans.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-619"></span></p>
<p style="text-align: justify">Depuis 1959, soit 6 ans avant l’indépendance de la cité en 1965, le People’s Action Party a remporté chacune des <a href="http://www.singapore-elections.com/">élections législatives</a> jusqu’à ce jour, soit par une écrasante majorité ou en mettant la main sur la totalité des sièges<a href="#_ftn3">[3]</a>. Pourtant les élections ne sont jamais truquées. Comment expliquer cela? Tout d’abord, le PAP fait en sorte de fortement décourager l’opposition. Et attention, on parle ici d’une répression très subtile qui n’a rien à voir avec la répression violente ou les arrestations arbitraires qui sévissent en Birmanie par exemple. Pour commencer, toute personne qui parle en publique contre le gouvernement est forcé de se déclarer membre de l’opposition. Or, les membres de l’opposition sont étroitement surveillés dans tous leurs faits et gestes, spécialement lorsqu’ils prennent la parole en public. Les personnes qui ont trop de choses à dire contre le parti et ses membres finissent par être poursuivies en justice au civil pour diffamation et se voient dans l’obligation de payer des sommes considérables<a href="#_ftn4">[4]</a>. De quoi décourager une population dont les valeurs fondamentales sont basées sur le portefeuille. Le PAP a aussi d’autres façons d’utiliser le système pour s’avantager. Le système politique de Singapour est inspiré du système parlementaire britannique. Le parti au pouvoir est donc celui qui a fait élire le plus de députés, chacun de ceux-ci étant élus dans une circonscription. Le PAP récolte en moyenne 60% des votes à chaque élection. Pour assurer son hégémonie au parlement, le parti a cependant prit soin de bien découper la carte électorale de façon à mener dans chacune des circonscriptions<a href="#_ftn5">[5]</a>. Le PAP joue ainsi le tour de la carte électorale.</p>
<p style="text-align: justify">Il n’y a pas que les opposants qui sont visés par cette forme assez particulière de censure. Les médias le sont également, et de la même façon. Les différents journaux, locaux ou internationaux, de grande renommée ou pas, sont poursuivis en justice pour diffamation s’ils font des allégations contre le gouvernement. Les montants versés au gouvernement au terme de ces poursuites, par règlement hors-cours ou par jugement, sont faramineux. Les journalistes se le tiennent pour dit et les médias préfèrent opter pour l’autocensure<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Le troisième point porte sur les politiques économiques de l’État. Suite à son indépendance, l’État a choisi d’inviter les multinationales à venir investir massivement à Singapour, contrairement beaucoup d’autres pays du Tiers-monde qui, à la même époque, cherchaient plutôt à protéger leurs entreprises locales. Le gouvernement a fait beaucoup pour favoriser les investissements étrangers et le développement économique. Un de ces moyens a été de regrouper tous les syndicats en une seule entité, le National Trade Union Congress (NTUC). Cet organisme, normalement chargé de représenter les travailleurs, est davantage porté sur la coopération avec l’État pour assurer la prospérité économique de la cité. Ajoutez à cela une interdiction de faire la grève, il devient difficile pour un travailleur de contester la politique économique de l’État<a href="#_ftn7">[7]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Finalement, la dernière raison qui fait en sorte que le PAP se maintient au pouvoir depuis si longtemps, c’est tout simplement parce que la formule fonctionne. Le citoyen moyen y voit beaucoup de bénéfices. Le PIB par habitant est de 32 867$. Il est plus élevé que ceux de la France et de l’Allemagne<a href="#_ftn8">[8]</a>. La société singapourienne est devenue ultra matérialiste, une véritable société de consommation ou tout le monde veut prospérer, avoir sa voiture, son cellulaire, des vêtements de grandes marques, une belle maison, etc. Les Singapouriens, contrairement aux Québécois, sont de grands épargnants<a href="#_ftn9">[9]</a>. La gestion de l’économie par le PAP leur a permis d’atteindre ce niveau de vie alors pourquoi vouloir changer ce qui fonctionne?</p>
<p style="text-align: justify">Singapour est un État très particulier. Cette cité-État est à la fois un modèle de prospérité économique et de transparence et un mauvais élève en termes de démocratie et de liberté d’expression. On dit souvent, en occident, que démocratie et prospérité économique vont de paire. Il faut croire que cette règle ne s’applique pas partout.</p>
<p style="text-align: justify">
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>Badie, Bertrand, Sandrine Tolotti, dir. 2007.  <em>L’État du monde 2008</em>. Montréal : Boréal. 430p.</p>
<p>De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. 176p.</p>
<p>Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a>2007.  L’État du monde 2008. Montréal : Boréal. P.382</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. P. 149</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Ibid. p 150</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ibidem</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ibidem p. 151</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Pereira, Alexius A. 2007.  «Wither the developmental State? Explaining Singapore continued developmentalism». <em>Third World Quarterly</em>. Vol 28, no 6. P.1189-1213.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> 2007.  L’État du monde 2008. Montréal : Boréal. P.382</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> De Koninck, Rodolphe. 2006. <em>Singapour, la cité-État ambitieuse</em>. Paris : Belin. P. 160</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>SINGAPOUR, A “FINE” CITY POUR SON ÉCONOMIE?</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 02:22:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Développement économique]]></category>
		<category><![CDATA[People's Action Party]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Hoai-An Tran

Crédit photo: http://www2.gol.com/users/harasho/singapore-fine.jpg
«Singapore is a ‘’fine’’ city». Bien qu’il soit destiné à des fins humoristiques, reste que le slogan fait clairement écho aux contraintes omniprésentes imposées par le gouvernement. Une main mise qui d’ailleurs, a su modeler la société de sorte à en faire le tremplin d’un succès économique.
Instrumenté par un régime autoritaire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Hoai-An Tran</strong></p>
<p style="text-align: center"><img class="size-medium wp-image-617 aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/12/singapore-fine-300x298.jpg" alt="singapore-fine" width="300" height="298" /></p>
<p style="text-align: center">Crédit photo: http://www2.gol.com/users/harasho/singapore-fine.jpg</p>
<p style="text-align: justify">«Singapore is a ‘’fine’’ city». Bien qu’il soit destiné à des fins humoristiques, reste que le slogan fait clairement écho aux contraintes omniprésentes imposées par le gouvernement. Une main mise qui d’ailleurs, a su modeler la société de sorte à en faire le tremplin d’un succès économique.</p>
<p style="text-align: justify">Instrumenté par un régime autoritaire, le «miracle économique» singapourien laisse perplexe car il contredit la rhétorique du libéralisme-démocratique d’un libre marché conjoint à une liberté politique<a href="#_ftn1">[1]</a>. Ainsi, l’autoritarisme a-t-il été un élément de développement à Singapour? C’est du moins l’impression que nous donne le <a href="http://www.pap.org.sg/"><em>People’s Action Party</em></a><em> </em>(PAP), parti fondateur du pays créé par <a href="http://www.youtube.com/watch?v=uLyPpUsNkAE">Lee Kuan Yew</a>, qui a su créer une prospérité sans précédent en faisant usage de son hégémonie pour imposer des réformes.  À cet égard, nous explorerons en quoi la nature autoritaire du PAP lui a permis d’instaurer les politiques économiques et sociales nécessaires à la croissance économique de son pays.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-616"></span></p>
<p style="text-align: justify">Encore en 2006, le PAP sortit vainqueur des élections parlementaires. Dixième appel aux urnes depuis la formation du pays en 1965, ces dernières élections furent aussi la dixième victoire du même parti au pouvoir. Ces exploits consécutifs illustrent de façon évidente le caractère absolu de la machine politique de Lee[1] qui, pour assurer son emprise, a fréquemment eut recours à des méthodes de répression. Toujours perpétrés dans le cadre d’une légalité juridique, <a href="http://vodpod.com/watch/2517604-ex-political-prisoner-speaks-out-in-singapore?mp=1&amp;pod=soci">l’emprisonnement</a> et la mise en faillite de leaders d’opposition<a href="#_ftn2">[2]</a> sont des exemples de moyens prisés par le PAP. Au-delà du musellement de groupes qui lui sont critiques, le <em>People’s Action Party</em> excelle au jeu politique aussi grâce à son influence sur sa population. «It never fails to remind voters, is that it has always kept its promise of efficient and clean government<a href="#_ftn3">[3]</a>». En effet, rares sont ceux qui contesteraient le rôle central du PAP dans la création du succès économique de Singapour<a href="#_ftn4">[4]</a> &#8211; une réussite qui se fit à partir de bien peu.</p>
<p style="text-align: justify">Au début des années 60, la Cité-État offrait un paysage économique désolant avec des taux de chômage atteignant les 15% et des infrastructures désuètes<a href="#_ftn5">[5]</a>. Pour remédier à la situation, le PAP choisit un programme industriel orienté vers l’exportation. Pourquoi? Diverses tensions ethniques sévissant au sein des pays avoisinants (Malaisie, Indonésie, Thaïlande) rendaient impossibles toutes tentatives de coopération économique régionale. Parallèlement, cette même période concordait avec l’escalade de la compétition entre les firmes américaines, européennes, et japonaises dans le domaine de l’investissement outre-mer<a href="#_ftn6">[6]</a>. Ce fut donc vers ces multinationales que se tourna le PAP. Misant sur le capital et les institutions étrangères, Lee Kuan Yew avait pour théorie que ces intérêts extérieurs sauront assurer la survie de la République nouvellement formée, ainsi que veiller à son développement économique<a href="#_ftn7">[7]</a>. Le pari sera gagné : dix ans plus tard, le taux annuel de croissance se maintiendra autour de 9,8%<a href="#_ftn8">[8]</a>.  En un quart de siècle, la Cité-État aura transité d’un État postcolonial fragile à celui d’une nation hautement industrielle<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Conséquemment aux politiques économiques mises de l’avant, le besoin de posséder une population stable et docile pour un climat favorable à l’investissement redoubla d’importance<a href="#_ftn10">[10]</a>. De nombreuses initiatives furent donc élaborées pour éliminer toutes oppositions potentielles au plan économique du PAP. Les bidonvilles furent détruits et transformés en espaces d’aménagement pour les entreprises étrangères; la croissance démographique fut restreinte avec un système de fiscalité pénalisant les familles nombreuses; les syndicats furent mis sous administration gouvernementale<a href="#_ftn11">[11]</a>, etc. Les projets étatiques de <em>social engineering</em> manœuvrèrent toutes les sphères sociales, particulièrement celle de l’éducation. Afin d’intégrer la population singapourienne à l’économie monde; le PAP imposa l’anglais comme langue de formation, investit massivement dans les formations en sciences et technologie<a href="#_ftn12">[12]</a>, et introduisit en 1984 l’étude de <em>Confucian Ethics</em> dans les écoles.</p>
<p style="text-align: justify">«In our drive towards greater productivity, two major factors must be considered: management of human relations and good work attitudes&#8230; The Confucian emphasis on harmonizing human relations can certainly make an important contribution<a href="#_ftn13">[13]</a>».</p>
<p style="text-align: justify">Bref, la qualité des ressources humaines de Singapore devint éventuellement un facteur important de croissance économique<a href="#_ftn14">[14]</a> et contribua au positionnement du pays en tête de peloton, devant le Canada et le Royaume-Uni, en termes de production par habitant (1994)<a href="#_ftn15">[15]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Somme toute, il a été intéressant de constater jusqu’à quel point le <em>People’s Action Party </em>a su modeler sa société aux aléas des marchés internationaux afin de stimuler un développement économique. Profondément ancrées dans un pragmatisme économique, les politiques instaurées par le PAP ont su faire leurs preuves  avec des taux de croissance annuelle de 7%<a href="#_ftn16">[16]</a> étant toujours d’actualité, malgré deux crises financières régionales. Toutefois, sachant que Singapore vient tout juste de célébrer son 44<sup>ème</sup> anniversaire; il est prudent de se questionner quant à l’efficacité à long terme de ce règne autoritaire. En effet,  l’intensification croissante des réseaux de la mondialisation ne semble laisser <a href="http://singaporedissident.blogspot.com/2008/01/lee-says-free-press-not-answer-to.html">aucun répit</a> autant à l’ordre politique du PAP, qu’à son outil de croissance, sa main d’œuvre. Quant bien même que le <em>People’s Action Party</em> réussisse à se maintenir au pouvoir malgré un marché international qui prêche le rejet d’un rôle dominant de l’État<a href="#_ftn17">[17]</a> dans la sphère économique; sa main d’œuvre devra toujours faire face à la compétition grandissante de ses pays avoisinants qui offrent de plus en plus une main d’œuvre spécialisée et à moindres coûts . «The PAP’s consistent victories also stem from the government’s &#8230; innovative manner of periodically reforming itself<a href="#_ftn18">[18]</a>» &#8211; reste à voir quelles seront les réformes à venir et si elles sauront maintenir le moment économique.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>2006. «Asia : Ten in a row for the men in white; Singapore’s election». The Economist Vol. 379 No. 8477 (13 mai): 69.</p>
<p>Chong, Alan. 2007. «Singapore’s Political Eocnomy, 1997-2007: Strategizing Economic Assurance for Globalization». Asian Survey Vol. 47 No.6 (Novembre-Décembre): 953-976.</p>
<p>CIA. 2009. <em>The World Fact Book – Singapore</em>. En ligne. <a href="https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html">https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sn.html</a> (Page consultée le 21 novembre 2009).</p>
<p>Grice, Kevin et David Drakakis-Smith. 1985. «The Role of the State in Shaping Development: Two Decades of Growth in Singapore» <em>Transactions of the Institute of British Geographers</em> New Series, Vol. 10, No. 3: 347-359</p>
<p>Haque, M. Shamsul. 2004. «Governance and Bureaucracy in Singapore: Contemporary Reforms and Implications». <em>International Political Science Review / Revue internationale de science politique </em>Vol. 25, No. 2 (Avril) : 227-24</p>
<p>Kuah, Khun-Eng. 1990. «Confucian Ideology and Social Engineering in Singapore». <em>Journal of Contemporary Asia</em> Vol.20 No.3: 371-383</p>
<p>New York Time. <em>Singapore Sets Parliamentary Elections for May</em>. En ligne <a href="http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9807E4D6143FF932A15757C0A9609C8B63">http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9807E4D6143FF932A15757C0A9609C8B63</a> (Page consultée le 21 novembre 2009).</p>
<p>Olds, Kris et Henry Wai-Chung Yeung. 2004. «Pathways to Global City Formation: A View from the Developmental City-State of Singapore». <em>Review of International Political Economy</em> Vol. 11, No. 3 (Août): 489-521</p>
<p>Verweij, Marco et Riccardo Pelizzo. 2009. «Singapore: Does Authoritarianism Pay?». <em>Journal of Democracy</em> Vol. 20 No.2 (Avril): 18-32</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Marco Verweij et Riccardo Pelizzo (2009), p.19</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Voir Marco Verweij et Riccardo Pelizzo (2009), p.19</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Voir The Economist (2007), p.69</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Voir Marco Verweij et Riccardo Pelizzo (2009), p. 19</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p.351</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Voir Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p. 351</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Voir Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p. 351</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> M. Shamsul Haque (2004), p. 228</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Voir Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p. 347</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Voir Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p.348</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> Voir Kevin Grice et david Drakakis-Smith (1985), p.350</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Voir M. Shamsul Haque (2004), p. 233</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> Confucian and Singapore p. 375 &#8211; Curriculum Development Institute of <em>Singapore</em></p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> Voir M. Shamsul Haque (2004), p. 233</p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> Voir M. Shamsul Haque (2004), p. 288</p>
<p><a href="#_ftnref16">[16]</a> CIA (2009), en ligne</p>
<p><a href="#_ftnref17">[17]</a> Voir M. Shamsul Haque (2004), p.227</p>
<p><a href="#_ftnref18">[18]</a> Voir Marco Verweij et Riccardo Pelizzo (2009), p.29</p>
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		<title>BIRMANIE: LES MILITAIRES AU POUVOIR</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 01:49:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Jean-Baptiste Cubilier
 En Birmanie, les militaires ici ne sont ni un outil du gouvernement comme nous l’avons vu avec les Philippines, ni un acteur participant au mécanisme de la sphère politique comme en Indonésie. L’apparition des militaires au pouvoir commence avec l’arrivée de Ne Win au pouvoir [1]. Ainsi deux périodes semblent intéressantes à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Jean-Baptiste Cubilier</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong> </strong>En Birmanie, les militaires ici ne sont ni un outil du gouvernement comme nous l’avons vu avec les Philippines, ni un acteur participant au mécanisme de la sphère politique comme en Indonésie. L’apparition des militaires au pouvoir commence avec l’arrivée de Ne Win au pouvoir [1]. Ainsi deux périodes semblent intéressantes à étudier : tout d’abord celle de 1962 à 1987, soit la période où Ne Win se trouve au pouvoir, et ensuite celle de la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui caractérisée par le maintien de la junte militaire au pouvoir. Ces deux époques vont nous permettre de comprendre l’impact depuis 1962 des militaires au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify"><span id="more-551"></span></p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Ne Win, une dictature beaucoup trop longue </strong></p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée de ce personnage à la tête de la junte militaire birmane pendant quinze années ne s’est pas faite par hasard. Les causes de son accession au pouvoir viennent des politiques de son prédécesseur U Nu. En effet ce dernier avait beaucoup fait pour le pays : mise en avant de la religion bouddhiste et des politiques privilégiant l’éducation et la santé, présence de la Birmanie parmi les trois pays actifs de la Conférence de Bandoeng (avec l’Inde et l’Indonésie) pour le mouvement des Non-alignés pendant la Guerre Froide. Malheureusement toutes ces bonnes volontés ont fini par être plus chaotiques qu’autre chose. Le pays devait faire face à des problèmes de développement économique et de sécurité intérieure. Bien entendu la principale conséquence de ces politiques sera l’arrivée du Général Ne Win en 1962 suite à un coup d’État. Ce dernier commencera par se présenter comme défenseur des idées socialistes puis mettra en place avec le temps une dictature extrêmement sévère et personnelle. Ceci marque la rupture avec deux points soit  le régime politique d’U Nu aux politiques chaotiques et de la « clandestinité du mouvement communiste » grâce aux idées de Ne Win. [2] Avant de quitter le pouvoir en 1987, il gouvernera la Birmanie d’une main de fer, coupant tout contact avec le monde extérieur, que ce soit les occidentaux en général, l’ancien colon britannique, ou même encore des pays dits socialistes. Les conditions de vies de la majorité de la population se sont dégradées avec le temps (et même après Ne Win comme nous allons le voir dans un instant) que ce soit au niveau de la richesse des habitants, du niveau d’alphabétisation, ou la santé [3]. De plus, les Birmans connaissent une véritable privation de leurs droits et libertés fondamentales, incapables de s’exprimer, de circuler (etc.) sans être confronté à la force brute des militaires. L’armée quant à elle se renforce en hommes et en armes, et mobilise une partie de plus en plus importante des dépenses publiques, faisant passer après ses besoins ceux capitaux de la population comme l’éducation et la santé. Le changement suite au chaos des politiques d’U Nu n’aura jamais disparu, prolongé par l’autoritarisme de Ne Win.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><strong>Ne Win se retire de la vie politique, mais les militaires eux restent </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le départ de ce Général resté quinze ans au pouvoir n’a pas conduit à une démocratisation du régime comme on peut l’espérer lors du départ ou de la chute du leader. Il prit le temps de nommer lui-même ses successeurs. Si l’autoritarisme birman connaît par cet acte une continuité, l’événement du 18 septembre 1988 est quant à lui une aggravation des rapports entre la junte militaire et la population. En effet la dévaluation du kyat avait conduit la population à descendre dans la rue avec comme porte-parole de ce mouvement Aung San Suu Kyi. L’armée décida donc après plusieurs jours, lors de ce 18 septembre, de réprimer violemment ces manifestations, faisant plus de trois mille morts et plusieurs milliers de blessés. La communauté internationale ayant appris ce qui s’était passé, la junte fut obligée de commencer à ouvrir le dialogue avec l’opposition. Si la promesse d’entamer le dialogue avec le principal parti d’opposition soit la Ligne Nationale pour la Démocratie (LND), parti d’Aung San Suu Kyi, ne fut pas tenue, l’année 1990 reste encore aujourd’hui le plus gros scandale dont les militaires sont responsables en politique. Les Généraux avaient organisé des élections libres conduisant à la victoire du LND avec plus de 80% des voix [2]. Or la junte a refusé de céder le pouvoir. Depuis cette date, les rapports entre les militaires et la population sont encore plus tendus qu’auparavant, Suu Kyi restera jusqu’à aujourd’hui soit en prison, soit en résidence surveillée. Il faut savoir que côté militaire, la succession des différents Généraux ne changera rien. La violence exercée par ces derniers conduira à l’emprisonnement, à la torture, au meurtre de l’opposition, au matage de rébellions ethniques, etc. Cette vidéo sur <a href="http://www.dailymotion.com/video/x1lxdz_exactions-militaires-en-birmanie_events">Dailymotion</a> montre en image les actes des militaires en Birmanie. Depuis 1962 on assiste entre les deux périodes dont nous avons parlé ici à une augmentation de l’usage de la force, et à une continuité de la chute de l’économie. Selon différentes organisations internationales, plus de la moitié de la population birmane vit aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify">De nouvelles élections sont prévues fin 2010 (voir <a href="http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Information_2009/p-1909-L_actualite_en_video.htm?jt=jt_monde">TV5 Monde</a> [4]). En attendant la junte militaire reste au pouvoir, et rien ne nous dit que les futures élections seront différentes de celles de 1990 où les militaires refusèrent de céder le pouvoir. Les militaires en Birmanie sont des acteurs ayant les pleins contrôles du politique et qui n’hésitent pas à user de la force afin de conserver le pouvoir obtenu en 1962 par Ne Win. Si dans de nombreux pays de l’Asie du Sud-est nous pouvons parler de montée de l’importance des actions des militaires dans le processus politique, ici on assiste à un autoritarisme au sens pur du terme, l’armée a les pleins pouvoirs et possède une liberté d’action que la majorité des forces militaires des pays de l’ASEAN ne connaissent pas.</p>
<p><strong>Références</strong></p>
<p>[1] Boudreau, Vincent, « Authoritarian Attack and Dictatorial Rise », <span style="text-decoration: underline">Resisting Dictatorship : Repression and Protest in Southeast Asia</span>, Cambridge: Cambridge University Press, 2004 : pp.37-83.</p>
<p>[2] Levenson, Claude B., Jean-Claude Buhrer, dir. 2008. <em>Birmanie. Des moines contre la dictature.</em> Librairie Arthème Fayard: Mille et Une Nuits.</p>
<p>[3] Boudreau, Vincent. 2004. <em>Resisting Dictatorship. </em><em>Repression and Protest in Southeast Asia</em>. Cambridge: Cambridge University Press.</p>
<p>[4] TV5 Monde le JT,  « L’édition du 07.11.2009 16h GMT » sur tv5.org</p>
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		<title>LA BIRMANIE ET 40 ANS DE DICTATURE MILITAIRE</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 15:41:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Aung San Suu Kyi]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Structure politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Xavier Faraire
La Birmanie, rebaptisée Union du Myanmar en 1989, est soumise à un régime militaire considéré comme l’un des plus dures au monde. Dans ce premier billet, je vous propose le survol politique d’un pays qui vit avec la dictature depuis plus de 40 ans, et dont le régime semble bien déterminé à ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Xavier Faraire</strong></p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie, rebaptisée Union du Myanmar en 1989, est soumise à un régime militaire considéré comme l’un des plus dures au monde. Dans ce premier billet, je vous propose le survol politique d’un pays qui vit avec la dictature depuis plus de 40 ans, et dont le régime semble bien déterminé à ne pas céder aux revendications démocratiques de ses citoyens.</p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie est en théorie une fédération qui compte 14 entités divisées en deux catégories. Tout d’abord, il y a sept subdivisions abritant des populations à majorité birmane : Sagaing, Tenasserim, Bago, Magwe, Mandalay, Yangon, Irrawaddy. Ensuite, les sept autres subdivisions sont des États périphériques correspondant à la minorité ethnique dominante : Les États kachin, karenni, karen, chin, môn, rakhine et shan. Selon la constitution de 1974, les États périphériques devaient même avoir un droit de sécession<a href="#_ftn1">[1]</a>. Dans les faits, le pouvoir est très centralisé.</p>
<p style="text-align: justify">La Birmanie, colonie britannique, obtient son indépendance le 4 janvier 1948. Suite à la conférence de Panglong, tenue en 1947, la première constitution de la Birmanie établie un système bicaméral constitué d’une chambre des députés élus et d’une chambre des nationalités où les États birmans étaient représentés, dans le but de faire de la Birmanie un État fédéral<a href="#_ftn2">[2]</a>.  Au préalable, les premières élections qui ont eu lieu en 1947 portent au pouvoir le général Aung San. Celui-ci est considéré comme un héros de l’indépendance birmane. Il est cependant assassiné avec 6 membres de son cabinet la même année<a href="#_ftn3">[3]</a>. C’est donc U Nu qui est élu à la tête du nouvel État. Président de 1948 à 1958, puis de 1962 à 1962, il doit faire face à de graves problèmes ethniques alors que différentes minorités, spécialement les karens, mènent une lutte armée contre l’État central. U Nu désigne Ne Win à la tête de l’armée. Ce dernier prend une place de plus en plus importante au sein du gouvernement, notamment en raison de ses succès militaires contre les minorités rebelles. Il est ministre de l’intérieur et de la défense. Le 2 mars 1962, Ne Win fait un coup d’État militaire et instaure une dictature qui durera 26 ans. U Nu quant à lui, est arrêté ainsi que d’autres personnalités politiques et représentants des minorités ethniques<a href="#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Une fois arrivé au pouvoir, Ne Win s’empresse d’imposer sa dictature. Pour ce faire, il supprime toutes les institutions parlementaires, notamment les conseils des différents États, ce qui a pour effet de centraliser grandement le pouvoir. Tous les partis politiques sont supprimés à l’exception du Burma Socialist Program Party (BSPP), son propre parti. Un nombre important de personnel</p>
<p style="text-align: justify">militaire est placé dans l’administration et les cours de justices sont supprimés au profit d’une seule cour dirigée par le régime<a href="#_ftn5">[5]</a>. Dès lors, Ne Win entreprend de faire de la Birmanie un État socialiste. Dans cette optique, il entreprend une nationalisation complète de l’économie. Ne Win institutionnalise le tout avec la nouvelle constitution de 1974. Celle-ci confirme la primauté du BSPP et son pouvoir sur le pays via le Conseil d’État. Il n’y a aucune séparation des pouvoirs. De plus, les États birmans perdent leurs pouvoirs au profit d’une administration très centralisée. Les États ne deviennent que de simples régions<a href="#_ftn6">[6]</a>.</p>
<p style="text-align: center"><img class="size-full wp-image-521  aligncenter" src="http://redtac.org/asiedusudest/files/2009/11/Untitled1.png" alt="Untitled1" width="153" height="189" /></p>
<p style="text-align: center"><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm">Général Ne Win</a></p>
<p style="text-align: justify">En 1988, le bilan du régime socialiste de Ne Win est catastrophique. L’économie est en stagnation, le coût de la vie augmente et la pauvreté s’accentue considérablement. Dans les régions ethniques, les guérillas font toujours rage. La population, quant à elle, manifeste son mécontentement. Ces manifestations sont cependant réprimées dans le sang. Le 8 aout 1988 a lieu la plus importante révolte populaire depuis l’instauration de la dictature. Face à ce constat d’échec flagrant et en raison de cette immense  pression populaire, Ne Win démissionne<a href="#_ftn7">[7]</a>. Cependant, c’est l’armée qui s’empare du pouvoir et y instaure une junte militaire, le State Law and Order Restoration Council, dirigée par le général Saw Maung. L’armée qui prend le pouvoir n’entend pas tolérer les protestations plus longtemps et réprime avec une grande violence les manifestations. C’est durant cette période de contestation que fait son apparition sur la scène publique <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/21/006-aung_san_suu_kyi.shtml">Aung San Suu Kyi</a>. Fille du général et héros national Aung Sang assassiné en 1947, et fonde le National League for Democracy qui prend la tête du mouvement populaire. Même si les contestation populaires du mois  d’aout 1988 se sont terminées dans un bain de sang, elles auront tout de même permis de faire avancer la cause de la démocratie dans le pays puisque le mois suivant, la junte annonce des élections libres qui se tiennent le 27 mai 1990. Ce jour là, il se produit quelque chose qui reste encore difficile d’expliquer aujourd’hui. En effet, la junte militaire s’est abstenue de truquer les élections, pensant pouvoir remporter le scrutin avec aisance. Le résultat est tout autre puisque la NLD l’emporte avec une majorité écrasante. Était-ce une monumentale erreur de perception? La junte, qui espérait pourtant légitimer son pouvoir, décide alors d’annuler le résultat de l’élection<a href="#_ftn8">[8]</a>. Aung San Suu Kyi, quant à elle, est arrêtée et assignée à résidence. Au sein du gouvernement, tous les postes de ministres et autres sont détenus par des hauts gradés de l’armée</p>
<p style="text-align: justify">Aung San Suu Kyi est devenue une figure importante de la lutte pour la démocratie, non seulement dans son pays, mais aussi sur la scène internationale. Ses efforts ont été soulignés par de nombreux prix dont le prix Nobel de la paix en 1991. C’est sans aucun doute à cause de ce support international qu’Aung San Suu Kyi n’a pas été envoyée en prison. Elle a cependant passé 14 des 20 dernières années assignée à résidence<a href="#_ftn9">[9]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Les pressions internationales ont un certain effet sur le régime. Ainsi, le régime tente de montrer des signes d’ouverture à la démocratie depuis le début des années 1990. En 1993, la junte a lancé un projet de création d’une nouvelle constitution. Cependant, ce projet est suspendu en 1996. À la suite de la violente répression du soulèvement de 2007, qui a été très médiatisé partout à travers le monde, l’actuel chef de la junte, le général Tang Shwe, annonce la tenue d’un référendum l’année suivante portant sur le projet d’une nouvelle constitution. La nouvelle constitution prévoit notamment la confirmation du statut d’union du pays, la création d’un système multipartite et des élections sont prévues pour 2010<a href="#_ftn10">[10]</a>. Cependant, la constitution prévoit un minimum de 25% des sièges réservés aux militaires. De plus, le chef du gouvernement devrait avoir une expérience militaire et ne devrait pas avoir été marié€ à un€ étranger(ère). Cette dernière mesure vise clairement Aung San Suu Kyi qui fut marié à un Britannique. La constitution a été largement approuvée par la population lors du référendum.</p>
<p style="text-align: justify">À la veille des élections générales prévues pour 2010, il est difficile de prédire quelle sera la tournure des événements. Mais il est cependant difficile de croire que cet exercice se déroulera de manière démocratique. Au mois d’aout dernier, à quelques jours de la fin de sa peine, Aung San Suu kyi a reçu la visite d’un américain qui s’est rendu à sa résidence à la nage et y a passé deux jours. Elle a été aussitôt condamnée à 18 mois supplémentaires de résidence surveillée, peine qui prendra fin après les élections générales de 2010<a href="#_ftn11">[11]</a>. Décrié par la communauté internationale, cet événement en dit long sur la volonté de la junte militaire de démocratiser le pays. Une chose semble davantage sure, c’est que le pays ne deviendra certainement pas une démocratie en 2010.</p>
<p> </p>
<p><strong>Vidéos </strong></p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=g70v_aLSqxs">Soulèvement du 8 aout 1888 </a>: vidéo amateur prise en plein milieu d’une répression militaire</p>
<p><a href="http://ha.ina.fr/video/CAB00028813/birmanie-interview-aung-san-suu-kyi.fr.html">Entrevue avec Aung San Suu Kyi</a> sur France 2</p>
<p> </p>
<p><strong>Bibliographie </strong></p>
<p>Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. 475p</p>
<p>Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p>Messier,François. 2009. «Aung San Suu Kyi, : Symbole de la lutte du peulpe birman». <em>Radio-Canada</em>. En ligne.  <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml">http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<p>Messier, François. 2009. «Birmanie : sous une chape de plomb». <em>Radio-Canada</em>. En ligne.  <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/26/008-Birmanie.shtml">http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/26/008-Birmanie.shtml</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<p>«Obituary: Ne Win. 2002». <em>BBC News</em>. En ligne.  <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm">http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/1581413.stm</a> (Page consultée le 25 octobre 2009)</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. P. 126</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid. p. 150</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Defert, Gabriel dir. 2008. <em>Birmanie contemporaine</em>. Paris : Irasec. P. 149</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ibidem p.150</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/05/21/006-aung_san_suu_kyi.shtml</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Holliday, Ian. «Voting And Violence In Myanmar: Nation Building for a Transition to Democracy». <em>Asian Survey</em> vol. 48, no. 6, pp. 1038-1058</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/08/11/001-suu_kyi_condamnation.shtml</p>
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		<title>33 ANS DE POUVOIR : SUHARTO, « MAGICIEN DE LA POLITIQUE »</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 21:26:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Admin 2</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Militarisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Suharto]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Miryam Bonin
Après avoir été sous le joug des grandes puissances coloniales et après avoir connu une brève période de pluralisme, l’archipel indonésien a vécu, comme bien d’autres États d’Asie du Sud-est, une longue période de militarisme et d’autoritarisme. Comme Maurice Duplessis et sa grande noirceur ont marqué le Québec, le général Suharto, président d’Indonésie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Miryam Bonin</strong></p>
<p style="text-align: justify">Après avoir été sous le joug des grandes puissances coloniales et après avoir connu une brève période de pluralisme, l’archipel indonésien a vécu, comme bien d’autres États d’Asie du Sud-est, une longue période de militarisme et d’autoritarisme. Comme Maurice Duplessis et sa grande noirceur ont marqué le Québec, <a href="http://www.thirteen.org/shadowplay/dangerously.html">le général Suharto</a>, président d’Indonésie de 1965 à 1998 a eu un impact majeur sur son pays. Dans le contexte de la guerre froide, ce général peu connu a émergé pour se placer comme « le père du développement »<a href="#_edn1">[i]</a>. Il a réussi le pari d’imposer sa pensée unique à quelque 220 millions de personnes et de maintenir ensemble une nation extrêmement divisée et diversifiée. Le « smiling man »<a href="#_edn2">[ii]</a> indonésien a muselé la population du pays durant plus de 30 ans en faisant progresser l’économie indonésienne comme jamais<a href="#_edn3">[iii]</a>. Comment ce Javanais très peu scolarisé a-t-il pu conserver son emprise sur cet immense pays durant toutes ces années?</p>
<p style="text-align: justify">C’est en 1965 que survient une supposée <a href="http://www.globalsecurity.org/military/world/war/indo-coup.htm">tentative de coup d’État</a><a href="#_edn4">[iv]</a> par le PKI, parti communiste indonésien. Durant les années suivantes, le général de l’armée indonésienne Mohammed Suharto, alors très peu connu dans la société, prend progressivement le pouvoir des mains du président Sukarno, qui l’a chargé de restaurer l’ordre<a href="#_edn5">[v]</a>. Contrairement à bien d’autres leaders de sa génération, Mohammed Suharto était peu éduqué, ayant terminé ses études à l’âge de 17 ans pour entamer en 1940 une carrière militaire<a href="#_edn6">[vi]</a>. Décrit comme un homme charmeur, toujours souriant et excessivement entêté<a href="#_edn7">[vii]</a>, Suharto s’appliquait à ne pas montrer ses émotions à son entourage, ce qui faisait de lui un homme très imprévisible. Né près de Jogjakarta, au centre de Java, ce fils de villageois a toujours tiré fierté de ses origines modestes. Loin d’être destiné à être à la tête du quatrième plus populeux pays au monde, le stratégique Suharto était au bon endroit et au bon moment pour contrer le « coup d’État » et assurer l’intérim durant cette période d’instabilité politique; un intérim qui durera toutefois 33 ans. Le dictateur a par la suite réussi à instaurer un système clientéliste lui garantissant la fidélité de son entourage: « [he had a] remarkable skill in establishing and maintaining an elaborate patronage machine which ensured that virtually all the actors in the New Order were so thoroughly compromised and in his debt that they had no room for effective political manoeuvre»<a href="#_edn8">[viii]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Le régime de Suharto, un régime basé sur la peur, a bien exploité le passé autoritaire du pays, l’omniprésence de l’armée facilitant la stabilité du régime. Beaucoup plus qu’une simple armée protégeant le territoire indonésien, les militaires participaient non seulement à la vie économique du pays, mais aussi aux prises de décision, formant ainsi « la plus grande organisation politique du pays»<a href="#_edn9">[ix]</a>. Ces derniers insistent d’ailleurs sur leur importance dans le processus d’indépendance de l’Indonésie et instrumentalisent cette période pour justifier leur rôle dans la société indonésienne. En plus d’avoir le soutien des militaires, le président Suharto s’appuyait sur une constitution lui donnant énormément de pouvoirs. La démocratie de façade, rendue légitime par cette constitution, a assuré le bien-fondé du régime<a href="#_edn10">[x]</a>. Comme l’explique Françoise Cayrac, des élections supposément démocratiques étaient organisées tous les cinq ans. En réalité, ces scrutins truqués ne donnaient aucune liberté à la population étroitement surveillée par les militaires, alors qu’un nombre prédéfini de députés provenant de l’armée étaient « élus » <a href="#_edn11">[xi]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Le contexte de la guerre froide et la paranoïa face à la « menace rouge » ont permis à Suharto de se poser comme défenseur de la nation et à imposer une pensée politique unique à tous : le Pancasila<a href="#_edn12">[xii]</a>. Le régime s’est d’ailleurs servi de cette idéologie unique et englobante pour pointer du doigt et persécuter tous mouvements politiques présentant des idées différentes, principalement le communisme et le fondamentalisme religieux<a href="#_edn13">[xiii]</a>. De leur côté, à l’exemple de la presse de l’ex-URSS, les médias jouaient plutôt un rôle de partenaire du gouvernement en n’hésitant pas à s’autocensurer.  Cette absence d’espace critique a été facilitée par la mise sur pied par Suharto de la théorie des masses flottantes, théorie qui empêchait la société indonésienne d’exprimer sa diversité, ses idées et son identité. Toujours en faisant valoir l’importance de la stabilité politique, le leader a lancé ce nouveau concept pour « protéger » les masses rurales des « idéologies mauvaises », en bloquant la diffusion de toutes les idées qui ne s’accordaient pas aux vues du régime<a href="#_edn14">[xiv]</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Comme plusieurs gouvernements autoritaires, notamment celui de Habib Bourguiba en Tunisie, Suharto a fréquemment utilisé l’argument économique pour faire valoir l’importance et l’efficacité de son règne. En effet, lors de la prise de pouvoir de Suharto, l’économie indonésienne était en pleine crise. Aidé par les militaires, le Javanais établit de nombreuses réformes économiques au cours des années suivantes, ce qui lui permet de se définir comme le champion de la relève économique<a href="#_edn15">[xv]</a>. « Le développement économique reste l’objectif majeur d’un régime qui se veut « rationnel, réaliste et pragmatique ». Sa réussite serait sa justification ultime, la stabilité politique n’en étant que la condition absolue »<a href="#_edn16">[xvi]</a>. Si l’économie indonésienne s’est grandement améliorée de 1970 à 1990, la corruption, notamment avec les monopoles détenus par la famille du dictateur, a aussi permis au dirigeant d’amasser une petite <a href="http://www.wright.edu/~tdung/suharto-wealth.htm">fortune personnelle</a>. C’est d’ailleurs cette corruption qui lui vaudra l’indignation de plusieurs officiers militaires au cours des années 90.</p>
<p style="text-align: justify">Mohammed Suharto, le « magicien de la politique »<a href="#_edn17">[xvii]</a> indonésien, a changé complètement le destin d’un archipel extrêmement diversifié. À travers son régime de peur appuyé par les militaires, il a assuré une longue période de stabilité politique, léguant un pays certes en meilleure santé économique, mais sans véritable identité et sans aucun élément démocratique, comme l’a d’ailleurs souligné l’ancien chef du personnel de l’armée indonésienne, Buyung Nasution : «I think that it is Soeharto’s worst crime that he has made Indonesians afraid to think, afraid to express themselves»<a href="#_edn18">[xviii]</a>. C’est pourtant grâce à la nouvelle vitalité économique engendrée par les politiques de Suharto qu’une nouvelle classe sociale a émergé et qu’une société civile plus conscientisée a commencé à se construire et à faire pression pour obtenir une plus grande ouverture politique. Laissant un pays très peu préparé à la démocratie, après 32 ans de règne, le « magicien de la politique », acculé au pied du mur par les milliers d’émeutiers, a finalement perdu son pouvoir en mai 1998 et <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/7211565.stm">s’est éteint</a> dix ans plus tard, le 26 janvier 2008.  La chute du dictateur présente un espoir pour de nombreux Indonésiens désireux de s’approprier le destin de leur pays, mais l’archipel devra relever au cours des prochaines années de nombreux défis, dont la mondialisation, le terrorisme et surtout, la construction d’une identité nationale.</p>
<p> </p>
<hr size="1" /><a href="#_ednref1">[i]</a> Vatikiotis, Michael R. J., p. 4.</p>
<p><a href="#_ednref2">[ii]</a> Roeder, O. G, p. 290.</p>
<p><a href="#_ednref3">[iii]</a> Hobohm, Sarwar O. H..</p>
<p><a href="#_ednref4">[iv]</a> Comme l’explique l’auteur Katharine E. McGregor, si la théorie officielle d’une tentative de coup d’État par les communistes a toujours été véhiculée par le régime Suharto, plusieurs lancent plutôt l’hypothèse d’un coup orchestré par les militaires eux-mêmes. Voir McGregor, Katharine.</p>
<p><a href="#_ednref5">[v]</a> Herbert Feith et Lance Castles, p.</p>
<p><a href="#_ednref6">[vi]</a> «Indonesia: Vengeance with a smile».</p>
<p><a href="#_ednref7">[vii]</a> Elson, R. E., p. 300.</p>
<p><a href="#_ednref8">[viii]</a> Voir Elson, R. E. , p. 306.</p>
<p><a href="#_ednref9">[ix]</a> Voir Vatikiotis, Michael R. J., p. 60.</p>
<p><a href="#_ednref10">[x]</a> Cayrac-Blanchard, Françoise. 1991, p. 85.</p>
<p><a href="#_ednref11">[xi]</a> Cayrac, Françoise. 2008.</p>
<p><a href="#_ednref12">[xii]</a> Cayrac-Blanchard, Françoise, Stéphane Dovert et Frédéric Durand, p. 279.</p>
<p><a href="#_ednref13">[xiii]</a> Cribb, Robert et Greg Fealy.</p>
<p><a href="#_ednref14">[xiv]</a> Voir Cayrac-Blanchard, Françoise. 1991, p. 121.</p>
<p><a href="#_ednref15">[xv]</a> Rinakit, Sukardi, p. 44.</p>
<p><a href="#_ednref16">[xvi]</a> Voir Cayrac-Blanchard, Françoise. 1991, p. 135.</p>
<p><a href="#_ednref17">[xvii]</a> Voir Vatikiotis, Michael R. J., p. 2.</p>
<p><a href="#_ednref18">[xviii]</a> Voir Elson, R. E., p. 308.</p>
<p><span style="color: #008000"><br />
</span></p>
<table border="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td colspan="2" valign="top"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>Cayrac-Blanchard, Françoise.   1991. <em>Indonésie, l’armée et le pouvoir: de la révolution au <span style="font-style: normal"><em>développement.</em> Paris : Éditions   L’Harmattan.</span></em></p>
<p>Cayrac, Françoise. 2008. « Histoire de   l’Indonésie ». <em>L’État du monde : Annuaire <span style="font-style: normal"><em>économique géopolitique mondial 2009</em>, Montréal : La Découverte / Boréal.   En ligne</span></em></p>
<p><a href="http://www.etatdumonde.com/">www.etatdumonde.com</a> (page consultée le 25 octobre 2009).</p>
<p>Cayrac-Blanchard, Françoise,   Stéphane Dovert et Frédéric Durand. 2000. <em>Indonésie : un <span style="font-style: normal"><em>demi-siècle de construction nationale</em>. Montréal et Paris : L’Harmattan.</span></em></p>
<p>Cribb, Robert and Greg   Fealy. 2009. «History (Indonesia) », <em>Europa World online</em>. Londres : Routledge. En ligne.</p>
<p><a href="http://www.europaworld.com/external?url=http://www.europaworld.com/entry/id.hi">http://www.europaworld.com/entry/id.hi</a> (page consultée le 24 octobre 2009).</p>
<p>Elson, R. E. 2001. <em>Suharto:   a political biography</em>. Cambridge: Cambridge University Press.</p>
<p>E. McGregor, Katharine.   2005. “La   militarisation du passé indonésien”. <em>Outre Terre. </em>12 :3, 115-128.</p>
<p>Feith, Herbert et Lance Castles, éd. 1970. <em>Indonesian   political thinking : 1945-1965</em>. Ithaca et Londres: Cornell University Press.</p>
<p>Hobohm, Sarwar O. H.. Economy (Indonesia).   2009. <em>Europa World online</em>. Londres: Routledge. En ligne.</p>
<p><a href="http://www.europaworld.com/external?url=http://www.europaworld.com/entry/id.ec">http://www.europaworld.com/entry/id.ec</a> (page consultée le 25 octobre 2009).</p>
<p>&#8220;Indonesia: Vengeance with a   smile,&#8221; 1965. <em>Time </em>15 juillet:   22-26. En ligne.</p>
<p><a href="http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,836000-5,00.html">http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,836000-5,00.html</a> (page</p>
<p>consultée le 20 octobre 2009).</p>
<p>Rinakit, Sukardi. 2005. <em>The   Indonesian Military after the New Order</em>,   Copenhagen: Nordic</p>
<p>Institute   of Asian Studies, 288.</p>
<p>Roeder, O. G. 1970. <em>The   smiling general : President Soeharto of Indonesia</em>. California: Gunung Agung.</p>
<p>Vatikiotis, Michael R. J. 1993. <em>Indonesian   politics under Suharto</em>. Londres :   Routledge.</td>
<td></td>
</tr>
</tbody>
</table>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://redtac.org/asiedusudest/2009/11/11/33-ans-de-pouvoir-suharto-%c2%ab-magicien-de-la-politique-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
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		</item>
		<item>
		<title>UNION DU MYANMAR : LA RÉVOLUTION SAFRAN</title>
		<link>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/27/union-du-myanmar-la-revolution-safran/</link>
		<comments>http://redtac.org/asiedusudest/2009/07/27/union-du-myanmar-la-revolution-safran/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2009 22:40:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Caouette</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Birmanie]]></category>
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		<category><![CDATA[Militarisme]]></category>
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		<description><![CDATA[par Alicia Mersy
Les images de la révolte Safran au Myanmar, images de moines vêtus de tuniques orange ont déjà fait le tour du monde plusieurs fois. Le 15 août 2007, en pleine période de saison des pluies,  le régime militaire birman décide de hausser le prix de l’essence et du gaz naturel ce qui plonge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>par Alicia Mersy</strong></p>
<p>Les images de la révolte Safran au Myanmar, images de moines vêtus de tuniques orange ont déjà fait le tour du monde plusieurs fois. Le 15 août 2007, en pleine période de saison des pluies,  le régime militaire birman décide de hausser le prix de l’essence et du gaz naturel ce qui plonge le pays dans une crise socio-économique.  Rapidement, des militants et des moines bouddhistes descendent dans les rues de Rangoun et autres villes de Birmanie et défient publiquement les militaires. Suite aux protestations, Le Myanmar se voit coupé du monde; les lignes téléphoniques et internet ne sont plus accessibles. Sur place, les autorités opèrent une répression brutale qui coûtera la vie à plusieurs personnes. Comment expliquer que des revendications exprimées pacifiquement aient généré une telle violence de la part du régime militaire?<span id="more-316"></span></p>
<p>La population était sous le choc car les religieux, habituellement silencieux et sages ont pris part à la manifestation contre le régime pour démontrer leur solidarité au peuple. Les moines ont une grande emprise spirituelle sur la population, leur engagement a donné une crédibilité à la révolte populaire et  a encouragé encore plus de gens à manifester. Les manifestations ont duré deux semaines et elles comptaient environ 30 000 moines et 70 000 civils.  Après quelques jours, elles ont été violement réprimées. Selon Amnistie Internationale, « au moins neuf personnes, huit manifestants et un journaliste japonais ont trouvé la mort lors de l’intervention des autorités, un chiffre, qui, de l’avis général est bien inférieur à la réalité ». Pagodes et monastères sont depuis sous haute surveillance, les moines sont menacés d’emprisonnement à vie par les autorités.</p>
<p>On a surnommé ces évènements de 2007, la «Révolution Safran » à cause de la couleur des costumes des bonzes (moines). Ces manifestations avaient pour but de réclamer la baisse de prix des produits de matières de première nécessité. Les premiers à se mobiliser, avant les moines furent la Ligue Nationale pour la Démocratie (LDN), un parti politique birman fondé en 1988. Leurs manifestations ne mèneront à rien. Cependant, les autorités ont maintenu leur position.</p>
<p>L’impact de ces hausses  sur la société est sévère, entre autres, le transport en commun devient inaccessible et la hausse des aliments de bases (lait, charbon, thé, + 30% du prix du riz) est vertigineuse. Les manifestations auront duré que deux semaines, la révolte passe, tout revient à la normale.</p>
<p>Le Myanmar est considéré par certains comme une dictature militaire depuis la prise de pouvoir de Ne Win en 1962. La liberté de presse et les droits de l’homme ne sont pas respectés. Le régime est contesté et la population est soumise à des pressions politiques. Si en apparence, les bonzes ont pris part aux manifestations de septembre 2007 à cause de leur désaccords face à la hausse du prix de l’essence et du diesel, ils se battaient en fait pour que les droits de l’homme soient respectés et pour réclamer un régime démocratique. “Leur protestation ne portait en apparence que sur l’augmentation du prix de l’essence et du diesel, arbitrairement décidée par un régime militaire sans scrupules. Mais au fond, il en allait du respect de la dignité humaine, des droits humains, et de tout le reste.”  (<a href="http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar">http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar</a>).</p>
<p>Thomas Ojea Quintana, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Myanmar affirme qu’ « [I]l faudra des générations pour instaurer une démocratie, mais en attendant je voudrais relever quatre éléments qui peuvent nous servir de repères, pour ouvrir la voie à la démocratie.  Il s’agirait de revoir et d’amender les lois nationales pour les mettre en conformité avec les normes internationales des droits de l’homme et les dispositions de la nouvelle Constitution, de libérer progressivement tous les prisonniers de conscience, de réformer les forces armées et de les former aux droits de l’homme et de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire ». (<a href="http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar">http://www.amnesty.ch/fr/actualite/magazine/51/birmanie-myanmar</a>)</p>
<p>La communauté internationale dénonce l’usage de la force par les autorités birmanes. Les États-Unis et l’Union Européenne ont tenté de renforcer leurs sanctions contre le régime mais sans succès. Nicolas Sarkozy affirmait d’ailleur que « La France n’acceptera pas que l’opposition birmane soit muselée ». (<a href="http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=58">http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=58</a>).</p>
<p>Reste que la Chine et la Russie considèrent que cette révolution est une affaire interne, car elle n’est pas une menace à la communauté régionale ou internationale. Considérant la situation géographique du Myanmar, il joue un rôle tampon entre la Chine et l’Inde. En passant par le Myanmar, la Chine peut s’épargner un long détour en mer de Chine ainsi que le passage du détroit de Malacca, qui peut être dangereux. Ces deux puissances mondiales préfèrent ne pas prendre parti dans cette affaire à cause de la junte militaire fortement établie au Myanmar. L’Occident  n’a pas avantage à intervenir au  Myanmar car ses investissements économiques sont moindres et la junte birmane n’accepte aucune ingérence dans ses affaires intérieures. Pour les militaire de la junte au pouvoir, la révolte des moines était perçue comme téléguidé par des idéologies de l’extérieure. « Derrière les protestations des moines bouddhistes de ces jours derniers se dissimulent des manœuvres occidentales pour déstabiliser le Pays, afin de s’emparer de ses ressources et d’y installer un régime “démocratique”, plus favorable aux intérêts financiers et économiques de l’Occident ». (<a href="http://www.no-media.info/17/focus-apres-la-revolution-orange-la-revolution-safran">http://www.no-media.info/17/focus-apres-la-revolution-orange-la-revolution-safran</a>)</p>
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		<title>Las ONG y los derechos humanos en Malasia, una acción humanitaria limitada</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 02:35:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Caouette</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratisation]]></category>
		<category><![CDATA[Malaysia]]></category>
		<category><![CDATA[Structure politique]]></category>

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		<description><![CDATA[por Jorge Franco Freytter
Las Organizaciones no gubernamentales comenzaron su trabajo en el Sudeste Asiatico durante la década de 1970, principalmente, en respuesta a las imposiciones leyes marciales y a la prohibición al derecho de asociación en varios estados. En Malasia, la presencia y accionar de las ONG es limitada, sobre todo por la aplicación de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>por Jorge Franco Freytter</strong></p>
<p>Las Organizaciones no gubernamentales comenzaron su trabajo en el Sudeste Asiatico durante la década de 1970, principalmente, en respuesta a las imposiciones leyes marciales y a la prohibición al derecho de asociación en varios estados. En Malasia, la presencia y accionar de las ONG es limitada, sobre todo por la aplicación de leyes represivas que prohíben su libre desarrollo. Las principales ONG se concentran en las zonas urbanas y se manifiestan a favor de los consumidores o del medio ambiente, como lo son la Consumers Association of Penang (CAP), la Malayan Nature Society y la Environmental Protection Society<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p>Pero, fueron la crisis económica de los años 1997 y 1998 y la denominada «Batalla de Seattle» en 1999, los que pudieron realmente haber beneficiado en el Sudeste asiático el desarrollo y posterior consolidación de las organizaciones non gubernamentales y de los movimientos locales de contestación social y económica<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn2">[2]</a>.<span id="more-334"></span></p>
<p><strong><em>Derechos humanos y la Ley de la Seguridad Interior</em> (ISA)</strong></p>
<p>A pesar de las múltiples detenciones arbitrarias y violaciones a los derechos humanos por parte de las autoridades militares y de policía de Malasia, las organizaciones se agrupan en mujeres que se movilizan en temas como la violencia de genero, trabajo y derechos reproductivos, también están las organizaciones de migrantes, de usuarios de servicios públicos e incluso periodistas independientes han continuado trabajando de la mano de las tradicionales organizaciones internacionales de occidente, como Amnistía Internacional, Reporteros sin Fronteras y Human Rights Watch y a ellos se les suman otras organizaciones que tienen su accionar en Hong Kong, Tailandia o Bangkok para poder denunciar el <em>Internal Security Act (ISA) </em>o Ley de la Seguridad Interior, que reprime a manifestantes y a opositores del gobierno(<a href="http://www.youtube.com/watch?v=7jkAmOQt20k">Video</a>)<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn3">[3]</a>.</p>
<p>Aun así, los limitantes del accionar humanitario siguen siendo grandes debidos a que el gobierno sigue desarrollando su campaña de detenciones, esta vez con la llamada lucha contra “el terrorismo” y basados en apartes de la constitución malaya que se rige en su mayoría por las restricciones que el gobierno considere necesarias aplicar en interés de la Federación malaya o en parte de ella<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn4">[4]</a>.</p>
<p>En 1971, se modifica la Ley de sedición, donde se definen claramente los limites a las actividades de la oposición y se limitan a cuatro puntos como son: los derechos de los malayos, los derechos de ciudadanía de los no malayos, la situación del idioma nacional y el Islam, tambien los derechos y privilegios del rey y de los sultanes<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn5">[5]</a>.</p>
<p>En ese orden de acciones, el gobierno detuvo el 6 de mayo de 2008 a Raja Petra Kamaruddin, fundador y editor del sitio Web más popular de Malasia el “<em>Malaysia Today</em>”, quien fue privado de la libertad bajo el <em>Internal Security Act</em> acusado de sedición por publicar, un <a href="http://www.p-es.org/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=630:el-periodista-digital-raja-petra-kamarudin-acusado-de-sedicion-en-malasia&amp;catid=38:periodistas&amp;Itemid=62">artículo</a> titulado &#8220;Mandemos al infierno a los asesinos de Altantuya Shaariibuu&#8221; (&#8221;Let’s send the Altantuya muderers to hell&#8221;), en el articulo el periodista, expresa sus sospechas de que, Najib Abdul Razak, viceprimer ministro y su mujer, tenian algo que ver con la muerte de la modelo Altantuya Shaariibuu.</p>
<p>Fue por eso que organizaciones como <em>Hermanas en el Islam, </em>protestaron fuertemente frente a este acto<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn6">[6]</a>, así como también <em><a href="http://arabia.reporters-sans-frontieres.org/article.php3?id_article=28814">Reporters sans frontières &#8211; Malaisie</a></em>, manifiestan contra la detención de Raja Petra y ellos tambien manifiestan por la libertad de expresión en la Internet y mantienen <a href="http://www.p-es.org/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=312&amp;Itemid=61">en vigilancia</a> a Malasia como opresor de este medio. Luego de todas estas presiones, el blogguer fue puesto en <a href="http://www.blogueurssansfrontieres.org/?p=51">libertad</a>.</p>
<p>Otras manifestaciones contra el gobierno, tambien se hacen sentir en el seno de las instituciones academicas, donde le gobierno queria en el 2008<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn7">[7]</a> impedir que otras etnias diferentes a la malayo-musulmana estudiara en la Universidad.</p>
<p>Muchas han sido las intervenciones de las organizaciones internacionales y nacionales para hacer respetar los derechos y libertades humanas en Malasia, pero pocas han sido las manifestaciones de buena voluntad del gobierno, aún si Malasia, es uno de los miembros del Consejo de los Derechos Humanos de la ONU<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn8">[8]</a>.</p>
<p>Quizás el fortalecimiento de una convención regional dirigida <em>desde la Asociación de las Naciones del sudeste asiático</em> (ASEAN) podría ser un escenario interesante para que la puesta en marcha de una serie de normatividades y organismos de vigilancia sobre derechos humanos tenga mas efectividad a la hora de la acción non gubernamental.</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref1">[1]</a> Loh, Francis. 2005. « <em> les ONG et les mouvements sociaux en Asie du Sud-Est</em> »,  On-line <a href="http://www.social-movements.org/fr/node/view/555">http://www.social-movements.org/fr/node/view/555</a> (pagina consultada el 01 -07 -2009)</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref2">[2]</a> Encarnación, Teresa y Tadem, Eduardo. 2003. <strong>«</strong> <em>Globalización de las resistencias  &#8211; El Sudeste Asiático</em> » <a href="http://www.social-movements.org/es/node/view/320">http://www.social-movements.org/es/node/view/320</a> ( pagina consultada el 4 de junio del 2009 )</p>
<p> <a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref3">[3]</a> (pagina consultada el 6 de junio de 2009 )</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref4">[4]</a> <a href="http://confinder.richmond.edu/admin/docs/malaysia.pdf">http://confinder.richmond.edu/admin/docs/malaysia.pdf</a>  (pagina consultada el 5 de junio del 2009)</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref5">[5]</a> Lyons, Lenore. 2007 « <em>L’organisation au service des droits des travailleurs migrants :</em></p>
<p><em>le militantisme transnational à Singapour et en Malaisie</em><em>   </em>», On-line <a href="http://ro.uow.edu.au/artspapers/172">http://ro.uow.edu.au/artspapers/172</a>  (pagina consultada el 01 -07 -2007 )</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref6">[6]</a> <a href="http://www.sistersinislam.org.my/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=775&amp;Itemid=194">http://www.sistersinislam.org.my/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=775&amp;Itemid=194</a></p>
<p>(sitio consultado el 5 de junio del 2009 )</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref7">[7]</a> <a href="http://www.adn.es/ciudadanos/20080813/NWS-0513-Gobierno-universidad-exclusiva-minorias-estudien.html">http://www.adn.es/ciudadanos/20080813/NWS-0513-Gobierno-universidad-exclusiva-minorias-estudien.html</a>  (pagina consultada el 1 -07 -2009 )</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref8">[8]</a> <a href="http://www.un.org/spanish/aboutun/organs/ga/60/elect/hrc/">http://www.un.org/spanish/aboutun/organs/ga/60/elect/hrc/</a>  (sitio consultado el 4 de junio del 2009 )</p>
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		<title>Assassinats politiques aux Philippines</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jul 2009 21:20:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Caouette</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Autoritarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Militarisme]]></category>
		<category><![CDATA[Philippines]]></category>

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		<description><![CDATA[par Abdelmalek El Janati
Les Philippines sont un pays où l’État ne monopolise toujours pas la violence légitime. A l’instar de l’éparpillement du pouvoir politique, en fonction des dynasties politiques, qui rappellent les suzerains se comportant en rois chacun dans son fief, l’utilisation et le recours à la violence est tributaire de cette dispersion. Alors que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>par Abdelmalek El Janati</strong></p>
<p>Les Philippines sont un pays où l’État ne monopolise toujours pas la violence légitime. A l’instar de l’éparpillement du pouvoir politique, en fonction des dynasties politiques, qui rappellent les suzerains se comportant en rois chacun dans son fief, l’utilisation et le recours à la violence est tributaire de cette dispersion. Alors que la police nationale des Philippines avance seulement qu’il y a eu au 16 assassinats extrajudiciaires, comprenant juges et avocats entre 1999 jusqu’à 2006, le Conseil de la défense des libertés des Philippins (CODAL), soutiennent plutôt que 10 juges et 15 avocats ont été tués depuis le début du mandat d’Arroyo, qui avait été jusqu’alors vice-présidente avant le 20 janvier 2001, date de la destitution du président Estrada. Officiellement élue à titre de présidente, le 10 mai 2004 pour un mandat de six ans, elle a tenté d’imposer l’État d’urgence en février 2006, avant que la Cour suprême révoque cette déclaration quelques semaines plus tard. Selon la Fédération internationale des journalistes et l’Union nationale des journalistes des Philippines, 50 assassinats ont été enregistrés à l’endroit des travailleurs des médias depuis les débuts de l’administration d’Arroyo dont 9 entre janvier et juillet 2006. Cela n’est qu’une partie des 765 assassinats comptés par Karapatan (alliance du développement et droits du peuple) depuis 2001<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn1">[1]</a>.<span id="more-302"></span></p>
<p>L’impunité, la partialité de la police et de la justice rendent bien difficiles la possibilité pour les victimes de tenter de lancer des poursuites. Souvent, la police répond aux plaintes déposées en affirmant qu’elles ne sont pas fondées. De plus, aucune sorte d’indemnisation ou de protection des témoins dignes d’un État souverain n’existent. Selon Human Rights Watch, aucun auteur présumé des ces assassinats n’a été poursuivi avec succès, alors que la Commission présidentielle d’investigation a seulement conclu que « quelques éléments militaires étaient derrière l’assassinat des activistes »<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn2">[2]</a>.</p>
<p>Aujourd’hui, les assassinats, la torture et les disparitions forcées sont le lot essentiellement des militants des droits de l’homme, des leaders des travailleurs et des paysans, des prêtres, des journalistes, des juges et avocats, et des militants de la gauche.<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn3">[3]</a></p>
<p>Pour expliquer la complexité à laquelle a fait face Aquino lorsqu’elle a voulu l’ordre après la dictature de Marcos et restaurer les structures démocratiques, Hutchcroft suggère quatre obstacles. Je vais ici les reprendre à mon compte pour expliquer la situation actuelle. En premier lieu, la politisation et la présence des militaires sur la scène politique depuis la déclaration de la loi martiale en 1972 par Ferdinand Marcos. Une présence qui pèse lourdement sur la scène publique philippine et rend l’action politique condamnée à demeurer sous le contrôle de l’armée tout en vidant le processus politique de sa substance démocratique. Ensuite l’insurrection maoïste du parti communiste philippin (PCP) reflétant les énormes clivages sociaux qui, avec les sécessionnistes musulmans à l’île de Mindanao, n’attirent pas l’attention des gouvernements successifs. L’insurrection et la sécession, au même titre que la politisation de l’armée sont les manifestations de l’éclatement de la légitimité du régime politique et du recours de chaque composante de l’échiquier politique à ses propres moyens pour faire prévaloir ses revendications et donc imposer sa loi. Cela rend l’assassinat politique plus ou moins accepté ou au moins toléré par l’opinion locale. En troisième lieu, la restauration des processus électoraux et représentatifs après le départ de Marcos a signifié le retour des caciques et des anciens clans locaux. Tant que les forces sous-tendant le régime sont présentes, un changement politique ne peut être que de façade leur permettant ainsi de tirer profit du processus électoral tout en maintenant leur propre loi martiale (les assassinats politiques). Enfin, malgré l’expansion numérique des partis leurs programmes politiques restent très similaires<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn4">[4]</a>, ce qui discrédite l’action politique légale et laisse désirer une révolte plutôt que la participation formelle d’après les canaux dont dispose la vie politique officielle.</p>
<p>Si ces cinq facteurs sont indirectement liés au climat de méfiance et d’assassinats politiques au pays, il faut aussi à souligner le facteur qui a directement le plus d’impact sur le déclenchement de ce sinistre phénomène. Depuis que la présidente Arroyo s’est lancée dans sa « guerre totale contre le terrorisme », les Philippines sont devenues un champ de guerre non déclarée contre toutes ces catégories de personnes énumérées précèdemment.<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn5">[5]</a> La guerre contre le terrorisme est une couverture efficace pour enterrer ses opposants tout en échappant au poids des critiques et des yeux curieux des observateurs.</p>
<p>Ainsi, l’assassinat politique est une façon qui rappelle le féodalisme de régler ses comptes sans égard<a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftn6">[6]</a> à la loi ni aux autres institutions qui sont censées représenter la légitimité. Ces assassinats expriment  tout autant l’incapacité de celles-ci à s’imposer que la croissance des opérations extralégales. À long-terme, ces deux dynamiques pourraient mener vers un début de guerre civile, à tout le moins à une désintégration de l’État, surtout dans un contexte marqué par l’absence d’une véritable alternative.</p>
<hr size="1" /><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref1">[1]</a> Ces recensements et chiffres sont extraits des rapports d’Asian Human Rights Commission (AHRC) et surtout son rapport sur les Philippines de décembre 2006. Aussi pour une connaissance plus détaillée, l’article de David Camroux est fort important au site : http://www.monde-diplomatique.fr/2006/06/CAMROUX/13535.</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref2">[2]</a> Paul Hutchcroft ;  http://muse.jhu.edu/journals/journal_of_democracy/v019/19.1hutchcroft.html</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref3">[3]</a> AHRC : http://material.ahrchk.net/hrreport/2006/Philippines2006.pdf</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref4">[4]</a> Paul Hutchcroft ; Op. Cit</p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref5">[5]</a> <a href="http://www.counterpunch.org/petras03172006.html">http://www.counterpunch.org/petras03172006.html</a></p>
<p><a href="http://redtac.org/asiedusudest/wp-admin/#_ftnref6">[6]</a> L’assassinat politique est un legs feudal, exactement comme le pouvoir des propriétaires terriens, qui rappelle la personnalisation du pouvoir politique au sein duquel l’exécution, sans jugement et en plein public, fait partie de la vie publique, et où il n’ y a pas de limites strictes entre exécution et assassinat, entre un tuer par « l’État » et un tuer « privé ». Benedict Anderson : Murder and Progress in modern Siam. P. 176</p>
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